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FRACTURES DES OS DU TRO^G

I I. — Fractures du ster^ium

Elles siègent le plus fréquemment sur la deuxième pièce de Tos. et, dans le cas de déplacement, le Iragment inférieur passe habituellement en avant du fragment supérieur. Velpeau conseille pour obtenir la réduction, de placer un traversin sous le dos du malade de telle sorte que les deux extrémités du corps tirent chacune de leur côté sur les deux fragments, en même temps que le blessé fait une inspiration profonde. Servier recommande les tractions, opérées d'un côté sur la poitrine et de l'autre sur le pubis, et aidées par des pressions prudentes sur l’extrémité du fragment déplacé en avant de l'autre.

Lorsqu’il n’y a pas de déplacement, on applique un bandage de corps en toile ou en diachylon ; le malade sera soigneusement maintenu couché sur le dos, la tète renversée en arrière. Dans les cas de déplacement, on ajoutera à l’emploi du bandage de corps des compresses graduées disposées au niveau de la pièce inférieure pour s’opposer à la saillie en avant.

§ II. — Fractures des côtes

Les côtes le plus souvent fracturées sont les neuvième, dixième et onzième. Les déplacements sont peu accentués, d’autant plus cependant que la fracture siège plus près de l'extrémité sternale ; et alors, en général, c’est le fragment sternal qui est enfoncé (Paulet). La réduction peut s obtenir, dans un grand nombre de cas, par des pressions ménagées sur le fragment saillant, aidées, s’il y a lieu, par des efforts d’expiraticn.

FRACTURES DU RACHIS

Le moyen de contention habituellement employé est le bandage de corps, suffisamment serré, ou une large bande munie de boucles (Malgaigne) ; une bande de diachylon, large de 10 à 12 centimètres, faisant une fois et demie le tour du corps, est souvent préférable. Demarquay con- -^seille, pour éviter d’entraver la respiration, de ne pas faire descendre le bandage trop bas et de préférer le plus souvent une série de bandes de toile larges de deux doigts appliquées seulement du côté blessé et collodionnées transversalement du rachis au niveau du sternum.

Lorsque la fracture siège sur les cartilages costaux, le meilleur appareil, d’après Malgaigne, est le bandage herniaire anglais.

I III. — Fractures du bassin

Le repos absolu dans la position horizontale doit être gardé par le blessé. On emploiera soit la grande gouttière de Bonnet, soit un double appareil en zinc analogue à ceux de Raoult-Deslongchamps comprenant les deux membres inférieurs et le bassin, soit encore un appareil silicatéouaté, renforcé d’attelles au niveau des plis inguinaux, maintenant les cuisses et le bassin. Les lits mécaniques rendront de très grands services chez de pareils malades.

§ l\. — Fractures du rachis

Les vertèbres cervicales et lombaires sont le siège le plus habituel de ces fractures dans lesquelles le déplacement est fréquent et consiste dans une incurvation du rachis en avant avec saillie angulaire en arrière, la partie supérieure glissant sur finférieure. Depuis quelques années, on a tenté la réduction

■ de ces fractures par l’extension, avec pressions convenables sur

■ la difformité ; d’après un assez grand nombre d’observations, ;.on aurait obtenu, après réduction, la disparition des phéno-

mènes de compression médullaire. Néanmoins, si l’on croit devoir , suivre cette conduite, on agira avec les plus grandes précau- . lions, surtout dans les fractures de la colonne cervicale ou dans celles qui s’accompagnent de paraplégie, presque toujours compliquées de luxations et dans lesquelles on a signalé quel- ‘ (jues cas de mort subite survenue pendant les tentatives de réduction.

APPAREILS A FRACTURES

1® Fractures sans déplacement. — Immobiliser le blessé dans la gouttière vertébrale de Bonnet ou par l’application d’un corset fait avec des bandes plâtrées, bien rembourré, analogue à celui de Sayre pour le mal de Pott, et allant des aisselles un peu au-dessus du grand trochanter (sans suspension préalable). Le corset plâtré peut se faire, simplement, â l’aide de trois ou au plus quatre bandelettes plâtrées, légèrement imbriquées, constituées chacune par

8 â 10 épaisseurs de tarlatane, larges de 12 à 15 centimètres, assez longues pour entourer le thorax, que l’on dispose sur une table ou sur le lit et sur lesquelles on couche le blessé. On les applique successivement après avoir matelassé convenablement le tronc avec de la ouate,'et on les maintient ensuite, jusqu’à dessiccation, avec un large bandage de corps.

2° Fracture de la région cervicale avec déplacement. — Le seul moyen pratique de traitement est Vextension permanente, qui pourra être appliquée de la manière suivante j (E. Fischer) : le malade est étendu sur son lit et on dis- | pose sur chacun de ses membres inférieurs une anse de diachylon comme il a été dit pour les fractures de cuisse ; â chaque anse est fixée une cordelette qui se réfléchit sur une poulie et supporte un poids convenablement choisi. | L’extension sur la tête se fera au moyen du bandage de !

FRACTURES DU RACHIS

Furneaux-Jourdan constitué par deux anses de diachylon, dont l’une embrasse rocciput et l’autre le menton, et dont les chefs viennent se réunir de chaque côté au-dessus des oreilles, où ils sont cousus solideriient l’un à l’autre, de manière à constituer une anse unique qui donnera attache à la corde portant les poids (fig. 364). Au lieu de cette fronde, on peut aussi se servir, d’après Fischer, d’un mouchoir carré, incisé depuis un de ses bords jusqu’en

son milieu, dans lequel on pratique une perte de substance arrondie, assez grande pour loger le cou ; on fixe ce mouchoir autour du cou, puis on relie par des points de couture les bords de l’incision allant au bord libre, et on dispose ensuite un coussinet de ouate sous le menton et la nuque; on relève alors les quatre angles du mouchoir sur la tète et on les réunit ensemble ; du point de réunion part la cordelette qui porte le poids. 11 faut avoir soin de ménager, en avant, des ouvertures pour le nez, les yeux et la bouche.

3*^ Fractures des régions dorsale et lombaire avec déplacement. — L’extension est pratiquée sur les membres comme ci-dessus ; quant aux lacs supérieurs, ils sont disposés autour des aisselles et constitués par des sangles rembourrées. Kauchfuss préfère se servir du poids du corps pour exercer l’extension dans les deux sens. Son appareil (fig. 365) se compose d’une ceinture, large de 20 cen-

PET. CHIUCRGIE, 6® édit.

APPAREILS A FRACTURES

timètres, présentant deux valves de chaque côté : les valves internes sont lacées autour du tronc qu’elles maintiennent; les valves externes se fixent par leurs extrémités aux barres latérales du lit et supportent tout le poids du corps qu’elles soutiennent élevé à une certaine distance au-dessus du lit. La région dorsale sera bien matelassée avec de la ouate. Cet appareil a été décrit spécialement pour les spondylites dorsale et lombaire, mais il est bien approprié aux fractures de la région.

Dans ces fractures des régions dorsale et lombaire, Kiister recommande de traiter les cas récents, sans symptômes marqués du côté de la moelle, par le corset plâtré de Sayre, appliqué pendant la suspension. Kœnig, avec juste raison, conseille d’étre circonspect pour la suspension qni devra être modérée et employée seulement dans les cas légers ; il est aussi partisan du corset plâtré qui cependant, d’après W. Wagner, n’est pas toujours très bien supporté.

Nous conseillons donc de préférer l’extension sans appareil, et de n’appliquer le corset plâtré que vers le 20° ou 25° jour après l’accident.

Guermonprez conseille d’appliquer, â la période de convalescence, un bandage roulé de tout le tronc avec interposition d’une attelle en bois sur toute la hauteur de la région dorso-lombaire ; cette attelle en bois chantourné, large de 4 â 6 centimètres et épaisse de 3 â 6 centimètres, sera insérée dans un étui en toile qui permettra de la fixer solidement aux bandes et l’empêchera de se déplacer.

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