IV. — De quelque!!» variétés d'appareils plâtrés
Appareils fenêtres.
Les fenêtres sont surtout nécessaires lorsqu’on applique des appareils enveloppants ou en cuirasse pour des fractures avec plaie, ou pour le traitement des lésions articulaires, afin de permettre les pansements; avec les gouttières, on a rarement besoin d’y avoir recours, et, dans ce cas, on les taille à l’avance ou bien on pratique des échancrures au point voulu, au moyen I de quelques mensurations faites pendant leur préparation.
Si l’on se sert de bandes, on peut créer la fenêtre d’emblée en procédant comme Van de Loo : arrivé près 1 d’une plaie on coupe les bandes pour recommencer de j l’autre côté, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’on ait entiè-
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rement dépassé la plaie. Il est plus simple de placer sur la plaie ou sur la région, au niveau de laquelle on veut pratiquer une ouverture, un gros tampon de ouate qu’on englobe sous les bandes ou les pièces de linge plâtrées. Une fois l’appareil durci, mais non sec, c’est-à-dire une demi-heure environ après son application, on taille sur le repère fourni par la saillie due au tampon une fenêtre carrée, ronde ou ovale, de la grandeur voulue; on commence la section avec la pointe d’un couteau et on la continue avec de forts ciseaux ou une des cisailles indiquées plus haut.
On peut aussi employer pour marquer le point de repère un tampon de liège.
Langemak {Centralb. f. Chir., 1901) préfère aux tampons un index spécial stérilisable par l’ébullition, constitué par une petite plaque de cuivre ronde, mince, de trois centimètres et demi de diamètre surmontée à son centre par une tige conique en laiton, haute de trois centimètres; la plaque présente quatre incisures de deux millimètres de largeur finissant à trois millimètres de son centre et qui ont pour but de faciliter son adaptation sur les saillies du membre. Ce petit appareil peut se placer directement sur la plaie. Les pièces de gaze et les bandes plâtrées passent facilement sur la tige qui indique exactement le point où doit être découpée la fenêtre.
Les fenêtres doivent être assez grandes pour ne pas gêner l’application des pansements et pour ne pas permettre aux sécrétions des plaies de fuser au-dessous de l’appareil; cependant, quand leurs dimensions sont trop étendues, elles amènent une compression inégale du membre et consécutivement la hernie des tissus à travers leur ouverture. Il y a là un juste milieu difficile â atteindre, et bien que, par un pansement antiseptique épais et compressif, on puisse s’opposer en partie à cette hernie, nous trouvons là un motif suffisant pour préférer les gouttières ou les attelles. On évite la souillure de l’appareil, au niveau de ces fenêtres, en glissant sous leurs bords des tampons ou rouleaux de ouate ordinaire, c’est-à-dire non dégraissée, imprégnée de collodion iodoformé, qu’on change à chaque renouvellement du
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pansement. Lorsque, malgré ces précautions, les sécrétions ont pénétré les bords, on détache les parties souillées, et, afin de ne pas altérer la solidité de l’appareil, on les remplace par une bande ou des pièces imbibées de bouillie plâtrée.
2^ Appareils renforcés.
Les appareils plâtrés se renforcent, comme les appareils silicatés, avec des attelles légères lorsqu’ils sont de grande dimension ou destinés â un transport; on peut ainsi employer moins de plâtre et rendre l’appareil moins lourd et tout aussi solide. On s’est servi dans ce but, de bois de placage, de copeaux de cordonnier (Neu-
Fig-. 'iol. — Appareil plâlré renfered*.
dôrfer), de copeaux de tapissier (Volkers) ou de boisselier (Esmarch) ; les attelles en zinc laminé ou en treillis métallique, larges de 3 à 4 centimètres, souples et légères, plus résistantes, sont souvent préférables; en cas de nécessité, on utilisera des fils de télégraphe, des morceaux de carton, etc.
Ce moyen est souvent utile avec les appareils à bandes; on applique d’abord une bande de flanelle sur le membre, en rembourrant les saillies d’un peu de ouate, puis une première couche de bandes plâtrées sur laquelle on dispose” les attelles que l’on fixe ensuite en terminant l’appareil avec les autres bandes plâtrées nécessaires (fig. 257); on doit éviter de placer directement les attelles sur la bande de flanelle pour ne pas déterminer une compression localisée, toujours dangereuse lorsque le membre n’est pas enveloppé d’une épaisse couche de ouate.
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Appareils en plâtre armé.
Ce sont des appareils constitués par l’association du plâtre à une armature en, réseau métallique. Ils sem- j Lient convenir surtout à la chirurgie de guerre.
Kolliker emploie de la toile métallique mince, à mailles étroites, que l’on découpe avec des ciseaux selon la forme et les dimensions voulues. On l’enveloppe ensuite avec une bande plâtrée, puis on l’applique sur le membre â immobiliser et on maintient l’appareil avec une bande étroite jusqu’à dessiccation.
Hübscher recommande l’emploi du métal déployé (streckmetall), sorte de tôle grillagée dont il a été question page 348. Sur le membre légèrement rembourré d’une I manière quelconque, on place de la toile d’emballage à ! larges mailles, puis immédiatement sur elle on dispose , la tôle grillagée en la modelant sur les contours du membre. La toile d’emballage doit dépasser largement l’armature grillagée, de manière à pouvoir se replier sur la face externe de celle-ci et la recouvrir complètement.
On applique alors, par frottement à l’aide des mains, sur la tôle grillagée, une bouillie plâtrée épaisse qui doit pénétrer dans les mailles et qu’on lisse convenablement; avant le durcissement du plâtre, on replie la partie de la toile d’emballage qui déborde l’appareil et on l’applique rapidement sur toute la couche externe plâtrée à laquelle elle doit s’incorporer également.
On peut ainsi faire des appareils solides, aussi grands i qu’on le désire et aussi bons pour l’immobilisation sur jl place que pour le transport.
4® Appareils à valves.
Nous avons déjà décrit quelques-uns de ces appareils, | tels que ceux de Port. Lorsqu’on se sert de pièces de ' i linge imprégnées de bouillie plâtrée, le procédé de Port ' n’est plus applicable, par exemple pour les gouttières.
On fabrique alors des valves soit en traçant, d’après Van de Loo, une rainure dans le plâtre encore mou avec ■ le bord d’une spatule ou le dos d’un couteau, soit encore i en creusant et enlevant avec le ciseau ou un couteau,
APPAREILS PLATRES A VALVES
lorsque l’appareil est sec, un sillon triangulaire qui respecte les couches profondes. On crée ainsi des valves occupant toute la longueur de l’appareil ou limitées à une étendue déterminée. Pour obtenir un appareil bivalve avec les gouttières en tarlatane, au lieu de les préparer avec des feuilles entières superposées dans toute leur étendue, nous procédons de la manière sui-
Fig. 258. — Schéma de la disposition des feuilles de tarlatane pour un appareil à valves.
vante (fig. 258) : soit, par exemple, un appareil qui doit avoir dix épaisseurs de tarlatane; les dix feuilles étant découpées d’après les dimensions de l’appareil projeté, on en laisse trois entières A, B, G, et on divise les sept autres longitudinalement en deux moitiés, en leur faisant subir une perte de substance d’environ 2 centimètres. Ceci fait, on étale une des feuilles entières A, et sur celle-ci on dispose, deux par deux, trois des demifeuilles (1, 2, 3), de manière que leurs bords médians correspondants ne se juxtaposent pas, mais restent écartés d’environ 2 centimètres, puis on étend sur elles une autre feuille entière B qu’on recouvre de la même façon avec le restant des demi-feuilles (4, 5, 6, 7), et on
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place enfin la dernière pièce entière C. On rend le tout solidaire au moyen de quelques larges points de couture, on trempe l’appareil dans le plâtre gâché et on l’applique; quand il est sec, on peut l’ouvrir â volonté, la ligne laissée moins épaisse par la non-superposition d’une partie des feuilles de tarlatane faisant office de charnière.
S® Appareils plâtrés brisés, à liteaux.
Ces appareils, dus à Szymanowski et préconisés par Pirogoff, ont été surtout recommandés pour le traitement des blessures et résections articulaires afin de faciliter l'application des pansements. On se sert pour les établir, soit de bâtons de bois arrondis ou de liteaux, etc,, soit d’arcs métalliques en zinc, tôle, etc.
On édifie un appareil de ce genre pour le genou, par exemple, en plaçant sur les segments du membre inférieur deux appareils plâtrés indépendants l’un de l’autre. Puis, ceux-ci étant secs, on dispose sur les côtés
Fig. 2o9. — Appareil plâtre en pont ou à liteaux.
externe et interne, au point où porteront les extrémités des deux liteaux latéraux, des coussins d’étoupe, de paille, ou de coton, trempés dans la bouillie plâtrée et assez épais pour leur fournir un soutien solide et les éloigner suffisamment du membre; tandis que ces tampons sont encore mous, on y applique, en les déprimant, les bouts des lattes qu’on recouvre de nouvelles couches d'étoupe plâtrée, et qu’on achève de fixer au moyen de tours de bandelettes plâtrées dont une doit passer en arrière du genou pour donner une immobilisation plus complète (fig.259).