LAVAGE DE LA VESSIE
la sonde est dans la vessie, on retire le mandrin, ce qui permet aux saillies de se reproduire et de maintenir la sonde en place en s’appliquant contre le col vésical.
La sonde de M. Desnos est en caoutcho\ic à bout coupé muni d’ailerons à son extrémité ; ceux-ci s’écartent dès qu’ils sont abandonnés à eux-mèmes(fig. 471). Cette sonde s’introduit sans mandrin, et ne convient que pour des cas simples.
Chez la femme, on peut introduire une sonde du même genre à l’aide d’un hystéromètre ou d’une pince à travers l’urètre un peu dilaté.
— La sonde à demeure, une fois fixée, est fermée à l’aide d’un petit bouchon en bois, dit fausset, ou en liège, que le malade ou un aide enlève toutes les deux heures pour permettre l’écoulement de l’urine. La verge reposera sur la cuisse gauche, mais ne devra jamais être maintenue fléchie dans un urinoir pour éviter l’ulcération du canal au niveau de la coudure qui serait ainsi formée.
Les sondes flexibles en gomme peuvent être laissées en place sept à huit jours sans être renouvelées : les sondes métalliques, vingt-quatre à trente-six heures au plus.
I IV. — Lavage de la vessie
Les instruments nécessaires sont : une seringue de
la contenance de 150 à 200 grammes, facile à aseptiser, à tige graduée, et présentant à la partie supérieure de son corps deux anneaux destinés à la fixer solidement entre deux doigts, pendant qu’on presse le piston avec le pouce (fig. 472). Félizet a conseillé une seringue à piston en caoutchouc pouvant être stérilisée à l’autoclave et par l’ébullition dans la glycérine à 130°; 2*^ une sonde molle ou rigide, à deux yeux latéraux bien percés; les sondes à double courant (celle de Reliquet par exemple) ne permettent pas un lavage plus complet que les sondes ordinaires (Desnos et Guyon). On se sert pour le lavage de solutions médicamenteuses (boriquées, au nitrate d’argent, etc.), qui seront toujours employées tièdes. La seringue sera fréquemment démontée et aseptisée ; les pièces métalliques seront stérilisées par l’ébullition ou par
OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE
l’ètuve, le piston bien nettoyé sera plongé dans une solution de nitrate d’argent à 1 p. 1000 pendant une demiheure, puis graissé à l’huile phéniquée à 10 p. 100.
D’après Hofmeister, après une immersion de vingt-quatre heures dans une solution de formaline à 4 p. 100, le piston en cuir peut être stérilisé par l’ébullition sans subir d’altération.
L’embout de la seringue étant ajusté sur la sonde, on maintient le tout bien fixé et on pousse le piston avec une certaine vivacité, de manière à n’injecter qu’une assez faible quantité de liquide (60 à 80 grammes) ; puis on retire rapidement la seringue pour permettre au liquide injecté de ressortir de suite. Guyon donne l’excellent conseil de ne pas laisser la vessie se vider complètement pour éviter une contraction pénible sur l’extrémité vésicale de la sonde.
On a aussi préconisé le lavage de la vessie sans pousser la sonde jusque dans la cavité. Taillefer fixe le tube à entonnoir de Faucher à une sonde en caoutchouc ou en gomme introduite de quelques centimètres dans furètre, puis il remplit l’entonnoir, l’élève à une hauteur suffisante et l’abaisse avant qu’il soit vide pour obtenir l’évacuation de la vessie.
M. Lavaux a beaucoup insisté, dans ces dernières années, sur les avantages du lavage de la vessie sans sonde. Son aj)pareil (fig. 473) est constitué par un vase gradué et par un tube en caoutchouc, de 2 mètres environ de longueur, destiné à former siphon ; ce dernier porte sur son parcours une poire B servant à l’amorçage et se termine par un mandrin tubulé C, ayant 3 centim. de longueur, et dont il existe plusieurs numéros. Sur le tube existe également une pince
Fig. 472. — Seringue de Guyon.
CATHÉTÉRISME DE L’OESOPHAGE
d’arrêt, permettant de suspendre à volonté l’injection. Le siphon étant amorcé et le récipient disposé à 1 m. 30 au-dessus du lit, on introduit le mandrin tubulé dans l’urètre et on ouvre la pince d’arrêt. La pression et la rapidité de l’écoulement varient sui-
Fig. 473. — Appareil do Lavaux, pour le lavage de la vessie sans sonde.
vant le diamètre du mandrin tubulé. On cesse l’injection dès que le malade éprouve un véritable besoin d’uriner : on retire alors la canule, ,on laisse ressortir le liquide de la vessie et on recommence l’opération autant de fois qu’il est nécessaire.
ARTICLE II
CATHÉTÉRISME DE l’oESOPHAGE ÉVACUATION ET LAVAGE DE l’eSTOMAC.
L’évacuation et le lavage de l’estomac, proposés par Rlatin, C. Renautet Lafargue, ont été érigés en méthode thérapeutique par Küssmaul pour le traitement de la dilatation de cet organe; on a aussi employé cette pratique avec >de bons résultats dans le cas d’ingestion trop abondante de boissons alcooliques, dans certains empoisonnements, et même dans les obstructions intestinales.
OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE
L’opération s’exécute soit avec la pompe de Küssmaul, soit le plus généralement avec le siphon de Faucher ou celui de Debove.