ANTISEPTIQUES CHIMIQUES
I. Des antiseptiques cliiniiqnes. — Les antiseptiques sont des substances chimiques capables de détruire les germes pathogènes, ou tout au moins d’entraver leur développement. Beaucoup d’entre eux agissent sur les bacilles, mais n’ont aucune action sur les spores et les toxines sécrétées, d’où l’irrégularité des résultats obtenus. On les emploie tantôt sous forme liquide, en solution, tantôt sous forme de poudre, soit seuls, soit incorporés à des matières à pansement. Leur nombre est des plus considérables. On s’est livré à des expériences bàctériologiques multipliées, afin de connaître leur mode d’action et leur puissance individuelle. En ce qui concerne leur mode d’action, tout ce que l’on sait, c’est qu’ils sont toxiques pour le microbe, mais qu’ils le sont également pour l’homme, aussi leur emploi doit être surveillé et nécessite une certaine prudence; ils ont, en outre de leur pouvoir germicide ou bactéricide^ une influence assez fâcheuse sur les tissus vivants dont ils peuvent parfois, par leur action caustique, compromettre la vitalité et diminuer le pouvoir phagocytaire; leur action, avons-nous dit, est souvent infidèle. Ceci explique pourquoi la substitution de l’asepsie par la chaleur à fantisepsie par les substances chimiques a, en particulier, diminué la mortalité des opérations abdominales.
Les expérimentateurs sont loin d’être d’accord sur la puissance individuelle des antiseptiques. Comme cette puissance varie suivant le microbe, suivant sa manière d’ètre, bacille ou spore, suivant le milieu dans lequel il se trouve, et surtout suivant le mode d’étude de l’expérimentation, on est arrivé aux résultats les plus variés et parfois les plus opposés.
D’une manière générale, la puissance des antiseptiques a été estimée trop haut (Schimmelbusch, Aseptik, 1892). La durée du contact dans un laboratoire est toute différente de celle exigée dans les tissus où les bacilles sont défendus par des substances grasses contre l’action de l’antiseptique, et, en outre, se dérobent à cette action en s’infiltrant profondément dans les parois malades. On ne saurait exactement conclure du laboratoire à la pratique, et il nous paraît inutile de chercher à classer les antiseptiques par ordre de puissance; mieux vaudrait.
PANSEMENTS
comme le dit Duclaux, les inscrire par ordre alphabétique. 11 suffit, au point de vue pratique, de savoir que le sublimé est le plus puissant de tous et le plus employé aujourd’hui, toutefois qu’il agit mal sur les plaies saignantes ou sur les plaies putrides, qu’il est sans influence sur les spores, et qu’il altère les instruments; que l’acide phénique, le lysol, conviennent mieux aux instruments et aux plaies putrides, de concert, pour ces dernières, avec le chlorure de zinc et l’acétate d’alumine; que l’iodoforme, le salol, ont une indication nette dans le traitement des plaies cavitaires et spécialement, pour l’iodoforme, dans les lésions tuberculeuses (cette action spécifique a été mise en doute) ; que l’iodoforme appliqué à l’état insoluble n’exerce aucune de ses propriétés antiseptiques et que si on le dissout au préalable dans un corps gras sa puissance se manifeste aussitôt; qu’il est un poison pour les anaérobies et exerce une action marquée dans les phénomènes de putréfaction; que pour les muqueuses on préfère l’acide borique et l’eau naphtolée; que l’acide salicylique, médiocre antiseptique, s’est révélé comme un des meilleurs agents de neutralisation des ferments solubles et qu’il tue facilement le bacille du charbon symptomatique. La chaleur exalte le pouvoir des antiseptiques.
Le mode d’emploi des antiseptiques les plus usuels sera étudié dans le chapitre réservé aux pansements divers. 11 est reconnu que leur puissance est exaltée par l’élévation de température de leur solution, et que le mélange de plusieurs antiseptiques est plus actif que l’un de ces agents pris isolément.
IL De la stérilisation par les procédés physiques. Asepsie par la chaleur. — Si, dans certaines conditions et pour quelques pratiques des pansements, les antiseptiques chimiques permettent de réaliser la stérilisation, l’asepsie, il faut reconnaître qu’ils sont le plus souvent insuffisants et parfois nocifs; aussi doit-on avoir recours à la stérilisation par les procédés physiques, surtout pour les instruments et les objets de pansement à mettre en contact avec une plaie.
Les procédés physiques usités pour obtenir l’asepsie
STERILISATION
sont tous basés sur l’emploi de la chaleur, soit humide, soit sèche. Ce sont : 1® l’ébullition; 2*^ la vapeur d’eau sous pression ; 3*^ la vapeur d’eau courante ou circulante ; 4° la chaleur sèche, le flambage.
1° Ebullition. — L’ébullition est le procédé le plus simple et le plus pratique pour réaliser l’asepsie de certains objets (instruments, fils de soie, fils métalliques, gaze, etc.). On utilise soit l’eau ordinaire, ou mieux l’eau filtrée au filtre Ghamberland, soit l’eau additionnée de substances salines qui élevent son point d’ébullition en même temps qu’elles servent à empêcher l’oxydation des instruments, soit des liquides à point d’ébullition élevé avec lesquels la stérilisation est plus sûre.
L’ébullition doit se faire, surtout pour l’eau, dans un récipient muni d’un couvercle, sans cela, la température du liquide n’est pas uniforme.
a. EauhouiUante. — Le maintien des objets dans l’eau bouillante ordinaire donne déjà, d’après Pasteur, une stérilisation acceptable, surtout si l’ébullition est prolongée pendant une demi-heure. L’emploi de l’eau ordinaire a l’inconvénient d’oxyder fortement les instruments, inconvénient qu’on peut diminuer en se servant d’eau venant de subir une première ébullition et refroidie.
b. Eau additionnée de carbonate de soude. — L’addition de 1 à 2 gr. de carbonate de soude pour 100 gr. de liquide élève légèrement le point d’ébullition de l’eau (104® environ), et augmente son action antiseptique en dépouillant les germes des matières grasses qui les protègent. Ce moyen, conseillé par Schimmelbusch {Aseptih, 1892), empêche l’altération des instruments. Ce chirurgien a, dans ce but, inventé un appareil qui permet à la fois la stérilisation des instruments et celle des matériaux de pansement. La vapeur produite par l’ébullition de l’eau dans laquelle plongent les instruments va stériliser les objets de pansement disposés dans un compartiment situé immédiatement au-dessus de la cuve ou plateau à ébullition. M. Forgue (de Montpellier) a également proposé un appareil construit d’après les mêmes principes (fig. 32).
c. Liquides à point d'ébullition élevé. — Ils donnent toute certitude sur l’efïicacité de la stérilisation par la haute
PANSEMENTS
température qu’on peut atteindre; c’est grâce à leur emploi que les chirurgiens lyonnais ont fait disparaître de leurs salles la septicémie gangréneuse dont les germes
Fig. 32. — Slérilisatcur de Forguc.
sont si résistants (Vinay., Manuel d’asepsie). Ils s’appliquent surtout à la stérilisation des instruments.
Tripier (de Lyon) a employé un bain d'huile porté à 130° pendant 10 minutes. Après stérilisation, les instruments sont placés dans une solution phéniquée à 5 p. 100 ou dans de l’eau stérilisée et à une température de 70 à 80» pour éviter la détrempe.
A. Poncet (de Lyon) après avoir essayé la glycérine l’a abandonnée à cause des vapeurs désagréables qu’elle dégage, et l a remplacée par la pétrovaseline ou vaseline liquide qui bout vers 300». Il suffit d’élever la température de cette substance à 120- 130» pendant 20 minutes pour obtenir la stérilisation des instruments. L’appareil, d’une grande simplicité, se compose d’une
STÉRILISATION
marmite de cuivre munie d’un thermomètre et chauffée par un réchaud à gaz. Les instruments disposés dans un panier en cuivre grillagé sont maintenus dans le bain, puis, après stérilisation, placés dans la solution phéniquée forte.
Mailly et Sorel ont inventé, chacun, un stérilisateur à la glycérine.
Fig. 33. — Slérilisaleuv ù glycéi-iiie de Mailly.
Le stérilisateur ou étuve à glycérine de Mailly. un des plus utilisés, est constitué (fig. o3) par un récipient rectangulaire en cuivre rouge à double paroi, fermé par un couvercle articulé, et chauffé par une lampe à gaz. L'espace clos représenté par la double paroi est en partie rempli par la glycérine ; la cuve intérieure contient également de la glycérine en quantité suffisante pour immerger les objets à stériliser.
Pour le faire fonctionner, remplir à moitié la double paroi B de glycérine pure, mettre la môme quantité dans l’intérieur. Allumer le brûleur D. Régler une’fois pour toutes à 120 ou 125» le régulateur R d’Arsonval qui contient de I hiiile qui se dilate dès [que l’on chauffe et vient faire pression sur une membrane métallique placée à l’intérieur ; pour la régler, on ouvre le robinet à pointe de la partie supérieure, le liquide régulateur se dilatant vient se verser dans la cuvette. Lorsqu’on est arrivé à 5» au-dessous de la température désirée, on ferme le robinet, la quantité suffisante
PANSEMENTS
de liquide qui est restée dans le tube se trouve alors concentrée et exerce sa pression sur la membrane métallique; on visse légèrement l’arrivée du gaz jusqu’à ce que la flamme baisse un peu et l’on fixe cette entrée de gaz au moyen du contre-écrou. Si la température désirée est trop haute, on fait baisser la flamme un peu plus par le même moyen ; si, au contraire, elle est trop basse, on dévisse légèrement pour augmenter un peu la flamme.
Après quelques tâtonnements, le régulateur est réglé quelle que soit la variation de pression du gaz et il n'y a plus à s'en occuper lorsqu'on rallume l’appareil.
En 5 à 6 minutes, la stérilisation des objets est obtenue ; on les retire de l'étuve à l'aide d'une pince stérilisée et on les plonge dans une cuvette contenant de l’eau tiède stérilisée.
2® Vapeur d’eau sous pression. — La vapeur d’eau sous pression à 110 ou IIS»^, agissant pendant 15 à 20 minutes, détruit tout ce qui a vie (Straus). Ce mode de stérilisation convient surtout aux matériaux de pansement, mais non point aux instruments qui se rouillent ainsi ; cependant, en entodrant les instruments d'une compresse épaisse imbibée d^me solution de bicarbonate de soude à 1 p. 100, on peut les empêcher de rouiller. Plusieurs systèmes d’étuves ou d’autoclaves, modifications de l’autoclave de Chamberland employé dans les laboratoires de bactériologie, ont été construits spécialement en vue de la stérilisation chirurgicale. Les plus connus sont ceux de Vdesneg (fig. 34), de Kedard, de Sorel (fig. 3l5), de ^ Geneste et Herscher, de Vanverts, etc. Nous mentionne- j rons également le grand stérilisateur universel de Deles- j trez, le polyautoclave de Pozzi et Jayle qui se composent j de plusieurs autoclaves reliés entre eux et recevant la vapeur sous pression d’un générateur de vapeur, l’auto- ] clave de Radais qui peut être employé soit à vapeur ■
fluente sous pression ou sans pression, soit à vapeur ■
stagnante sous pression. j
La grande étuve, fixe ou locomobile, à désinfection de ) Geneste et Herscher, celle de Yaillard et Besson, per- ’ mettent de réaliser facilement l’asepsie de grandes quan- ^ tités de matériel de pansement, des draps d’alèzes et : aussi des tabliers et sarraux des chirurgiens et infirmiers. Nous avons employé ce moyen avec d’excellents résultats.
STÉRILISATION
Dans l’emploi de ces autoclaves, il faut avoir le soin, si Ton veut que la stérilisation soit complète, de chasser parfaitement Tair. Heydenreich et Quénu ont insisté sur ce point de pratique, souvent mal exécuté; s’il reste de
Fig. 34. — Autoclave double pour la stérilisation des pausemcnts par vapeur sous pression et séchage à l’abi'i de l’air.
Tair et si le robinet d’échappement est fermé trop tôt, il arrive que doué de plus de force expansive que la vapeur, à température égale, Tair fait monter le manomètre à une pression à laquelle est censée répondre une température donnée ; or, les indications fournies par les
PANSEMENTS
tables ne sont exactes que si la vapeur est expurgée d’air; aussi M. Quénu a proposé de vérifier si la température voulue a été atteinte à l’aide d’un alliage, bismuth et étain, à point de fusion déterminé (130 à 143®) ou d’acide phtalique ou d’acide benzoïque (123 à 130®), enfermés dans un petit tube de verre qu’on introduit* dans l’autoclave avec les objets à stériliser. M. Terrier, qui conseille pour la stérilisation des matériaux de pansement une température de 134 à 144® soutenue pendant environ une heure, se sert de tubes témoins dus à M. Latham et contenant le mélange suivant :
Acide phtalique 25 gr.
— picrique. 0,30 cgr.
— hélianthine 0,03 —
Cette poudre est introduite dans de petits tubes de verre bien secs, étroits et fermés aux deux bouts à la lampe. Elle fond à 129® et devient alors d’une couleur rouge cinabre. {Revue de chirurQie, 1894, p. 1043.)
Ces alliages fusibles renseignent sur le degré de température atteint, mais n’indiquent pas si la température s’est maintenue au degré voulu pendant le temps nécessaire.
Mikulicz (1898) a conseillé le moyen suivant, qui permet de reconnaître la durée pendant laquelle la température désirée a été maintenue. Une bande de papier non apprêté sur laquelle est imprimé le mot « stérilisé » est copieusement badigeonnée avec l’empois d’amidon à 3 p. 100, puis trempée à demi-sèche dans une solution iodo-iodurée (iode 1 gr., iod. de pot. 2 gr., eau 100 gr.) qui la noircit assez pour faire disparaître les caractères d’impression. La vapeur chaude décolore plus ou moins ce papier et le mot stérilisé redevient apparent. La chaleur sèche, même à 180®, ne peut produire la décoloration. Dans un autoclave à 106®, le papier bien exposé à la vapeur se décolore en 10 minutes ; s’il est enfoui dans un paquet de compresses, la décoloration exige 20 minutes. Si la température n’atteint pas 100°, elle ne produit la décoloration qu’après plus d’une heure.
Cette bandelette constitue un progrès, mais elle laisse aussi place à l’erreur.
STÉRILISATION
. Max Schûller (1900) emploie deux petits thermomètres à maxima de 10 centimètres de long-, dont ITm va de 10^ à 120® centigrades et l’autre de 75® à 130® centigrades.
Le moyen le plus sûr pour savoir si la température s’est maintenue au degré voulu pendant le temps nécessaire serait l’emploi d’un thermo-élément placé au milieu du matériel à stériliser et relié à un galvanomètre extérieur (Sticher).
Il est indispensable de vérifier de temps à autre les manomètres des autoclaves qui, lorsqu’ils deviennent défectueux, donnent de fausses indications, marquant par exemple 120® tandis qu’en réalité il n’y a que 100® ou 106®.
Nous nous bornerons à décrire l’étuve de Sorel.
L’étuve de Sorel (fig. 35), préconisée par M. Quénu, a le grand avantage de pouvoir, grâce à une disposition ingénieuse, dessécher les objets après la stérilisation.
La stérilisation est obtenue par la vapeur d’eau sous pression à 134» ; produite dans la double paroi de l’appareil, cette vapeur passe dans le corps intérieur et traverse les objets à stériliser ; le séchage se fait par une petite pompe fonctionnant par la pression de l’eau, qui, en faisant le vide dans le corps intérieur, distille l’humidité fixée sur les fibres. Enfin, pour rétablir la pression normale, on introduit de l’air stérile par un tube de ])latine surchauffé, de cette façon les opérations peuvent se succéder sans arrêt. i
Maniement de l'appareil. — Introduire â chaque opération 2 litres d’eau dans la double paroi par le bouchon T, placer la boite mobile A garnie des pansements à stériliser, en ayant soin d’enlever le couvercle inférieur B et de le déposer sur le fond du corps intérieur dans la position indiquée sur la figure 35 ; le couvercle supérieur ne s'enlève pas, mais les trous existant tout autour doivent être ouverts. La collerette de la boîte repose sur un cordon en caoutchouc qu’il faut enduire de temps en temps de blanc d’Espagne mouillé pour l’empêcher d’adhérer au métal ; elle est munie d'un petit tube qui sert â ramener au bas du stérilisateur la vapeur condensée sur le couvercle. On fait le Joint du couvercle et de la boîte par une rondelle mobile de caoutchouc munie d’une échancrure qui doit se rencontrer avec l’orifice du l)etit tube ; serrer le bouchon T du couvercle, fermer les robinets du bas R, E, ouvrir le robinet K placé sur le couvercle et celui G placé sur le côté ; .allumer le brûleur à gaz D : aussitôt que la vapeur s’échappe par le robinet K du couvercle, on le ferme et
PET. CHIUL’RGIE, 6® édit.
PANSEMENTS
la pression s’établit juscpi'à 2 atmosphères que l’on maintient pendant 5 minutes environ ; la soupape est réglée une fois pour toutes. Sans éteindre le brûleur à gaz, fermer le robinet G et ouvrir le robinet E qui comporte la trompe F de façon à faire sor-
tir la vapeur contenue dans le corps intérieur ; le manomètretombe alors à zéro, et la vapeur continue de circuler dans la double enveloppe, la fermeture du robinet G l’empêchant de pénétrer dans l'intérieur. La soupape de sûreté L permet de continuer le chauffage sans avoir à se préoccuper de la pression»
Fig. 35. — Stérilisateur à vapeur de Sorel.
STÉRILISATION
Quand la vapeur est complètement échappée du corps intérieur, faire fonctionner la trompe à eau F, et maintenir le vide à 75 indiqué par le manomètre jusqu’à ce que le corps de la trompe soit froid ; avant d’arrêter le courant d’eau' de la trompe F, fermer le robinet E, allumer le bec de gaz. H placé sur le couvercle, ouvrir le robinet K. porter au rouge le tube de platine jusqu’à ce que le manomètre soit revenu à zéro. L’opération est alors terminée ; éteindre le gaz, ouvrir le couvercle, enlever la boîte A en ayant soin de remettre aussitôt le couvercle inférieur et de fermer les trous du supérieur si l’on doit laisser les pansements dans la boite.
Il est possible de faire deux opérations en une heure et quart sans arrêter le chauffage de l’appareil ; il suffit pour cela d’introduire, par le bouchon T, 3 litres et demi d’eau au lieu de 2 litres, de faire la première opération d’après la description ci-dessus, mais au moment où l’on ouvre le couvercle et qu’on enlève la boîte A, ne pas éteindre le brûleur D, continuer de chauffer, replacer une autre boîte garnie, serrer le couvercle, ouvrir le robinet G et celui du couvercle K ; dès^ue la vapeur s’échap])e par le robinet K, le fermer, la vapeur qui était restée dans la double enveloppe établit instantanément la pression à 2 atmosphères; la stérilisation étant faite, le reste de l’opération se continue comme la première fois.
Tous les jours, vider l’eau qui reste dans la double enveloppe par le robinet R.
Pour que la trompe fonctionne bien, il est indispensable d’avoir une pression d’eau de 12 mètres au minimum, et qu’il n’y ait pas de prise d’eau importante sur le tuyau alimentant la trompe. Il existe un modèle spécial de cet appareil applicable aux installations n’ayant pas d’eau ; le séchage est obtenu parla vapeur surchauffée à haute température.
3° Stérilisation par la vapeur d’alcool anhydre sous pression. — M. Répin a le premier conseillé la stérilisation de certains objets de pansement, du catgut en particulier, par la vapeur d’alcool anhydre surchauffée à 120® dans un appareil spécial.
MM. Barthe et Soulard (de Bordeaux) ont perfectionné ce procédé. Ils emploient deux autoclaves ordinaires, l’un plus petit pouvant être renfermé dans le plus grand et contenant de l’alcool anhydre avec les objets de pansement. Le plus grand, extérieur, renfermant de .l’eau, est chauffé à 120®; le petit autoclave intérieur ne tarde pas à s’élever à la même température, et l’alcool qu’il contient se transforme en vapeur à 120® sous une pression d’envi-
PANSEMENTS
ron 4 atmosphères qui agit sur les objets de pansement spécialement disposés dans ce but.
MM. Bardy et Martin (1898) ont cherché à simplifier la mise en pratique du procédé. Ils ont fait fabriquer des flacons spéciaux en verre, capables de résister à la pression, supportant la chaleur et le refroidissement, dont le fond est muni d’une rigole où Ton peut verser un liquide sans qu’il baigne les objets placés à l’intérieur. Une capsule de cuivre, à vis, munie d’une rondelle de serrage en caoutchouc permet une fermeture hermétique. Ces flacons constituent de véritables autoclaves. , On détermine une fois pour toutes la quantité d’alcool nécessaire : 1° pour 'chasser tout Pair à une température voisine du point d’ébullition de l’alcool, la capsule étant simplement posée sur l’orifice du flacon ; pour que la vapeur d’alcool reste à l’état de saturation sous pression à 120®, la capsule étant vissée à fond. On verse cette quantité d’alcool dans la rigole, on place au-dessus le tissu à stériliser, on chauffe lentement,. jusque vers 75®, la capsule étant placée sur le flacon. On visse alors . la capsule à fond et on élève la température à 120'^ dans un autoclave ordinaire. On maintient la température de 120° fixe pendant une heure et on laisse refroidir. Le flacon ne sera ouvert qu’au moment de s’en servir.'
Ce procédé permet la stérilisation du catgut sans l’altérer et des tissus imprégnés de substances médicamenteuses (salol, iodol) sans les décomposer, ce que ne fait pas la chaleur humide.
Aux flacons de verre, on préférera des boîtes métalliques, moins fragiles, par exemple dans le genre de celle présentée par M. Coville à la société de chirurgie en 1901, qui est un véritable petit autoclave pouvant supporter une pression de 5 à 6 atmosphères et que l’on place dans un grand autoclave à vapeur sous pression.
Bobert emploie un petit autoclave, sorte de court tube métallique qui se ferme hermétiquement à vis, pour la stérilisation du catgut, de la soie, etc., par la vapeur d’alcool .sous pression, sans le secours d’aucun autre appareil.
Nous étudierons plus loin les précautions à prendre pour la stérilisation de certains objets à pansements.
STÉRILISATION
40 Stérilisation par la vapeur circulant sous pression. — Autoclave de Vaillard (fîg*. 36). — La stérilisation s’opère dans cet appareil par la circulation d’un courant de vapeur sous pression. Elle est ainsi beaucoup plus rapide et plus
Fig. 36. — Autoclave à pansements, de Vaillard (nouveau modèle).
efficace que dans les appareils à simple pression, surtout pour les tissus pliés ou empilés dans une boîte même largement ouverte ; dans ces conditions, la température de 120® est suffisante.
Descriptioîi : L’appareil modifié (fig. 33) se compose d’un autoclave proprement dit, servant de chaudière, dans le fond duquel on met de l’eau sur une hauteur de 5 à 6 centimètres. Une boîte B porte un ajutage conique à la partie inférieure, venant
PANSEMENTS
s’emboîter sur un cône en bronze rodé servant de support à la boîte. Un couvercle ferme cette boîte, mais laisse un passage à la vapeur par une ouverture centrale en partie fermée par une toile métallique. On peut adapter un petit tube latéral plongeant jusqu’au fond de l’autoclave pour retirer l’eau et faire le vide au moyen d'une trompe.
Manuel opératoire : Placer les objets à stériliser dans la boîte, fermer celle-ci, puis l’introduire dans l’autoclave en l’emboîtant sur le cône rodé formant support ; on a mis j)réalablement un peu d’eau dans le fond de l’autoclave comme cela a été indiqué ci-dessus. Placer le couvercle sur son joint de caoutchouc et serrer les écrous méthodiquement et sans grand effort.
Ouvrir le robinet R, et chauffer jusqu'à rébullition en chas- *sant par ce robinet l'air contenu dans l’appareil.
11 est bon de placer un linge sur la boîte pour empêcher l’eau condensée sous le couvercle de tomber par l'ouverture centrale.
Lorsque l’ébullition est en pleine activité et que l’air est chassé complètement par le robinet supérieur, on ferme celui-ci, on ouvre le robinet inférieur placé à l'extrémité de la tubulure SS'. La vapeur produite entoure la boîte B, échauffe les pansements, puis pénètre par le couvercle pour s’échapper après avoir traversé tous les objets à stériliser, par l’ajutage AH’ et la tubulure SS’.
On règle l’ouverture du robinet placé à l’extrémité de cette tubulure de façon à régler la pression aux environs de un kilo correspondant à 120». On maintient cette circulation à cette pression pendant 10 à 15 minutes, puis on éteint le brûleur, et dans le cas où l'on veut faire une dessiccation rapide des pansements, on fait le vide par le tube plongeur lorsque l’on dispose d’une trompe et d’une pression d’eau suffisante.
Si l'on n’a pas d’eau sous pression, ou si pour une cause quelconque l’on ne fait pas le vide, on fait tomber la pression rapidement en soulevant la soupape de sûreté, puis on desserre les boulons du couvercle, on attend encore 5 ou 6 minutes, après quoi on soulève avec précaution le couvercle de l’autoclave ; on ferme alors immédiatement les ouvertures de la boîte en plaçant un tampon de ouate flambée dans l’ouverture du centre ou dans les ouvertures latérales.
Quand on fait la dessiccation par le vide, on opère naturellement avant d’ouvrir l’autoclave, et la rentrée d’air se fait par le robinet du couvercle après avoir entouré fextrémité de la tubulure d’un petit tampon d’ouate que l’on peut du reste tenir à la main.
Emploi des hottes métalliques dans Vauloclave à circulation de
STÉRILISATION
vapeur de Vaillard. — Les appareils sont disposés de façon à recevoir une grande boîte occupant la presque totalité de l’espace libre, ou un groupement de 3 ou 6 boîtes. Le principe et la construction de ces boites sont identiques. Chacune d’elle porte à la partie inférieure un ajutage en bronze ayant une forme conique intérieurement, de sorte que la boîte une fois posée dans l’autoclave s’engage sur un cône fixe rodé. La vapeur produite commence par l'entourer et échauffe les pansements qui y sont contenus, puis elle pénètre de haut en bas, en traversant sûrement et efficacement les objets à stériliser, cette vapeur se trouvant toujours en circulation par le fait d’un échappement continuel réglable à l’extérieur. Lorsque Ton retire ces boîtes, après chaque opération, on bouche les ouvertures du couvercle et du fond au moyen de tampons d’ouate sèche.
5^ Stérilisation par la vapeur courante ou circulante, SANS PRESSION. — Go ppocédé consiste à soumettre les objets à stériliser à un simple courant de vapeur d’eau ; il est très employé en Allemagne, parce qu’il dérive du stérilisateur à vapeur ou marmite de Koch. La stérilisation est plus longue à obtenir que par la vapeur sous pression.
Les principales étuves employées sont celles de Lautenschlâger, de Rietschel et Henneberg. Il y a toujours dans ces appareils un certain degré de pression.
Un courant de vapeur d’eau se dégage d’un récipient, ou petite chaudière en ébullition, et traverse l’étuve dans laquelle sont disposés les objets. La stérilisation est plus sûre et plus prompte, l’élévation de température plus rapidement obtenue quand la vapeur arrive de haut en bas dans l’étuve, car elle chasse devant elle l’air plus lourd vers le bas et en dehors. Dans ce mode de stérilisation, les matières doivent être échauffées environ à 50*^ avant l’action de la vapeur pour faciliter cette action et empêcher une trop forte condensation et l’imprégnation humide des matières à pansement (Braun).
L’appareil de Lautenschlâger (fig. 37) se compose de deux cylindres en cuivre MN placés l’un dans l’autre et entourés d’une enveloppe métallique A massive et vernie. L’espace O, large de plusieurs centimètres, qui existe entre les deux cylindres de cuivre, est rempli d’eau par l’intermédiaire du tube W, jusqu’à moitié de sa hauteur. Cette eau est portée à l’ébullition par
PANSEMENTS
un brûleur spécial F. La vapeur monte dans l’espace O et arrive par les ouvertures V à la partie supérieure de l’appareil dans lïntérieur du cylindre de cuivre interne qui est disposé pour recevoir les objets à stériliser. Le couvercle D étant fermé, la vapeur est forcée de descendre dans le cylindre, sort du stérilisateur par le tube R et va se condenser dans un vase extérieur
rempli d’eau. Le couvercle, solidement fixé par des vis, porte en son milieu un thermomètre T.
Lorsque l’eau est échauffée en O, avant la formation des vapeurs, l’espace interne de l’étuve et les objets à stériliser sont déjà chauffés au moment où la vapeur les atteint, ce qui évite la formation et la chute de l’eau de condensation et fait que les objets sont peu humides après la stérilisation.
Cet appareil peut être chauffé au gaz ou à l’alcool. Les objets à aseptiser sont contenus dans des boîtes dont le couvercle et
Fig. 37. — Appareil de Laulensclilagcr.
STÉRILISATION
les parois sont percés de trous ; au moment de retirer les boîtes, on ferme hermétiquement ces trous par un mécanisme fort simple.
6*^ Stérilisation par la chaleur sèche. — Ce procédé est moins efficace et surtout moins rapide que les précédents et exige l’emploi d’une température plus élevpe que celle des étuves à vapeur ; la chaleur sèche pénètre plus difficilement les parties centrales des objets volumineux. Les matériaux de pansement supportent mal une chaleur sèche supérieure à 150*^.
a). Etuve à air chaud. — Nous décrirons seulement, comme type, le stérilisateur universel de Poupinel, modèle le plus récent, qui permet de stériliser en même temps les instruments et les objets de pansement.
Ce stérilisateur universel (fig. 38) consiste essentiellement en une étuve en cuivre à double paroi limitant des cavités où prennent place les boîtes à instruments ou à objets de pansement. L’égale répartition de la chaleur dans les diverses parties de l’appareil est assurée par des cloisonnements intérieurs et parles trois cheminées d’appel figurées à gauche et dont la hauteur déterminée expérimentalement dans un premier et unique réglage est maintenue à l’aide de vis. Le chauffage de l’étuve se fait par une rampe à gaz dont la hauteur de la flamme est commandée par un robinet conique à vis. Ce mode de réglage à la main, bien qu'il nécessite un peu de surveillance et d’adresse, a paru très supérieur au réglage automatique par les divers types de régulateurs connus dont le fonctionnement est irrégulier et ne donne souvent qu’une sécurité trompeuse.
Les instruments, pouvant supporter sans inconvénient une température supérieure à 150°, doivent occuper le compartiment supérieur souvent un peu plus chaud que les autres. Entièrement métalliques et bien secs, ils sont placés dans leur boîte et recouverts d'une couche d’ouate préalablement séchée à l’étuve. Le couvercle métallique de la boîte prend place dans le même compartiment, mais sur la cloison horizontale en toile métallique. Les trois compartiments inférieurs servent jiour les objets de pansement. La température de l’appareil doit être maintenue à 150° pendant 3/4 d’heure. Un thermomètre à maxima placé dans l’une des boîtes permet de constater que la température de 150° est bien atteinte au centre d’un des paquets d’ouate à stériliser. Un autre thermomètre, placé dans l’une des cheminées, permet de
70 PANSEMENTS
suivre de l'extérieur et de régler la marche de la température à la sortie du stérilisateur.
Il existe des stérilisateurs, système Poupinel-Lequeux, chauffés par l'électricité, sous forme de radiateurs électriques. Picqué
Fig. 38. — Sléi'iüsaleur à air sec de Poupinel.
a fait construire un stérilisateur à air chaud j)our instruments, chauffé par l'électricité. L’appareil se compose d'une boîte nickelée à double paroi (fig. 39) ; la paroi intérieure est chauffée par une résistance; une lampe-témoin permet de se rendre compte que le stérilisateur fonctionne. L’appareil est construit pour fonctionner à 110 volts.
b). Flambage. — Le flambage, conseillé par Pasteur, ne convient qu’aux instruments auxquels il donne une stérilisation parfaite ; mais pour être efficace, la flamme doit
STÉRILISATION
être en contact assez longtemps avec les surfaces (Kedard). On le pratique, soit en maintenant les objets dans la flamme de Talcool, soit en les plongeant dans
Fig. 39. — Stérilisateur d’électricité de Picquc (modèle Flicoteaux),
une certaine quantité d’alcool qu’on enflamme ensuite et qu’on laisse flamber pendant 3 à 4 minutes.
7® Stérilisation par les vapeurs de formol. — Le stérilisateur de P. Hamonic permet d’aseptiser tous les instruments, y compris ceux de caoutchouc ou de gomme, les sondes élastiques, en quelques minutes, sans les altérer.
Le principe de l’appareil est le suivant : entraîner avec la plus grande énergie possible des vapeurs formolées, à l’aide d'un gaz sous pression, tel que le gaz d'éclairage, et lui faire traverser la cavité des sondes creuses, pour de là venir aboutir à un brûleur qui le combure ainsi que le formol, converti au contact de la flamme en carbures, ce qui empêche toute émanation et toute odeur dans la pièce où fonctionne le stérilisateur.
L’appareil (fig. 40) se compose d’un petit récipient dans lequel on verse quelques grammes d’aldéhyde formique : on met en communication ce récipient avec une prise de gaz d’éclairage, à l’aide d’un tube de caoutchouc. Le gaz sous pression vient barboter dans l’aldéhyde formique, se sature de vapeurs formolées et s’engage dans le tube de sortie qui l’amène dans l’étage supérieur creux delà chambre du stérilisateur. Cet étage est constitué par une demi-sphère dont le plancher se dévisse. Sur ce plancher sont percés vingt trous communiquant chacun avec une petite cheminée conique sur laquelle on visse chaque sonde. Le gaz antiseptique, pour entrer dans la chambre de l’appareil, est donc obligé de passer par chacune de ces vingt cheminées et de balayer la cavité intérieure de chaque sonde, après quoi il s’emmagasine
PANSEMENTS
jusqu’au moment où, l’appareil étant rempli, l’excédent sort par le tube inférieur où l’on met le feu ; sur le parcours de ce tube se trouve placée une petite cage en verre destinée à recueillir les
Fig. 40. — Stérilisaleur au formol, de Hamonic.
produits de la condensation des vapeurs formulées, et pourvue d'un robinet qui permet de fermer l’appareil.
En brûlant, le gaz supprime toute odeur; en même temps, si l’on a le soin de diriger la flamme au-dessous du réservoir dans lequel se trouve l’aldéhyde, elle vient chauffer légèrement ce
STÉRILISATION
dernier et, sous cette influence, l’évaporation du formol est exaltée ; le gaz excipient en entraîne des quantités considérables, ce qui fait que l’action antiseptique va en s’accroissant de [dus en plus, et cette progression est très favorable à la stérilisation absolue et rapide.
Il est important de ne pas trop chauffer le réservoir qui renferme l’aldéhyde formique ; car, sous l’action d'une temjjérature trop élevée, il se transforme partiellement en méthylène et en
Fig. 41. — Étude tliermo-formogène d’Albarran (grand modèle).
carbures, et ces gaz sont loin de posséder le même pouvoir antiseptique que le formol. Il faut donc que la main puisse supporter facilement le contact du récipient, et, s’il était trop chaud, il suffirait de détourner le tube brûleur à droite ou à gauche.
L’appareil en marche ne doit donner aucune odeur ; le bouton de serrage qui se trouve au sommet, sur l’anse passant sur le dôme, assure la fermeture exacte.
Un panier métallique mobile, garnissant riiitérieur de l’appareil, peut recevoir tous les instruments de gomme ou de métal que l’on veut y placer ; cystoscopes, pinces, bistouris, forceps, etc.
Le récipient à aldéhyde est mobile et simplement accroché à la paroi externe de l'appareil.
Si l’on veut transporter l’appareil après la stérilisation, il suffit de séparerJl le récipient à aldéhyde ; faire une ligature sur le
PET. OHIUURGIE, 6® cdit.
PANSEMENTS
caoutchouc qui le reliait à celui-ci ; fermer le robinet inférieur : dévisser le tube brûleur et replier les. pieds articulés qui supportent le tout. L’appareil se trouve ainsi réduit à son plus petit volume ; 50 centimètres de longueur sur 12 centimètres de diamètre, et peut être placé dans un fourreau quelconque.
Quand l’appareil est alimenté par le gaz, on peut allumer le brûleur après 2 minutes de marche, et, une fois allumé, il suffit de 3 ou 4 minutes pour assurer la stérilisation absolue ; à ce moment on ferme le robinet d’arrivée du gaz et le robinet du brûleur.
Si l’on n’a pas le gaz d’éclairage, on peut le remplacer par une lampe à acétylène ou par un générateur quelconque d’acide carbonique, voire môme par une soufflerie de thermo-cautère ou un .vulgaire soufflet.
Dans ces différents cas, il faut chauffer à environ 50“ le réci pient à aldéhyde avec une lampe à alcool ou une veilleuse.
Albarran a également imaginé une étuve thermo-formogène (fig. 41) dans laquelle l’alcool méthylique de la lampe produit, au contact du platine incandescent, l’aldéhyde formique qui pénètre dans l’étuve oû sont disposés les instruments. Il suffit d’atteindre 60“ et de laisser la lampe formogène fonctionner pendant une demi-heure.