Hétliodc de la bouillie plâtrée
Cette méthode comprend trois procédés : 1° le procédé lu moule ou du plâtre coulé, qui consiste à verser directement la bouillie plâtrée autour du membre placé dans jne caisse ou une boîte ad hoc; 2"^ le procédé de l’incorporation préalable de la bouillie plâtrée à des pièces de linge; 3^^ le procédé dans lequel on badigeonne avec la bouillie un bandage sec appliqué préalablement sur un membre; il nous suffit d’indiquer ici, sans autre description ultérieure, ce 3rocédé fort peu employé et facile à comprendre.
Règles générales.
Elles sont applicables aux divers procédés que nous i^enons d’énumérer.
a. Soins préliminaires, préparation du membre. — Le lit sera recouvert d’une alèze ou d’une toile cirée pour le garantir des souillures. Sauf dans le cas où l’on jugera â propos d’appliquer une bande roulée sèche, en flanelle, directement sur le membre, celui-ci sera toujours rasé, puis enduit d’un corps gras ou d’huile phéniquée afin i’empècher l’adhérence du plâtre aux téguments et d’éviter ainsi des douleurs au patient lors de l’enlèvement de l’appareil. Avant d’appliquer les pièces d’appareil, on aura le soin de badigeonner la peau à pleines mains avec la bouillie plâtrée claire pour obtenir un moulage plus parfait.
Les cas dans lesquels on doit appliquer préalablement soit un bandage roulé simple avec des bandes de flanelle, soit un bandage ouaté, sont exceptionnels, car un appareil plâtré bien fait n’exerce aucune pression douloureuse ou dangereuse sur les saillies osseuses, et cela est surtout vrai avec les gouttières d’Hergott ou les attelles de
Maisonneuve. Toutefois, cette garniture préalable du membre est presque toujours nécessaire lorsqu’on applique un appareil plâtré à bandes, car alors il est difficile de répartir également la pression et d’obtenir un moulage exact. De même, dans quelques cas de fractures compliquées graves, si l’on ne peut raser le membre convenablement et bien modeler l’appareil, il est indispensable de placer d’abord une bande de flanelle avec addition de tampons de ouate sur les parties saillantes ; sauf ces exceptions, l’appareil est appliqué à nu.
b. Préparation de la bouillie plâtrée. — On étend d’abord sur le plancher, autour du lit, une alèze épaisse sur laquelle on installe la caisse à plâtre, un récipient plein d’eau et un large vase en grès ou en terre destiné au gâchage du plâtre. Suivant le conseil de notre maître Hergott, on doit se servir d’eau tiède pour obtenir une solidification plus rapide et pour que le contact de la bouillie plâtrée ne détermine pas chez le blessé, en produisant une sensation désagréable, des mouvements réflexes dont les conséquences pourraient être un dérangement des fragments.
Tout étant prêt, on verse dans le grand vase la quantité d’eau jugée nécessaire pour préparer assez de bouillie pour l’appareil projeté, ensuite on y ajoute doucement le plâtre, en saupoudrant pour ainsi dire, de manière â constituer une pyramide centrale qui dépasse de 2 â 3 centimètres le niveau du liquide. On peut encore mesurer exactement avec un verre ordinaire la quantité d’eau et verser une égale quantité de plâtre en volume ; cependant, dès que le volume dépasse cinq verres ordinaires, il vaut mieux mettre un verre de plâtre en plus. On sait aussi que, suivant la qualité du plâtre, la proportion d’eau varie dans de certaines limites que l’usage seul apprendra. Dès que le plâtre est versé en totalité, et non avant, on fait le mélange avec la main en enlevant les grumeaux et les parties dures, c’est alors, comme nous l’avons dit, qu’on doit badigeonner le membre déjà graissé. La bouillie est prête lorsqu’elle a la consistance de la crème douce ; il est parfois nécessaire, pour l’obtenir, d’ajouter encore un peu de plâtre. Dès que la bouillie est â point, on l’utilise suivant l’un