DRAINS ET DRAINAGE CHIRURGICAL
Le drainage chirurgical, inventé par Ghassaignac, a pour but de faciliter l’écoulement continu des sécrétions des plaies et de s’opposer à la rétention du pus et aux accidents qu’elle entraîne. Borné d’abord aux cavités des abcès, le drainage fut appliqué aux plaies par J. Roux et Arnaud, en 1859, etprit plus tard, avec la méthode anti-
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septique, une extension considérable. Actuellement, une connaissance plus parfaite des conditions de la réunion par première intention et l’emploi de l’asepsie, qui n’irrite pas les plaies, en ont sensiblement réduit lesindications.
Le moyen le plus usité pour appliquer le drainage est le tube en caoutchouc ou drain de Chassaignac.
§ I. — Draixs
I. Tubes en caoutchouc. — Ces tubes sont en caoutchouc gris, noir ou rouge, découpé à la scie dans un bloc de la substance, puis vulcanisé et convenablement désulfuré. iJ’après Nicaise, un bon tube doit : P présenter des stries correspondantes aux traits de scie, car les tubes sans stries sont faits de débris de caoutchouc avec lesquels on forme une pâte molle que l’on passe au laminoir ; on remplit ensuite avec de l’oxyde de zinc les vides qui existent dans la lamelle de caoutchouc ainsi préparée ; ce caoutchouc impur présente alors des taches blanches, se casse facilement et r,este gris après son lavage dans une lessive alcaline ; — 2® flotter sur l’eau ; — 3° être assez élastique pour être allongé de trois fois sa longueur sans se rompre.
Tout tube qui ne présente pas ces qualités est chargé, c’est-à-dire que le caoutchouc a été mélangé avec divers corps étrangers (blanc de zinc, vermillon et minium pour le caoutchouc rouge) ne servant qu’à augmenter le poids marchand.
a. Tube gris. — 11 renferme un excédent de soufre qui vient à la surface sous forme de poussière fine, blanchâtre, irritante pour les plaies et pouvant gêner la réunion par première intention. Pour enlever à ce tube son excès de soufre, on le fait digérer dans une lessive de soude :
Carbonate de soude i)ur 1 kilogr.
Eau 10 —
on met 10 kilogr. de tubes pendant trois heures dans cette solution chauffée à 60 ou 80“ ; on obtient ainsi le tube noir désulfuré et non irritant pour les plaies.
b. Le tube rouge doit sa couleur à la combinaison de sulfure d’antimoine au caoutchouc pendant la vulcanisation. Il faut le
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(lésulfurer comme le précédent pour lui faire perdre ses propriétés irritantes.
On peut durcir les drains en les laissant, pendant o minutes, dans une solution concentrée d’acide sulfurique; puis on les lave avec de l’alcool à 75».
On stérilise facilement les drains à l'autoclave ou par rébullition.
On emploiera de préférence des tubes rouges ou noirs,
Fig. C. — Drains fenêtres en caoutchouc durci.
à parois épaisses pour qu’ils ne s’affaissent pas, et d’un calibre approprié à la quantité des sécrétions et à l’étendue des cavités; les gros tubes de 1 centimètre et demi à
Fig. 7. — Drains à ailettes de Chaput.
2 centimètres de diamètre conviennent aux articulations et aux plaies d’amputation des membres ; on les fenêtrera largement. Lucas-Ghampionnière a employé dans certains cas des tubes fenètrés en caoutchouc durci (fig. 6), de
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forme conique, Chaput a conseillé des drains en caoutchouc à ailettes (fig. 7), pour assurer leur fixité.
IL Cri)is de cheval, catgut. — Withe (de Nottingham) proposa, en 1876, les crins de cheval, dégraissés par le lavage dans une forte solution de soude ou de potasse. On choisit des crins noirs et gros dont on forme, en les liant ensemble, un faisceau de grosseur convenable ; on diminue progressivement la grosseur du faisceau en supprimant quelques fils à chaque pansement. Chienne, d’Edimbourg, a employé le catgut en faisceaux de 15 ou 20 fils, qui ont l’inconvénient de se résorber trop rapidement.
III. Bandelettes de silk protective, de gaze, etc. — Nussbaum a conseillé, pour certaines plaies cavitaires, de simples bandelettes en silk protective ayant séjourné pendant plusieurs jours dans une solution de sublimé à 1 p. 1000. On se sert assez fréquemment de simples mèches de gaze aseptique ou antiseptique. Le drainage qu’elles effectuent laisse à désirer et est souvent illusoire.
IV. Drains résorbables en os décalcifiés, etc. — Trendelenburg s’est servi d’os de chiens et d’oiseaux; Neuber a préparé ses tubes en les taillant dans des os de bœuf ou de cheval, et en les plongeant ensuite pendant 10 heures •dans une solution d’acide chlorhydrique pour les décalcifier (1 d’acide pour 2 parties d’eau) ; Ces tubes ne se résorbent pas toujours et sont très peu employés.
Beyer a proposé l’emploi de drains résorbables constitués par des artères d’animaux, particulièrement des artères de bœuf.
y. Drams en verre; tabes métalliques. — Leisrinck et Burchardt ont employé des tubes en verre, bien émoussés, et percés de trous.
Ilueter avait essayé les tubes métalliques ; Lucas-Championnière s’est servi de tubes en aluminium, fenètrés. Les Anglais ont employé des tubes constitués par un fil d’argent roulé en spirale.
En somme, le meilleur drain est encore le drain en