APPAREILS PLÂTRÉS
courroies ou des lacs. Pour les fractures, ces appareils ne conviennent que lorsque la consolidation est effectuée ; alors, moins lourds que les appareils plâtrés, ils permettent au malade de se lever sans risques pour la solidité du cal.
Lorsqu’on applique un appareil silicaté sur le tronc, en forme de corset, on est obligé d'empécher sa déformation avant la dessiccation complète en le recouvrant d’un bandage plâtré provisoire. On prévient alors l’adhérence de ce dernier au silicate, en interposant entre eux des feuilles de papier et en recouvrant l’appareil silicaté de bandes imbibées d’alcool.
Appareils silicatés magnésiens et süicatés-zingués. — E. Küster, en 1869, a proposé de mélanger la magnésie au silicate de manière à obtenir une bouillie de consistance de crème épaisse dont on imprègne les bandes de tarlatane. On fabrique ainsi des appareils légers, se desséchant en 24 ou 36 heures.
On a aussi employé, dans ces dernières années, le mélange d’oxyde de zinc en poudre et de silicate que Karewski a recommandé encore récemment pour les corsets orthopédiques.
Landerer et Kirsh ont proposé, comme succédané du silicate de potasse et du plâtre, le celluloïd en solution dans l’acétone (celluloïd 1 p., acétone 3 p.) dont on imprègne ensuite des bandages de gaze, particulièrement pour la fabrication des corsets orthopédiques {Centralblattf. Chirurgie, n^^ 29, 1896). Ces appareils se durcissent environ en 4 heures ; ils sont très dangereux, à cause de l’inflammabilité du celluloïd. Ducroquet a conseillé de les rendre ininflammables en les badigeonnant avec du silicate de potasse.
§ III. — Troisième variété : Appareils plâtrés
L’emploi du plâtre dans le traitement des fractures remonte à une époque fort éloignée et doit être attribué aux Orientaux. La première mention faite en Europe se trouve dans une lettre adressée, en 1795, par Eaton, consul anglais à Bassorah, à Guthrie de Saint-Pétersbourg. Mais ce fut seulement en 1814 que Hendrisk l’employa le premier en Europe, à Groningue ; Froriep Hubenthal (1819), Keyl (1828), puis Dieffenbach (1832) suivirent bientôt son exemple. Depuis lors, le plâtre s'est généralisé dans la pratique chirurgicale, grâce surtout aux perfectionnements et
APPAREILS A FRACTURES
aux simplifications apportés dans ses applications et son emploi ' par Hergott et Maisonneuve. Il justifie la faveur méritée dont il jouit par la facilité de sa manipulation et surtout par la rapidité de sa solidification ; il permet mieux que tout autre substance , inamovible de remplir exactement les indications du principe général de la contention des fractures : saisir et maintenir dans un moule inaltérable le membre fracturé au moment où il vient d’être rétabli dans sa forme normale.
Des différentes especes de plâtres et de leur utilisation. — On trouve dans le commerce cinq sortes de plâtres : 1° le plâtre fin à modeler ou plâtre de Paris; 2® le plâtre blanc fin des plafonneurs; 3® le plâtre blanc ordinaire; 4*^ le plâtre gris fin; 5° le plâtre gris gros. Les quatre premières espèces sont les seules directement utilisables pour la préparation des appareils; quant au plâtre gris gros il est nécessaire de le transformer préalablement en gris fin par le tamisage. Certains plâtres, surtout le blanc ordinaire, contiennent des cristaux microscopiques lancéolaires de sulfate de chaux qui retardent la solidification, inconvénient auquel on remédiera par l’ai^dition d’un peu d’alun.
Le meilleur de tous et le plus employé est le plâtre blanc de Paris. Tenu convenablement à l’abri de l’humidité, en sacs enfermés dans des caisses en bois ou en fer-blanc hermétiquement closes, il conserve pendant un an au moins ses qualités de solidification rapide. Lorsqu’il est éventé, c’est-â-dire lorsqu’il a absorbé de l’humidité, on lui rend ses propriétés solidifiantes en le chauffant à découvert, . sur un plat quelconque, dans un four de cuisine ou sur ^ un fourneau, à la température de 100 à 120®, jusqu’à ce ^ qu’il ne dégage plus de vapeur d’eau. Le plâtre gris fin est celui qui s’évente le plus facilement.
On peut rattacher à deux grandes méthodes les procédés employés pour la préparation des appareils plâtrés :
1® méthode de la bouillie plâtrée employée seule ou incorporée à diverses pièces de linge en toile, coton, laine ou tarlatane; 2® méthode dans laquelle des pièces de linge préalablement chargées de plâtre sec en poudre sont mouillées au moment de s’en servir.
La première méthode, la plus usitée, est supérieure â l’autre. Les appareils construits avec des linges impré-
APPAREILS PLATRES
jnés de plâtre sec et mouillés ensuite sont moins chargés ;n plâtre; par conséquent, ils ont une solidité moindre et s’imprègnent plus facilement des produits de sécrétion les plaies. Cependant, cette deuxième méthode est peutître plus pratique et plus expéditive, quand on a des lides en nombre insuffisant; elle a été surtout employée jar les Allemands dans la chirurgie de guerre,