CONTRE-INDICATIONS DE L’ANESTIIËSIE
aucun avantage et ne donnent pas plus de sécurité que les anesthésiques simples.
Anesthésie par le chloral et la morphine. — L'association du chloral et de la morphine, suivant la méthode de Trélat, donne une insensibilité générale suffisante pour pratiquer de courtes opérations : fistule à fanus, quelques opérations sur la face, etc. On fait prendre au malade 4 à 10 grammes d’hydrate de chloral et 30 à 40 grammes de sirop de morphine dans 120 grammes d’eau, en deux fois à un quart d’heure d’intervalle; au bout de trente à quarante minutes, le malade est plongé dans un engourdissement, une torpeur profonde. Cependant certains sujets sont réfractaires à cette analgésie générale.
Cette méthode, si simple, est réellement excellente, et nous avons eu souvent l’occasion de nous louer de son emploi.
I VIII. — Indications et contre-indications de l’anesthésie.
{^Indications et contre-indications générales de V anesthésie. — L’anesthésie est indiquée dans toutes les opérations de longue durée et les explorations douloureuses, et dans tous les cas où il faut vaincre des résistances musculaires énergiques ou forcer brusquement des articulations.
On ne doit jamais l’employer, à cause de ses dangers, pour déjouer les simulations.
Les affections pulmonaires chroniques, les affections cardiaques, surtout la s}unphyse cardiaque, l’état graisseux du cœur, l’épuisement considérable par cachexie ou hémorragie, sans être des contre-indications absolues, commandent la plus grande prudence dans l’emploi de l’anesthésie pour éviter la syncope. Les cœurs non compensés, l’asystolie, la myocardite sont une contre-indication absolue à la narcose comme à toute opération. Chez les sujets épuisés ou relevant du choc traumatique, il sera bon d’administrer, une demi-heure avant l’anesthésie, 60 à 100 grammes d’un vin généreux. Chez les alcooliques, on doit redoubler d’attention, ainsi que chez les hystériques, les épileptiques et chez les malades effrayés par la perspective de l’opération ; Huchard serait assez partisan de commencer l’anesthésie avec le bromure d’éthyle chez
OPÉRATIONS DE PETITE CHIRURGIE
ces derniers. Kudrat a signalé l’hypertrophie du thymus comme cause de mort par le chlorolbrnre.
Les affections organiques de l’encéphale et de la moelle, le choc traumatique sont considérés comme des contreindications absolues; Fischer (de Breslau) repousse le chloroforme dans l’urémie et dans les affections vésicales avec complications rénales; Rose, dans les trépanations, emploie rarement l’anesthésie. Les malades septicémiques et fébricitants supportent très mal le chloroforme.
L’épilepsie a été regardée comme une contre-indication par un certain nombre de chirurgiens. M. Perrin ne partage pas cette opinion, bien que fort souvent l’anesthésie détermine un accès ; dans ce cas, on continuera les inhalations avec prudence.
Indications et contre-indications spéciales des anesthésiques les plus employés. Choix de V anesthésique . — Le chlorotorme est l’anesthésique le plus généralement employé en France et en Allemagne; l’école de Lyon lui préfère l’éther qui jouit d’une grande faveur en Angleterre et en Amérique. Dans ces dernières années, un assez grand nombre de chirurgiens français et allemands se sont ralliés à l’emploi de l’éther.
Si l’on s’en rapporte aux statistiques, le chloroforme est plus dangereux à manier que l’éther ; il occasionne plus d’alertes. D’après Gluck, le rapport des accidents serait de 14 contre 1. Cependant, l’éther a également un contingent assez élevé de cas de mort ; d’après Weir, il y aurait eu à l’hôpital de New-York () décès sur 10 791 éthérisations, proportion à peu près égale à celle due au chloroforme ; Gurlt, dans sa statistique (congrès de chirurgie de Berlin. 1897), donne 1 décès pour 2 039 chloroformisations. 1 décès pour 5 090 éthérisations. 1 sur 5 228 avec le bromure d’éthyle, 10 sur 7 594 avec le mélange éther et chloroforme : il a relevé, en outre, la fréquence des pneumonies à la suite des anesthésies par l’éther (15 pneumonies mortelles dont 13 après des laparotomies). Schultze, 9 morts par pneumonie sur 4 919 éthérisations. Mikulicz croit cependant que l’éther ne doit pas être rendu responsable des pneumonies après laparotomie, (“ar il en a observé après des laparotomies faites sous l’anesthésie locale par la cocaïne. Il a présenté, au XXX® Congrès des chirurgiens allemands, la statistique suivante dont les éléments ont été recueillis auprès des médecins de Silésie : 1 mort sur 1 083 chloroformisations (87 530 chlorof.), 1 mort sur 1 044 éthé-