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III. — Fractures du col du fémur

Ces fractures ont été divisées en deux variétés principales : fractures intra-articulaires ou intra-capsulaires, et fractures extraarticulaires ou extra-capsulaires, mais on a observé aussi des fractures participant à la fois des deux variétés, et d’autres ne portant que sur le grand trochanter. Au point de vue de l’application d’un appareil, cette division est peu utile ; nous avons déjà dit que, s’il y a engrènement solide des fragments, il faut suivre le conseil de Malgaigne et ne pas insister sur les tentatives de réduction.

Appareils. — Dans les fractures du col avec pénétration, sans mobilité, les appareils purement contentifs, décrits plus haut, seront employés. Après quelques jours, on les remplacera par un bandage silicaté-OLiaté, renforcé par des attelles en zinc, analogue à celui de Verneuil pour la coxalgie et entourant le membre et le bassin.

Quant aux fractures avec déplacement, l’extension continue par le diachylon et les poids est encore ce qu’il y a de mieux à employer. Mais il faut se rappeler que, chez les gens âgés, l’extension ne doit pas être prolongée trop longtemps. Gooper, Gosselin la repoussent absolument, en raison des dangers que fait courir aux vieillards un repos prolongé au lit. Les malades de cette dernière catégorie resteront donc étendus dans le lit avec une extension modérée ou même avec un simple Scultet pendant 10 à 12 jours, de manière à laisser calmer les symptômes inflammatoires locaux, puis on leur' appliquera un appareil silicaté-ouaté pour leur permettre de se lever.

Karg a proposé pour les vieillards Tapparri/p/dD’é appliqué de la manière suivante : il place d’abord un appareil à extension d’après la méthode de Moijssissovicz ; pour cela, la jambe étant fléchie à angle droit sur la cuisse et celle-ci sur le bassin, le plein d’une cravate est disposé sur la face postérieure de la jambe, les chefs en sont noués en avant, et dans leur anse on fixe, par une de

APPAREILS A FRACTURES

ses extrémités, une cordelette qui monte verticalement se réfléchir sur une poulie et porte un poids à son extrémité libre ; afin d’empêcher la jambe de se redresser sur la cuisse par suite de cette extension, le pied est solidement fixé au bas du lit par une cravate ou une bande. Le lendemain, quand l'extension ainsi pratiquée (le poids du corps faisant la contre-extension) est jugée suffisante, quatre attelles en cuir sont disposées autour de la cuisse, et le membre préalablement matelassé est enveloppé d’un bandage plâtré, peu lourd et peu épais, qui maintient la jambe fléchie à angle droit sur la cuisse et celleci sur le bassin et va entourer le bassin : l’appareil doit être renforcé sur la partie antérieure, entre le bassin et la cuisse pour éviter qwü ne brise en ce point. Quand l’appareil est sec, le blessé peut se mouvoir et s’asseoir dans son lit, se coucher sur le coté, etc.

Cet appareil ne nous parait pas supérieur, pour les vieillards auxquels il est destiné, à l'appareil silicaté ordinaire placé sur le membre en extension ; la position de flexion à angle droit des articulations peut avoir, s'il survient de l'ankylose, des suites lâcheuses.

lY. — Fractures du fémur chez les enfauts.

Le traitement des fractures de cuisse chez les enfants est assez difficile en raison de leur indocilité, de leur agitation et aussi parce qu'ils souillent journellement d'urine leurs appareils.

Les déplacements étant d'ordinaire fort peu marqués, souvent nuis, grâce à la direction presque transversale du trait de fracture et à l’élasticité du périoste qui résiste, Y appareil de Scultel ou tout autre appareil contentif analogue fait avec des attelles modelées en carton, en gutta-percha, en feutre plastique, garnies de ouate et maintenues par un bandage roulé, suffisent généralement à la contention, mais nécessitent un renouvellemejit assez fréquent à cause de leur souillure. Paget et Callender ont môme traité quelques-unes de ces fractures sans appareil, l’enfant placé sur un lit résistant, le membre brisé plié dans les articulations de la hanche et du genou et reposant sur [sa face externe ; cette pratique ne saurait être recommandée.

V extension continue horizontale par l’anse de diachylon et les poids n’est guère applicable jusqu’à l’âge de 6 ans. en raison du ])eu de longueur du membre, de la délicatesse de la peau; on la réservera donc pour des enfants plus âgés, sans dépasser 2 à

FRACTURES EXPOSÉES DU FÉMUR

3 kilogr. mais la contre-extension est alors nécessaire, le poids du corps étant insuffisant à la produire.

H. Lossen. chez les enfants de 1 à 6 ans, recommande l'immobilisation dans un appareil plâtré matelassé, surtout sur les saillies osseuses. Mais cet appareil facilement souillé nécessitera une réfection fréquente; aussi est-il préférable de recourir aux appareils ordinaires à attelles, ou à un de ceux qu’il nous reste à décrire.

Appareil de Guéniot.

Cet appareil se compose d’une plaque de gutta-percha façonnée de manière à constituer deux gouttières (ou demi-anneaux) solidement unies l’une à l’autre :

la première recouvrira les deux tiers antérieurs de la circonférence du tronc dans une hauteur de 10 centimètres à partir du pubis; la seconde, unie angulairement à la précédente au niveau du pli de l’aine, entourera les deux tiers supérieurs du membre fracturé dans la moitié ou les trois cinquièmes antéro-externes de la circonférence; le reste du membre est laissé libre. C’est en réalité une gouttière antérieure modelée, qu’on fixe par quelques tours de bande.

2*^ Appareil d'Hamilton.

Il est constitué par deux grandes attelles latérales, destinées aux côtés externes des deux membres inférieurs, réunies à leur extrémité supérieure par une pièce transversale et remontant jusqu’aux environs de l’aisselle; leur écartement est un plus marqué en bas qu’en haut. La jambe du côté fracturé est fixée

Fig. 347. — Appareil d’Hamillon pour les fractures du fémur chez les enfants.

APPAREILS A FRACTURES

à l’attelle correspondante par un bandage roulé ; le reste du membre, le membre sain et le tronc sont maintenus à l'aide de courroies larges et séparées ; on applique en outre sur la cuisse brisée des attelles de coaptation, de préférence en carton (fig. 347).

Cet appareil est simple et mérite d’être employé ; il rappelle celui préconisé par Guersant pour la coxalgie.

3*^ Appareil et méthode de Bnjant : Extension verticale.

Bryant a conseillé, en 1876, chez les jeunes enfants, de fléchir à angle droit sur le bassin le membre brisé conjointement avec le membre sain, de disposer autour de lui quelques attelles légères avec un bandage roulé et de le fixer ensuite verticalement par son extrémité au moyen d’un lacs au ciel du berceau ou à une traverse quelconque (fig. 348). De cette manière, le poids de l’enfant fait une contre-extension permanente, et le petit malade peut être facilement nettoyé. Cette méthode aurait donné de bons résultats à Guy’s hospital où elle a été employée, P. Bruns a aussi recommandé cette pratique ; Lentze applique une anse de diachylon entourée d’une bande de flanelle comme pour l’extension horizontale, place le membre verticalement et fait passer dans une poulie fixée au ciel du lit une cordelette qui est attachée à l’anse par une de ses extrémités et porte un poids à l’autre bout: le bassin est fixé au lit par une ceinture. Hermann Kümmel, partisan de cette extension verticale, se sert au lieu de diachylon d’une bande de flanelle roulée sur laquelle est cousue ou fixée par des épingles une anse de toile, à cause de la délicatesse de la peau. Jacubasch avait accusé cette position de déterminer des affections pulmonaires, fait démontré inexact par les résultats obtenus à la clinique de Schede.

Fig. 348.

Extension verticale de Bryant.

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