SAIGNEE LOCALE; SANGSUES ARTIFICIELLES
aussi est-il presque toujours nécessaire d’employer concurremment les ventouses, Pour cela, on applique d’abord la ventouse sèche destinée à congestionner les tissus, on la retire après 1 à 2 minutes, on scarifie la surface rougie, et enfin on replace la ventouse. La quantité de sang retirée n’est jamais considérable, car il se coagule bientôt et son accumulation dans le récipient rétablit l’équilibre de pression et arrête l’aspiration. Au bout de 7à 8 minutes, les ventouses seront enlevées et les surfaces scarifiées, lavées avec un liquide antiseptique froid, seront recouvertes d’un linge fin enduit d’une couche de vaseline boriquée.
Scarificateurs spéciaux. — Les scarificateurs destinés à un usage tout à fait particulier, tel que scarification des lupus, du larynx, de la cavité buccale, présentent des formes spéciales sur lesquelles nous ne pouvons nous étendre ici. Pour le lupus, si l’on veut faire des scarifications sanglantes, on se sert soit d'aiguilles, soit de plusieurs lames réunies ensemble comme dans le scarificateur de Balmanosquire (fig. 427).
Pour scarifier la muqueuse conjonctiyale. Desmarres a proposé une petite lame très courte et très convexe ; mais une lancette effilée peut suffire, de même pour la langue et les gencives. Les
scarifications du col utérin sont souvent faites avec le scarificateur de Scanzoni composé d’une lame courte, sans pointe, convexe et montée sur un long manche. Ortille, de Lille, a propose dans le même but un scarificateur (fig. 428) à lame cachée qui permet d’agir avec plus de sécurité. Les scarificateurs laryngiens varient aussi suivant les spécialistes (un des meilleurs est celui de Mandl) ; en sornme, c’est toujours une sonde courbe portant dans son intérieur une lame qu’on fait saillir à volonté sur le point voulu.
3'^ Sangsues artificielles. — Les sangsues artificielles
OPERATIONS DE PETITE CHIRURGIE
constituent une variété de ventouses scarifiées. La plus employée est la sangsue Heurteloup, qui jusqu’à ce Jour n’a subi que des modifications de détail. Elle se compose d’un scarificateur et d’une ventouse à pompe. Le scarificateur modèle Collin (fig. 429) est composé d’un tube métallique plus ou moins allongé suivant qu’on emploie l’instrument sur la surface cutanée ou sur le col de l’utérus. Ce tube porte à sa partie supérieure deux anneaux destinés à le fixer solidement avec les doigts. Dans son
Fig. 42'j. — Ventouse Heurteloup et scarificateur.
intérieur se trouve une tige en acier tournée 'en pas de vis à sa surface et terminée à sa partie inférieure par une rondelle creuse tranchante, véritable emporte-pièce. Sur cette tige glisse à frottement une rondelle creuse, munie intérieurement d’un pas de vis et supportée par deux ti^es grêles qui vont se terminer extérieurement par un anneau destiné à la faire mouvoir comme le piston d’une seringue.
Pour se servir de l’instrument, on limite le champ de sortie de la lame au moyen d’un curseur terminal, taillé en biseau pour permettre au gré de l’opérateur une section demi-circulaire. Puis on applique soigneusement l’extrémité de l’instrument sur la peau, et par des mouvements d’ascension et de descente de la tige intérieure, on déter-