ANTISEPSIE PENDANT LES PANSEMENTS
et on applique un pansement composé de gaze iodoformée ou aseptique et de matériel absorbant, car on doit rechercher l’occlusion rapide de la plaie ; également, pour les fractures par armes à feu sans fracas trop comminutif, sauf indications spéciales du ressort des traités de chirurgie d’armée. Nous regardons comme très utile dans certains cas , pour ce dernier genre de lésions, la pratique conseillée par Mosetig-Moorhof qui, tout en donnant l’occlusion de la plaie, permet d’éviter une rétention des sécrétions par formation de croûtes, surtout si l’on redoute une infection: la plaie est recouverte de 3 a 4 feuilles de gaze iodoformée, la débordant de 2 centimètres environ, et d’un tissu imperméable de dimensions un peu plus étendues, puis, au-dessus, application d’un pansement fait de matériaux aseptiques, absorbants et secs.
Si la fracture s’accompagne de plaie étendue, après un lavage modéré soit avec de l’eau bouillie ou salée, soit avec une solution antiseptique très chaude, un nettoyage avec des tampons-éponges, et l’ablation des esquilles libres, on fait un tamponnement aussi complet que possible à la gaze iodoformée. Dans ces cas, surtout dans les cas de grand fracas des membres, Forgue et Reclus {Thérapeutique chirurgicale) recommandent, après un minutieux lavage à l’eau très chaude, à 35 ou 60<^, préalablement bouillie, d’embaumer la cavité de la plaie en la bourrant avec de la gaze iodoformée, imprégnée de la pommade suivante : acide borique porphyrisé, 5 gr., analgésine, 5 gr., iodoforme, 1 gr. , vaseline, 50 gr., à laquelle on peut ajouter salol, 3 gr.
En règle générale, on doit s’abstenir de toute exploration inutile des plaies de peur d’y porter l’infection; dans les cas où cette exploration est reconnue nécessaire, on la pratique avec toutes les précautions de l’asepsie la plus rigoureuse; sans cela, il vaut mieux s’abstenir.
3*^ Plaie suppurante, septique. — Le nettoyage antiseptique exige beaucoup de soins et parfois il est utile de recourir au curettage avec la curette de Volkmann, 11 faut absterger la plaie dans toutes ses anfractuosités , la débarrasser de ses souillures avec des tampons de ouate impré-
PANSEMENTS
gnés soit d’une solution phéniquée à 5 ou même à 10 p. 100, soit d’acétate d’alumine à 1 p. 100, soit mieux de chlorure de zinc à 8 p. 100 (cette dernière peut être dangereuse au voisinage des vaisseaux un peu importants) ; Le Dentu préfère la solution de formol à 1 p. 200 plus puissante que le sublimé et possédant un pouvoir désodorisant extraordinaire ; l’eau oxygénée à 12 volumes est aussi excellente. Phelps a employé l’acide phénique pur (à 96 p. 100) pour obtenir l’asepsie des plaies suppurées, des. arthrites septiques, etc., et V. Bruns a conseillé ce procédé (1901). On mouille les alentours de la plaie avec de l’alcool absolu pour les protéger contre l’acide phénique en excès, puis on lave la plaie, pendant une minute au plus, avec un tampon de gaze imbibé d’acide phénique pur, et immédiatement après on lave avec l’alcool absolu. Ainsi employé, l’acide phénique ne fait courir aucun risque d’intoxication; 2 à 6 grammes sont nécessaires, suivant l’étendue de la plaie. Parfois, il est utile de la gratter avec la curette de Yolkmann.
Généralement, l’asepsie des plaies enflammées et suppuréesn’estobtenue qu’après plusieurs jours d’un traitement régulier. On évitera surtout la rétention des sécrétions.
Le tamponnement à la gaze iodoformée, combiné ou non avec le drainage, est le meilleur mode de pansement de ces plaies, bien que Zeidler ait avancé que le tamponnement à la gaze simplement stérile donne les mêmes résultats ; on recouvre ensuite de matériaux aseptiques ou antiseptiques, dont la qualité essentielle doit être leur pouvoir absorbant, de manière à disséminer dans leur trame et à dessécher les sécrétions, ce qui est le plus sûr moyen de réaliser l’asepsie cherchée; pas d’imperméable, ouate non hydrophile sur le pansement hydrophile pour empêcher les sécrétions d’arriver directement au contact de l’air. Si les sécrétions purulentes sont épaisses, si la plaie est très enflammée, le mieux sera d’employer la gaze iodoformée humectée d’une solution antiseptique ou d’alcool à 50 p. 100 et de faire un pansement antiseptique humide recouvert d’un imperméable. Dans certains cas, les pulvérisations phéniquées prolongées, conseillées par Verneuil, les bains locaux ou l’irrigation continue antiseptiques rendront les plus grands services.