AGENTS DIVERS DE L’ANESTHÉSIE LOCALE
nerf au-dessous du point altéré, mais elles sont calmées par les injections faites au voisinage du tronc nerveux au-dessus du point où siègent les altérations algésiogènes. Au contraire, dans les névralgies d’origine extra-fasciculaires, c’est-à-dire provenant d’une irritation des extrémités terminales des nerfs de la région endolorie, la douleur s’apaise aussitôt après l’injection de cocaïne loco dolenti. Quant aux névralgies d’origine radiculo-médullaire, (dans le tabes, par exemple), elles ne sont calmées momentanément que si l’injection est faite dans le canal rachidien, en ce qui concerne les douleurs du membre intérieur.
H. Agents divers d’anesthésie locale par action directe. —
On a proposé dans ces dernières années un assez grand nombre de substances pour obtenir l’anesthésie locale; nous n’en mentionnerons que quelques-unes.
Veucaine B. est un peu moins toxique et un peu moins active que la cocaïne. Elle supporle l’ébullition sans inconvénient, tandis que la cocaïne s’altère à 80‘^; sa solution est plus stable et son actfon plus prolongée. On l’emploie soit en solution à 2 p. 100 (Reclus), soit sous forme de solutions étendues pour faire l’anesthésie par infiltration, mais alors il faut injecter de plus grandes quantités de la solution; ainsi H. Braun recommande la solution suivante : eucaïne B. 0,1, sel de cuisine 0,8, eau 100 grammes, dont il injecte jusqu’à 300 centimètres cubes.
Elle anesthésie la cornée sans provoquer la dilatation de la pupille, et ne jouit pas des propriétés vaso-constrictives de la cocaïne.
M. Legrand préconise la solution suivante, dite anesthésique-hémostatique, pour obtenir, par injection sousgingivale, l’anesthésie dans l’extraction des dents, et assurer en mêmetemps l’hémostase, même chez leshémophiliques.
Gélatine pure 2. » grammes.
Chlorure de sodium pur 0,70 —
Phénol neige 0,10 —
Chlorhydrate d’eucaïne B 0,70 —
Chlorhydrate de cocaïne 0,30 —
Eau distillée, q. s. P . . . . 100 centimètres cubes.
Cette solution est rendue fluide en la portant à 20 ou 25*^. Elle s’emploie comme il a été indiqué plus haut pour
la cocaïne et doit être soigneusement stérilisée à cause de la gélatine.
Une simple mention suffit pour la nirvanine et 17io/omïne qui sont inférieures à la cocaïne comme action analgésiante.
Le gaïacol synthétique a été préconisé par Pize (de Montélimar) pour obtenir une anesthésie cutanée, en surface, permettant l’application indolore des pointes de feu. On liquéfie au bain-marie le gaïacol cristallisé et on en verse 2 à 4 grammes sur une compresse qui est appliquée ensuite et maintenue bien exactement sur la peau, et recouverte de taffetas gommé; son application doit durer un quart d’heure à une demi-heure pour réaliser une analgésie suffisante.
M. Geley a essayé le sulfate de spartéine en solution à i gr. p. 20 gr. d’eau. L’action, lente à se produire, est profonde et prolongée pendant deux à six heures, mais m’est pas constante. Nous avons pu, par ce moyen, désarticuler une phalange d’un doigt sans que le malade ressentît la moindre douleur.
V antipyrine a été employée par M. Pousson pour la vessie et pour l’opération de l’hydrocèle. Pour la vessie, on injecte, suivant la tolérance de l’organe, 10 à 60 grammes d’une solution à 2 ou 4 p. 100; pour l’hydrocèle, on en introduit dans la vaginale, après évacuation, autant qu’il peut en entrer; on laisse séjourner cinq à dix minutes, on retire et on injecte ensuite la teinture d’iode.
M. Leduc a fait des recherches pour obtenir l’anesthésie locale par l’action des courants électriques, la cathode étant appliquée sur le trajet des nerfs sensitifs ou mixtes.