MATH I E U
Fig. 3iU. — Attelles de Verneuil pour la coxalgie.
tane silicatées depuis l’extrémité du membre malade jusqu’à hauteur de la barre transversale du T. A chaque extrémité de l’appareil on doit laisser dépasser une partie du maillot ouaté afin d’éviter la compression douloureuse des bords de l’appareil une fois sec. Lorsqu’on se sert d’attelles en zinc, il est préférable de les inettre après l’application des bandes sèches, entre elles et les bandes silicatées.
2° Apiuireil plâtré de Kirmisson. Cet appareil est une modification de celui de Verneuil. Kirmisson et Calot préfèrent l’immobilisation à l’extension continue parce qu’elle permet plus facilement la vie au grand aii’ si nécessaire aux coxalgiques. Le membre est placé et immobilisé dans
LÉSIONS DL LA HANCHE
une position moyenne d’abduction suivant un angle de 20 à 30®. L’appareil s’étend du voisinage de l’appendice xyphoïde jusqu’à 5 ou 6 travers de doigts en dessous du genou.
Le malade étant placé sur un petit support, un aide est chargé de tenir le pied et la jambe dans l’abduction, en exerçant une légère extension pendant la confection de l’appareil et jusqu’à la dessiccation du plâtre. Toute la région que doit recouvrir l’appareil est entourée d’une épaisse couche d’ouate; on commence à appliquer les bandes plâtrées par le thorax, ce qui permet de mouler plus facilement le pli de l’aine. Lorsqu’on a appliqué deux ou trois bandes, suivant la taille du malade, on place l’attelle métallique longitudinalement sous le pli de l’aine et, on achève, en la recouvrant, de donner à l’appareil la solidité nécessaire.
L’appareil sera conservé longtemps, deux ans environ (renouvelé, bien entendu quand cela paraîtra nécessaire), car il faut se méfier des guérisons hâtives’.
Baqué (thèse de Paris 1901) préfère le simple maillot bien ajusté à la ouate et applique les bandes plâtrées immédiatement sur lui. Le bassin doit être soigneusement immobilisé en saisissant dans l’appareil les deux épines iliaques postéro-supérieures, ainsi que le pubis et la partie moyenne de la face postérieure du sacrum. Pour lui, il est inutile de faire remonter l’appareil jusqu’à l’appendice xyphoïde, ce qui entrave la respiration du malade ; il suffît que l’appareil arrive à deux travers de doigt au-dessus des épines iliaques. Si l’on veut permettre au malade de déambuler, l’appareil plâtré doit prendre le pied, comme celui de Verneuil.
Appréciation. — Ces appareils immobilisent bien l’articulation et permettent la marche ; mais ils ont l’inconvénient de rendre impossible la surveillance de la région, et ne permettent pas de s’apercevoir du développement des abcès. Le redressement suivi de l’application de l’appareil détermine parfois une douleur assez marquée dans l’articulation, douleur qui disparaît en général au bout de 24 heures.
Chez les enfants, un appareil de ce genre, silicaté ou plâtré, se souille rapidement et nécessite, par suite, des renouvellements assez fréquents.
h. APPAREILS A EXTENSION
L’extension continue dans la coxalgie se prête à des considérations identiques à celles qui ont été émises à propos de son application aux arthrites du genou. Comme l’a positivement démontré Lannelongue par ses récentes recherches, elle écarte les surfaces articulaires avec des poids assez faibles, sous la condition, habituellement réalisée, que l’appareil ligamenteux ait perdu sa résistance. Cet écartement des surfaces est un résultat des plus importants, car il supprime la cause principale des déformations osseuses. Pour qu’elle agisse efficacement, l’extension doit être absolument continue, ce que permet de réaliser remploi de l'anse de diachylon et des poids : il faut savoir qu’une traction puissante et prolongée amène parfois des troubles de l’appareil articulaire du genou.
Extension continue par les poids et l'anse de diachylon.
Cette méthode exige du repos dans le décubitus horizontal et doit être prolongée jusqu à ce qu’il n’y ait plus aucune douleur dans la hanche, souvent pendant plusieurs mois. Son applicaion se fait suivan t les principes habituels déjà longuement étudiés et sur lesquels il est inutile de revenir ; il est rarement besoin de dépasser un poids de 5 à 6 kg., le poids variant avec l’àge du sujet. La contre-extension est exercée à la manière habituelle ; cependant, comme chez les enfants on éprouve beaucoup de difficultés à fixer le bassin, Lannelongue a cherché à prendre point d’appui sur le thorax, et a proposé dans ce but l'appareil suivant.
Appareil de Lannelongue (fig. 392 et 393). — « Cet appareil se compose de deux pièces : une ceinture thoracique bouclée en avant, faite en tissu souple, et un bandage de corps en coutil ou en toile. A la ceinture s’attachent en arrière deux lacs assez longs pour être fixés aux barreaux de la tête du lit; c’est ce qu’on fait après avoir appliqué la ceinture modérément serrée avec les boucles qu’elle possède. Le bandage de corps est une bande de toile ou d’un tissu résistant, longue de 1 mètre à 1“, 20, et d’une largeur variable dans son milieu et aux extrémités : de 15 à 18 centimètres au milieu, de 10 à 12 centimètres aux extrémités. Ce bandage pré
LÉSIONS DE LA HANCHE
sente, à une certaine distance du milieu, une fente verticale incomplète ou boutonnière assez grande pour permettre d’y engager une des extrémités du bandage;
Fig. 392. — Ccintm*es de l’appareil à coxalgie de Lannelongue.
cette boutonnière occupe la partie antérieure et médiane, lorsque l’appareil est placé.
« On applique ce bandage directement sur la ceinture précédente, le plein étant en arrière; puis on ramène les
o98 APPAREILS POUR LES LÉSIONS ARTICULAIRES
deux chefs en avant et on engage l’un d’eux dans la boutonnière. Les extrémités du chef sont attachées sur les parties latérales du lit à l’aide de courroies. Ce dernier bandage enserre le corps comme la ceinture précé-
dente autour de laquelle il est placé; on doit le fixer à cette ceinture à l’aide de plusieurs épingles anglaises. La ceinture et le bandage de corps sont alors confondus en une seule pièce. Le but de ces ceintures superposées est de former une enveloppe plus complète pour la fixation du thorax. Le bandage de corps porte quatre lacs, tous attachés en arrière sur deux lignes verticales, deux
LÉSIONS DE LA HANCHE
au l)ord supérieur, deux au l)ord inférieur. Les lacs supérieurs sont fixés à la tète du lit, les lacs inférieurs aux barreaux du pied du lit; les deux ceintures sont en définitive tenues par six lacs, deux appartenant à la première ceinture, quatre appartenant à la seconde, c’està-dire au bandage de corps. Enfin les deux membres inférieurs sont tenus rapprochés l’un de l’autre par un troisième bandage en toile, moins large, mais confectionné de la même manière que le bandage de corps ; seulement il est inutile de le fixer étroitement. Le matelas du lit sera en crin, résistant, placé sur une planche, et on enlèvera les oreillers pour ne laisser que le traversin. L’anse de diachylon et les poids se disposent comme d’habitude. »
U. Barwell, pour empêcher la flexion latérale du tronc et du bassin avec l’extension par les poids, dispose sur le côté malade un sac de sable suffisamment long pour aller de l’aisselle au pied, un deuxième contre la face interne du membre malade, et un troisième le long du tronc du côté sain, allant de l’aisselle à la hanche.
On supprime l’extension par les poids, lorsque les phénomènes inflammatoires ont cédé au traitement, ce qu’indique la disparition des douleurs et du gonflement de la région malade ; mais il faut recourir alors à des appareils permettant la marche, tels que les appareils inamovibles décrits ci-dessus, etc., etc.
2° Appareil à extension de Taylor. *
Cet appareil (fig. 394) se compose : 1« d'une attelle ou tige d’acier creuse, qui s'étend de la malléole à la hanche du côté malade et est constituée par deux segments glissant l'un dans l'autre au moyen d'une clef à pignon ; 2» d'une ceinture pelvienne très solide dont deux tiers en acier entourent la périphérie du bassin au-dessus du grand trochanter, et qui se boucle en avant au, moyen d’une courroie; cette ceinture donne attache à deux lacs périnéaux en flanelle recouverte de peau, très écartés en arrière, rapprochés en avant ; 3" d’une pièce circulaire placée à hauteur du genou, dont l’arc externe est en acier et j l’arc interne en cuir : ces deux arcs se réunissent à l'aide d’une courroie à boucle : 4« d’une portion plantaire ou semelle qui fait partie du segment inférieur de la longue attelle externe, sur
lequel elle est fixée perpendiculairement ; cette semelle présente deux courroies destinées à maintenir le pied; au lieu de semelle,
certains appareils présentent une extrémité inférieure recourbée en arc.
Le bout supérieur de l’attelle est fixé à la ceinture pelvienne au moyen d’une vis qui permet de lui donner une position d’abduction déterminée.
Apiilîcation. — On prépare deux bandes de diachylon assez longues pour s’étendre de la hanche au pied, larges de 9 à 12 centimètres, en haut, de 3 à 4 en ])as; leur extrémité supérieure est divisée en cinq chefs (fig. 395, a), et sur le chef moyen, le plus large, on enlève un segment longitudinal et on le colle sous l’extrémité inférieure pour la renforcer. Une des bandes est alors collée sur la face interne du membre (fig. 395, b) de telle sorte que son bout inférieur arrive à 5 ou 6 centimètres au-dessus de la malléole interne, que le chef moyen soit appliqué sur la face interne du membre et que les autres chefs soient enroulés en spirale jusqu’au bassin ; l’autre bande est appliquée de la même manière sur la face externe du membre. L’extrémité inférieure des deux bandes est munie d’une boucle. On applique ensuite une bande roulée sur toute la longueur du membre, de manière que les bouts inférieurs du diachylon, munis de boucles, fassent saillie au-dessous d’elle.
Fig. 394. — Apj)areil de Taylor.
LÉSIONS DE LA HANCHE
L’appareil est alors appliqué sur le membre en bonne position; les courroies de la pièce podalique sont fixées dans les boucles du diachylon, la pièce du genou et les
Fig. 395. — Appareil de Taylor, a, préparation de la bande de diachylon ; 6, application.
sous-cuisses sont convenablement arrêtés, puis on fait mouvoir la vis à pignon afin déj.pi;qduire une extension. Le soulier du côté sain aura une, semelle très épaisse, de 5 à 6 centimètres.
PETITE CHIRURGIE, 6® édit.
Au lieu d’employer des bandelettes de diachylon, on peut chausser le pied malade d’une bottine en cuir souple et solide sur laquelle se fixeront les courroies venant de la partie plantaire de l’attelle.
Appréciation. — Cet appareil a l’avantage de permettre la marche, tout en exerçant une extension suffisante. 11 est surtout plus léger et moins compliqué que la plupart des appareils en usage, mais on ne doit pas l’employer tant qu’il existe des phénomènes articulaires inflammatoires. 11 constitue un excellent moyen de traitement, une fois que l’e.xtension par les poids aura produit tous les résultats qu’elle doit donner.
Appareil de Liermann.
Cet appareil se compose ifig. 396) ; 1« d’une attelle interne assez complexe, susceptible de s’allonger au moyen de vis et présentant à sa partie moyenne une articulation à charnière qui permet de réaliser la position fléchie ou à angle droit du genou. Sur la monture en fer, se fixent à l'aide de vis deux courtes attelles en bois, rune jambière, l’autre crurale.
Elle se termine en haut par un demi-anneau ischiatique embrassant la moitié postérieure de la cuisse, en bas par une sorte d’étrier destiné à exercer la traction sur le pied; 2» d’une attelle externe en tôle flexible (jui s’étend de la partie inférieure de la cuisse, à hauteur de la ceinture; elle porte en bas un demi-anneau crural, en haut
Fi}*. 396. — Appareil de Liermann.
LESIONS DE LA HANCHE
(leux ceintures de fixati(^n constituées par des demi-anneaux métalliques glissant Tun sur l’autre ; 3» d'une guêtre à extension, lacée, de laquelle partent, en dehors et en dedans, deux courroies qui se réunissent en forme d’étrier transversalement sous la plante du pied. Dans cette portion transversale est enchâssée une petite plaque de fer présentant une mortaise dans laquelle doit pénétrer le crochet de la vis d’extension de rattclte interne.
Applicatiou. — Le membre étant en extension, on applique un bandage roulé, fait avec des bandes de flanelle, allant de la racine des orteils jusque un peu audessus du pli de la fesse. On place la guêtre sur le pied. L’attelle interne est ensuite appliquée; sa charnière doit correspondre au bord inférieur de la rotule; on rembourre d’ouate ou de feutre l’anneau ischiatique et les bords supérieurs et inférieurs des attelles en bois; on maintient le tout par des bandes solides. L’étrier est ensuite fixé; il doit se trouver à une distance d’environ 7 à 8 centimètres de la plante des pieds, afin de permettre l’extension facilement; le crochet saisit la courroie sous-plantaire.
L’attelle externe se fixe autour de la cuisse à l’aide de fortes bandes; son application est des plus simples.
Cet appareil peut également s’employer dans les lésions du genou et dans les fractures du fémur. Dans ce dernier cas, on devra faire participer à l’extension la jambe et le genou, à l’aide de bandes de diachylon placées le long du membre avant l'application des attelles et venant se fixer à deux courroies latérales et spéciales de la guêtre lacée.
Avec cet appareil les malades peuvent se lever et marcher facilement avec des béquilles.
Parmi les autres appareils nous signalerons ceux de Le Fort, de Martin et Gollignon, de Thomas (de Liverpool), de Davis, de Sayre; celui de.Dombrowsky, qui ne diffère de l’appareil destiné au genou que par l’addition d’une ceinture pelvienne, modelée en feutre, reliée à la tige métallique, et par la présence d’une seule charnière au genou; l’appareil en cuir modelé de Yerneuil, etc., etc.