‹ Nouveaux éléments de petite chirurgieChapitre 267 sur 331 · VI. — Cavité utérine · texte numérisé non relu

VI. — Cavité utérine

10 Injections. — On a attribué à ces injections des accidents fort graves ; cependant Gallard affirme que tout danger peut être écarté en se conformant aux règles suivantes.

L’outillage nécessaire est un spéculum, une longue pince à pansement, quelques sondes n« 10, c’est-à-dire de 3 millim. à 3 millim. et demi de diamètre, une petite seringue en verre contenant 4 gr. de liquide, avec tige graduée munie clTin curseur pour limiter la course du piston et déterminer la quantité de liquide à injecter; la canule conique s’adapte exactement dans le pavillon des sondes en gomme (fig. 486).

La malade étant placée dans la position gynécologique on découvre le museau de tanche à l’aide du spéculum; puis, saisissant une sonde avec la pince, on la pousse doucement à travers l’orifice du col jusque dans la cavité utérine. On s’arrête dès qu’on éprouve la moindre résistance ; comparant alors la longueur encore visible de la sonde avec une autre de pareilles dimensions, on se rend compte de la portion intro-

INJECTIONS ET IRRIGATIONS UTÉRINES

duite. Si l’on constate que 6 à 7 centimètres ont pénétré, c’est que la sonde est bien arrivée au fond de la cavité, sinon c’est qu’il y a un obstacle qu’on doit vaincre par des manœuvres de douceur pour pénétrer plus profondément.

ba sonde introduite, des mouvements de retrait et de propulsion lui sont imprimés pour s’assurer qu’elle joue dans les orifices et ne les oblitère pas de façon à empêcher

Fig. 486, — Seringue à injection intra-utérine, de Lcbloi\d.

le reflux du liquide. Alors on injecte, à titre d’essai, une certaine quantité d’eau à 30 ou 35° centigrammes, doucement et lentement, et on note le moment où elle reflue par l’orifice du col ; on détermine ainsi, en examinant la graduation de la seringue, la quantité de liquide médicamenteux à introduire, qui souvent ne dépasse pas 2 à 3 centimètres cubes. Ce dernier est injecté ensuite avec douceur. Ces injections sont assez souvent suivies de coliques et d’un peu de douleur abdominale qui cèdent en 24 à 36 heures. On les a employées contre les métrites chroniques.

D’autres instruments ont été proposés pour les pratiquer : sonde à jet récurrent de Pajot, sonde de Courty, de Sims, etc.

2° Irrigations et lavages. — Des indications suffisantes ayant déjà été données sur la valeur et le mode d’emploi des différents liquides antiseptiques, nous allons exposeï' seulement la manœuvre opératoire.

Les sondes proposées pour porter le liquide dans l’uté-

OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE

rus sont assez nombreuses ; nous signalerons en particulier celle de Budin.

Cette sonde (fig. 487) est en métal nickelé, en verre ou en celluloïd ; cette dernière est trop fragile. La sonde est longue de

30 centim., et il en existe depuis 4 millim. de diamètre jusqu’à 15 millim. Elle affecte la forme d’un fer à cheval sur une coupe perpendiculaire. Sur l’orifice d’entrée C s’adapte un tube en caoutchouc qui communique avec le récipient du liquide: l’autre extrémité, arrondie, présente deux ouvertures A, B, par les-

INJECTIONS ET IRRIGATIONS UTÉRINES

quelles l’injection pénètre aisément dans l’utérus. Sur toute sa longueur, elle présente une cannelure ou rigole profonde qui permet le reflux facile du liquide, malgré même la contraction du col, et ne risque pas d’être obstruée par les caillots.

On peut, à la rigueur, se servir d’une grosse sonde de Mayor, en étain, en lui donnant une courbure en s, mais le retlux du liquide est moins bien assuré. On emploie aussi des pinces dilatatrices spéciales (fig. 488).

Mode opératoire.. — L’irrigation sera pratiquée, la femme étant soit couchée horizontalement dans la position habituelle, soit placée sur le bord du lit, en position obstétricale, les jambes légèrement écartées et le siège soulevé par un coussin dur. Dans la position couchée, on

Fig. 489. — Réservoir-bidet d’Yvonneau.

disposera sous le siège un récipient, tel que celui d’Yvonneau (fig. 489) ou tout autre du même genre, muni d’un tube en caoutchouc qui vient aboutir à un vase placé près du lit; dans la position obstétricale, une alèze cirée, convenablement disposée, conduira le liquide dans un récipient placé sur le sol.

L’application du spéculum est généralement inutile dans les lavages post-partum. Le liquide de lavage sera contenu dans le bock irrigateur de Pinard (fig. 490) ou dans tout autre appareil analogue. La vulve sera nettoyée, et la cavité vaginale préalablement lavée. La sonde étant amorcée, l’index est introduit dans le vagin jusqu’à l’orifice externe de Putérus, servant de guide à la sonde qui glisse avec lenteur, s’engage dans l’orifice du col et est poussée dans la direction supposée du canal utérin.

OPERATIONS DE PETITE CHIRURGIE

La main d’un aide placée sur l’hypogastre cherche pendant cette introduction à corriger l’antéflexion normale de l’utérus en refoulant en arrière la paroi abdominale.

Dès que la sonde est dans rutérus, on laisse couler le liquide (eau stérilisée et chaude à 30-35® ou solution de

permanganate de potasse à 1 p. 2.000), en quantité variable suivant les indications, parfois 10 à 20 litres. Avec une main placée alors sur l’hypogastre, l’opérateur appréciera la distension possible de l’utérus et l’empêchera par une compression modérée. Le récipient sera tenu à 20 ou 25* centimètres au-dessus de la malade.

La sonde sera retirée avant l’épuisement du récipient de manière à irriguer complètement le vagin.

Lorsque l’irrigation est pratiquée quelques jours après l’accouchement, la manœuvre est un peu plus difficile, le col tendant à se refermer et l’opération étant souvent plus douloureuse ; quand la sonde a franchi l’orifice externe, elle rencontre à 3 ou 5 centimètres un obstacle constitué par l’orifice interne en voie de reformation, et consistant en un angle formé par la paroi utérine.

Fig. 490. — Bock imgateur de Pinard.

Page 1