‹ Nouveaux éléments de petite chirurgieChapitre 298 sur 331 · ANESTHÉSIE PAR LE PROTOXYDE D’AZOTE · texte numérisé non relu

ANESTHÉSIE PAR LE PROTOXYDE D’AZOTE

quer des opérations de longue durée sans avoir à craindre la production de phénomènes d’asphyxie. On trouvera dans la thèse de Blanchard (Paris 1880) la description détaillée de la chambre spéciale et de l’outillage nécessaires à l’application de ce procédé fort compliqué.

P. Bert, en 1883, a cherché à simplifier sa méthode de manière à administrer le gaz à la pression ordinaire : on fait respirer d’abord le protoxyde d’azote pur, puis on continue avec un mélange de 20 parties d’oxygène avec 100 parties de protoxyde, et on termine avec le protoxyde d’azote pur ; deux ballons en caoutchouc sont suffisants. Aubeau a préconisé le mélange à 40 p. 100 d’oxygène administré à l’aide du gazomètre spécial, assez compliqué, de Heymen-Billard. L’anesthésie commencée avec le gaz pur est continuée avec le mélange.

En Allemagne, J. Neudœrfer a aussi préconisé le mélange à la pression ordinaire; 20 vol. d’oxygène p. 80 vol. de protoxyde qui seraient renfermés dans un ballon en caouchouc. Klirowitz a employé ce procédé à la Maternité d’Erlangen, et a pu maintenir ainsi l’anesthésie pendant une heure.

Malgré tous ces efforts, la méthode est encore trop compliquée pour devenir d’un usage réellement pratique.

Braine, à Londres, commence par le protoxyde d’azote, puis continue par l’éther; on éviterait par ce procédé la période d’excitation.

2° Anesthésie dentaire ; méthode ancienne. — Les appareils les plus employés sont ceux de Johnston, G. Barth, Codmann et Shurtleff, Fred. Hewitt.

Le protoxyde d’azote livré par le commerce est généralement à l’état liquide et enfermé dans des bouteilles en fonte à la pression de 70 atmosphères (fîg. 535). Le récipient, fermé par une vis, doit toujours être maintenu dans un mélange réfrigérant afin d’éviter des explosions dangereuses. Pour faire l’anesthésie, on se sert d’un sac en caoutchouc muni de deux tubes dont l’un se fixe sur la bouteille, tandis que l’autre aboutit à l’inhalateur. Cet inhalateur, dont la forme est variable, s’adapte exactement sur la bouche et le nez du patient, de manière à ne laisser passer aucune quantité d’air ; il est pourvu d’une ouverture particulière avec soupape pour donner issue

PETITE CHIRURGIE, 6“^ CtUt. 49

OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE

à Pair expiré. Ce masque maintenu en place, on ouvre légèrement le robinet de la bouteille.

L’anesthésie s’obtient en trente ou quarante secondes, mais elle est de courte durée ; si l’opération se prolonge, on doit recourir à une série d’inhalations successives, c’est-à-dire qu’on attend l’effet de la première inhalation

Fig. .d35. — Bouteille à protoxyde d’azote.

avant de passer à la seconde. Dès les premières inspirations de gaz, le pouls devient petit, fréquent, le malade ressent une sorte de vertige ; lorsque l’inhalation est trop prolongée, il survient de la cyanose et des phénomènes d’asphyxie qui nécessitent l’enlèvement immédiat de l’appareil et disparaissent alors rapidement.

Le protoxyde d’azote ainsi employé a déterminé des cas de mort et d’autres accidents sérieux ; il serait contreindiqué chez les diabétiques, les femmes enceintes et les jeunes filles à la période deformation. L'emploi des anesthésiques locaux a beaucoup restreint les indications de l'anesthésie générale par le protoxyde d’azote. .

I V. — Anesthésie par le bromure d’éthyle

ET LE CHLORURE d’ÉTHYLE

Ces deux anesthésiques sont aujourd’hui fréquemment employés pour la pratique des opérations de courte durée (diez les adultes et les enfants, telles que l’ablation des

Page 1