IV. — Caual de l’urètre
Chez V homme. — Le meilleur instrument pour pratiquer une injection dans le canal de l’urètre, chez l’homme, est une seringue en verre, de la contenance de 6 à 8 grammes, à bout olivaire et dont la monture est en caoutchouc durci.
La seringue étant remplie de liquide par aspiration, on en chasse l’air en poussant le piston jusqu’à ce que le liquide sorte par Eorifice de la canule. Puis, la tenant de la main droite entre le pouce et le médius, l’index appliqué sur l’extrémité de la tige du piston, le sujet se place debout, les jambes croisées, ou bien s’assied sur le bras d’un fauteuil, afin d’éviter la pénétration du liquide dans l’urètre profond et dans la vessie. De la main gauche, il saisit le gland près de son extrémité entre le pouce placé au-dessus et l’index au-dessous, et exerce une légère pression pour faire bâiller le méat, dans lequel il engage le bec de la seringue qu’il enfonce doucement de 1 centimètre ; il serre ensuite modérément les lèvres du méat sur le bec de l’instrument, afin d’empècher le reflux du liquide. Le piston est alors poussé avec douceur, et, quand l’injection est complète, la seringue est retirée avec précaution en fermant le méat en arrière d’elle au fur et à mesure de son retrait, de manière à éviter la sortie du liquide. Aubert (de Lyon) a recommandé de munir l’embout de la seringue d’un tube en caoutchouc mou suffisamment long pour aller porter le liquide jusque dans la région bulbaire ; dans ce cas, on ne doit pas fermer le méat avec les doigts, afin de permettre un véritable lavage du canal.
Le lavage de l’urètre se fait souvent à l’aide d’une sonde
OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE
à extrémité terminée par une olive dont la base est perforée de deux trous qui permettent au liquide de prendre une direction récurrente, ou même d’un simple bout de sonde en caoutchouc, ou d’une courte canule en ébonite ou en verre (canules de Lavaux, de Janet, de Tuffier) ; on n'a qu’à adapter au pavillon de la sonde un appareil irrigateur analogue à ceux décrits soit pour le lavage des plaies, soit pour le vagin et l’utérus, mais il faut éditer de donner trop de pression.
2® Chez la femme. — On se servira d’une seringue à canule longue de 5 centimètres environ dont l’extrémité est percée de trois à quatre trous disposés de manière que le jet soit récurrent (Martineau). La canule est introduite avec précaution, et, quand elle a pénétré dans la vessie, on la retire à soi de façon à oblitérer le col : le piston est alors poussé lentement pour éviter la projection du liquide dans la vessie.
Y. — Caiîté vagiuale.
L’injection vaginale se pratique avec une seringue en verre, de la contenance de 50 à 80 grammes, munie d’une canule assez longue, coudée ou droite, qui est terminée par une olive percée d’un ou plusieurs orifices. Pour mieux garder l’injection, la femme devra se la donner dans la position couchée, le bassin un peu élevé. On se sert souvent, au lieu de seringues, d’injecteurs spéciaux à réservoir en caoutchouc.
L’irrigation vaginale, plus fréquemment employée que l’injection, s’exécute soit dans la position couchée, soit dans la position accroupie ; dans la position couchée, le contact du liquide est plus prolongé, mais le lit doit être protégé, comme on le verra plus bas : les injections faites dans un but thérapeutique doivent distendre légèrement le vagin et être prises dans la position assise au bord d’un fauteuil. Autant que possible, il faut se servir d’appareils que la femme puisse manœuvrer elle-même : on emploiera donc soit l’injecteur de Goxeter, soit le siphon décrit à propos des fosses nasales, soit le vide-bouteilles, le bock (fig. 490), soit la fontaine de Henry (fig. 484),
INJECTIONS ET IRRIGATIONS UTÉRINES
que l’on dispose à une hauteur de 1 mètre pour la position couchée et de l‘",o0 pour la position accroupie et auxquels
Fig. 484. — Fontaine de Henry, de la Maternité de Paris.
on adapte une longue canule en gomme, droite, à embout olivaire percé de trous, sauf à l’extrémité pour éviter la
Fig. 485. — Canule vaginale à double courant.
percussion du liquide sur le col utérin (Delioux et Savignac). Avec les solutions de sublimé, on se sert de Ion-
OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE
gués canules en verre qui ont l’avantage d’ètre faciles à désinfecter par l’ébullition.
Les canules à double courant (fig. 485) facilitent l’injection et permettent, suivant le conseil d’Auvard, de distendre assez fortement le vagin pour que l’injection thérapeutique chaude produise une action plus étendue. Les tubes en caoutchouc d’arrivée et de départ doivent être munis d’un robinet extra-tubal (presse-tube) se fermant automatiquement et s’ouvrant sous la pression des doigts. La canule une fois introduite, il faut ouvrir le robinet de pénétration, puis, quand la femme sent une certaine tension au niveau du vagin, elle ouvre celui de sortie et le laisse constamment ouvert. Deux litres de liquide doivent passer par le vagin en dix minutes.
On veillera, pour éviter les accidents, à ce que le liquide arrive sans violence et sous une pression modérée.