STÉRILISATION DES INSTRUMENTS
dorés on en alnmininm; on a aussi proposé la microcidine à 5 p. 100.
B. SLériliscUion par la chaleur. — En raison de sa sûreté, elle sera toujours préférée.
1° Èbullilion {eau pure, eau adduxonnée de carbonate de soude). — C’est le procédé le pins simple ; comme outillage, une casserole quelconque, une marmite ou une poissonnière suffisent. Il est à la portée de tous les praticiens et on ne saurait trop le leur recommander. On pourra disposer dans le fond du récipient, soit un treillis métallique, soit un linge déjà aseptisé un peu épais j)Our ménager les pointes et les tranchants des bistouris.
Il est également très pratique de se contenter, comme Neuber, d’envélopper les instruments dans une compresse en prenant le soin d’isoler les uns des autres les instruments tranchants ou à pointe délicate.
Si l’on se sert d'eau ordinaire ou d’eau fdtrée, il sera bon de la faire bouillir une première fois afin de réduire les chances d’oxydation des instruments qui, brossés et savonnés. n‘y seront plongés que lorsque la deuxième ébullition sera en pleine activité. Le récipient sera muni d'un couvercle. L’ébullition sera prolongée pendant un quart d'heure. Ensuite, les instruments seront placés soit dans des cuvettes contenant de l’eau bouillie, tiède pour faciliter le nettoyage pendant l’opération (Terrier), ou une solution phéniquée à Ip. 100, soit, à sec, dans des plateaux préalablement flambés.
L’ébullition dans de l’eau contenant une addition de 1 à 2 p. 100 de carbonate de soude est encore préférable, car, outre que la température s’élève à 104®, ce qui assure l’ase])sie. les instruments ne s’y rouillent pas comme avec l’eau ordinaire. Bergmann, d’après Schimmelbusch, n’emploie que ce procédé. L’ébullition est prolongée pendant 10 à 15 minutes. Les instruments sont ensuite placés, pendant l'opération, dans une solution de même nature ayant bouilli et qu’on peut additionner de 1 p. 100 d’acide phénique.
M. Mareschal a conseillé les solutions de borate de soude ou de benzoate de soude à 2 p. 100 ; les instruments peuvent y être conservés pendant très longtemps après l’ébullition sans crainte d’oxydation. Les aiguilles des seringues de Pravaz se conservent aussi dans l’alcool au borate de soude.
Lévai préfère l’ébullition dans l’eau additionnée de 1/4 p. 100 de lessive de soude pure, non souillée de sulfure de sodium qui noircirait les instruments. Ceux-ci restent dans ^la solution pendant la durée de l’opération.
2” Liquides à point d’ébullilion élevé. — Les plus usités sont l’huile, la glycérine, la pétrovaseline. Le mode d’emploi en a été décrit au chapitre précédent, page 50.
3« La vapeur sous pression a le grave inconvénient de rouiller les instruments et de les altérer à la longue, aussi a-t-on renoncé à son usage.
4° La chaleur sèche fournie par des étuves spéciales, telles que l’étuve de Poupinel (voy. p. 70), est un excellent moyen, qui a toutefois l'inconvénient de détériorer à la longue les instruments tranchants. On la réservera pour les instruments solides (pinces, rugines, etc., etc.).
Le flambage à l’alcool sera réservé aux cas d’urgence ; il a été exposé page 70.
Après toute opération, les instruments subiront un nettoyage minutieux: brossage à l’eau chaude et au savon de potasse, rinçage à l’eau bouillie, lavage à l’alcool s’il est nécessaire, puis sécher avec un linge aseptique.
IV. Matières et objets a pansement. — Les matériaux à pansement proprement dits, gaze, coton, étoupe, etc., etc., seront aseptisés ou antiseptisés comme nous l’indiquerons à propos de la technique spéciale des pansements. Ces matériaux seront conservés dans des récipients hermétiquement clos; les matériaux antiseptisés seront en outre enveloppés dans du papier parcheminé imperméable. Les récipients ne seront ouverts qu’au moment de l’opération ou du pansement. Autant que possible, pour les malades à panser dans les salles, on préparera le pansement dans un local spécial de manière à éviter dans la salle des manipulations de matériaux.
Les préparations ne devront pas être trop anciennes, car il est reconnu que les substances aseptisées ou imprégnées d’antiseptiques depuis longtemps contiennent des micro-organismes, et parfois même ces dernières ne présentent plus aucune trace d’antiseptique. Si, en pratique courante, on a des doutes sur ce point, on plongera ces substances avant de s’en servir dans une solution antiseptique fraîche.
Lorsqu’on a en vue une opération, ou un grand pansement, il est nécessaire de préparer un certain nombre de compresses destinées à recouvrir les régions entourant le champ opératoire. Ces compresses sont aseptisées soit à l’autoclave, soit par ébullition pendant une demirheure dans une solution de sublimé à 1 p. 1000 ou, à la rigueur, dans l’eau filtrée additionnée de chlorure de sodium de 6 à