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CHAPITRE IX

DU MASSAGE

Nous étudierons seulement le massage appliqué à des lésions pour lesquelles le praticien peut, sans se spécialiser et sans trop grande perte de temps, pratiquer lui-même facilement cette opération.

Le massage consiste en une série de mouvements et de manipulations exercés à l’aide des mains sur une région du corps.

Division des manœuvres. — Les manœuvres du massage ont été divisées pour ainsi dire à l’infini par certains auteurs et entre autres par Estradère. La division suivante, qui ’ se rapproche de celle de Norstrôm, nous paraît suffisante, tout en étant fort. simple.

1° Effleurement ; 2» pression ; 3° pétrissage, pincement des muscles et tendons ; 4» tapotement, percussion, hachage ; 0“ mouvemen js actifs et passifs.

1“ V Effleurement consiste à promener doucement la main ouverte ou parfois seulement la pulpe des doigts à la surface de la région malade en la frôlant pour ainsi dire dans une direction centripète, mais de telle sorte que les mains se suivent sans cesse l’une l’autre ; toutefois, si l’on veut opérer simultanément sur toute la périphérie d’un membre, les deux mains agiront ensemble.

2» Pressions. — Les pressions s’exécutent toujours dans le même sens, de l’extrémité du membre vers sa racine; elles se pratiquent comme l’effleurement soit avec les pouces, soit avec le plat ou le talon de la main, soit avec le poing fermé, mais avec une force plus considérable et surtout développée progressivement, On les applique parfois circulairement, concentrique-

OPERATIONS DE PETITE CHIRURGIE

ment autour d’une articulation au moyen des doigts de la main, qui doit embrasser l'article malade.

3° Le pétrissage et le pincement sont deux manœuvres analogues. Le pétrissage s’adresse au corps charnu des muscles, dont les masses sont saisies entre les doigts enfoncés pour ainsi dire dans l'épaisseur du membre et sont comprimées fortement soit sur place, soit en suivant une marche ascendante dans la direction des muscles.

Le pincement s’exécute sur les muscles grêles, bien isolés, et sur leurs tendons ; on les saisit entre le pouce et l’index, on les attire en avant en tâchant de les isoler le plus possible et on les comprime en les froissant entre les doigts.

4° Le tapotement consiste à frapper le membre dans le sens transversal ou longitudinal, soit avec le bord cubital de la main (hachures de certains auteurs), soit avec le plat de la main ou même avec le poing.

5« Les mouvements actifs et passifs ont été érigés en méthode par Ling : actifs quand c’est le malade qui les opère, passifs quand c’est le médecin. 11 est une catégorie de mouvements qu’on a appelés activo-passifs, combinés, centrifuges ou centripètes, qui ont pour but d’agir surtout sur des groupes musculaires parésiés : le malade tend à contracter ses muscles, tandis que le médecin s’oppose au mouvement, mais sans chercher à entrer en lutte et en développant moins de force que le patient, ou bien encore le médecin cherche à faire exécuter un mouvement auquel le malade doit s’opposer.

Ces manœuvres s’emploient rarement isolées, mais presque toujours elles sont combinées et se succèdent les unes aux autres dans l’ordre donné ci-dessus.

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