‹ Nouveaux éléments de petite chirurgieChapitre 287 sur 331 · I. — Préparation de la cavité · texte numérisé non relu

I. — Préparation de la cavité

Elle

consiste à réséquer et à enlever complètement les parties cariées.

Instruments. — Les instruments nécessaires sont : a, des rugines (ou excavateurs) de formes les plus diverses (fig. 509,6 à 11 ; elles sont droites, courbes, concaves, etc., de

Fig. 509. — Rugines et fraises (1 à 5, Fig. 510. — Bague de Wescott, fraises; 6 à 11, rugines).

manière à pouvoir être maniées facilement suivant la situation de la cavité cariée ; en général, elles se composent d’une tige en

OBTURATION DES DENTS

acier renflée et grenue à sa partie moyenne et terminée à chacune de ses extrémités par une petite lame tranchante.

b. Les fraises (fig, 509.1 à 5), également de formes variées, véritables limes à rotation destinées à agrandir l’ouverture de la

cavité et à agir sur les points de sa paroi difficilement accessibles aux rugines. On les emploie en leur imprimant un mouvement de rotation entre les doigts de la main droite, le manche appuyé dans le creux de la main et servant de pivot ; on se sert aussi pour cela de la bague de Wescott (fig. 510), qui est munie d’une cupule dans laquelle pivote l’instrument avec moins de, gène pour l’opérateur. Nous ne parlons pas ici de l’emploi du tour de White (tour dentaire), qui est évidemment supérieur à ce mode de faire, mais n’est pas à la portée de tous les médecins.

c. perforateurs, trépans, forets (fig. 511 et 512), destinés soit à préparer la voie aux fraises et aux rugines, et à élargir l’orifice de la carie, soit à trépaner la chambre pulpaire dans le cas de pulpite aiguë, soit encore à pratiquer des ouvertures de drainage dans la paroi alvéolaire elle-même.

Opératiou. — L’emploi combiné des instruments ci-dessus permettra de préparer convenablement la cavité cariée et d’enlever toute la dentine ramollie et malade. Les rugines seront maniées avec fermeté et non point par un simple mouvement de grattage ; dans les cas où la chambre pulpaire n’est pas ouverte, on agira avec précaution sur la partie de la paroi cariée qui y correspond et même parfois il vaudra mieux laisser une légère cou-

Fig. ol2.

Foret à vis.

OPÉRATIONS DÉ PETITE CHIRURGIE

che cariée, mais soigneusement désinfectée. Les bords de la cavité doivent être convenablement nettoyés et taillés dTine manière bien régulière, sans y laisser d’aspérités. Quant à la forme à donner à la cavité, elle sera à peu près cylindrique, à bords presque parallèles, sans aucun angle rentrant ou saillant à son intérieur ; on évitera de laisser en place des couches osseuses surplombant la cavité et qui, trop amincies, ne supporteraient pas une pression un peu forte et ne tarderaient pas à se fracturer.

Si la cavité est trop sensible, on la dessèche avec une poire à air chaud ou on pratique des attouchements avec l’acide phénique, le chlorure de zinc déliquescent, ou encore avec de l’essence de girofle saturée de cocaïne.

Pour obtenir une stérilisation parfaite et complète de la dentine ramollie et de la dentine susjacente à la pulpe, Choquet a conseillé les manipulations suivantes ; 1® nettoyage mécanique de la cavité à obturer au moyen de la fraise; 2*^ déshydratation au moyen de Pair tiède, auquel on associe ensuite l’action énergique de l’alcool à des titres successifs, jusqu’à l’alcool absolu; 3® séchage à l’air chaud et remplacement de l’alcool par le mélange alcool, xylène, essence de géranium et hydronaphtol.

L’obturation sera faite immédiatement lorsqu’on se trouvera en présence d’une cavité de volume restreint dans laquelle il ne sera pas possible de maintenir une obturation provisoire. Sinon, elle ne sera faite qu’au bout de vingt-quatre heures, temps pendant lequel on laissera dans la cavité un pansement du mélange désigné cidessus, après l’avoir recouvert de gutta ou de cire. On peut, avec grand avantage, faire une pâte avec l’hydronaphtol et porter cette pâte dans le fond de la cavité, où elle sera maintenue par le pansement imbibé du liquide, recouvert lui-même par la gutta.

11 est un point sur lequel il faut insister : une fois les manipulations commencées, la salive ne doit jamais venir en contact avec la cavité.

Lorsque la pulpe est à découvert, il faut préférer sa destruction au coiffage. On la détruit avec l'acide arsénieux bien pulvérisé : pour cela, imbiber une petite boulette de coton avec de la créosote ou de l’acide phénique.

OBTURATION DES DENTS

y faire adhérer 3 ou 4 milligrammes d’acide arsénieux (gros comme une tête d’épingle), introduire cette boulette dans la cavité cariée et la recouvrir bien exactement d’une autre boulette de coton, imbibée de teinture de sandaraque ou de benjoin, pour faire une sorte d’obturation provisoire (on peut aussi obturer à la cire ou à la gutta-percha). 'On doit surtout éviter que le caustique ne fuse hors de la cavité, car il déterminerait des escarres de la gencive et même de la langue. Le lendemain, on enlève le pansement ; si la mortification n’est pas complète, ce que décèle la sensibilité persistante, à la sonde, du fond de la cavité, on fait une nouvelle application du caustique. Ceci obtenu, on enlève à la rugine et à la fraise tous les débris de la pulpe et de la dentine altérée; à l’aide d’un tire-nerf ou d’un équarrissoir d’horloger, autour duquel on enroule quelques brins de coton, on nettoie tous les canaux radiculaires, qu’on désinfecte ensuite en y introduisant de petites mèches de coton imbibées d’acide phénique ou d’essence d’eucalyptus iodoformé, ou d’un mélange de 3 grammes d’essence de girofle et de 13 grammes d’aldéhyde formique ou formol; une boulette de coton trempée dans la sandaraque complète le pansement. Ce pansement antiseptique est renouvelé tous les jours ou tous les deux jours, jusqu’à ce que les mèches de coton soient retirées propres et sans odeur.

Les caries latérales des molaires sont quelquefois difficilement accessibles et ne peuvent être nettoyées que par la création d’une voie artificielle faite avec les perforateurs ou trépans, soit sur la face externe, soit sur la face buccale de la dent.

il, — Obturation proprement dite.

1° Instruments. — Ce sont les fouloirs, les spatules et les brunissoirs.

a. Fouloirs (fig 513 et 514). — Les fouloirs sont des tiges d’acier simple ou nickelé terminées par des extrémités évasées en marteau et présentant des formes très variées : la facette terminale est lisse ou grenue.

b. Spatules. — Les spatules servent à la manipulation des ciments et à l'égalisation de la surface des amalgames ou de la gutta-percha.

fKTITE CUmURGlE, Ôdil.

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c. Les brunissoirs arrondis, mousses, ne sont pas à la rigueur indispensables ; on s'en sert pour polir la surface d'une obturation métallique. 11 est en outre nécessaire d’ètre pourvu de ouate.

Fig. 513. — Fouloirs pour amalgames.

de compresses ou de feuilles minces de caoutchouc pour empêcher la salive d’affluer dans la cavité à obturer.

2» Matières à obturation. — a. Gutta-percha. — On peut l'employer pure, mais il vaut mieux se servir de la préparation dite paie de Ilill, qui est de la gutta-percha mélangée à de la silice. M. Brasseur recommande, d’après Gollignon, la préparation suivante : gutta-percha 6 gr. et oxyde de zinc 26 gr. ; chauffer dans un mortier et mélanger intimement.

b. Ciments plastiques. — Les ciments à l’oxychlorure de zinc sont abandonnés aujourd'hui à cause de leur action caustique

Fig. ol4. — Fouloir pour amalgames.

et de leur solubilité. On les a remplacés par les ciments à l’oxyphosphate de zinc, moins caustiques, plus stables et d'une manipulation plus facile. La composition de ces derniers ciments est à quelques variantes près la suivante : d’une part, l’acide phosphorique glacial qui a été dissous dans une petite quantité

OBTURATION DES DENTS

cl’eau réduite à consistance pâteuse ou sirupeuse par évaporatfoa lente; d’autre part, la poudre destinée à être mélangée à la solution sirupeuse jusqu’à obtention de la pâte à obturation ou ciment, et qui est constituée par oxyde de zinc, 200 grammes, silice en poudre line, 8 grammes, verre porphyrisé, 5 grammes. Si l’acide phosphorique est cristallisé, on le fond par la chaleur au moment de la manipulation.

Les ingrédients nécessaires à la préparation des ciments, dont un des plus renommés est le ciment Poulson, sont livrés par le commerce dans deux flacons séparés, l’un renfermant les poudres de coloration variée, l’autre contenant le liquide. Le ciment s’obtient par le mélange convenable des deux produits au moment de s’en servir.

Les ciments ne conviennent guère [)oiir les cavités situées au collet des dents, près des gencives, car leur désagrégation est alors rapide.

c. Amalgames. — Les poudres métalliques destinées à former les amalgames par leur mélange avec le mercure se trouvent toutes préparées dans le commerce. On en a donné de nombreuses formules qui, presque toutes, se rapportent aux mélanges argent, étain et or, ou argent, étain et cîiivre: l’or en, petite quantité active la prise de l’amalgame, en |)lus grande quantité, il la retarde.

Argent 20 GO 52,02 parties.

r.tain 25 38 40,58 —

Or 5 2 4.08 —

La dernière formule est de Sboksborg.

Magitot conseille :

Étain en larmes parties égales, fondus

Argent vierge réduit en li- | au creuset et réduits mailles ; en limaille fine.

Townsend préfère l’alliage avec argent, 43 parties ; ’ étain. 57 parties.

Avec le mercure on transforme ces mélanges en une pâte malléable. Leur inconvénient est un retrait de la masse qui s’opère peu à peu avec le temps : l’amalgame ne remplit alors plus son but et doit être remplacé.

Opcraliou. — Il est de toute nécessité de se mettre à l’abri de la salive. Pour les dents de la mâchoire supérieure, on peut se contenter d’interposer entre la joue et

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l’arcade dentaire du coton ordinaire ou de comprimer l’orifice du canal de Stenon avec un doigt garni d’une compresse. Lorsqu’on opère sur les dents de la mâchoire inférieure, il est préférable d’employer « la digue », c’est-à-dire une feuille de caoutchouc qu’on perce de petits trous dans lesquels on engage non seulement la dent à obturer, mais les 2 ou 3 dents pig. ois. — ciamp. voisines; le caoutchouc esl refoulé jusqu’au collet et on l’y fixe soit avec un fil en ligature circulaire, soit au moyen de petits clamps spéciaux (fig.515).

La dent ainsi mise à l’abri, on dessèche complètement la cavité avec de petits tampons de papier buvard, de papier à filtrer fin, ou de coton hydrophile. Les dentistes emploient aussi à cet effet un courant d’air chaud et sec projeté au moyen d’appareils spéciaux et quia, en outre, l’avantage de calmer l’hyperesthésie de la dent.

Lorsque la cavité a nécessité la préparation du canal radiculaire, on doit commencer par obturer ce dernier, soit avec quelques filaments de soie Hoche phéniquée, imprégnée de ciment plastique, soit, mieux, avec des filaments de soie floche ou d’amiante imprégnés d’une solution de gutta-percha dans le chloroforme, qu’on foule dans les canalicules à l’aide d’üne petite broche ; on achève l’obturation du canalicule avec un fragment de gutta-percha roulé en cône, employé comme nous le dirons plus loin, que l’on tasse et presse avec un fouloir. Après l’obturation des canaux, il est bon d’attendre deux jours avant l’obturation de la cavité.

a. Emploi de la gutla-percha. — Couper un fragment de gutta-percha ou de pâte de Hill convenable et le ramollir sur une plaque métallique ou sur une soucoupe chauffée; le porter ensuite par petits blocs, au moyen de la spatule, dans la cavité où on le condense avec des fouloirs mousses jusqu’à refroidissement ; puis, à l’aide d’un canif ou d’une spatule chauffée, on égalise la surface.

Cette substance est excellente pour les dents de première dentition et pour les cavités du collet en contact avec les gencives.

EXTRACTION DES DENTS

b. Emploi des ciments. — Mettre sur une lame de verre de la poudre d’oxyde de zinc et verser à côté quelques gouttes d’acide, phosphorique, mélanger le tout et malaxer jusqu’à obtention d’une pâte molle qui est introduite par fragments dans la cavité, à l’aide d’une spatule.

La dent une fois obturée, protéger la surface de l’obturation contre l’action de la salive en la recouvrant soit d’une couche de collodion, soit d’un tampon de ouate pure, de manière à permettre la dessiccation complète du ciment ; au bout de cinq à six minutes, retirer l’agent protecteur et, avec un brunissoir ou une lime douce, enlever l’excédent de substance et polir la surface.

Les ciments sont excellents pour les caries des dents antérieures et les grandes cavités. des molaires.

c. Emploi des amalgames. — La poudre métallique est versée dans un petit mortier et triturée avec du mercure liquide en quantité suffisante jusqu’à production d’une masse homogène. Magitot conseille d’ajouter ensuite un peu d’éther ou d’alcool pour débarrasser la pâte de ses impuretés, tout en continuant la trituration. La pâte est recueillie dans une peau de chamois ou dans une compresse fine dans laquelle on l’exprime avec les doigts ou avec des pinces pour chasser complètement le mercure, de manière à obtenir une masse plutôt cassante que pâteuse. On introduit alors cette masse dans la cavité par fragments qui sont tassés successivement avec les fouloirs lisses et grenus. Après vingt-quatre heures, l’obturation est suffisamment dure pour être polie avec une pierre ponce.

I IV. — Extraction des dents

Les instruments employés pour l’extraction des dents sont: la clef de Garengeot, les daviers et les élévateurs.

Règles générales. — L’avulsion d’une dent, d’après Tomes, exige l’accomplissement des trois conditions suivantes : 1® enlever l’organe en totalité ; 2*^ blesser le moins possible les tissus dans lesquels il est implanté ; 3*^ éviter au patient toute douleur inutile. Le davier est évidemment l’instrument qui répond le mieux à ces exigences.

OPERATIONS DE PETITE CHIRURGIE

car il ne prend point d’appui que sur le collet de la dent et non point sur le rebord gingival, comme la clef de Garengeot. L’anesthésie locale sera obtenue par la cocaïne, par le chlorure de méthyle ou par le chlorure d’éthyle ; le protoxyde d’azote et le bromure d’éthyle sont souvent employés dans le cas d’anesthésie générale. (V. Anesthésie). On a aussi obtenu de l’anesthésie locale par l’électricité à l’aide des courants de haute fréquence (Regnier et Didsbury), mais il faut un outillage compliqué et les résultats ne sont pas constants.

Le sujet étant assis en face du jour, la tète bien maintenue par un aide ou embrassée par le bras gauche de l’opérateur, examiner avec soin la dent à extraire pour se rendre compte de ses relations avec les voisines et de l’état de résistance de ses parois, afin de pouvoir placer convenablement l’instrument et diriger le sens de la traction à exercer. Détacher ensuite avec l’extrémité d’une spatule, des ciseaux ou même d’un bistouri, la gencive de la dent si elle présente des adhérences trop marquées.

La force à déployer, quel que soit Tinstrument employé, doit toujours être progressive, soutenue, jamais brusque, et sera dirigée du côté où la paroi alvéolaire offre le moins de résistance : à la mâchoire supérieure, la paroi alvéolaire externe est la moins résistante et les dents ont une direction générale en bas et en dehors : à la mâchoire inférieure, sauf pour les dents médianes antérieures, la paroi interne ou linguale est un peu plus faible et les dents ont une direction oblique en dedans et en haut. Lorsqu’une dent est isolée, l’extraction est pénible et difficile en raison de l’effacement des cavités alvéolaires voisines, vides de leur organe.

L — Emploi de la clef de Gareugeot.

Elle est constituée (fig. 516) par une tige d’acier fixée par une de ses extrémités sur un manche transversal mobile, et présentant à l’autre un coude suivi d’une partie élargie, quadrilatère et aplatie sur ses deux faces, nommee panneton. Le panneton est percé sur un de ses bords d’une échancrure ou mortaise destinée à recevoir la base d’un crochet qui s’y fixe soit par le moyen d’une vis, soit mieux par un ressort à pompe. Chaque

EXTRACTION DES DENTS

instrument possède 3 à 4 crochets de courbure et de volume variés, à extrémité bifide ou simple suivant la forme de la dent à extraire.

La clef de Garengeot agit comme un levier du premier genre, par conséquent luxe la dent latéralement, et ne la tire pas dans sa direction normale, aussi elle peut produire facilement une fracture de la dent ou du rebord alvéolaire, si elle n'est pas manœuvrée avec soin : en raison de sop mode d’action, elle ne convient pas pour les incisives et canines à longue racine.

Application. — Fixer le crochet choisi et garnir le panneton en l’entourant avec une petite bande pour rendre

Fig. 51(3. — Cief de Garengeot {i et 3, système à pompe; 1, simple).

moins douloureuse et moins contondante la pression exercée sur la gencive. L’opérateur, placé à droite pour les dents de gauche, devant pour celles de droite (certains opérateu-rs conseillent de se tenir à la droite du patient et de lui faire face pour les dents du bas, de se placer

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derrière lui pour les dents du haut) saisit la clef de la main droite, la paume sous le manche pour les dents inférieures gauches et supérieures droites, au-dessus pour les dents supérieures gauches et inférieure droites. Il l’introduit ensuite de manière à placer le panneton en dehors pour la mâchoire supérieure, en dedans pour la mâchoire inférieure ; cependant Pétat des parois de la dent peut parfois obliger à le placer en sens inverse suivant la prise qu’elles offrent au crochet. Le crochet est glissé sur la dent et refoulé avec l’index sous la gencive jusque sur le collet, où ce même doigt le maintiendra appliqué pendant toute la durée de l’opération pour l’empêcher de glisser. Le panneton sera disposé de telle sorte que son bord inférieur, point d’appui du levier, se trouve sur la paroi alvéolaire, mais le plus près possible du collet de la déni.

Tout étant en place, par un mouvement de rotation régulier, continu, sans secousse, exécuté avec le poignet, l’opérateur luxe la dent du côté où est placé le panneton ; ceci fait, la clef est retirée et la dent est extraite avec une pince ou un davier, en ayant la précaution de la détacher de la gencive, qui parfois est encore adhérente.

IL Emploi des daviers.

Le davier ou forceps est une pince en acier simple ou nickelé tantôt droite dans toute son étendue, tantôt présentant des courbures variées qui ])ortent soit sur les mors, soit sur les branches. La forme des mors varie suivant la conformation du collet et la situation des dents auxquelles ils sont destinés, mais ils seront toujours fins, effilés, pour pouvoir facilement glisser sous la gencive, tout en étant solides et bien trempés fermés, ils ne doivent pas se rapprocher au contact, et lorsque la dent est saisie, la couronne ne doit pas être touchée par leur face interne, qui sera toujours lisse. Les courbures présentées par les branches sont fort diverses, et surtout complexes dans les daviers américains (fig. 517), qui diffèrent des daviers anglais en ce que la branche qui est saisie par les quatre derniers doigts présente à son extrémité inférieure une coudure destinée à maintenir le petit doigt pour empêcher le glissement de la main. La face externe de ces branches est grenue dans le même but. Lorsque la pince est coudée dans un sens, les branches sont courbées en sens inverse pour combattre l’action de direction qui pourrait en résulter pendant l’extraction.

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Il est nécessaire d’avoir un jeu de daviers permettant l'avulsion des différents groupes de dents. Sept au moins sont nécessaires : un davier droit à mors arrondis pour les incisives, canines et prémolaires supérieures: un davier à mors coudés sur les branches pour les incisives, canines et prémolaires inférieures ; deux daviers pour les molaires supérieures un davier pour les molaires inférieures ; deux daviers pour l’extraction^des racines, un à mors droit, l’autre en forme de baïonnette. Cependant il vaut mieux ajouter un huitième davier à mors un peu coudés et un peu forts pour l’extraction des prémolaires. A propos de l’avulsion de chaque espèce de dents, nous indiquerons la forme que doit présenter la partie des mors qui saisit le collet.

Règles générales de V extraction avec les daviers. — Il y a, d’après Tomes, trois temps à exécuter : 1"^ saisir la dent ; 2° détruire ses connexions avec l’alvéole ; 3*^ la faire sortir de l’alvéole.

Jt>’emploi du davier nécessite plus de force et d’adresse qué celui de la clef, mais il est moins douloureux. On ne doit jamais tirer une dent suivant son axe avant d’avoir détruit, par des mouvements appropriés, ses connexions

Fig. 517, — Davier américain pour canines et bicuspidées supérieures.

avec l’alvéole, pour amoindrir la résistance et ne pas s’exposer à arracher un fragment étendu du rebord alvéolaire et entraîner ainsi deux ou plusieurs dents à la fois.

1®'' Temps. — Préhension de l’organe. — Glisser le long de la couronne les mors suffisamment écartés, les insinuer sous la gencive et les pousser alors avec une certaine force jusqu’au bord de l’alvéole, en pénétrant un peu dans ce dernier pour saisir la dent un peu au-dessus du collet; quelques légers mouvements de rotation facilitent

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la pénétration des mors. Les serrer ensuite en exerçant sur les branches avec la main une pression suffisante pour les fixer, tout en évitant d’écraser la dent ; le degré de pression à donner s’acquiert par l’habitude, mais on peut la graduer en introduisant le pouce entre les branches de l’instrument près de l’articulation.

2® Temps. — Luxation de la dent. — La tète étant bien maintenue, détacher la dent de ses connexions avec l’alvéole par une série de mouvements soit de rotation, soit de latéralité, basés sur la forme des racines et la résistance des parois, toujours exécutés sans brutalité et que nous indiquerons plus bas lors de l’étude de l’extraction des divers groupes de dents.

3® Temps. Avulsion. — La dent luxée est retirée hors de son alvéole, en prenant soin de ne pas avoir une brusque échappée qui ferait heurter par le davier les dents de la mâchoire opposée.

Lorsque, après avoii* luxé une molaire, on éprouve une grande résistance à la traction, c’est qu’elle est barrée ou encore qu’elle présente des racines très divergentes. On conseille en général dans ces cas, pour éviter une fracture de la paroi alvéolaire, de sectionner une des racines avec une pince coupante.

Il faut aussi veiller à ne pas forcer le passage de la dent entre les voisines trop rapprochées (pour les molaires spécialement) : dans ce cas, tantôt on tire la dent latéralement, tantôt on est obligé de la couper à la hauteur du collet et d’extraire séparément les racines en les tirant aussi en dehors et non point dans l’axe.

, A. Maxillaire supérieur

1® Incisives médianes et latérales. — Ces dents n’ont qu’une seule racine, et la face antérieure de leur collet est un peu plus large que la postérieure. Le même davier peut servir (fig. 518); il est droit, l’extrémité des mors est arrondie, mais avec une courbure un peu plus grande pour l’intérieur.

Insinuer l’instrument par de légers mouvements de rotation et de glissement sous la gencive, le fixer sur le collet et lui faire exécuter à l’aide du poignet un mouve-

EXTRACTION DES DENTS

ment de rotation de gauche à droite, puis si cela est nécessaire, de droite à gauche, pour détacher ainsi la

Fig. 518. — Davier pour incisives supérieures.

racine de ses connexions; une traction dans Taxe permet ensuite de tirer la dent au dehors.

2*^ Canines supérieures. — Même davier, qu’il faut enfoncer profondément en raison de la longueur de la couronne cachée en partie sous la gencive. Même manœuvre, seulement la force déployée doit être un peu plus grande.

3^^ Bicuspidées supérieures. — Les racines bifides à leur sommet sont entièrement fusionnées au collet, ce qui permet d'utiliser le davier des incisives; parfois il vaut mieux employer un davier un peu plus fort à mors

Fig. 519. — Davier pour bicuspidées des deux cotés.

recourbés (fig. 519). Ces dents sont très adhérentes et assez difficiles à extraire.

Faire exécuter d’abord à l’instrument un mouvement de latéralité en dehors, de manière que la dent décrive un angle avec l’arcade dentaire, puis un mouvement de latéralité en dedans et vice versa. La dent luxée est tirée directement en bas pour ne pas briser la racine.

Lorsque la deuxième bicuspidée est en surdent, elle offre beaucoup de difficultés à l’extraction; aussi Andrieu recommande-t-il soit un instrument fort allongé, soit l’ébranlement préalable par un anneau de caoutchouc introduit jusqu’au collet et laissé huit à dix jours en place.

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4° MuUicaspidées supérieures. — Elles ont trois racines, une interne et postérieure, et deux externes dont l’antérieure est plus forte que l’autre: divergentes à leur sommet, elles se réunissent au collet de manière â former un sillon médian sur la face externe de celui-ci, tandis que sa face interne où linguale est constituée par la saillie arrondie de la racine interne. Il est donc nécessaire d’avoir deux daviers, un pour chaque côté de la mâchoire (fig. 520 et 521); le mors externe a trois griffes séparées par deux légères gouttières et dont la médiane doit s’engager dans le sillon existant entre les deux racines externes; le mors externe est simplement arrondi. Ces mors sont coudés sur les branches, qui sont elles-mêmes courbées en sens inverse.

La dent solidement saisie, exécuter un mouvement de latéralité en dehors pour détacher la racine interne, puis un mouvement de latéralité en dedans pour détacher de

Fig. o20 — Davier pour muUicus- F’ig. 521, — Davier pour niulticuspidées supérieures gauches. pidécs supérieures droites.

l’alvéole les deux racines externes, et ainsi de suite jusqu’il rupture de toutes les adhérences, ensuite tirer en bas et en dehors dans l’axe de la dent. Tomes préfère commencer par détacher les racines externes.

B. Maxillaire I^’FÉRIEUR

1*^ Incisives inférieures. — Elles sont plus petites et moins larges que les supérieures, et le même davier peut servir. Il vaut mieux employer un davier (fig. 522) à mors fortement courbés ou coudés qui permet d’agir avec plus de sécurité.

Faire exécuter à l’instrument de très légers mouvements de rotation qui, dans le cas où les dents sont très rapprochées, demandent beaucoup d’attention et doivent

EXTRACTION DES DENTS

alors être très limités ; en même temps exercer un certain degré de forcement en dehors et tirer en dehors et en haut pour sortir la dent de son alvéole.

Fig. 522. — Davier pour incisives et canines inférieures.

2® Canines inférieures. — Même davier et même manœuvre que-ci-dessus. Si la dent est très serrée, exécuter avec le davier de légers mouvements de latéralité en dehors, suivis de légères rotations.

Fig. 523. — Davier pour petites molan-es inférieures des deux côtés.

3*^ Bicuspidées inférieures. — Le davier précédent peut encore servir, mais préférer un davier plus fort (fig. 523). Les racines, en raison de leur conicité, se détachent

plus facilement par rotation que celles de la mâchoire supérieure ; donc, quelques mouvements de rotation modérée, dans un sens et dans l’autre, aidés et suivis

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par des mouvements de latéralité, surtout en dehors, puis tirer l’organe-en dehors et en haut.

4® Multicuspidées inférieures. — Elles ont deux racines, une interne et antérieure, l’autre externe et postérieure, qui par leur réunion forment un collet dont les faces externe et interne présentent un sillon séparant assez profondément ces racines. Un seul davier est donc suffisant pour les deux côtés ; chaque mors offre trois griffes séparées par deux légères gouttières, la griffe moyenne devant s’implanter dans le sillon; les mors sont coudés sur les branches recourbées en sens inverse (fig. ô24).

Faire exécuter à l’instrument un mouvement de latéralité en dedans pour détacher la racine externe, puis un mouvement de latéralité en dehors pour la racine interne et en même temps tirer en haut et en dehors pour compléter l’extraction.

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