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COUCHAGE DES MALADES

Changement de lit. — Pour changer un malade de lit, il est certaines précautions à prendre. Le lit à occuper doit être toujours préalablement préparé et chauffé si cela est nécessaire. Lorsque le patient n’est ni trop lourd ni atteint d’une lésion grave de la colonne vertébrale ou des membres inférieurs, un seul aide vigoureux peut suffire à le transporter; l’aide se mettant à la gauche du malade, passe son bras autour du thorax, en arrière des épaules, la main allant se glisser sous l’aisselle du côté opposé, tandis qu’avec le bras gauche il embrasse la face postérieure des cuisses ; soulevant alors le patient, il le transporte ainsi dans le lit pi’éparé. Parfois, il faut qu’un autre aide soutienne la tète du malade, si celui-ci ne peut s’aider en passant ses bras autour du cou du premier aide.

Le transport des blessés de la colonne vertébrale doit être fait avec les plus grandes précautions.

Plusieurs aides sont nécessaires : deux pour soutenir les épaules (un de chaque côté), deux pour les lombes et le bassin et deux pour les membres inférieurs ; le chirurgien prend la tète et fait exécuter le transport au commandement.

Lorsque l’un des membres inférieurs est atteint d’une affection grave (arthrite, fracture,, etc.), deux aides sont nécessaires : l’un se place, par exemple, en cas de fracture, près de la poitrine du malade, du côté droit, et le saisit avec un bras passé sous les épaules, l’autre bras entourant le bassin, tandis que le blessé lui jette les bras autour du cou, l’autre aide soutient le membre sain, et le chirurgien soutient le membre affecté de manière à empêcher tout mouvement dans le foyer de la lésion. Au signal donné par le chirurgien, le malade est soulevé de son lit, par-dessus le pied duquel on le fait passer; on est de même obligé de le faire passer par-dessus le pied de la nouvelle couche qui lui est destinée.

Quand le malade est fort lourd, les deux aides se placent chacun d’un côté de la poitrine, qu’ils embrassent avec un bras, tandis qu’ils entre-croisent l’autre bras au-dessous du siège du patient, puis il le font passer par-dessus le pied du lit; le malade s’aide, s’il le peut, en saisissant les porteurs autour du cou, ou bien on lui soutient la tête.

PET. CHIRURGIE, 6® édit.

PANSEMENTS

Sangle-hamac (fig. 6i). — Notre maître Servier a recommandé, pour changer les blessés de lit, une sorte de sangle-hamac qui se compose d’une hampe, de deux solides baguettes de bois et d’une large sangle. La hampe a 1 m. 50 de long et 5 centimètres de diamètre ; elle présente de chaque côté, à 50 centimètres de ses extrémités, deux trous écartés chacun de 9 centimètres et destinés à recevoir de forts clous mobiles. Les deux baguettes de bois, de 3 centimètres de diamètre, ont 60 centimètres de long. La sangle, en fort coutil, a 1 m. 05 de longueur, 52 centimètres

Fig. 64, — Sanglc-hamac de Servier (d’après Robert).

de largeur ; sur le milieu de ses bords longitudinaux, les moins larges, existe de chaque côté une fente qui se prolonge sur une longueur de 20 centimètres, transformant ainsi la sangle en une sorte de fronde à deux chefs; en outre, sur chacun de ses bords, on forme une coulisse pour recevoir les baguettes.

Pour se servir de cet appareil, on glisse d’abord la sangle sous le malade de manière que sa partie moyenne corresponde au siège ; les baguettes de bois sont engagées dans les côulisses et au-dessous d’elles, à travers la fente qui existe à chaque extrémité, on fait passer la hampe qui se trouve ainsi en avant du malade ; les baguettes sont alors glissées le long de la hampe, jusqu’à ce qu’elles se trouvent entre les deux trous dont celle-ci est percée de chaque côté et dans lesquels on introduit deux gros clous qu’on fixe avec des rubans et qui ont pour but d’empêcher la sangle de se déplacer par l’effet du poids du blessé. A un signal donné, les deux aides qui tiennent les extrémités de la hampe enlèvent le blessé et le font passer par-dessus le pied du lit ; un aide est en outre nécessaire pour maintenir la tête ; le chirurgien soutient le membre.

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