I. — Œil
L’appareil le plus simple pour instiller les collyres liquides est le compte-gouttes (fig. 477). 11 se compose d’un tube étroit en verre, ouvert à ses deux extrémités, dont l’une est très effilée et dont l’autre est entourée et prolongée par un manchon en caoutchouc fermé en cul-desac.
Pour charger le compte-gouttes, on comprime entre les doigts la monture en caoutchouc, et on plonge l’extrémité effilée dans le liquide : en relâchant la pression des doigts, on voit le liquide monter dans l’appareil. La tète du patient étant renversée en arrière et ses paupières tenues écartées, on fait tomber quelques gouttes du collyre sur la conjonctive en pressant légèrement sur le manchon en caoutchouc. Le compte-goultes est assez difficile à stériliser, car il faudrait le soumettre à des ébullitions trop fréquentes ; il peut, par un usage répété, infecter le flacon contenant le collyre. On doit lui préfé-
OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE
rer les flacons compte-gouttes dont il existe différents modèles.
Avec une petite fiole à goulot étroit, obturé avec l’index ou un bouchon en liège évidé latéralement en gouttière, de manière à ne laisser échapper le liquide que goutte à
goutte, on arrive au même résultat. Pour les lavages ou les irrigations continues de la muqueuse oculaire, dans le cas de conjonctivite purulente grave, on emploiera soit des blépharostats tubulaires et perforés (Andrews, Gayet), soit des releveurs perforés (Brun, Lagrange, Terson) qu’on relie par un tube en caoutchouc à un appareil de lavage (irrigateur d’Esmarch, bock ou tout autre).
Mêmes procédés que ci-dessus. Le malade, assis ou couché, aura la tête inclinée du côté opposé, et le pavillon de l’oreille sera attiré en haut et en arrière pour redresser la courbure du conduit.
Guyon a appliqué l’instillation à l’urètre profond et au col de la vessie pour le traitement des urétrites chroniques et des cystites blennorragiques du col.
P’ig. 477, — Instillation à l’aide d’un compte-gouttes.