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DRAINAGE

une pince spéciale, à mors très effilés; on peut facilement la remplacer par une pince à dissection ou à forcipressure. L’extrémité interne des tubes est ordinairement coupée en biseau.

Après certaines’opérations sur de vastes cavités, telles que la vessie, on applique le drainage en canon de fusil, c’est-à-dire constitué par deux gros drains accolés, de manière à assurer l’évacuation des sécrétions pour le cas où l’un des tubes viendrait à s’oblitérer.

IJouzel a proposé’ un moyen analogue pour les cavités des abcès froids : il y enfonce deux tubes en caoutchouc

Fig. iO. — Drains en flûte de Pan.

fenètrés, de calibre proportionné à l’abondance de la suppuration, accolés en canon de fusil si la plaie est étroite, ou divergents si la cavité est vaste. A l’orifice extérieur de la plaie, les tubes sont accolés, entourés d’iodoforme et d’une collerette de ouate un peu tassée afin d’obturer la plaie cutanée ; leurs extrémités externes doivent dépasser les téguments de 15 à 20centim. On applique le pansement de manière à laisser libre les extrémités des tubes qui sont engagées à frottement doux dans les deux trous d’un bouchon de caoutchouc jusqu’à ce que ce bouchon affleure le pansement sur lequel il est fixé par une ou deux épingles ; les tubes sont alors enfermés dans une vessie aplatie en caoutchouc, contenant un peu d’acide phénique pur ou du chlorure de zinc, vessie qui, par élasticité, vient se fixer dans une rainure ménagée autour du

PANSEMENTS

l)Ouchoii. Ces siphons-drains ont donné d’excellents résultats à l’auteur, en les plaçant après désinfection préalable de la cavité.

Dujardin-Beaumetz a préconisé pour le drainage de la plèvre des tubes accolés en flûte de Pan (fig. 10) ; ce procédé est aussi applicable aux autres cavités. I-es tubes traversent une mince rondelle en caoutchouc, et le tout est fixé par un bandage de corps perforé.

Certaines plaies, particulièrement si elles sont septiques, seront drainées à l’aide de lanières étroites de gaze iodoformée.

Les plaies peu profondes, résultant d’opérations délicates sur des régions à peau fine et sensible, se trouvent bien d’un drainage fait de préférence avec un faisceau de 10 à 15 crins de cheval dont on retire 4 à 5 crins tous les trois jours (D. Mollière).

De la suppression du drainage. — Le drainage étant une cause d’irritation des plaies opératoires, et s’opposant, dans une certaine mesure, à l’emploi des pansements rares, on a cherché sinon à le supprimer, du moins à en restreindre beaucoup les indications.

Kocher s’est adressé à la suture secondaire, qui consiste à placer les sutures apres l’opération, mais à les fermer seulement 24 ou 48 heures plus tard, lorsque tout suintement a disparu. La plaie sera tamponnée ù la gaze iodoformée jusqu’au moment où les sutures seront fermées. On obtient ainsi de bons résultats, surtout si l’hémostase laisse à désirer et si on a des doutes sur l’asepsie de la plaie.

Esmarch s’est efforcé de supprimer par un large emploi de sutures superficielles et profondes, à étages, tout espace libre dans les plaies opératoires afin d’empècher l’accumulation et la rétention des sécrétions. Par cette pratique, grâce au perfectionnement des sutures, à des compressions bien dirigées, à une asepsie absolue, on est arrivé de nos jours à des résultats excellents.

Neuber a employé la pratique suivante : après l’opération, la plaie est remplie de gaze stérilisée humide (iodoformée dans les cas de tuberculose), suturée ensuite exactement, sauf en un ou deux points où on laisse une ouverture longue d’un centimètre et demi; puis, pen-

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