IV. — Ponction lombaire
La ponction lombaire, qui consiste à pénétrer dans le canal rachidien, à travers la région lombaire, a été pratiquée pour la première fois par Quincke, en 1890. Elle est devenue actuellement d’un emploi assez fréquent soit pour obtenir l’anesthésie par injection intra-rachidienne de cocaïne (v. chap. xi), soit pour établir le diagnostic des méningites ou de diverses affections du système nerveux central, soit, enfin, comme jnoyen thérapeutique. Elle n’est point sans dangers, même comme ponction simple ; on doit être très réservé, en particulier dans les cas de tumeur du cerveau et du cervelet. Il ne faut jamais y joindre l’aspiration du liquide cérébro-spinal qui doit s’écouler avec une certaine lenteur.
OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE
On emploiera une aiguille creuse à court biseau, dite aiguille de Tuffier, en platine iridié, mais résistante, de i millimètre et demi de diamètre extérieur, de huit dixièmes de millimètre de diamètre intérieur et de 9 à 10 centimètres de longueur ; chez l’enfant, une aiguille longue de 5 centimètres est suffisante.
La profondeur moyenne à laquelle on doit pénétrer est de 2 à 4 centimètres chez l’enfant, 4 à 7 chez l’adulte.
L’aiguille sera aseptisée par l’étuve sèche ou par l’ébullition dans la solution de carbonate de soude à 1 p. 100. La région à ponctionner sera soigneusement désinfectée. Si l’anesthésie du point de ponction est jugée nécessaire, on l’obtiendra soit avec un jet de chlorure d’éthyle, soit avec injection sous-cutanée de cocaïne (chap. xi).
Le malade est soit placé dans la position dite latéroventrale, couché en chien de fusil, sur le côté droit ou gauche, les cuisses fléchies sur le bassin, le dos arrondi le plus possible et tourné vers le bord du lit, soit assis dans le lit, tout près du bord, le dos fléchi, la tète soutenue entre les mains, les coudes appuyés sur les cuisses; si l’on adopte la première position, qui est la plus favorable pour le malade, il sera bon de faire exercer par un aide une pression sur l’abdomen pour éviter tout mouvement intempestif de redressement brusque de la colonne vertébrale pendant la ponction.
La ponction se pratique entre la 4® et la 5® vertèbre lombaire, dans l’espace interlamellaire. Le point de ponction se détermine comme il suit : on relie les points les plus élevés des deux crêtes iliaques par une ligne droite qui coupe la 4® vertèbre lombaire en son milieu ; immédiatement au-dessous de la ligne, se trouve l’apophyse épineuse de cette 4® lombaire, dont on marque la position avec l’index gauche qui doit suivre sa crête de haut en bas jusqu’à son angle inférieur. Ceci fait, on saisit de la main droite l’aiguille creuse comme une plume à écrire entre le pouce et l’index et on l’enfonce doucement, immédiatement au-dessous de cette apophyse épineuse de la 4® lombaire, à un demi-centimètre en dehors de la ligne médiane, pour éviter le ligament interépineux très puissant, et on la dirige, chez l’adulte, un peu obliquement en avant et en haut (chez l’enfant on peut l’enfoncer tout