‹ Nouveaux éléments de petite chirurgieChapitre 31 sur 331 · STÉRILISATION DES CRINS DE FLORENCE · texte numérisé non relu

STÉRILISATION DES CRINS DE FLORENCE

La stérilisation par la vapeur sous pression à 120° ne présente rien de spécial et s’opère comme il a été indiqué lors de l’étude des étuves. Il est cependant commode d’employer les tubes de Levassor (fig. 48) avec bouchon à obturateur automatique spé-

Fig. 48. — Tube de Levassor pour la stérilisation de la soie.

cial. Les tubes étant remplis aux deux tiers d’une solution d’aldéhyde formique à 1 p. 1000, on les ferme avec le bouchon R revêtu de l’obturateur spécial F (tig. 49) dont la tige plus longue se recourbe en crochet et permet de le maintenir pendant la stérilisation malgré la force d'expansion de la vapeur ; on les place ensuite dans l'autoclave et on stérilise de 120 à 134“ pendant 30 minutes. C’est au moment de la rentrée de l’air dans l’autoclave que s’effectue le bouchage automatique par le fait de la pression atmosphérique, ce que montre la dépression de l’obturateur. Ces tubes peuvent se conserver pendant plusieurs mois.

On peut aussi recourir à la vapeur d’alcool anhydre. La soie ainsi stérilisée est conservée à sec dans des récipients hermétiquement bouchés, ou dans l'alcool absolu, ou encore dans une solution hydro-alcoolique de naphtol à 1 p. 1000 (Schwartz),

3“ Crins de Florence, crins de cheval. — Les crins de Florence, dépouillés de leur chevelu, doivent séjourner pendant 15 à 20 jours dans l’eau phéniquée à 5 p. 100 ou clans la solution de sublimé à 1 p. 1000. On les conserve dans une solution semblable. On les stérilise aussi à l’autoclave soit à même, soit enfermés dans des tubes contenant de l’eau stérilisée ou une solution phéniquée à 4 p. 100 et soigneusement bouchés, soit dans les tubes Levassor ; on peut aussi les soumettre à l’ébullition.

Les crins de cheval sont traités et conservés de la même manière après avoir été dégraissés par un lavage à l’eau chaude et au savon ou par une lessive de soude.

4° Fils d’argent, de bronze d'aluminium. — Ils se stérilisent facilement par l’ébullition, le flambage, par la vapeur sous pression ou par le séjour à l'étuve sèche. On les conserve dans l’alcool absolu ou dans la glycérine phéniquée à 10 p. 100. Avant l’opération, on les plonge dans une solution phéniquée à 1 p. 50.

Fig. 49. — Bouclion à oblurateur aulomalique du tube Levassor.

PANSEMENTS

VI. Salles et tables d’opérations. — La description des salles et des tables d’opérations ne peut trouver place dans un ouvrage élémentaire comme celui-ci ; elle est plutôt du ressort des traités de médecine opératoire.

La salle d’opération sera nettoyée plusieurs heures avant, de manière à éviter les poussières et les germes flottants. Avant les grandes opérations, les laparotomies en particulier, quelques chirurgiens ont l’habitude de pratiquer dans la salle, pendant une demi-heure environ, une pulvérisation faite avec de l’eau phéniquée ou de l’eau stérilisée pour abattre les poussières. Les murs, suivant leur revêtement, et le sol seront fréquemment frottés avec des éponges ou des linges imbibés de la solution de sublimé à 1 p. 1000; le sol sera nettoyé après chaque opération. Si les murs ne se prêtent pas à la désinfection par le frottage, on dirigera contre eux une pulvérisation antiseptique (formol, par exemple).

Les tables d’opérations sont pour la plupart d’un nettoyage facile par l’eau savonneuse chaude, suivi d’un lavage avec une solution antiseptique. Si l’on se sert d’une table improvisée, on lui fera subir une désinfection soigneuse et on la garnira de quelques draps repliés en plusieurs doubles et stérilisés, et d’une toile cirée bien désinfectée.

VIL Désinfection du malade et du champ opératoire. — La désinfection du malade et, en particulier, l’asepsie du champ opératoire exigent un soin minutieux.

Les malades doivent être tenus dans le plus grand état de propreté par des bains et des lavages fréquents. Avant une opération importante, le malade prendra au moins deux grands bains savonneux dans lesquels il se frottera ou sera frotté sur tout le corps, particulièrement sur la région à opérer.

La peau est fort difficile à désinfecter et elle ne peut être rendue stérile que dans un nombre de cas relativement restreint. C’est que les microbes virulents, staphylocoques, streptocoques, quelquefois le bacille pyocyanique, occupent les différentes couches de la peau, les lacunes lymphatiques du derme, et surtout les follicules pileux et les glandes sudoripares. On se trouve donc

Page 1