STÉRILISATION DE L’EAU
en fibres de bois qui sont jetées après chaque usage.
Après les pansements et les opérations, on se désinfectera soigneusement les mains, puis on les frottera avec une petite quantité de lanoline aromatisée avec 1 gramme de vaniline pour 50 grammes dont on enlèvera l’excédent avec un linge fin (G. Mayer), ou bien avec un mélange d’alcool et de glycérine.
II. Eau et solutions stérilisées et antiseptiques. — L’eau destinée au lavage des plaies, des mains, instruments, etc., à la préparation de solutions antiseptiques, devra être stérilisée. Pour cela, on prend de l’eau filtrée au filtre Chamberjand, et on la fait bouillir pendant un quart d’heure; la répétition de l’ébullition est une excellente mesure, surtout si l’on n’a pas d’eau filtrée; les spores qui survivent à cette opération sont inoffensives. D’après Tavel (de Berne), l’eau contenant 1 p. 100 de sel marin tue, en 5 minutes d’ébullition, les spores qui résistent à 2 heures d’ébullition avec de l’eau simple.
La hoUe à eau de Deletrez permet d’utiliser l’eau et de la transporter jusqu’au lieu d’emploi. Elle est constituée par un récipient cylindrique que l’on remplit d’eau et que l’on stérilise dans l’autoclave par un séjour d’au moins une demi-heure dans la vapeur portée de 120 à I35“. Les dimensions et la contenance varient avec le modèle d’autoclave choisi.
Un autre modèle est la boîte à dos plat de Flicoteaux (fig. 43), qui peut s’accrocher au mur pour servir de laveur ; elle a un gros bouchon de nettoyage. — Le robinet D, à genouillère, est terminé en forme d’olive permettant d’y adapter un caoutchouc. Le robinet E commande la rentrée d’air ; il est ouvert ou fermé suivant que la manette G correspond aux lettres O ou F : on garnit d’ouate la chambre H, pour filtrer l’air avant sa rentrée dans l’appareil.
Il existe de grands appareils spéciaux pour réaliser la stérilisation de l’eau soit par l’ébullition, soit par la chaleur à 120® et sous pression. Les principaux sont ceux de Rouard- Geneste et Herscher, de Levassort, de Wiesneg, de Vaillard, etc. Les appareils de ce système, destinés aux salles d’opérations, peuvent donner 25 à 100 litres à l’heure.
Fig. 43. — Boîte à dos plat pour l’eau stérilisée (modèle Flicoteaux).
PANSEMENTS
Le mode de préparation des solutions antiseptiques sera indiqué dans la description des divers pansements. Tous ces liquides seront conservés dans des récipients bien clos; pour les obtenir tièdes, on plongera les flacons dans un vase contenant de l’eau chaude,
111. Stéhilisation des Ix\strumenïs. — Les instruments doivent être entièrement métalliques, en acier poli ou nickelé, avec des manches absolument polis, sans gravures ni ornements; les lames seront unies au manche sans ciment pour permettre la stérilisation par la chaleur.
La stérilisation s’obtient, soit par les antiseptiques chimiques, soit par la chaleur, mais, quel que soit le mode employé, il faut procéder à un longet minutieux brossage avec l’eau chaude stérilisée et le savon mou de potasse; on ne saurait attacher trop d’importance à ce point. Toutefois, il faut être ménager du brossage pour les lames des bistouris ou des couteaux : un frottement un peu prolongé avec un tampon d’ouate hydrophile ou un linge fin imbibé d’alcool, d’éther ou de chloroforme, suffit à les mettre à même de subir la stérilisation par la chaleur ou les antiseptiques. On trouvera au chapitre du Cathétérisme les procédés usités pour les sondes diverses.
A. Stérilisalion à froid par les antiseptiques . — Ce procédé, ([ui appartient au pansement listérien, ne donne aucune certitude sur la perfection de l’asepsie, mais c’est le seul qui puisse être employé pour les instruments à manche en bois. Les germes de la septicémie gangréneuse et même de la pourriture d’hôpital résistent à son emploi. La sécurité est donc relative et les expériences de Kümmel et Gartner ont été démontrées erronées. Après brossage à l’eau chaude et au savon, les instruments sont placés dans une solution phéniquée à 3 ou o p. 100, 10 minutes ou un quart d’heure avant l’opération, et frottés avec un linge imprégné du liquide (Lister). Le Dentu a recommandé la solution de formol à 1 p. 200. Un lavage, préalable à l’immersion, fait avec l’éther ou le chloroforme, contribue à assurer l’asepsie des instruments ayant servi ou des instruments compliqués.
Les solutions phéniquées, nécessaires, ont l’inconvénient d’altérer le tranchant des bistouris.
Chibret a conseillé l’oxycyanure de mercure ; Ch. Monod et Macaigne ont reconnu que la solution à 3 p. 1000 n’altère pas les instruments en cuivre ou nickelés, mais seulement les manches