DRAINAGE
caoutchouc rouge, à parois épaisses, à diamètre assez * grand et ne s’affaissant pas par la pression des tissus.
I IL — Du DRAINAGE
Les drains doivent être placés aux parties déclives et en nombre suffisant. On ne les dispose plus en anse dans les cavités, du moins en général, mais on les enfonce à une profondeur variable en les multipliant; leur présence détermine ainsi moins d’irritation, tout en assurant l’écoulement des liquides.
Chassaignac avait imaginé, pour placer les drains dans les grandes cavités purulentes, des trocarts longs, droits ou courbes, dont le poinçon présentait en arrière de la pointe une encoche pour fixer le tube à introduire, une fois la contre-ponction exécutée ; ces instruments sont délaissés aujourd’hui. On arrive aussi facilement au même résultat en glissant, dans la cavité de la plaie, un long stylet aiguillé et boutonné ou une sonde cannelée, percée d’un chas près de son extrémité, qui va soulever la peau au point choisi pour la contre-ouverture; les tissus étant incisés de dehors en dedans sur ce guide, on fait saillir l’instrument sur lequel on fixe le drain au moyen de deux fils passés dans une de ses fenêtres; en retirant l’instrument, on fait pénétrer avec facilité le drain dans la cavité. On peut aussi inciser la peau sur une sonde cannelée ordinaire dans la rainure de laquelle est ensuite glissé un stylet aiguillé armé du drain. Une longue pince à pansement peut rendre les mêmes services.
IL Bruns a inventé une sonde terminée par un bouton
Fig. 8. — Sonde à drains de l*. Bruns.
olivaire (fig. 8) sur lequel viennent s’appuyer de petites griffes; cette sonde sert à pratiquer la contre-ouverture
piiT. CHinuRGiE, 6' édit.
PANSEMENTS
et on engage ensuite un drain entre les griffes et l’olive pour le maintenir et l’attirer dans la cavité.
Un instrument plus simple est la sonde de Maurer terminée par deux renflements séparés par une gorge sur laquelle on fixe le tube (fig. 9). Notre maître Servier utilisait la longue sonde de poitrine dont l’extrémité bou-
Fig. 1>. — Sonde à drains de Maurer.
tonnée est suffisamment volumineuse pour que le bout du tube puisse être fixé solidement par un fil en arrière d’elle.
La pince à drains de Billroth a des mors pouvant glisser l’un sur fautre et dont l’un se termine en fer de lance. La pince étant introduite fermée dans la cavité, on fait saillir la branche portant le fer de lance qui traverse par pression les tissus de dedans en dehors au point choisi pour la contre-ouverture; ceci fait, un glissement en sens inverse ferme la pince et permet de saisir le drain, qui est attiré ainsi dans la cavité.
Lorsque le drain est placé en anse, on fixe à chacune de ses extrémités saillantes, soit un fil antiseptique dont les chefs sont liés ensemble de manière à assurer le maintien des bouts du drain au dehors de la cavité, soit une épingle de sûreté. Si, au contraire, il est simplement enfoncé dans la plaie, son extrémité extérieure est coupée transversalement à 1 ou 2 centimètres des téguments et maintenue soit par un fil passé dans une fenêtre, soit par une épingle de sûreté; dans ce dernier cas, il faut avoir le soin de mettre un peu de gaze antiseptique ou stérilisée entre les téguments et les bouts de l’épingle pour empêcher l’excoriation des tissus.
Dans les plaies traitées par la réunion, telles que les moignons d’amputation, les drains sont placés debout aux angles de la ligne de la réunion et souvent au centre, mais toujours sans atteindre le fond de la cavité, puis coupés au ras de la peau et fixés comme ci-dessus. Listera proposé, pour l’introduction des tubes dans ces plaies.