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AU CELLULOÏD EN SOLUTION

Le silicate de potasse a été employé pour la première fois en ' 1860 par Michel (de Cavaillon). A peu près à la môme époque, i Kreuzberg et Schuh s’en servirent en Allemagne sans connaître les essais de Michel. On le trouve dans le commerce . sous forme ■ d’une solution sirupeuse qui doit marquer de 30 à 33” à l'aéro- ,i mètre Baumé et qui s’obtient en projetant peu à peu le silicate ,1 pulvérisé dans l'eau bouillante dans la proportion de 1 partie jl pour 5 parties d'eau et en concentrant la solution, après décantation, jusqu'au degré indiqué. Ces solutions ne sont pas toujours bien préparées, ce qui fait que le silicate se solidifie tantôt très lentement, tantôt même pas du tout ; l'état d’humidité de l'air exerce aussi une grande influence sur la rapidité de la dessiccation.

Préparation et application. — Il faut préparer des bandes de toile et de tarlatane, de la ouate et des attelles flexibles. On applique d’abord une couche de ouate bien égale sur le membre, puis une ou plusieurs bandes sèches de toile ou de coton que l’on serre au degré voulu dans le cas où l’on veut exercer une compression, les bandes silicatées devant seulement se mouler sur les premières. On imprègne ensuite les bandes de silicate en les faisant \ tremper pendant un quart d’heure environ dans la liqueur ' versée dans un récipient; les bandes de tarlatane s’imprègnent avec la plus grande facilité et sont pour ce motif préférables aux bandes de toile qu’on est générale- ' ment obligé de rouler à la main dans le vase (Collin a fabriqué dans ce but un treuil spécial, sur lequel la bande s’enroule après avoir traversé la solution).

La bande bien imprégnée est exprimée pour la débarrasser de son excédent de silicate et appliquée ensuite sur le bandage roulé placé tout d’abord. 11 faut deux couches de bandes de toile, six de bandes de tarlatane, pour obtenir un appareil solide. Suivant les cas, on renforce

APPAREILS SILICATES

l’appareil avec des attelles en carton, en zinc, en toile métallique, en bois de placage, disposées sur la bande sèche et fixées par les bandes silicatées ; il est indispensable, pour les bandages remontant au-dessus du genou et entourant le bassin, de placer une longue attelle externe et même souvent une courte attelle antérieure (pli inguinal) ou postérieure (creux poplité) afin d’empècher fappareil de se déformer au niveau des articulations. Les attelles en toile métallique, en zinc^ en bois de placage sont supérieures à celles de carton, qui retardent la solidification.

La solidification s’effectue en sept ou huit heures, mais la dessiccation demande environ vingt-quatre heures pour s’opérer et n’est même souvent complète qu’après le second jour, et, du reste, sa durée varie suivant que la saison est sèche, c*haude, ou humide et froide, et elle se fait plus vite à l’air que sous les couvertures. On peut la hâter en arrosant l’appareil avec de l’éther ou de l’alcool ; d’après Servier, l’alcool ne fait pas sécher l’appareil plus vite, mais précipite le durcissement. Pendant qu’elle s’effectue, il faut maintenir le membre en bonne position au moyen d’attelles rigides provisoires et le placer sur une toile cirée ou même le suspendre.

Pour enlever un appareil silicaté, il suffit de faire prendre un bain au malade.

Appareils articulés. — Morel-Lavallée a donné, pour fabriquer un appareil inamovible avec les substances solidifiables alors usitées, un procédé qui peut être appliqué avec le silicate de potasse. On établit la brisure au niveau d’une articulation en interposant à deux tours de bandes superposés une mince couche d’un corps gras, leur permettant de glisser l’un sur l’autre ; l’appareil doit être posé en autant de segments que le membre qu’il doit recouvrir (fig. 249). Pour assurer J’indépendance et la mobilité de l’articulation créée, il n’y a, dit l’auteur, que deux règles à suivre ; des deux circonvolutions qui composent l’articulation en s’emboîtant l’une dans l’autre, celle qui entoure l’os fracturé doit être l’interneenveloppée par celle qui recouvre la jointure du membre,, disposition qui laisse entière la solidité de la contention; 2® cette circonvolution interne, sous-jacente, surtout dans

APPAREILS A FRACTURES

les fractures des jointures et dans les fractures voisines des jointures, doit s’avancer jusqu’à l’extrémité brisée de l’os et même la déborder sensiblement, afin de maintenir plus sûrement les rapports des fragments. On voit donc que ces appareils ont pour but de permettre les mouvements de l’articulation tout en contenant la fracture.

On peut encore articuler un appareil en interposant entre deux tours de bande une feuille de gutta-per-

cha laminée.

Kappler et Ilafter ont fabriqué toute une série d’appareils silicatés articulés en fixant dans le silicate, au niveau des jointures, des charnières métalliques, des courroies

Fig. 249. — Appareil articulé de Morel-Lavallée.

Fig. 250. — Appareil articulé de Kappler.

à boucle ou élastiques, etc.; la figure 250 montre un type de ces appareils.

Appréciation. — Les appareils et bandages silicatés sont ceux j que l’on doit préférer lorsqu’il s’agit d’immobiliser une jointure i ou un membre tout en exerçant une compression continue. S’il j est nécessaire de tailler des fenêtres au niveau d’une partie I malade, rien n’est plus facile : il suffit de placer à cette hauteur i un tampon d’ouate volumineux qui, après l’application de l’appa- i reil, indiquera le point où l’on découpera la fenêtre avec de i simples ciseqüx un peu forts ou des cisailles de Seutin, une fois I le bandage sec.

En fendant un appareil d'un bout à l'autre, on le Iransforme i en amovo-inamovible , et l’on peut ensuite le resserrer avec des

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