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CAUTÉRISATION. — CAUTÈRES

foyer incandescent (cautères ordinaires), soit de la combustion de gaz hydrocarburé (thermocautère), soit d’un courant électrique (galvano-cautère).

1° Cautères ordinaires.

Ces instruments, d’aspect fort divers, et à peu près délaissés aujourd’hui, sont formés d’une tige métallique terminée à son

Fig. 402. ~ Cautères ordinaires.

extrémité agissante par un renflement de forme variée, et fixée par son autre extrémité, appelée soie, dans un manche mauvais conducteur de la chaleur, tel que le bois. Généralement un jeu de cautères peut se fixer sur un même manche creux et muni d’une vis de pression pour assurer finstrument.

OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE

La nature du métal et la forme du cautère méritent considération ; le métal doit être aussi inaltérable que possible, s’échauffer rapidement et se refroidir lentement; son extrémité doit avoir une forme appropriée à l’indication à remplir, ne pas être trop pointue et présenter, sur une certaine étendue, un volume suffisant pour emmagasiner une notable quantité de chaleur.

L’acier est le métal qui réunit toutes les conditions exigées par la pratique; car il est d’un prix peu élevé, possède une grande capacité pour le calorique et s’altère peu si l’on a la précaution de le plonger dans l’eau immédiatement après s’en être servi. Le fer est de beaucoup inférieur.

Les cautères ont reçu des dénominations diverses d’après leurs formes (fig. 402) : cautère en rondache ou cultellaire 1, en bec d’oiseau 2 et 3, nummulaire4, olivaire 5, en boule 6, en roseau 7, etc. ;^on se sert aussi de cautères ayant la forme de pinces à pression.

On fabrique extemporanément un cautère soit avec une tringle de rideau, soit en tordant en tire-bouchon un fragment de fil de fer dont on replie légèrement sur ellemême l’extrémité agissante pour l’émousser.

Le meilleur mode de chauffage est le charbon de bois qu’on fait brûler dans un réchaud en activant la combustion avec un soufflet; le charbon de terre encrasse les instruments et les détériore. Une simple lampe à alcool suffît pour les petits cautères.

Le degré de chaleur auquel on doit porter le cautère dépend de l’indication à remplir et est indiqué par la coloration qui va du rouge obscur au rouge vif. La manière d’utiliser ces instruments sera examinée à propos des divers modes de cautérisation.

2° Thermocautère Paquelin.

Cet instrument, qui a détrôné avantageusement les cautères précédents, emprunte sa chaleur à la combustion sans flamme d’une substance hydrocarbonée. Sa construction repose sur la propriété qu’a le platine ou tout autre métal de même ordre, tel encore que le bronze d’aluminium, une fois porté à un certain degré de chaleur, de devenir immédiatement incandescent au contact d’un mélange d’air et de certaines vapeurs hydrocarbonées, et de maintenir cette incandescence tout le temps que

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ledit mélange arrive à son contact. L’incandescence augmente au fur et à mesure que le mélange parvient sous plus haute pression.

Cet instrument, qui peut affecter toutes les formes

utiles en chirurgie (couteau [fig. 403], roseau, ciseaux, pointes à ignipuncture droites et courbes [fig.504J, etc.), entre immédiatement en incandescence, peut parcourir toutes les gammes de températures suivant qu’on active plus ou moins la soufflerie, et peut être maintenu à la température voulue pendant toute la durée nécessaire à une opération.

Fig. 403. — Tliermacaulère Paquelia (couteau).

Fig. 404. — Tliermocaulères, pointes fines, droite et courbe.

Le thermocautère (fîg. 403) se compose dans son ensemble de trois parties : l» le cautère; 2» une lampe-chalumeau à esprit-devin; 3° un tube à rallonge à pas de vis mâle et femelle.

a. Le cautère comprend cinq pièces séparables : un foyer de combustion en platine ; un manche en bois canaliculé; un tube en

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caoutchouc à parois épaisses; un flacon ou récipient à hydrocarbure; une soufflerie.

l® Le foyer de combustion constitue le cautère proprement dit et consiste essentiellement en une chambre de platine à grande surface sous petit volume; nous avons vu qu’il peut affecter les formes les plus diverses. Il est monté à demeure bout à bout sur un tube en cuivre nickelé, lequel est percé de trous au voisi-

Fig. 405. — Thcrniocaulèrc Paquelin, monté.

nage de son extrémité libre pour le dégagement des résidus de la combustion; ces deux pièces ainsi ajustées forment une sorte de chambre métallique allongée, fermée à une de ses extrémités, ouverte à l’autre.

2« Le manche en bois canaliculé, muni d’un pavillon à une de ses extrémités, est traversé dans toute sa longueur par un tube métallique qui le déborde à chaque bout de quelques millimètres. Du côté du pavillon, il porte un pas de vis femelle destiné à recevoir le pas de vis mâle du cautère ; du côté opposé, il se termine par un téton. Dans les cautères en forme de ciseaux, le tube sur lequel est ajusté bout à bout le foyer de platine fait office de manche.

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3° Le tube en caoutchouc épais unit le cautère au réservoir ; on le fixe par un bout au téton terminal du manche et par l’autre à l’extrémité d’un des tubes du bouchon du récipient.

4» Le récipient est un flacon portant à son col un double crochet mousse qui permet de le suspendre à une boutonnière, au cordon d’un tablier, au rebord d’une poche ; il est fermé au moyen d’un bouchon en caoutchouc traversé à son centre par deux tubes métalliques juxtaposés dans leur moitié inférieure, divergents dans leur moitié supérieure. L'un des tubes reçoit le tube en caoutchouc de la soufflerie qui amène l’air atmosphérique ; l’autre, sur lequel est fixé le tube en caoutchouc qui se rend au manche, livre passage à cet air saturé de vapeurs hydrocarbonées.

Le meilleur hydrocarbure à employer est le produit désigné dans le commerce sous le nom d’essence minérale, que l’on trouve partout et que l’on brûle communément dans des lampes à éponges dites lampes Mill. Elle doit peser 700 à 720 grammes au litre.

O® La soufflerie est une poire de Richardson ; en adaptant à cette poire une courroie en caoutchouc, on peut la faire fonctionner avec la pression du pied.

b. La lampe-chalumeau à esprit-de-vin présente sur son col une tige verticale portant un châlumeau qui est disposé transversalement à hauteur de la mèche de la lampe, et dont l’extrémité externe se termine par un téton.

c. Le tube-rallonge s’intercale entre le foyer de combustion et le manche en bois canaliculé.

manière de se servir dn thermocautère. — Les différentes pièces étant agencées comme il vient d’être dit et le récipient étant rempli seulement au tiers avec l’essence, plonger le foyer de combustion, ou cautère proprement dit, dans la partie blanche de la flamme de la lampe à alcool sans faire jouer la soufflerie. Au bout d’une demi-minute à une minute environ, sans cesser de maintenir le foyer dans la flamme, faire fonctionner l’insufflateur doucement et par petites saccades. Une sorte sorte de bruissement annonce que la combustion s’opère et presque à l’instant le cautère devient incandescent. L’air chassé par la soufflerie dans le récipient s’y charge de vapeurs hydrocarbonées, et le mélange gazeux qui en résulte vient brûler sans flamme dans le foyer de combustion.

Dès que le cautère est rouge vif, on le retire de la

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flamme; il est amorcé, et l’on n’a plus besoin, pour maintenir son incandescence, que du secours de l’insufflateur et de sa propre chaleur. On peut même cesser l’insufflation pendant une demi-minute sans que pour cela le cautère s’éteigne. 11 a emmagasiné intérieurement assez de chaleur pour se raviver immédiatement à l’aide de quelques insufflations. L’incandescence sera d’autant plus vive que le jeu de la soufflerie sera plus actif; il faut plus de pression pour les cautères à petits foyers que pour les autres.'

Précautions spéciales à prendre. — 1® L’alcool employé pour la lampe ne doit pas renfermer des matières salines, surtout des chlorures, car alors il se forme du chlorure de platine qui rend l’incandescence difficile.

2® L’essence sera renouvelée à chaque opération et ne doit pas occuper plus du tiers du flacon, afin de faciliter l’apport de l’air envoyé par la soufflerie ; ,30 gr. suffisent pour une heure et demie. Sa température doit être pendant toute la durée de l’opérUtion au minimum de 13 à 20® cent., cç que l'on obtient soit en appliquant la main autour du flacon, soit en mettant celui-ci dans la poche d’un vêtement en contact direct avec le corps. Eviter de l’exposer aux rayons du soleil, car l’excès de la chaleur s’opposerait à l’incandescence du cautère. On évitera aussi le contact du bouchon avec l’essence, qui dissout le caoutchouc. Si le flacon vient à se briser, il faut le remplacer par un flacon de volume égal, jamais plus grand.

3® Pour amorcer l’instrument, ne faire jouer l’insufflateur que quand le foyer a acquis un certain degré de chaleur, sinon l’incandescence serait retardée. Une fois. le cautère amorcé, ne pas brusquer les insufflations, mais les produire lentement, pour ne pas dépasser le degré de chaleur utile. Eviter de chauffer jusqu’au blanc lumineux, car cette température pourrait fondre le tube intérieur.

Si, au cours d’une opération, l’incandescence devenait défectueuse, on activerait pendant 5 à 6 secondes la combustion au moyen de quelques insufflations rapides ; au besoin, on chaufferait le cautère pendant quelques secondes sur la flamme de la lampe à alcool.

4® Après chaque opération, nettoyer le cautère intiis et extra. Ne jamais le plonger dans l’eau.

Nettoyage interne. — L’opération terminée, avant de laisser éteindre le cautère, le porter au rouge vif au moyen de quelques insufflations rapides, afin de brûler les particules de carbone déposées dans la chambre de platine, puis quand il est en pleine

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incandescence, retirer brusquement le tube de caoutchouc fixé au manche de l'instrument et laisser refroidir à l’air libre.

Nettoyage externe. — L'instrument refroidi, frotter sa surface avec un linge mouillé, afin de le nettoyer des débris salins et carbonés empruntés aux tissus.

Il arrive parfois, malgré ces dernières précautions, que l'instrument s’encrasse, fonctionne mal et ne peut être porté ou maintenu à l’incandescence. Il faut alors le chauffer fortement au rouge vif pendant 2 à 3 minutes, à l'aide du chalumeau annexé à la tige de la lampe, à moins toutefois que le tube central du foyer ne soit fondu ; on aplatira la mèche pour lui donner la plus grande surface possible.

D“ La soufflerie sera toujours manœuvrée avec soin ; pour les hautes températures, éviter de lui imprimer des mouvements trop rapides et trop étendus, afin de ne pas distendre outre mesure la boule soufflante garnie d’un filet et de ne pas faire sauter le bouchon du récipient.

En somrne, lorsque le cautère ne rougit pas, les causes peuvent être les suivantes : le platine n’a pas été suffisamment chauffé sur la lampe à alcool, le mélange gazeux arrive au foyer sous trop forte pression, l’alcool de la lampe contient des matières salines, — le cautère n’a pas été nettoyé, — le tube central est obstrué ou fondu, — le tube en caoutchouc est coudé et obstrué, — l’essence contient en dissolution du caoutchouc provenant du bouchon, ou bien elle est trop froide, ou elle est trop pauvre, faute d’avoir été renouvelée à temps, ou bien encore elle a été exposée à l’action directe des rayons solaires.

Si le cautère s’éteint après avoir rougi plus ou moins longtemps, c’est que l’essence est trop froide ou trop pauvre ; nous rappelons qu’elle doit peser 700 à 720 gr. au litre.

Modifications. — Des perfectionnements importants ont été apportés au thermocautère par son inventeur. La lampe à alcool a été supprimée; le volume des cautères a été réduit; les produits de la combustion ne se dégagent plus directement au-dessous du manche et ne l’échauffent plus, grâce à un dispositif spécial.

Le manche est balayé à son intérieur par un courant d’air emprunté directement à la soufflerie et amené tpar un tube spécial fixé sur un robinet dit doseur-mélangeur (fig. 406). Le carburateur est en métal de forme rectangulaire; un crochet permet de le suspendre à la ceinture.- Le liquide y est emprisonné dans des éponges, ce qui le rend incombustible. Un robinet, dit doseur-mélangeur.

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le couronne et a pour but de mouvementer ou de fixer

rincandescence du cautère en permettant de mélanger à volonté fair et les vapeurs hydrocarbonées.

La soufflerie, poire de Richardson, porte en avant de sa poche régulatrice un bourrelet qui s’oppose aux temps d’arrêt de la soufflerie. Ces cautères nouveaux, vu leur petite masse et par le fait de la suppression de la toile de platine à leur intérieur, s’amorcent très facilement et s’encrassent rarement.

Pour les amorcer, il suffit de les chauffer quelques secondes sur la flamme d’une bougie, ce qui supprime la lampe à alcool.

Le chalumeau de ce nouvel appareil est formé d’un seul tube; sa flamme donne une température voisine de 1800 degrés. Il sert, conjointement avec le robinet doseur-mélangeur, à vérifier préalablement à toute opération les qualités du liquide combustible; à établir préalablement à l’amorçage une composition parfaite du mélange gazeux; au besoin, à amorcer le cautère, et à le décrasser.

CAUTÉRISATION. — THERxMOCAUTÈRE

M. Ghazal, fabricant d’instruments de chirurgie, a imaginé une modification qui peut s’adapter aux thermocautères du modèle primitif et permet la suppression de la lampe à alcool : un robinet, adapté sur le flacon d’essence, est surmonté d’un chalumeau à sa partie supérieüre. et porte, de chaque côté, les tubulures ordinaires pour y ajuster le tube de caoutchouc d’une part, et de l’autre la poire à insufflation. La manœuvre du robinet permet de se servir du chalumeau pour amorcer le cautère et le décrasser le cas échéant. Le flacon est garni d’éponges pour emprisonner le liquide.

M. Mathieu, par une disposition ingénieuse, a transformé le manche même du cautère en carburateur, ce qui supprime le récipient d’essence minérale ; la soufflerie s’adaj)te directement sur ce manche. Nous signalerons également Yaphyso-caiitère de Déchery qui fonctionne sans soufflerie et avec de l’éther à 65® contenu dans le manche de l’instrument.

3° Pyrophore, cautère de Baij.

Cet appareil construit par M. Colin (fig. 407), fonctionne

au moyen de l’alcool mis sous pression et entraînant l’air nécessaire à sa combustion.

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La génération de la vapeur est rendue automatique de la façon suivante : A, chaudière sphérique dans laquelle on introduit une dose d’alcool par Pouverture D à bouchon uiétallique : E, prise centrale de la vapeur d’alcool ; F, orifice capillaire injecteur de vapeur, formant trompe et introduisant, par le conduit R, le mélange combustible jusqu'au foyer à incandescence N, contenu dans le couteau. A son passage par la chaudière, le tube adducteur des gaz mélangés s’ouvre latéralement au point L dans une chambre cylindrique B ouverte aux deux bouts et contenant un ruban de platine dont l’incandescence maintient la vaporisation de l’alcool. O est une manette gouvernant un diaphragme mobile pour régler le mélange d’air et de vapeur et donner au couteau de platine l’incandescence voulue. — Accessoires : une tige d’acier, une mesure d’alcool pouvant 'servir de lampe.

Mise en marche. — Saisir à pleines mains la chaudière A et dévisser le l)ouchon métallique au moyen d’une tige d’acier. Emplir la mesure d’alcool rectifié et verser son contenu dans la boule. Refermer le bouchon métallique D en serrant légèrement au moyen de la tige d’acier engagée dans son anneau. Chauffer la boule à la flamme de la lampe à alcool.

Au bout de quelques instants, un léger sifflement se fait entendre indiquant la sortie de la vapeur d’alcool par le joint f; dès que ce sifflement devient continu, on ouvre l’obturateur à manette 0 en retirant l’appareil de la flamme. On s’assure alors que le spiral de platine contenu en c est incandescent. 11 ne reste plus qu’à amorcer la pointe N en la chauffant à la flamme de la lampe à alcool jusqu’à ce qu’elle arrive au rouge blanc.

On doit toujours s’assurer, avant l’emploi, qu’il ne reste plus dans l’appareil d’alcool ayant servi à une opération précédente; le niveau du liquide, exactement jaugé par la mesure, ne doit jamais dépasser le niveau de la moitié delà sphère. Si, au moment de l’ouverture de l’obturateur 0, le spiral C contenu dans la boule ne devenait pas incandescent, cela indiquerait que la pression est insuffisante; il faudrait alors refermer l’obturateur et ne le rouvrir qu’après avoir de nouveau chauffé la boule pendant quelques instants. Si, durant les opérations, de légères flammes d’alcool apparaissaient aux orifices de l’appareil, il suffirait de les éteindre en soufflant.

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Cet appareil, dont le fonctionnement est très délicat, n’a pas donné des résultats pratiques toujours satisfaisants.

4° Galvanocautère et galvanocaustie thermique.

La galvanocaustie thermique est la cautérisation au moyen de la chaleur développée dans un fil métallique (galvanocautère) par un courant galvanique suffisamment intense.

L’emploi du galvanocautère, quoique constituant une méthode excellente, ne prendra jamais une extension pratique aussi grande que le thermocautère. Parmi ses inconvénients, les principaux sont la complication du matériel à employer, les manipulations diverses qu’il exige, le prix des appareils. Le galvanocautère est cependant l’appareil de choix pour les opérations à pratiquer dans la profondeur des cavités ; vagin, bouche, fosses nasales, etc., pour les cautérisations des fistules, des trajets glandulaires. Il peut, en effet, être réduit à un volume très petit, et, par suite, il donne peu de chaleur rayonnante; il jouit en outre de la propriété, si précieuse, de pouvoir être porté à la température convenable au moment voulu après avoir été introduit à froid dans les cavités, et de pouvoir être éteint presque instantanément.

Ne pouvant passer en revue tous les appareils proposés et utilisés, tels que ceux de Middeldorpf, de von Bruns, de Broca et Grenet, deGrenet modifié par Trouvé, de Bœckel et Bedslob, etc., nous décrirons seulement l’appareil de Chardin modifié par le Boisseau du Bocher, qui est d’un maniement fort simple, et surtout facilement transportable. Un grand progrès a été accompli par l’emploi des accumulateurs électriques qui n’ont aucun des inconvénients d’irrégularité de marche des différents appareils et qui doivent leur être substitués partout où la chose sera possible. On peut même, à l’aide de certains appareils, prendre là source d’électricité nécessaire sur les fils conducteurs des usines électriques.

Il est nécessaire, pour connaître et apprécier le fonctionnement

PETITE CHIRURGIE, 6® é(Üt. 36

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des appareils, de rappeler d’abord quelques notions essentielles d’électricité.

Il y a à considérer dans la méthode galvano-caustique trois facteurs principaux : 1« les piles ; 2° la manière de graduer le courant ; 3® les instruments.

Piles, — Les piles sont constituées par des éléments zinc et charbon plongeant dans l’acide sulfurique étendu et additionné de cristaux de bichromate de potasse, ou dans du sulfate de bioxyde de mercure.

L'intensité du courant (dont l’unité est désignée sous le nom d’ampère) est la quantité d’électricité qui traverse le conducducteur avec plus ou moins de rapidité. Elle dépend de la surface des éléments, et augmente proportionnellement avec elle, mais avec de petits éléments on peut compenser la surface par le nombre.

La tension du courant ou potentiel est la force avec laquelle l’électricité tend à s’éloigner de sa source (ou se dégage) et varie avec le nombre des couples ( e la pile.

La résistance au passage du courant, dont l’unité est appelée ohm, est proportionnelle à l’étroitesse et à la longueur du fil conducteur.

La chaleur est le résultat de la résistance vaincue par le courant ; plus un fil est fin et long, plus il oppose de résistance et par suite plus il s’échauffe facilement. Le platine est le fil de choix, car il offre une grande résistance au courant et fond difficilement. Pour que le courant puisse triompher de la résistance d’un fil long, il faut, outre son intensité, qu’il soit animé d’une grande tension, ce qu’on obtient en ajoutant des couples à la pile et non pas en augmentant la surface des couples primitivement utilisés.

Il est bien évident qu’en dehors du fil à porter au rouge, la résistance des autres éléments du circuit doit être diminuée par l’accroissement de leur volume.

2o Graduation du courant. — Il résulte de ce qui précède, que lorsque dans l’emploi du galvanocautère et surtout de l’anse galvanique, on vient à réduire progressivement la longueur du fil de platine, il faut simultanément diminuer la tension et l'intensité du courant pour éviter la fusion du fil. La graduation du courant destinée à produire ce résultat s’opère différemment suivant les appareils.

3° Les instruments seront décrits après l’examen des appareils destinés à permettre leur emploi.

Appareil de C. Chardin. — L’appareil est renfermé dans une boîte dont le couvercle et la face antérieure se rabattent à charnière.

CAUTÉRISATION. — GALVANOGAüTÈRE

La pile (fig. 408) se compose d’une série de zincs et de charbons alternés B, B, fixés aux deux extrémités de la face inférieure d’une planchette mobile A. Ces zincs et ces charbons sont tenus par des écrous I, qui peuvent être vissés et dévissés à volonté, sans aucune intervention d’outil, ce qui facilite leur nettoyage ou leur rempla-

Ing-, 4Ü8. — l’ilc a galvanocaustic, de Boisseau du Rocher.

cernent. Les charbons ont subi une triple préparation qui les rend invulnérables et leur assure pour très longtemps une excellente communication avec les autres organes. A l’aide de diverses bornes placées sur la planchette, on peut, à volonté, prendre le courant total de la pile ou seulement le courant d’un seul élément, dans le cas de petites opérations demandant peu de puissance calorique. Cette pile fonctionne au bichromate de potasse et de soude.

OPÉRATIONS DE PETITE CHIRÜRG

La planchette A, à laquelle sont fixés les zincs et les charbons, est supportée à l’aide d’une armature métallique par une vis M, médiane, et deux glissières pénétrant dans les tubes vei>ticaux, qu’on aperçoit dans le milieu de la boîte. La vis est manœuvrée par une roue à manivelle, qui permet de lui communiquer un mouvement de rotation avec ascension ou descente de la planchette, plus ou moins rapide à volonté, suivant qu’on la tourne dans un sens ou dans l’autre. C’est cette manœuvre de la vis qui, avec une grande précision, constitue le système mo-

dérateur de l’intensité et de la tension du courant, en faisant plonger plus ou moins les éléments zinc et charbon dans le liquide.

Le réservoir (fig. 409), dû au D’’ Boisseau du Rocher (D de la fig. 408 et G, B, fig. 409), est constitué par deux auges en porcelaine émaillée divisées chacune en deux compartiments C et B. qui communiquent en un seul point B par un tube touchant presque le fond du compartiment inférieur. Ce dernier compartiment communique en outre avec l’air extérieur par un tube que l’on remarque sur le devant du vase. Pour faire monter dans le compartiment supérieur le liquide qui séjourne toujours dans le compartiment inférieur, on insuffle de l’air dans ce dernier au moyen d’une poire en caoutchouc L ou d’une pompe métallique (les éléments zinc et charbon ayant été préalablement remontés hors de tout contact) ; sous l'influence de la pression ainsi produite, le liquide reflue par le tube intérieur B dans le compartiment supérieur G. Gette ascension peut être continuée ainsi ï iusqu'à épuisement complet de la masse liquide.

Fig. 409. — Fonctionnement de la pile (réservoir)

CAUTÉRISATION. — GALVANOGAUTÈRE

6il

Alors, si au moyen du robinet S (fig. 408), porté par le tube à insufflation, on ferme toute communication entre le compartiment inférieur et flair extérieur, l’équilibre établi entre flair introduit et le liquide se maintient fixe, et le liquide reste dans le compartiment supérieur; lorsque l’opération est terminée, on ouvre de nouveau le robinet, et à ce moment le liquide redescend par son propre poids.

On comprend facilement combien la disposition ingénieuse de ces auges donne de facilité et de sécurité pour le transport du liquide excitateur, en même temps qu’elle permet, sans manipulation compliquée et sans perte de temps, une marche immédiate de l’appareil.

Des explications qui précèdent, il résulte que la manœuvre de l’appareil consiste :

1*^ A faire monter tout d’abord au moyen de la manivelle le système des piles, afin de les mettre provisoirement hors de l’atteinte du liquide ;

2^ A faire monter, par l’insufflation d’air, le liquide du .compartiment inférieur dans le compartiment supérieur;

3*^ Puis, dès que l’opération va commencer, à faire descendre lentement les piles par la manivelle G, jusqu’au moment où l’intensité du courant est jugée suffisante, ce qu’indique la coloration plus ou moins rouge que prend le fil de platine du cautère ;

4® Pendant l’opération, on gradue le courant au moyen de la manivelle, en faisant monter ou descendre les éléments ;

5® Enfin, après l’opération, on retire la poire à insufflation, l’air du réservoir s’échappe, et le liquide descend dans le compartiment où il doit séjourner.

Lorsqu’on n’utilise que les éléments d’un seul compartiment (nous avons vu comment), on fait monter seulement le liquide de l’auge correspondante sans s’occuper de l’autre.

Des instrumeut.s ou cautères galvaniques. — Quel que soit l’appareil employé, tous les cautères galvaniques sont à peu près identiques, sauf quelques modifications de détail. La partie agissante est constituée par un fil de platine susceptible de revêtir les formes les plus diverses (fig. 410) ; cautère en bec d’oiseau dans lequel le fil

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forme un V plus ou moins aigu, droit ou recourbé (1, 2) ; cautères scarificateurs en forme de rateau (4, 5, 6) ; le couteau galvanique (fig. 411), inventé par Seré, formé d’un ruban de platine de I millimètre de largeur recourbé sur le plat, en ellipse ou en demi-cercle, le

Fig. 410. -- Galvanocautèrcs de formes diverses.

cautère galvanique à olive, qui est formé d’un fil de platine roulé en spirale autour d’une olive en porcelaine (le fil s’échauffant rougit la porcelaine, ce qui augmente la surface du cautère, mais cette olive se brise assez facilement sous l’influence de la chaleur). Enfin i’anse galvanique (fig. 413).

Tous ces fils sont montés sur un manche isolant ou porte-

CAUTÉRISATION. - GALVANOGAUTÈRE

cautère (fig. 312) que l’on doit choisir métallique, de manière à pouvoir en opérer la désinfection par rébullition, le flambage, ou le

Fig. 411. — Couteaux galvaniques.

séjour dans des solutions antiseptiques. Ils sont reliés avec les tiges conductrices, isolées entre elles, qui traversent toute la lon-

gueur du manche. Le manche présente une solution de continuité d’un des conducteurs : l’opérateur peut la faire disparaître

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à son gré pour déterminer le passage du courant, au moyen d’un bouton ou d'une pédale G disposée sur la face extérieure du manche et dont le jeu rapproche les deux parties isolées du conducteur. Il en résulte que ce point d'intersection est soumis aux effets destructeurs de l’étincelle due à la fermeture et à l’ouverture du courant; il s’encrasse donc facilement et peut

Fig’. 41o. — Maaclie cutièrcmenL niélalliquc poui' l’anse galvanâiue.

devenir à un certain moment, après un usage prolongé, réfractaire au passage du courant, d’où défaut de fonctionnement de l'appareil. M. Chardin, pour remédier à ce vice, a pratiqué dans le manche un petit guichet qui permet de nettoyer avec la plus grande facililé le point d’intersection. Une autre particularité à signaler, c’est que les tiges qui supportent le cautère peuvent quelquefois se toucher en un point, ce qui intercepte tout courant et empêche le platine de rougir ; il est facile de parer à cet inconvénient.

Emploi de l'anse galvanique. — Uansc galvanique (fig. 413) est montée sur un guide-anse d’une manière spéciale, permettant de réduire progressivement ses dimensions pendant une opération. On arrive à ce résultat en fixant ses extrémités sur une sorte de barillet S, S' qu’on fait glisser en arrière au moyen d’un anneau I dans lequel s’engage l’index ; le pouce introduit dans l’anneau A et le médius et l’annulaire prenant appui sur la tige inférieure du manche assurent sa fixité. Sédillot, E. Bœckel, V. Bruns recommandent de la confectionner avec un fil de platine de 1 millimètre d’épaisseur, pour ne pas l’exposer à être fondue; toutefois, pour les

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