LAVEMENTS; INJECTIONS RECTALES FORCÉES
4 centimètres, puis reprend une nouvelle direction en arrière. La canule, convenablement huilée, sera donc introduite dans la direction d’une ligne allant de l’anus à l’ombilic et sur une profondeur de 3 centimètres au moins, pour dépasser le sphincter, sans quoi l’injection ne pénétrerait pas ; si on la dirigeait en arrière, on pourrait traverser la paroi rectale et le liquide s’épancherait dans le tissu cellulaire du. petit bassin.
Si le malade est debout, il écarte les jambes et penche le corps en avant pour relâcher les parois abdominales ; s’il est dans son lit, il se couche sur le côté droit, la cuisse
Fig. 492. — Canule d’Albari’an, à double courant, pour le rectum.
droite modérément étendue, la gauche fléchie et le corps légèrement penché en avant; le lit sera protégé par une alèze ou une toile cirée. La canule de l’instrument étant introduite suivant les règles énoncées, on pousse l’injection sans trop de violence.
■ Par suite de l’obstruction partielle de l'extrémité inférieure du rectum par des hémorroïdes internes, des matières fécales ou une production néoplasique, on est obligé parfois d’injecter le lavement à une certaine hauteur ; on introduit alors une grosse sonde en gomme ou une canule en caoutchouc durci, suffisamment longue, sur laquelle vient s’adapter l’embout du tube de l’irrigateur.
2*^ Injections forcées d'air ou de liquide. — Elles ont été recommandées contre les occlusions intestinales et particulièrement contre celles du gros intestin.
Pour pratiquer une injection d’air, on introduit dans le rectum une grosse sonde en gomme, telle qu’une sonde œsophagienne, et on adapte à son pavillon un soufflet à main ordinaire ou une poire à insufflation de Richardson.
* PETITE CHIRURGIE, 6® édit. 41
OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE
Les injections forcées de liquides peuvent se faire avec les irrigateurs ordinaires, en poussant le liquide sous une pression assez élevée et en quantité notable. Un des meilleurs moyens, qui constitue à la fois une injection de gaz et de liquide, est l’emploi d’un siphon d’eau de Seltz qu’on adapte sur un tube ou sur une canule appropriée et dont on envoie le contenu dans l’intestin. L’acide carbonique se dégage rapidement et joint son action expansive à celle de l’arrivée de l’eau sous forte pression.
En administrant coup sur coup deux ou trois injections que le patient expulse aussitôt après, on obtiendra un lavage suffisant du rectum ; on peut aussi se servir d’une sonde analogue à celles employées pour l’utérus, ou d’une sonde volumineuse, à double courant.
3® Lavement électrique. — On l’emploie pour combattre l’occlusion intestinale, et il a donné des résultats favorables assez nombreux.
Il faut, d’après Régnier, pour l’administrer : 1« un appareil à courants continus de 24 éléments pouvant donner 50 milliampères ; 2° une électrode faite d’une large plaque métallique de 15 à 20 centim.. recouverte de feutre et de peau de chamois ; 3° une sonde spéciale, en gomme, munie d’un mandrin métallique creux, dont une extrémité se termine à un orifice latéral, tandis que l’autre porte une borne où se fixera l’un des fils de la pile et un embout sur lequel s'adapte un tube de caoutchouc de 10 centim., destiné à relier la sonde à la canule de l'irrigateur; 4» un irrigateur ordinaire qu’on remplit d’eau tiède, salée, à saturation ; 5“ un bassin plat qu’on place sous le siège du malade.
L'irrigateur étant rempli, on pose, sur le côté droit du ventre du malade, la large électrode qu’on relie au pôle négatif. La sonde, munie de son mandrin, lubrifiée à la vaseline, est introduite aussi profondément que possible dans le rectum, puis on relie le tube en caoutchouc du mandrin à la canule de firrigateur et sa borne au pôle positif. On fait pénétrer lentement la moitié de l’eau salée de l'irrigateur. Alors, on donne un courant <le 10 milliampères; on pourra aller jusqu’à 40 à 50, en se réglant sur l’état du malade, en augmentant de 2 en 3 minutes de 10 milliampères. On laisse passer le courant pendant 7 à 8 minutes, puis on le réduit progressivement à 0. Dans certains cas, où il est nécessaire d’avoir des excitations très énergiques, on devra, après f épreuve précédente, renverser le courant jusqu'à 20 ou 30 milliampères. Si ce renversement ne suffit pas à provo-
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quer l’évacuation, on multipliera les excitations par des interruptions et des rétablissements successifs du courant. On peut, d’après la pratique précédente, en cas d’insuccès du premier, donner deux ou trois lavements électriques à cinq ou six heures d’intervalle.
§11. — Injections dans l’épaisseur des tissus
On les divise en : 1° injections hypodermiques; 2*^ injections parenchymateuses.