ANESTHÉSIE PAR LE BROMURE D’ÉTHYLE
adénoïdes, des amygdales palatines, l’extraction dentaire, la dilatation de Tan us, etc.
Anesthésie par le bromure d’éthyle. — Le bromure d’éthyle, liquide très volatil, peu inflammable doit être très pur ; Tair et la lumière le décomposant, on ne se servira que de bromure d’éthyle contenu dans des tubes colorés et scellés à la lampe.
Le malade sera assis ou couché, selon l’opération à pratiquer. On anesthésiera en se conformant aux conseils donnés par Segond.
11 faut préalablement vaseliner largement les lèvres, le nez, les joues, et le menton pour éviter ies brûlures. Sur une compresse pliée en quatre, verser d’abord une petite quantité de bromure d’éthyle (2 à 3 gr. environ) suffisante pour faire une tache large comme une pièce de 5 francs, et appliquer cette compresse sur le nez et la bouche du patient en l’invitant à respirer profondément; cela afin de ne pas le surprendre et de l’habituer à l’anesthésique. Ensuite, après quelques secondes, 10 à 12 au maximum, on arrose largement la compresse avec le reste de la dose, qui est de 5 à 10 grammes chez l’enfant suivant son âge, et de 10 à 20 grammes chez l’adulte, et on l’applique hermétiquement sur la bouche et le nez jusqu’à résolution musculaire, habituellement complète, qui est obtenue en trente secondes à une minute environ. On reconnaît que l’insensibilité est obtenue à ce que les paupières se ferment, ou bien si elles restent ouvertes, à une certaine fixité de Tœil, ou encore à ce que le bras soulevé retombe ou reste en Tair comme dans Tétat cataleptique. On retire alors la compresse et on procède à l’opération. On ne doit plus approcher la compresse du visage.
Si la respiration s’arrête soit que le malade se retienne de respirer, soit qu’il suffoque réellement, il suffit de soulever légèrement la compresse pour que tout rentre dans Tordre. Mais il faut se rappeler que les premières inhalations donnent lieu à une angoisse telle que si Ton n’est pas prévenu, on n’ose pas continuer.
Lorsqu’il s’agit d’opération sur le pharynx (adénoïdes, amygdales), Malherbe recommande, dès que la narcose est obtenue, d’attirer le sujet au bout de la table, la tète pendante, dans la position de Rose, afin d’empècher le
OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE
sang de pénétrer dans le larynx. Il est généralement nécessaire de maintenir la bouche ouverte par un écarteur.
Le réveil a lieu au bout d’une à deux minutes et n’est suivi d’aucun malaise, le malade peut retourner chez lui à pied.
Certains chirurgiens préfèrent verser toute la dose en une seule fois sur la compresse et sidérer le malade.
Partsch préfère l’anesthésie dosimétrique et verse l’anesthésique goutte à goutte sur le masque habituel pour chloroforme. 11 l’a ainsi administré sans inconvénient à des cardiaques graves et a signalé que les réflexes ne disparaissent jamais complètement.
Appareil inhalateur du de Crésantignes. — Cet inhalateur, à réservoir d’air spécial (fig. 536) pour l’administration du bromure d’éthyle ou du chlorure d’éthyle, a pour but de mélanger aux vapeurs de l’anesthésique une quantité d’air minima (3/4 de litre environ) et non renouvelable, ce qui permet la respiration sans efforts, supprime l’angoisse et l’agitation qui en résulte. Avec cet appareil, le sujet respire dans un cornet imperméable AA', en communication à son extrémité avec une vessie souple, VV, contenant une quantité d’air qui correspond à Pair respiratoire des physiologistes, soit un demi à trois quarts de litre. Le cornet est formé par un simple mouchoir épinglé avec soin, entre les plis duquel est disposée une feuille de papier épais. Le cône métallique garni de son éponge est introduit dans l’intérieur de ce cornet et poussé de façon que sa tige fdetée dépasse l’extrémité du cornet. On visse en réunissant les deux cônes et le mouchoir se trouve alors serré comme l’indique la figure.
On doit d’abord habituer le sujet à respirer convenablement dans le cornet non chargé d’anesthésique, de manière à le mettre en confiance. En appliquant l’inhalateur dont la vessie sera en état de distension moyenne, on aura soin que les bords, légèrement étalés, maintenus par les mains de l’opérateur, s’appliquent bien exactement sur la face, le cornet devant emprisonner le nez et la bouche. L’herméticité doit être complète et. si le sujet respire bien, on voit les parois de la vessie se distendre, puis revenir sur elles-mêmes. La dose d’anesthésique se verse d’un seul coup sur l’éponge et sur la zone environnante.
L’administration du bromure d’éthyle doit être limitée à un temps très court, une minute au plus, sous peine de danger; la prolongation de l’anesthésie avec ce seulpro-