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C. APPAREILS PLÂTRÉS

Gouttière plâtrée d'Hergott. — Taillée de manière à envelopper, la moitié de la circonférence postérieure du membre, elle doit partir de l’extrémité du pied et s’étendre par son bord interne jusqu’au pli cruro-inguinal ; il faut seize épaisseurs de tarlatane pour obtenir une solidité suffisante. On retranche à sa partie supérieure un morceau semi-lunaire (fîg. 352, a) qui a, comme dimensions, la différence de longueur qui existe entre le côté interne

FRACTURES EXPOSÉES DU FÉMUR

de la cuisse et la hauteur de celle-ci mesurée jusqu’à la crête iliaque ; sur le bord externe, on retranche aussi un triangle allongé, 6, à base en bas et à sommet vers le milieu de la cuisse pour qu’elle s’applique mieux; ensuite on fait les incisions transversales néces- ‘saires au niveau du genou et du talon.

On l’applique suivant les règles données, en faisant pratiquer l’extension et .la contre-extension et en se servant d’un pelvi-support. Cette gouttière peut se combiner avec l’extension continue par les poids et en retranchant la partie plantaire. Elle sera renouvelée vers le quinzième jour, après diminution du gonflement.

C’est un excellent appareil d'hôpital, fort préférable aux appareils plâtrés enveloppants renforcés et fenétrés, mais peu approprié au transport des blessés.

Les plans inclinés pourront rendre quelques services dans les premiers jours du traitement ; mais ils sont en général mal supportés.

d. APPAREILS A EXTENSION

' La méthode de Vextension par le diüchijlon et les poids convient bien au traitement des fractuj-es exposées du fémur, et permet un facile accès du membre. Cependant Billroth la repousse, parce qu’il aurait observé des hémorragies secondaires plus fréquemment qu’avec les autres méthodes, par suite des irritations dues aux mouvements des fragments; Pirogoff, Gurlt, Beck et Socin ne la permettent que conditionnellement. L’opinion de ces chirurgiens est digne de considération, mais n’est peutêtre plus aussi acceptable avec les modes de pansement actuels. Nous avons eu l’occasion de l’appliquer, avec un excellent résultat, dans deux cas de fracture du fémur par coup de feu.

P'ig. — Modèle de la goullièrc (dûtrce pour cuisse

APPAREILS A FRACTURES

e. APrAREILS A HAMAC ET A SUSPENSION

Attelle de Smith-Hogden.

L’attelle à suspension de Smith était primitivement une attelleépinarthécique qui a été modifiée avantageusement par Hogden; afin d’éviter les incurvations du fémur en arrière auxquellesdonnait lieu son emploi.

Cette attelle modifiée (fig. 353) est constituée par un fort fil de fer n« 2 ayant un diamètre de un demi-centimètre et recourbé sur lui-même de manière à former un rectangle très allongé présentant upe coudure au niveau du genou. Les dimensions de ce rectangle sont un écartement de 10 à 12 centimètres environ sous le pied, et de 22 à 24 centimètres à la partie supérieure ; la longueur de chaque branche mesure environ 58 à 60 centimètres du pied à la courbure du genou, et tout autant de ce dernier point aux bouts supérieurs du fil de fer qui correspondent au pubis et à la hanche après application. Les bouts supérieurs sont maintenus séparés par un arc en fil de fer épais; un autre arc semblable, ayant une ouverture de 15 à 16 centimètres, est placé à hauteur du genou et a aussi pour but d’empêcher le rapprochement des branches parallèles. Ces deux arcs sont construits de telle sorte qu’ils puissent être placés ou enlevéssans déranger le pansement ou l’appareil ; on les met en position après que tout est arrangé : l’arc supérieur est recourbé en anneau à chaque bout pour y recevoir l’extrémité supérieure des attelles, l’arc du genou a ses bouts recourbés en crochets. En outre, deux crochets mobiles, destinés à la suspension, sont placés sur chaque branche du fil de fer.

Applicatiou. — Entourer le pied d’un bandage et disposer de chaque côté du membre inférieur une bandelette agglutinative, large de 6 à 7 centimètres, s’étendant jusqu’un peu au-dessus du siège de la fracture du fémur, et la fixer par un bandage roulé ; la plaie de la cuisse est pansée antiseptiquement. Disposer sur l’attelle une série de bandelettes de toile, de 6 centimètres de largeur, qu’on fixe sur les branches par leurs extrémités au moyen d’épingles de sûreté et assez lâchement pour constituer un hamac qui entoure les deux tiers postérieurs de la circonférence du membre ; au point correspondant au creux poplité elles doivent être un peu plus tendues, de manière à représenter un double plan incliné. La branche interne de l’attelle, qui doit passer en avant du

FRACTURES EXPOSÉES DU FÉMUR

pubis, est courbée de manière à ne pas léser les parties molles. Le membre est alors placé sur l’appareil : lei .extrémités inférieures libres des bandelettes agglutinatives longitudinales sont fixées sur la partie transversale de l’attelle, au-dessous du pied.

L’attelle est ensuite suspendue par des cordelettes atta-

Fig. 353, — Atlellc à suspension de Smilh-Hogden.

chées aux crochets mobiles, dont les deux supérieurs seront disposés à la hauteur de la fracture, et les deux autres à mi-jambe ; ces cordelettes réunies vont se fixer à une poulie placée au plafond ou ailleurs, mais dans un plan correspondant au pied du malade (fig. 353). De cette manière, la suspension exerce sur tout l’appareil une traction dirigée obliquement vers le pied, et produit une extension suffisante, le bassin et le poids du corps formant la contre-extension.

AIM’AREILS A FRACTURES

2® Appareil de Hogden.

Cet appareil (fig. 354) se compose d'un châssis formé de quatre ])ièces ou attelles de bois disposées parallèlement, par paires : les deux pièces inférieures sont destinées à reposer sur le plan du lit et à suj)porter les su])érieures, qui recevront les bandelettes sur lesquelles reposera le membre. Les bouts inférieurs de ces quatre attelles sont fixés sur les côtés d'une semelle ou pédale verticale large de 10 à 12 centimètres, épaisse de 2 centimètres, et haute de 35 è 38 centimètres ; sur la base de cette

Fig. 354. — Appai'oil à liainac de Hogden.

semelle est clouée une traverse large . de 40 centimètres.^ Les barres inférieures soutiennent en outre les barres supérie'ures an moyen d'un support, situé à environ 55 centimètres de la pédale, haut de 15 centimètres et écarté en bas de 20 centimètres ; les barres inférieures sont fixées sur la partie extérieure de la base de ce support, les barres supérieures, au contraire, sont vissées au côté interne de la portion montante. Il résulte de cet agencement que la distance entre les pièces inférieures et les pièces supérieures est de lâ centimètres au pied. 20 à 22 centimètres à hauteur du genou, et 30 centimètres à la racine de la cuisse.

On devra naturellement, en construisant l’appareil, proportionner la longueur des pièces de bois de manière que, le pied a|)puyant contre la pédale, les extrémités libres des attelles internes s'arrêtent, l'inférieure à une courte distance du périnée, la supérieure à hauteur du pubis.

Application. — On fixe par leurs deux extrémités, au moyen d’épingles de sûreté, sur les traverses supérieures, une série de bandelettes, larges de 6 à 7 centimètres, disposées. de manière à former un double plan incliné destiné à supporter le membre.

FRACTURES EXPOSÉES DU FÉMUR

Sur chaque côté de la jambe, on colle longitudinalement une large bande de diachylon que l’on maintient à la manière habituelle par un bandage roulé.

Le membre est alors disposé sur l’appareil, et les bouts libres des bandes longitudinales de diachylon sont con- . duits et fixés autour de la pédale. On peut assurer encore l’extension en vissant à la base de la pédale une poulie à tige sur laquelle passe une cordelette dont une extrémité est fixée à l’anse de diachylon et dont l’autre porte un poids ; au moyen de briques ou de tout autre objet, on élève la partie inférieure de l’appareil.

Appréciation. — Ces deux appareils sont très commodes pour le traitement antiseptique des fractures exposées par coups de feu, surtout lorsque les plaies siègent à la face postérieure de la cuisse, et leur construction est facile ; mais on veillera à ce que le cal ne s'incurve pas en arrière par suite d’une mauvaise disposition des bandelettes. Il est toutefois reconnu qu’ils ne conviennent pas à la contention des fractures du tiers supérieur du fémur.

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