Cathétérisme et gavage par les fosses nasales
Lorsque, pour une raison quelconque (aliénés, opérations sur la bouche), on doit recourir au cathétérisme
OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE
par les fosses nasales, on peut se servir soit du tube de Faucher, soit de la sonde de Baillarger, longue de 40 cent., moins volumineuse et plus souple que les sondes œsophagiennes ordinaires. Cette sonde est armée de deux mandrins, un en fil de fer très flexible convenablement courbé, l’autre en baleine fixé dans un ajutage métallique qui se trouve au-dessous du pavillon,
La sonde est glissée, la concavité en bas, sur la paroi inférieure des fosses nasales ; puis, dès qu’elle parvient contre la paroi du pharynx, on retire le mandrin en fer, ce qui permet au mandrin en baleine de se redresser et de faire suivre à la sonde la paroi postérieure du pharynx, en évitant le larynx. Ce mandrin en baleine est retiré lorsque la sonde pénètre dans l’estomac. E. Farabeuf conseille un simple mandrin de moyenne courbure, dont le dernier centimètre est coudé à angle droit arrondi ; dès qu’on est dans le pharynx, le bec du mandrin est dirigé sur la paroi latérale du côté de la narine traversée, puis on le retire lorsque la sonde est parvenue dans l’œsophage.
Chalot recommande une sonde en caoutchouc rouge, munie d’un mandrin à courbure sigmoïde dont le bout relève un peu en arrière.
M. Kaspail emploie un tube de Faucher, long de 90 cent, et d’un diamètre de 6 millim., ouvert à son bout stomacal qui présente en outre deux yeux et trois rangées de trous. On introduit ce tube sans mandrin, et quand il est parvenu dans le pharynx, on provoque quelques mouvements de déglutition, tout en exerçant une douce propulsion. Pour se rendre compte que la sonde n’est pas dans la trachée, on adapte sur le pavillon un bouchon en caoutchouc traversé par un court tube en verre sur lequel est fixé un morceau de baudruche qui se gonfle par saccades si l’on a pénétré dans le larynx, la narine libre étant, bien entendu, tenue close. La sonde introduite, il est facile, à l’aide d’un tube siphon, soit d’évacuer l’estomac, soit d’y faire pénétrer des aliments liquides, en se conformant aux règles données dans le paragraphe précédent.