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APPLICATION DU PANSEMENT

Le pansement humide est celui qui convient le mieux aux plaies contuses et septiques, enflammées, jusqu’à ce que l’asepsie ait été réalisée. Steinmetz a cependant conseillé dans ces cas le pansement sec renouvelé journellement.

III. Assurer la permaueucc de l’asepsîc. Application du pausenieut. — Pour assurer la permanence de l’asepsie obtenue, on procède à l’application régulière du pansement choisi qui doit maintenir la plaie dans des conditions telles que les germes infectieux ne puissent pas s’y développer et qu’il n’y ait pas de rétention des sécrétions. Les pièces de pansement doivent déborder la plaie dans une large mesure (Lister) : pour les opérations sur les extrémités (résection, etc.), entourer avec le pansement toute la circonférence du membre ; pour les plaies de poitrine, envelopper à peu près tout le thorax, y compris l’aisselle du côté malade; pour l’abdomen, tout le ventre; pour les lésions de la hanche, le tiers supérieur de la cuisse et le bassin jusqu’à la ligne blanche en avant et le rachis en arrière; pour l’épaule, une partie du cou et du thorax ; pour le cuir chevelu, toute la tête ; pour la région scrotale, tout le scrotum, y compris la verge pour laquelle on ménage une ouverture, le périnée et la région hypogastrique (on emploiera, pour le scrotum, des solutions antiseptiques faibles comme application permanente, en raison de sa susceptibilité).

11 est d’une excellente précaution de mettre toujours de la gaze (2 à 3 feuilles) en contact immédiat avec la plaie pour empêcher l’adhérence des matériaux absorbants tels que le coton hydrophile, l’étoupe, la tourbe, etc.

Pour éviter l’infection des fils à suture par la peau, Mikulicz conseille de recouvrir la ligne de réunion avec une pâte à l’airol ou à l’oxyde de zinc.

Pour les régions où l’application d’un bandage est difficile, aux lèvres par exemple, Socin recommande le pansement occlusif suivant; étendre avec un pinceau ou une spatule la quantité nécessaire d’une pâte obtenue par un mélange d’oxyde de zinc 50 parties, chlorure de zinc 5 à 6 parties, eau 50 parties ; la pâte se sèche au bout de

PANSEMENTS

quelques minutes, pendant lesquelles on y incorpore quelques minces flocons d’ouate pour augmenter sa résistance. On obtient ainsi une croûte fort adhésive qui reste en place facilement durant 5 à 6 jours.

Les pansements seront exécutés avec beaucoup de douceur, mais néanmoins avec une certaine rapidité pour ne pas laisser les plaies trop longtemps exposées à l’air.

Après son application, le pansement est fixé à l’aide d’un bandage approprié qui doit exercer un certain degré de compression pour que l’air qui arrive jusqu’à la plaie soit obligé de traverser une couche antiseptique ou aseptique compacte dans laquelle ses germes seront arrêtés, et pour favoriser la réunion des parties.

On met ensuite le blessé dans la position la plus favorable pour sa plaie : pour les membres, ce sera une élévation modérée obtenue au moyen de coussins de balle d’avoine recouverts de toile cirée ou au moyen d’alèzes repliées sur elles-mêmes. Dans le cas de lésion grave, plaie opératoire ou accidentelle, il faut toujours assurer l’immobilisation des parties avec une gouttière ou tout autre moyen. Vimmobilité et le repos des plaies sont les aides les plus surs d’un pansement.

Le lit sera garanti par un drap d’alèze, avec ou sans toile cirée, suivant l’abondance de la suppuration.

La région malade sera protégée par un cerceau contre le poids des draps et des couvertures.

Un pansement bien appliqué ne doit pas faire souffrir le blessé ; dans le cas de souffrances vives, c’est au chirurgien à en rechercher les causes et à examiner si elles ne proviendraient pas d’une application défectueuse du pansement.

IV. Keuouvellemeut des pansements. — Avec les anciens modes de traitement des plaies, on était obligé de changer les pansements tous les jours et quelquefois deux fois par jour, ce qui était une source d’irritation constante et de danger pour la plaie.

Actuellement, grâce aux perfectionnements apportés à l’hémostase et à la réunion des plaies, grâce surtout à l’emploi de l’asepsie, des antiseptiques fixes et des matériaux absorbants en couches suffisamment épaisses, on

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