ANESTHÉSIE PAR LE CHLORURE D’ÉTHYLE
duit est redoutable. On peut exceptionnellement recommencer plusieurs fois l’anesthésie, mais à la condition de laisser respirer à l’air libre dans l’intervalle.
Le bromure d’éthyle agit peu sur la circulation et la respiration, nullement sur le cœur (Hollander). On a signalé quelques cas de mort.
Fig. 536. — Inhalateur de Crésantignes pour le bromure et le chlorure d’éthjle.
Nous examinerons plus loin l’anesthésie mixte par le bromure d’éthyle et le chloroforme.
2® Anesthésie par le chlorure cVéthyle. — Essayé d’abord dans l’art dentaire par Richardson (1877), Garlson (1894), etc., le chlorure d’éthyle a été employé pour la première fois, systématiquement, dans la chirurgie générale, à la clinique de von Hacker (d’Insprück), en 1898, comme anesthésique général.
Le chlorure d’éthyle ou kélène est un liquide très mobile, à odeur d’éther caractéristique, dont le point d’ébul-
OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE
lition est à — 12^5, qui se volatilise à la température ordinaire sans laisser de résidus. 11 doit être très pur.
L’anesthésie générale, avec cet agent, a été bien étudiée en France par Malherbe et Roubinowitch, par Gérard (de Toulon), Guinac, Reboul, etc. 11 suffitd’une simple compresse pliée en quatre épaisseurs qu’on dispose dans la main droite fortement creusée, et sur laquelle on dirige le jet de deux tubes de kélène servant habituellement à l’anesthésie locale ou celui d’un gros tube spécial. La dose à employer est de 2 à 3 centimètres cubes suivant l’âge. Le malade étant couché, on applique la compresse, toujours disposée un peu en cornet et recouverte par la face profonde de la main droite, sur le nez et la bouche, en l’invitant à faire des inspirations profondes. 11 est absolument nécessaire de ne pas laisser respirer d’air.
Le sommeil se produit parfois dès la première inhalation, mais en général au bout de vingt-cinq à quarante secondes, et persiste de trois à cinq minutes ; on retire la compresse dès que la narcose est obtenue.
L’agitation est très peu marquée, sauf chez les nerveux et les alcooliques ; la face est assez souvent congestionnée, la pupille est un peu dilatée.
On reconnaît que la narcose est complète par un sommeil tranquille, par le rythme régulier de la respiration, quelquefois avec un léger ronflement, et par la résolution musculaire. Cependant, d’après von Hacker, Rohn, etc., le relâchement complet des muscles ne se produit pas. Malherbe a signalé l’absence de trismus, ce qui constitue à cet anesthésique un avantage sérieux sur le bromure d’éthyle. Le pouls est régulier; s’il augmente de fréquence, c’est que la dose est trop forte.
Le chlorure d’éthyle donne plutôt de l’analgésie générale qu’une véritable anesthésie (Reboul), une sorte d’ivresse comateuse éphémère (Roubinowitch). Le réveil est rapide et facile.
Si la première anesthésie n’a pas suffi pour terminer l’opération, on peut réitérer la dose d’anesthésique, mais il faut le faire avant que le malade s’éveille ; trois à quatre doses successives peuvent plus facilement être données que pour le bromure, car le chlorure est moins toxique que ce dernier agent. En espaçant ainsi les doses,