V. — Fractures exposées du fciiiiir
a. APPAREILS A ATTELLES
Les appareils à aitelles conviennent dans quelques cas aux fractures exposées, mais ils ne peuvent empêcher le chevauchement des fragments et en somme ne constituent que des appareils de nécessité applicables seulement dans les premiers jours de la blessure.
Il est inutile de revenir sur ce qui a été dit à propos du pansement cV A. Guérin, qui, avec l’adjonction de quelques attelles, constitue un excellent moyen d’immobilisation et de traitement.
b. APPAREILS MODELÉS
Appareils en zinc laminé.
Les appareils modelés en zinc laminé s>oni excellents, surtout en chirurgie de guerre. Celui de Raoult-Deslongchamps a été décrit plus -haut ; Schon et Weissbach l’ont modifié assez heureusement en le rendant plus transportable et plus facilement modelable.
Leur appareil (fig. 349) se compose d’une partie jambière a et d’une partie crurale (66), séparées, pouvant être réunies à volonté en les faisant chevaucher et en les fixant l’une à l’autre au moyen de petites lamelles de zinc qui sont introduites dans des fentes aménagées dans ce but et remplissant l’office de charnières. Le bord supérieur de la portion cruro-pelvienne est découpé en un grand nombre de languettes qui lui permettent de se mouler exactement autour du bassin. En outre, cette dernière partie présente un prolongement destiné à l’immobilisation de la cuisse saine, ce qui est une excellente condition pour le transport des blessés.
Delorme a également modifié cet appareil de manière qu’il puisse servir à la fois pour le traitement des fractures du fémur et des lésions du genou (fig. 350). Des lacs à boucle passés à demeure dans les fentes pratiquées dans l’appareil facilitent la rapidité de son application.
Parmi les appareils du même genre, nous rappellerons ceux de Port (fig. 242, p. 348).
APPAREILS A FRACTURES
2° Appareils en toile métallique de Sarazin.
Leur constitution et leur fabrication nous sont déjà connues. L'auteur a cherché’à^adj oindre à son appareil un moyen d’exten-
Fig. 349. — Appareil en zinc de Schon-Wcissbacli pour la cuisse.
Fig. 350. — Appareil en zinc de Delorme, | pour les fractures du fcnuir et les lésions» du genou.
sion et de contre-extension afin de maintenir autant que possible la longueur et la rectitude du membre. L'extension se fait au moyen de l'attelle interne, qui est divisée en deux segments et peut être allongée ou raccourcie à volonté, par un mécanisme
FRACTURES EXPOSÉES DU FÉMUR
Ui
assez semblable à celui des appareils de Biirggræve ; à la hauteur du genou, le bout inférieur du segment supérieur porte une coulisse dans laquelle vient glisser à frottement une tige de fer placée à l’extrémité supérieure du segment inférieur. Cette coulisse ou mortaise est munie d’une vis à pression au moyen de laquelle on peut faire varier la longueur totale de l'attelle et
exercer une extension dont la bottine et la valve jambière antérieure fournissent les points d’appui (fîg. 351).
La contre-extension s’exécute par l'intermédfafre d'un large spica en toile métallique fixé à la partie supérieure de l'attelle, passant sous le périnée, sous l’ischion, embrassant la fesse et contournant le bassin ; ce spica est maintenu par des courroies bouclées, et son bord supérieur doit èlre replié en dehors^au
PKT. CHIRtUGlB, 6® <?dit.
APPAREILS A FRACTURES
moment où il contourne la face interne du membre et le périnée afin de ne pas léser ces régions.
Les deux valves crurales, antérieure et postérieure, se croisent sur la face externe du membre et peuvent être renforcées à ce niveau ou en avant, en glissant une attelle entre elles et les courroies qui les maintiennent.
Application. — On recourbe d’abord en dehors, au voisinage de l’extrémité supérieure de l’attelle, les pièces de toile métallique qui dépassent, de façon à ébaucher la béquille ischio-périnéo-crurale, puis on recourbe les valves et la bottine en gouttière ; on desserre la vis de pression et on garnit tout l’appareil d’une épaisse couche de ouate. Cela fait, on glisse l’appareil sous le membre fracturé, l’attelle placée contre la face interne, puis on fixe par des pressions douces le spica autour du bassin ainsi que la béquille ; de même pour la bottine et la valve jambière. C’est alors seulement qu’on procède à la réduction de la fracture en faisant tirer sur la partie inférieure de l’appareil mobilisé par le desserrement de la vis; la réduction obtenue, on serre la vis, on applique les valves crurales et on maintient le tout par des lacs à boucle.
Appréciation. — Cet appareil est léger et immobilise bien le membre : au moyen de valves ménagées à 'propos, il permet facilement le pansement antiseptique des plaies. Mais nous fai- , sons des réserves au sujet de l'extension et de la contre-extension, qui sont un peu illusoires et constituent plutôt une compli- j cation de l'appareil. |
Les appareils modelés en carlon de Merchie ne présentent pas 1; des qualités de solidité. égales à ceux dont il vient d'étre question jl et leur sont certainement infériéurs.