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INCONVÉNIENTS DES SELS DE MERCURE

ment bien. Il est inutile de mettre un imperméable. Dans le cas de plaies contuses suppurées, Gosselin et Richet ajoutaient un quart ou un tiers d’alcool pur ou camphré pour 1000 grammes de la solution de sublimé à 1 p. 1000.

III. Pansements aux divers sels mercuriels. — Le biiodure de mercure a été préconisé par Panhs pour la chirurgie oculaire et par Pinard pour le lavage de l’utérus. La solution suivante est suffisante en chirurgie générale (Trélat).

Biiodure de mercure 0 gr. 05 centigr.

Alcool à 90" 20 —

Eau 1000 —

On prépare aussi des matériaux de pansement au biiodure. Cet antiseptique nous paraît inférieur au sublimé pour la pratique courante.

J. Lister a préconisé, en 1889, une sorte de cyanure double de mercure et de zinc pour imprégner les matériaux de pansement.

Voxycyanure de mercure a été recommandé parChibret. 11 a été employé par Ch. Monod et Macaigne en solution à 5 p. 1000 pour les instruments et les pansements. La dissolution doit se faire à froid, car l’eau chaude à plus de 40*^ le décompose. Il ue faut pas l’employer en pansement humide sur les plaies ouvertes, ni en injection dans les cavités ou les liquides séjournent. Les instrument doivent séjourner dans la solution pendant dix minutes à un quart d’heure. Barthe considère ce sel comme assez infidèle, peu stable ; le cyanure de mercure à a p. 1 000 est préférable.

Uhermophényl a été conseillé par Bérard surtout en solution à 1 p. 100.

IV. Inconvénients du sublimé. — Comme l’acide phénique, le bichlorure de mercure en solution produit de la rudesse de l’épiderme des mains du chirurgien et des aides, parfois de l’eczéma et de l’érythème sur le blessé. Mais il a occasionné des accidents plus graves : on a signalé, en effet, un assez grand nombre de cas d’intoxication générale qui se sont terminés par la mort. Cette intoxication se manifeste par de la stomatite dans les cas légers ; dans les cas graves, l’entérite du gros intestin avec diar-

PANSEMENTS

rhée sanguinolente domine la scène et s’accompagne parfois d’urines albumineuses, d'agitation et de délire (Maurer). Les urines sont albumineuses et rougeâtres. La plupart de ces intoxications ont été observées dans la chirurgie obstétricale et gynécologique, après des irrigations vaginales ou intra-utérines, faites à 1 ou 0,5 p. 1000 ; Schede en a cité deux cas après l'ovariotomie. Il faut donc être prudent dans le maniement de cet agent, surtout si le malade est atteint de lésions rénales.

On combattra les accidents en supprimant immédiatement le pansement et en administrant à l’intérieur de l'iodure de potassium et de la digitale; la stomatite et l’entérite sont justiciables des moyens habituels.

§ III. — Pansement a i/iodofurme

L’iodoforme, découvert en 1822 par Seriillas, se présente sous la forme de paillettes cristallines, de couleur citrine, à odeur pénétrante, spécifique ; il est peu soluble dans Peau ; l’alcool, 1 ’éther, le chloroforme, les huiles grasses le dissolvent facilement; la lumière et le soleil l’altèrent, aussi doit-il être conservé dans des vases colorés. Etudié par Bouchardat, en 1836, essayé ensuite dans le pansement des plaies et ulcères atoniques par Morétin, Féréol, etc., il n’est entré réellement dans la pratique chirurgicale qu’à la suite des résultats remarquables obtenus par Moleschott (1878), Mosetig-Moorhof (1880) èt Mikulicz (188)).

I. Préparation des matériaux. — Les modes d’emploi de l’iodoforme varient suivant les indications à remplir.

1» lodoforme en poudre. — On l’emploie soit en cristaux naturels, soit, de préférence, en poudre finement porphyrisée. On l’associe parfois à d’autres poudres désinfectantes pour masquer son odeur et aussi par mesure d’économie (charbon, camphre).

Lucas-Ghampionnière préconise la formule suivante :

lodoforme tamisé \

Poudre de quinquina j

Poudre de benjoin . . . . • . . / à parties égales. Poudre de carbonate de magnésie \ saturée d’essence d’eucalyptus, j

Cette poudre est excellente et s’emploie en sachets formés de gaze antiseptique ; elle a l'inconvénient de coller sur l’épiderme

PANSEMENT A LTODOFORME

voisin de la plaie ; pour les abcès, les ostéites et les ulcères de nature tuberculeuse, il faut lui préférer l’iodoforme pur.

Oppler a fait des essais avec un mélange d'iodoforme et de poudre de café torréfié à parties égales et le recommande comme un antiseptique très économique pour la chirurgie de guerre.

Pour répandre la poudre d'iodoforme sur les plaies, une spatule suffit, mais on a moins de pertes en employant un saupoudreur ayant la forme dum sablier ordinaire. Les insufflateurs composés d’une poire en caoutchouc munie d'une canule ont l’inconvénient de s’obstruer facilement.

2° Gaze îodoformée, soie, etc. — Se servir, pour la préparer, de gaze désapprêtée, soit phéniquée ou bichlorurée, soit stérilisée par la vapeur d’eau à 110-120°.

Nicaise a conseillé le procédé suivant :

Prendre 20 mètres de gaze à mailles assez fines, les tremper dans la glycérine phéniquée à 5 ou 10 p. 100 (1 litre environ], exprimer le tissu le plus possible et avec le plus grand soin. Etaler ensuite la gaze par 2 mètres repliés en double, la saupoudrer d’iodoforme avec un tamis, et bien malaxer le tout, de manière à répartir également l'antiseptique (600 à 700 gr. d'iodoforme pour les 20 mètres). La gaze ainsi préparée est ])liée et conservée dans du papier parcheminé ou du taffetas gommé et placée dans une boîte.

Si l’on veut obtenir une gaze adhésive, préférable pour les plaies cavitaires et les tamponnements, ajouter à la glycérine, pour les 20 mètres, 20 gr. de colophane dissous dans 100 gr. d’alcool.

Mosetig-Môorhof imbibe sa gaze avec une solution d'iodoforme dans l’alcool et l’éther : 5 p. d’iodoforme. 25 p. d’éther, et 100 p. d’alcool ; faire préalablement dissoudre l’iodoforme dans l’éther, ajouter l’alcool, trem])er la gaze, la faire sécher, puis renouveler fimprégnation. L’iodoforme est ainsi mieux réparti dans le tissu, mais il est moins adhérent.

M. David a décrit le procédé suivant employé dans les hôpitaux militaires : pour 5 mètres de gaze de 55 centimètres de largeur, employer le mélange ci-après doht les doses varient suivant la proportion ; on doit chauffer le tout au bain-marie.

lodoforme pulvérisé . 10 gr. ; 20 gr. ; 30 gr. ; 40 gr. ; 50 gr.

Vaseline liquide ... 10 gr. ; 10 gr. ; 10 gr. ; 10 gr. ; 10 gr.

Ether rectifié 200 cc. ; 200 ce. ; 270 cc. ; 360 cc. ; 450 cc.

Alcool à 95° q. s. p. 300cc. ; p. 300 cc. ; p.425 cc.; p. 500 cc.

On opère en malaxant 1 mètre de gaze à la fois dans une petite terrine ; dessécher à l’abri de la lumière (45 minutes en été, 4 à 5 heures en hiver). Cette gaze est excellente.

PANSEMENTS

La soie iodo formée se prépare en faisant tremper de la soie blanche dans une solution éthérée d’iodoforme à 10 p. 100 pendant 2 jours ; la soie est ensuite placée pendant quelques heures entre deux feuilles de ])apier buvard dans un endroit sec, puis conservée dans une petite boîte en bois (Partsch).

Pour rendre antiseptiques les tiges de laminaria et les éponges vréparées. on les plonge pendant quelques jours dans l’éther iodoformé à 1/10 après les avoir fait séjourner préalablement dans une solution de sublimé à 1 p. 1000 dans l’éther.

3° Sparadrap [emplâtre à Viodoforme). — Formule de J. Port : dissoudre 5 gr. de gélatine pure dans 25 gr. d’eau chaude, ajouter 1 gr, d’iodoforme, et étendre en plusieurs couches sur du calicot. Pour l’usage, mouiller légèrement avec de l’eau phéniquée. :

4° Collodiou iodoformé.

lodoforme 10 grammes,

Collodiou . . . 100 —

Il s’emploie comme le collodiou ordinaire et doit lui être pré- j féré, soit pour occlure une petite plaie, soit pour exécuter des ^ sutures sèches, soit encore pour protéger la ligne des sutures ^ d’une autoplastie. 11 a parfois une action vésicante dans les ré- | gions à peau délicate.

5« Emulsions et solutions. — Elles sont destinées à être injectées dans les cavités des plaies et des abcès tuberculeux.

f lodoforme. . . i 10 à 20 grammes.

Glycérine 100 —

Verneuil a recommandé les solutions éthérées qu'il a employées avec succès pour la cure des abcès froids,

lodoforme 4 à 20 grammes suivant les cas.

Ether 100 — — {

Certains chirurgiens préfèrent la solution huileuse. |

lodoforme . 5 à 20 grammes. j

Huile d'olives stérilisée 100 —

6“ i^onimadcs.

lodoforme. là 2. grammes.

Vaseline 10 —

7“ Crayons on bougies d’iodoforme. — On obtient des crayons mous en mélangeant 8 p. d’iodoforme avec 1 p. 50 de

PANSEMENT A LTODOFORME

gomme adragante et 1 p. de beurre de cacao ; des crayons durs avec iodoforme 4 p., gélatine 1 p. Une autre bonne préparation est la suivante (Billroth).

Iodoforme pulvérisé 20 grammes.

Gomme arabique pulvérisée. . . ^

Glycérine ^ àà 2 —

Amidon

Ces crayons sont destinés à être introduits dans les orifices fistuleux ; parfois ils déterminent de l’irritation.

8“ Plombage à. riocloformc (Mosetig-Moorhofj.

Blanc de baleine . .

Huile de sésame . .

Iodoforme

20 — ^ stérilisés par

. S l’ébullition,

a DÜ — /

L'iodoforme se stérilise par sublimation ou j)ar ébullition dans l’eau en y ajoutant 1 gr. de sublimé pour 1 kg. d’iodoforme. La masse est tenue liquéfiée au bain-marie, puis on la verse dans la cavité osseuse sèche et aseptisée ; on suture ou on draine suivant le cas.

9“ Le chlorure tl’cUijle îodoformé a été employé jiar Goudray, Sempé. Kirmisson, en pulvérisation dans les plaies infectées et les trajets fistuleux à l’aide d’un appareil spécial (ipsileur de Guilmeth), qui permet à l’iodoforme de pénétrer dans tous les trajets et de s’y déposer en couche mince.

II. Application du pansement. — Il n’y a pas de pansement iodoforiné proprement dit. L’iodoforme s’associe aux autres pansements antiseptiques : sur les plaies opératoires drainées ou sur les plaies non suturées, on. dispose souvent quelques couches de gaze iodoformée sèche ou passée préalablement dans une solution phéniquée ou au bichlorure de mercure (Mikulicz). Par-dessus, on dispose les matériaux de pansement absorbant, antiseptiques ou aseptiques.

Lorsque, pour une plaie opératoire, il y a à redouter des hémorragies capillaires ou qu’on se méfie d’une infection, on appliquera le tamponnement iodoformé et la suture secondaire de Kocher (p. 28).

Dans les plaies non réunies, anfractueuses, on remplit les anfractuosités avec des fragments de gaze iodoformée ; si ces plaies sont suppurées, septiques on les désinfecte

PANSEMENTS

préalablement avec la solution phéniquée à 3 ou 5 p. 100 ou avec le chlorure de zinc à 8 p. 100. Le pansement ordinaire est ensuite appliqué.

Lorsque la plaie est étroite et profonde, que l’on craint une suppuration, par exemple, dans certaines plaies par armes à feu, Mosetig-Moorhof conseille l'association du pansement humide au pansement sec, absorbant. On recouvre ces plaies de 3 à 4 feuilles de gaze iodoformée, n’en dépassant que très peu les limites, puis d’un imperméable de mêmes dimensions, et par-dessus on dispose une épaisse couche de matériel absorbant. On évite ainsi la rétention des sécrétions.

Lors du renouvellement des pansements, si Liodoforme a produit de l’érythème, on enduit le pourtour de la plaie avec de la vaseline boriquée ou à l’oxyde de zinc et on supprime l’antiseptique.

On préférera le plus possible la gaze iodoformée à la poudre d’iodoforme.

La poudre d’iodoforme est excellente dans les plaies fongueuses, dans les ulcères tuberculeux; elle excite la formation de bourgeons de bonne nature. Verneuil a obtenu de remarquables résultats par les injections d’éther iodoformé à 4 ou 10 p. 100 dans les cavités des abcès tuberculeux ; le pus étant évacué avec le trocart n° 3 de l’appareil aspirateur de Potain et de Dieulalby, on injecte de 15 à 60 grammes de la solution, suivant la dimdnsion de la poche; si la poche est petite, on emploie une solution forte à 10 p. 100, si elle est vaste, la solution à 4 p. 100 ; la guérison exige en moyenne 2 à 4 injections répétées à longs intervalles. Si la tension de la poche par les vapeurs d’éther semble trop forte, on la combat par l’application de compresses imbibées d’eau froide ou en la ponctionnant avec une petite aiguille creuse. On a également employé l’huile et la glycérine iodoformées. On ne dépassera pas 1 à 2 grammes d’iodoforme pour une première injection; chez l’enfant, user de la plus faible dose.

Appliqué sur les ulcères cancéreux, Liodoforme en atténue l’odeur infecte, mais l’eau de Labarraque est préférable.

Dans les plaies cavitaires, c’est avec le salol, le seul

INCONVÉNIENTS DE LTODOFORME

pansement possible; pour le tamponnement dirigé contre les hémorragies, la gaze iodoformée est la substance de choix. On a aussi proposé un mélange avec parties égales de tanin.

L’iodoforme, en raison de la facilité de son mode d’emploi et de la fixité de son action, est l'antiseptique le mieux approprié à la chirurgie de guerre.

III. Mode d’action de l’iodoforme. Inconvénients. — 1» Mode d’action. — L’action antiseptique de Fiodoforme a fait l’objet de nombreuses discussions. Aux dénégations oiiposées, les faits cliniques répondent mieux que les expériences de laboratoire. C’est un antiseptique lent, mais puissant par sa fixité et la persistance de son action. Il agirait en se décomposant, soit au contact des graisses (Hogyes), soit au contact des ptomaines produites par les microorganismes (de Ruyter), par l’iode mis en liberté qui rendrait les microbes inoffensifs. Son action spécifique contre les tuberculoses locales a été très discutée. Pour Troje et Stubenrauch, il agirait indirectement sur le bacille tuberculeux par les modifications qu’il produit dans les tissus (dégénérescence graisseuse et nécrose de la couche granuleuse) enlevant aux bacilles leurs moyens de nutrition. Cornil et Coudray sont également de l’avis que le principal rôle appartient aux modifications des tissus, aux néoformations cellulaires avec tendance à la sclérose. De même. Frankel considère que l’iodoforme agirait surtout en produisant de l’inflammation, une dégénérescence fibroplastique des tissus, comme le fait une poudre inerte, indifférente, telle que le charbon animal stérilisé qui lui a donné des résultats comparables à ceux de l’iodoforme.

2“ 'Inconvénients. — L’iodoforme détermine parfois de l’érythème, de l’irritation locale auxquels on remédie par de la vaseline boriquée ou à l’oxyde de zinc ou par des badigeonnages avec une solution d'alun à io ou 30 p. 100. Il produit aussi des phénomènes généraux graves qui ont amené un certain nombre de cas de mort. Ces accidents mortels ont surtout été observés en Allemagne. alors qu’au début des essais de cet antiseptique on en employait des masses considérables. Dans les cas légers, on constate du malaise général, de l’inappétence, de la dépression, de la céphalée, parfois des vomissements, de l’insomnie, de f agitation ; Poncet (de Lyon) a signalé le goût alliacé qui apparait surtout par l’application d’une cuiller d’argent sur la langue ; l’urine prend la couleur d’infusion de thé. Dans les formes graves, le pouls devient petit et fréquent ; des désordres cérébraux se manifestent sous la forme, soit de délire, de divagation, soit de méningite, phénomènes auxquels peuvent succéder le collapsus, le coma et enfin la mort.

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On a noté souvent de l'hyperthermie et parfois des éruptions scarlatiniformes.

On évitera le plus souvent ces intoxications, en ne se servant cpie de doses modérées : 10 à 15 gr. au maximum. Si la plaie est vaste, sanieuse. sanglante, dans une région chargée en graisse, ou si c’est une plaie osseuse, si les reins sont malades, la plus grande circonspection est nécessaire et on préférera la gaze à la poudre d’iodoforme. Chez le vieillard et l’enfant, on sera très prudent.

Lorsque les accidents se développent, on doit enlever immédiatement le pansement, nettoyer la plaie, et donner au malade des diurétiques, des stimulants diffusibles (acétate d'ammoniaque, inhalations de quelques gouttes de nitrite d’amyle, injections sous-cutanées d’éther, ou une solution à 5 p. 100 de carbonate de potasse). On a aussi conseillé l’eau de Vichy ou le bicarbonate de soude pour neutraliser l’iode mis en liberté. Dans les formes graves, les phénomènes d'intoxication continuent souvent malgré tous les moyens employés.

§ IV. — Pansements antiseptiques divers

Le nomlire des antiseptiques, proposés et utilisés depuis l’adoption de la méthode de Lister, est considérable et ne fait que s’accroître. 11 est évident qu’une bonne part des succès obtenus tient autant à leur action locale sur les germes qu’aux soins extraordinaires de propreté que prennent les chirurgiens, au repos aussi absolu que possible laissé aux plaies, à l’hémostase et à l’aftVontement des tissus, etc. Nous nous bornerons à signaler quelques-uns des agents les plus connus.

1. Acide borique. — Antiseptique faible, mais ni irritant ni toxique. 11 s’emploie en solution à 3 ou 4 p. 100 pour le lavage des cavités muqueuses (vessie, rectum, nez, oreille, etc.).

Chez les enfants, chez les blessés qui s’intoxiquent facilement, sur les régions à peau très délicate, on s’en servira sous forme de pansement, soit humide avec imperméable, soit sec.

Les matériaux à employer humides seront imprégnés en les trempant, soit dans une solution à 10 j). 100 faite à 80° et en les laissant refroidir, soit dans une solution à 50 ou 100 p. 1000, obtenue en ajoutant 1 gr. 25 ou 1 gr. 50 de magnésie qui aug-

mente la solubilité de l’acide (Schollz). Les substances à conserver sèches après imprégnation seront préparées suivant la for-

mule de M. Thomas :

Acide borique cristallisé . 100 grammes

Glycérine 100 —

Gomme du Sénégal lavée 20 —

• Eau 2 kg. 500.

Pour 1 kg. de substance.

L’acide borique est ainsi plus adhérent aux fibres.

Nous avons indiqué, page 110, les divers onguents boriqués préparés à 10 ou 20 p. 100 avec la vaseline.

La boroglycérine, très soluble dans l’eau, a été employée par quelques chirurgiens. On la prépare en chauffant de la glycérine avec de l’acide borique dans les proportions suivantes ; acide borique 62 gr., glycérine 92 gr,, jusqu’à ce qu'il y ait perte d’un certain poids d’eau, et on coule sur des plaques huilées.

On a aussi conseillé Yacide borosalicylique préparé d’après la formule suivante :

Acide borique 12 grammes

Acide salicylique 6 —

Eau 1 litre.

II. Acide salicylique. — Thiersch a été, en 1875, le promoteur du pansement à l’acide salicylique sous l’inspiration de Kolbe. Cet agent est peu soluble dans l’eau (1 p. 300 d’eau) ; médiocre antiseptique, c’est un des meilleurs agents de neutralisation des ferments solubles. En raison de son peu de solubilité, on l’emploie soit en poudre, soit incorporé à des matériaux de pansement.

Pour imprégner les substances à pansement on se servira de la solution préparée suivant la formule de M. Thomas ;

Acide salicylique 3 grammes

Borate de soude/. 4 —

Gomme'du Sénégal 10 —

Eau distillée pour obtenir 300 cent, cubes de liqueur.

Cette quantité servira pour 100 gr. de substance à pansement. Le borate est d’abord dissous à chaud dans 150 cent, cubes d’eau distillée, puis on ajoute l’acide salicylique et on procède comme il a été décrit à propos du pansement au bichlorure de mercure.

Le pansement s’applique comme le pansement à l’iodoforme. Neudorfer, qui s’est servi avec succès de cet agent

PANSEMENTS

pendant la guerre russo-turque, recommande de bourrer les plaies contuses de poudre salicylique. Corps irritant, ayant occasionné quelques cas d’intoxication; rarement employé.

III. Acétate d’aliimiiie. — Excellent antiseptique pour les plaies infectées (Burow). Laver la plaie avec une solution à 2,5 p. 100; appliquer ensuite, après l’avoir exprimée et passée dans la solution à 2,5 p. 100, de la gaze ou de la ouate hydrophiles, ayant séjourné plusieurs jours dans une solution à 5 p. 100; compléter le pansement par un imperméable et une bande. Cet agent est excellent contre le pus bleu.

IV. lodol. Aniodol. — Découvert par Silber et Ciamician, \ Viodol se présente sous la forme d’une poudre cristalline, brune, presque inodore, moins toxique que l’iodoforme. Il est peu soluble dans l’eau : 1 p. 5000; à 1 p. 3 dans l’alcool, davantage dans l’éther. On l’emploie de la même manière que l’iodoforme; la vaseline l’altère.

Vaniodol est un bactéricide puissant qui s’emploie à 1 p. 500 pour la désinfection des mains et des instruments, à 1 p. 2000 pour nettoyer les cavités nasales et buccales, à 1 p. 4000 pour la cavité vaginale et pour les plaies infectées.

V. Aaphtol. — Le naphtol (a et f») a été préconisé par le professeur Bouchard. Les principales préparations employées sont les suivantes :

Eau naphtolée : Naphtol 0,20 on 0,30 par litre, en laissant macérer un certain temps.

Ou encore :

Napthol (ü 40 gr.

Alcool à 00“ q. s. pour 100 cenlim. cubes.

On ajoute 3 à 10 cent, cubes de cette solution alcoolique à 10 litres d’eau bouillante, et on filtre après refroidissement. Cette eau est employée pour le lavage de la peau, de la bouche, pour les injections vaginales, intra-utérines.

On emploie également la solution alcoolique pour nettoyer les régions pileuses (sauf le scrotum), 5 gr. de naphtol pour 1 litre d'alcool à 60°.

Pour les injections dans les cavités closes ou interstitielles, on a conseillé : naphtol P 5 gr., alcool à 90° 33 gr., eau distillée chaude q. s. pour 100 cent, cubes ; injecter avec une seringue chaude pour éviter la précipitation du naphtol. — On peut également préparer de la gaze naphtolée avec cette solution en ajoutant un peu de glycérine.

Le naphtol camphré ; naphtol p 10 gr., camphre 20 gr., a été conseillé en injections interstitielles contre les adénites chroniques suppurées (Reboul), en injection cavitaire à faible dosp (I à 2 gr.) dans les abcès froids, ou én pansement dans les plaies septiques.

VI, Salol ou Salicylate de phényle. — Ce corps, découvert par Nencki (1885), préconisé par Sahli, Périer,Gross, est une poudre cristalline, blanche, à odeur aromatique, faible, mais très persistanté. Insoluble dans Teau, peu soluble dans l’alcool, facilement dans l’éther. On l’emploie comme l’iodoforme, en poudre, incorporé à la gaze, en solution dans l’éther, en émulsion dans la glycérine, sous forme de collodion. Mêmes formules que pour Tiodoforme.

Pour la préparation de la gaze, nous conseillons la formule suivante :

Salol 50 grammes

Alcool à 95“ 350 cent, cubes

Glycérine 10 grammes

Pour gaze 10 mètres

Faire dissoudre au bain-marie. On opère en malaxant la gaze mètre par mètre dans le mélange versé dans une terrine.

Il est peu toxique. Cependant nous avons observé, comme Périer, la coloration des urines due à la décomposition en acide phénique et en acide salicylique. A recommander comme antiseptique, surtout lorsque l’iodoforme est contre-indiqué.

VII. Thymol. Aristol. — Le thymol a été employé comme pansement désinfectant par Paquet et Giraldès en 1868. Lewin en 1875, Ranke (1878) ont fait ressortir ses propriétés antiseptiques et publié de nombreux et excellents résultats obtenus par son emploi.

La solution à 1 p. 1000 s’obtient en ajoutantlO gr. d’alcool et 20 gr. de glycérine à 1000 gr. d’eau. La gaze sèche se

PANSEMENTS

prépare en l’imprégnant avec un mélange de 16 p. de thymol, 60 p. de résine et 600 gr. de spermaceti (pour un kg. de gaze).

Le pansement ne nécessite qu’un renouvellement peu fréquent.

Le thymol doit être réservé aux plaies de peu d’étendue ; l’huile thymolée à 1 p. 100 a été recommandée contre les brûlures.

L’action antiseptique du thymol est puissante.

Varisiol, dérivé du thymol, se présente sous la forme d’une poudre rouge brun, non toxique, insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool, soluble dans l’éther. On l’emploie soit en poudre, soit en pommade à la dose de 10 gr. pour 100 gr. de vaseline.

VIII. Sels de zîuc. — a. Chlorure de zinc. — Concentré, c’est un caustique énergique et un puissant désinfectant. La solution à 8 p. 100 est un des meilleurs auxiliaires pour désinfecter les foyers de fractures suppurées, les plaies septiques ou atteintes de pourriture d’hôpital.

b. Oxyde de zinc. — Hamilton et Pétersen l’ont employé en poudre ou en émulsion.

c. . Sulfate de zinc. — C’est surtout un excellent agent

pour activer la cicatrisation des plaies atoniques qu’on recouvre de gaze ou d’étoupe imbibées de la solution à 1 ou 2 p. 100. ■ c . .

IX. Eaii oxygénée (bioxyde d’hydrogène). — Découverte par Thénard en 1818. C’est un liquide incolore, contenant en moyenne 12 volumes d’oxygène, et d’une saveur métallique. Celle du commerce contient souvent des* impuretés (acides sulfurique et chlorhydrique). Elle se décompose facilement ; l’addition d’un peu d’alcool en facilite la conservation. Lorsque le flacon est en vidange, il faut recouvrir le bouchon et le goulot d’un épais capuchon d’ouate pour empêcher l’accès des matières organiques de l’air qui hâtent la décomposition.

Hémostatique puissant contre les hémorragies capillaires, elle n’est pas toxique et possède un pouvoir bactéricide démontré. Elle agit très favorablement sur les plaies suppurées et tout particulièrement dans les pro-

cessus putrides et gangréneux. A son action antifernientescible, se joint une action mécanique due à la mise en liberté de l’oxygène qui écume pour airisi dire la plaie.

On l’emploie à 12 volumes pour le nettoyage des plaies. Pour les pansements humides permanents et les bains locaux, il faut la dédoubler avec de l’eau bouillie; de même pour le nettoyage des fosses nasales, du conduit auditif, de la cavité buccale, du vagin. Dans la septicémie gangreneuse, on l’a employée avec succès en injections interstitielles.

Elle altère le caoutchouc, le cuir des appareils ; elle peut désorganiser le catgut.

X. Mélanges antiseptiques. — On a proposé des mélanges de plusieurs antiseptiques comme plus puissants que chaque agent pris isolément.

Rotter conseille le mélange suivant, excellent contre les plaies aseptiques :

/ Sublimé O.Oo centigrammes.

I Chlorure de sodium .... 0,25 —

POUR i Acide phénique 2 grammes.

1 Chlorure et sulfo-phénate de

LITRE j Acide borique ....... 3 —

D EAU f — salicylique 0,6 décigrammes.

— citrique 0,1 —

\ Thymol . . * 0,1 —

Christmas propose le mélange suivant appelé pliénosalyl :

Acide phénique 9 grammes.

— salicylique 1 —

— lactique 2 —

Menthol 0,10 centigr.

Chauffer les trois acides Jusqu’à liquéfaction. Le mélange est très soluble dans la glycérine ; on l’emploie dissous dans l’eau en solution à 4 p. 100. C’est un excellent antiseptique.

Lucas-Championnière a recommandé les .essences .et

en particulier l'essence de cannelle, sous forme de pommade, d’après la formule suivante :

Rétinol 75 grammes.

Cire stérilisée 25 —

Essence de caimelle (ou cinnamol) . . 1 —

Naphtol .3 (n'est pas indispensable). . 1 —

Le rétinol est destiné à dissoudije l'essence.

XI. Auti^eptiques divers. — Parmi les autres antiseptiques, nous mentionnerons f

1“ Le chloral, dont la solution à 1 ou 2 p. 100 est très utile pour laver les cavités muqueuses ou pour préparer des bains locaux dans le cas de lésion des extrémités ;

2“ Veau chlorée officinale, qui convient particulièrement pour la désinfection des mains ;

3“ Le chlorure de sodium: en solution à 1 è 3 p. 100 pour les plaies sui)purées ;

4« Le permangannle de potasse, dont les solutions à 0,5 ou 1 p. 500 servent à désinfecter les cavités muqueuses ;

5° Le café ‘torréfié, en poudre (Opi)Ier) ;

6« Le lysûl qui s'obtient par la saponification des huiles de goudron ; il est soluble dans l’eau, très peu toxique et s’emploie en solution de 0,5 h 3 p. 100. 11 est irritant pour les muqueuses et brûle les doigts ;

7® La microcidine, inventée par Berlioz, se prépare en ajoutant à du naphtol ? porté à la température de fusion la moitié de son poids de soude caustique, C'est une poudre blanche, soluble dans troi^fois son poids d’eau. On l’emploie en solution de 3 à 5 gr. p, 1000. Elle est peu toxique, n’irrite pas les plaies et n'altère pas les instruments ; très bonne pour les injections vaginales ;

8® Vairol, combinaison d'iode, de bismuth et d’acide gallique (exactement, c'est du gallate d’oxyiodure de bismuth, un dermatol iodé) préconisé par Hœgler comme succédané de l'iodoforme et s’employant de la même manière. Peu toxique, cette substance est inodore et non irritante. On a aussi proposé le nosophène, Vantifébrine comme succédanés de l'iodoforme ;

9® Le formol, solution aqueuse d'aldéhyde formique à 40 p. 100, a été recommandé par Le Dentu, en solution à 1 p. 200, pour les plaies septiques et pour les instruments. Badal et Valude l’ont conseillé contre les conjonctivites et les suppurations lacrymales ;

10® Sels d'argent. — Credé, au Congrès des chirurgiens allemands de 1896, a beaucoup vanté le citrate d’argent, citrol dans le commerce, comme un antiseptique puissant ; il a aussi pré

PANSEMENT ASEPTIQUE

paré de la gaze à la poudre d’argent. Ce sel d’argent serait quatre fois plus actif que le sublimé, non irritant et non toxi({ue et s’emploie en poudre ;

11“ Valcool peu antiseptique, mais coagulant fortement les substances albuminoïdes des tissus qu’il rend imputrescibles, a été jadis fort employé pour panser les plaies de toute nature, surtout les plaies contuses. Dans le cas de gangrène d’un membre, à odeur infecte, l’enveloppement avec un linge imbibé d’alcool pur nous a paru avoir une action momifiante très efficace.

ARTICLE II

PANSEMENT ASEPTIQUE

Ce pansement, dans lequel l’emploi des antiseptiques est réduit à un minimum borné à la désinfection des mains et de la peau et de quelques rares objets de pansement, est dù à l’abandon progressif des antiseptiques pour des moyens de désinfection plus puissants et moins dangereux pour les plaies et pour le blessé. Ce mode d’application de la méthode antiseptique se généralise de plus en plus et est aujourd’hui en honneur dans la plupart des grandes cliniques hospitalières, tant en France qu’à l’étranger. 11 nécessite un outillage compliqué, qui entrave sa diffusion dans la pratique journalière de la clientèle, ou du moins réduit son emploi à l’usage de l’ébullition.

I. Préparation des matériaux de pansement. — Pour les fils à ligatures et à;sutures, les éponges, drains, etc., on se reportera à la technique générale des pansements (chap. iv) : on insistera sur la stérilisation par l’ébullition ou par les étuves' diverses décrites au chapitre iii.

Les matières à pansement, gaze, coton, étoupe, bandes, seront stérilisées par la vapeur sous pression ou par la vapeur courante. Dans les cas urgents, l’ébullition pendant une demiheure dans l’eau ordinaire ou filtrée sera employée.

Il est d’une importance essentielle d’éviter les manipulations des objets depuis leur mise à l’étuve jusqu’au moment de l’emploi afin d’éviter une contamination possible. Pour cela, avant de les soumettre à l’étuve, on les dispose dans des boites spéciales métalliques (en zinc ou en cuivre par exemple), percées

PANSEMENTS

de trous faciles à fermer, après désinfection, par un mécanisme fort simple et dont il existe plusieurs modèles. M. Fournie, pharmacien en chef des hôpitaux de Lyon, a imaginé une série de boites cylindriques en métal munies d’un couvercle réalisant la’ fermeture dite à baïonnette ; l’un des types porte sur le rebord du couvercle un trou circulaire correspondant à une ouverture du même diamètre pratiquée dans le corps de la boîte. La coïncidence de deux évents s'établit à volonté par un simple mouvement de rotation et permet la libre circulation de la vapeur, lors du séjour dans l'autoclave.

Adnet a construit, d'après ce type, des boîtes en cuivre nickelé pouvant être facilement placées dans le stérilisateur de Sorel ou dans les autoclaves Chamberland (fig. 50Ï; le stérilisateur de Vaillard possède également une boîte de ce genre.

Si l’étuve ne permet pas la dessiccation de ces matériaux après asepsie, on est obligé de transporter les boHes dans une étuve à air chaud.

Les boîtes, une fois fermées après asepsie, ne sont plus ouvertes qu’au moment du pansement.

L^uides et solutions. — Eau filtrée au filtre Chamberland et bouillie, ou eau stérilisée par un appareil spécial (page 83). — Une solution de bichlorure de mercure à l p. 1000 ou de lysol à 1 p. 100 pour les mains et la peau ; parfois, eau salée à 0,6 p. 100 ou eau boriquée.

Fig. 50. — Boîte à pansements.

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