DÉSINFECTION DU CHAMP OPÉRATOIRE
désarmé pour atteindre les microbes dans la profondeur, surtout dans les régions de l’aine et du périnée où ils sont particulièrement abondants (Mikulicz et Landerer). Les régions les plus riches en microorganismes sont le cuir chevelu, le scrotum, le périnée, l’aisselle, le pli de l’aine. Pour approcher le plus possible de la perfection, Mikulicz, Quénu, Heidenhain recommandent de raser, savonner et brosser la région à opérer pendant les deux jours qui précèdent l’opération ou tout au moins la veille. Le savonnage est suivi d’un lavage soit à la solution phéniquée à 5 p. 100 ou de sublimé à 1 p. 1000, soit mieux à l’alcool à 90° ou à l’éther, ou bien à la benzine puis au sublimé à 1 p. 1000 qui agissent plus énergiquement.
La veille de l’opération, après le nettoyage dont il vient d’être question, la région à opérer est recouverte d’un pansement humide fait avec la solution de sublimé à 1 p. 2000, ou encore avec une solution de formol à 1 p. 100 (Landerer). Au moment de l’opération, la région opératoire est de nouveau rasée, savonnée et brossée, frottée avec l’alcool ou l’éther, puis au sublimé ou au lysol ou à la solution phéniquée à 5 p. 100. Dans ce dernier nettoyage, on évitera, ainsi que le fait remarquer M. Quénu, d’abuser de la brosse qui rougit et éraillé même les téguments et qu’on peut remplacer par une compresse stérilisée. Avant l’opération, Mikulicz badigeonne très légèrement avec de la teinture d’iode l’endroit où va porter l’incision.
Lorsque le patient a une plaie purulente ou putride, celle-ci doit être désinfectée soigneusement avec les solutions antiseptiques fortes ou avec le chlorure de zinc, et recouverte d’un linge antiseptique pendant la durée de l’opération. Schwartz conseille de cautériser les fistules au thermocautère immédiatement avant d’opérer.
Les muqueuses seront désinfectées en les frottant avec un linge ou un tampon aseptiqne pour enlever mécaniquement les mucosités, puis on pratique des injections ou des lavages avec de l’eau bouillie, salée ou boriquée.
Avant de commencer le pansement ou l’opération, le chirurgien s’assurera que toutes les mesures antiseptiques ont été prises et que tous les objets nécessaires sont prêts et à portée de la main (instruments, com-
PET. caiBURGiE, 6° édit.
PANSEMENTS
presses-éponges, tampons, fils à ligature et à suture, solutions, etc.).
H. Antisepsie et asepsie pendant les pansements et les opérations. — Les mesures précédentes prises, le chirurgien dispose ses aides, en nombre suffisant, donne au blessé une position commode qu’il puisse conserver pendant toute la durée du pansement ou de l’opération, et se place lui-même de manière à avoir la liberté de ses mouvements. S’il s’agit d’un pansement ordinaire, une alèze pliée en plusieurs doubles et une toile cirée (nettoyée fréquemment) sont étendues sous les parties malades, pour éviter la souillure du lit. S’il s’agit d’une opération ou d’un grand pansement, le blessé est installé sur la table d’opération garnie de son matériel habituel : on peut recouvrir le patient soit d’un vêtement en caoutchouc, désinfecté, qui le garantit des liquides et du refroidissement, soit d’un drap stérilisé. 11 faut, aussi, prendre le soin de ne pas découvrir le malade outre mesure. Dans les opérations de longue durée, particulièrement dans celles pratiquées sur l’abdomen, on évite le refroidissement en enveloppant les membres inférieurs avec une pièce de laine ou une couche de ouate stérilisée maintenue par des bandes.
Des compresses, aseptisées à l’autoclave ou par l’ébullition dans de l’eau ordinaire ou dans une solution de biclAlorure de mercure à 1 p. 1000, sont disposées tout autour de la région sur laquelle porte l’opération. Si l’on emploie des éponges, un aide sera chargé de leur nettoyage qu’il effectuera avec de l’eau bouillie ou une solution de sublimé à 1 p. 2000, chaudes.
L’aide auquel sera confiée l’anesthésie veillera à ce que le blessé, s’il vient à cracher ou à vomir, ne souille pas le voisinage de la plaie ; il sera muni, dans ce but, de ‘compresses aseptiques.
1*^ Plaie opératoire . — Pendant fopération, le chirurgien nettoie de temps à autre ses mains souillées de sang dans les liqueurs antiseptiques ou dans de l’eau tiède stérilisée, et y plonge les instruments dont il ne se sert plus, en évitant de les disposer sur le lit, la table d’opération ou le corps du blessé. Autant que possible, il prend lui-