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AGENTS HÉMOSTATIQUES

bretèlle ou im tube élastique : c’est là le procédé de Grandesso Silvestri. La présence d’un tube élastique ne levait pas l’objection ; aussi a-t-il proposé, au quatorzième Congrès des chirurgiens allemands, comme constricteur circulaire, un ressort d’acier nickelé, dont l’extrémité libre se fixe par une fermeture assez analogue à une épingle de sûreté. On peut se demander si la constriction ne sera pas trop brutale, et si le ressort ne s’altérera pas ; en tout cas, ce moyen mérite considération.

M. Hodges,^pour obtenir l’hémostase, élève le membre pendant 10 minutes, refoule ensuite le sang veineux par des pressions manuelles, et applique le tourniquet.

Nous conseillons de préférence, en l’absence’de tout lacs élastique, la manière de faire de Kœhler, longuement expérimentée à la clinique de Bardeleben : élever le membre, disposer, avec une étroite bande en toile, un spiral sans renversés, en serrant aussi fortement que possible chaque tour, mouiller ensuite lentement la bande de bas en haut, et appliquer. alors un lacs à boucle bien serré ou un tourniquet. Cette pratique est un retour aux anciens procédés d’économie du sang; le mouillage de la bande, employé jadis par Maisonneuve, est inutile, d’après nos propres recherches, et constitue une perte de temps.

I III. — Agents hémostatiques

Ils conviennent aux hémorragies capillaires, qui cèdent, du reste, facilement aux moyens les plus simples, sauf chez les hémophiliques et les sujets dyscrasiques. Leur valeur est nulle dans les plaies des vaisseaux de quelque importance, exception faite pour le fer rouge.

l» Réfrigérants. — L’eau froide, la glace, un courant d’air froid, agissent en resserrant les petits vaisseaux et les capillaires;

2» L'eaa très chaude, de 45 à 50®, est un excellent hémostatique, particulièrement pour les hémorragies utérines ; elle excite la contraction des parois vasculaires et des fibres de l’utérus;

3® Styptiques — Les principaux sont l’eau vinaigrée, l’eau alunée, l’alcool pur, les diverses eaux hémostatiques, dont les unes renferment de l’essence de térébenthine, d'autres de l’alun (eau de Pagliari) ou de l’ergot de seigle, le perchlorure de fer et le persulfate de fer. On ne saurait trop s’élever contre l’abus si fré-

PETITE CHlUüIUilE,' 6“ édit.

OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE

quent du perchlorure de fer dans les hémorragies externes : ce sel souille les plaies, masque les hémorragies, entraîne souvent des complications phlegmoneuses, et doit être proscrit. On emploie aussi Pantipyrine en poudre ou en solution à 10 à 20 p. 100 (Hénocque), Peau oxygénée à 12 volumes.

La gélatine préconisée par Carnot, Dastre, sous la forme de sérum gélatiné, s'emploie en solution de 7 à 10 p. 100 et doit être très soigneusement stérilisée à Pautoclave, car on a signalé quelques cas d'infection grave (tétanos) après son emploi en injection sous-cutanée, (gélatine pure ou grénétine à Pichthyocolle 5 à 10 grammes, chlorure de sodium 7 grammes, eau distillée 100 grammes). Prise en masse à la température ordinaire, la solution doit être liquéfiée au bain-marie à 60 ou 80° ; dès que le sérum atteint 32 à 35», il redevient liquide. On l’applique sur le point saignant, ou bien, pour les hémorragies internes (mœléna, hémoptysie, métrorragie) on l’utilise soit en injection sous-cutanée à 1 à 2 p. 100 faite à la cuisse (50 centimètres cubes d’abord, puis augmenter jusqu'à 150 centimètres cubes), soit en l'administrant à l'intérieur. Silvestri préfère, à l'injection souscutanée de sérum gélatiné, l’injection intra-veineuse de 100 à 150 centimètres cubes de solution stérilisée de chlorure de calcium à 1 p. 100 (on sait que ce médicament donné en potion à la dose de 1 à 4 grammes est excellent contre les hémorragies des hémophiliques).

On emploie les stypUques soit en lavage de la plaie, soit en imprégnant des boulettes de coton, d’étoupe, qu’on introduit dans la plaie en exerçant une certaine compression. Ils coagulent le sang et amènent la rétraction des vaisseaux et des tissus ;

4° Absorbants. — L'agaric ou amadou assoupli en le frottant entre les doigts, la poudre de colophane, d'iodoforme, l’éponge fine, la toile d’araignée, agissent mécaniquement en formant avec le sang une croûte solide qui s’oppose à la continuation de l’hémorragie. On les combine généralement avec la compression, mais ils ont l’inconvénient d’irriter les plaies ;

5“ Cautérisation. — Faite avec le fer rouge sombre, elle est excellente pour les petites artères profondes que ne peut atteindre la ligature, par exemple après les opérations dans les cavités (rectum, bouche, etc.) : on touche le point saignant avec le fer rouge sombre sans prolonger le contact et sans essuyer ensuite la plaie, pour ne pas déplacer le caillot ; on se reportera, du reste, aux règles indiquées au chapitre de la cautérisation.

Le nitrate d’argent solide est aussi employé pour arrêter les hémorragies provenant de tout petits vaisseaux ; il a une action coagulante.

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