‹ Nouveaux éléments de petite chirurgieChapitre 8 sur 331 · ÉTOUPE HYDROPHILE · texte numérisé non relu

ÉTOUPE HYDROPHILE

70 kg. d'eau froide : la solution décantée est mélangée avec

10 kg. de carbonate de soude cristallisé, dissous dans 30 litres d’eau; laisser déposer, décanter, laver le déj)ôt et ajouter les eaux de lavage à la liqueur décantée, de manière à obtenir 100 litres d'hypochlorite à 5“ Baumé ; — 3“ une solution d'acide chlorhydrique au 1/20 : oO à 60 litres.

L’étoupe, époussetée et réunie en paquets de 230 gr. entourés de liens, est trempée dans l’eau pendant vingt-quatre heures ; puis l’exprimer et la mettre dans une marmite en fonte où l’on verse la solution de soude caustique. Chauffer celle-ci à ébullition pendant une demi-heure, retirer ensuite l'étoupe, la jeter dans l’eau froide et la laver à grande eau jusqu’à ce quelle soit sans action sur le tournesol. Exprimer l’étoupe et la plonger pendant une demi-heure dans l’hypochlorite’de soude liquide ; la retirer, la laver à grande eau et la laisser tremper pendant vingt-quatre heures dans l’eau pure, l’exprimer et la plonger ensuite dans la solution chlorhydrique au 1/20 pendant une demiheure ; on la lave alors à grande eau et on la laisse séjourner dans l’eau pendant vingt-quatre heures. Enfin, après avoir exprimé l’étoupe, on la met sur des claies dans un séchoir et on la carde après dessiccation.

/ 60 litres de solution de soude ;

11 faut pour 10 kg. d’étoupe j 40 litres d’hypochlorite liquide.

( 40 litres de solution chlorhydrique.

L’étoupe ainsi préparée est chimiquement pure, d’une blancheur parfaite, douce, soyeuse, élastique, très absorbante et facile à imprégner par les antiseptiques. Elle ne doit pas contenir de poussières ; ses libres auront 6 à 8 centimètres de long et seront assez résistantes ; dans le cas contraire, c’est qu’elle a subi trop longtemps l’action des alcalis ou du chlore et alors elle se feutre facilement. Le commerce livre des étoupes purifiées qui parfois ont été mal préparées et ne possèdent qu’une faible capacité d’absorption ; il faut donc vérifier si cette substance présente les qualités énoncées plus haut et s’assurer en outre de son pouvoir absorbant, en roulant assez mollement une petite boulette que l’on projette à le surface d’un verre plein d’eau : elle doit plonger très rapidement au fond du récipient.

La ramie, plante textile dont la culture est peu répandue en France, peut être soumise à la même préparation et donne aussi un bon produit de pansement.

PANSEMENTS

La jute, fibre végétale extraite du Corchorus capsularis, est actuellement délaissée.

§ YII. — Matériaux tirés du bois. Cendres de paille

Les matériaux tirés du bois sont surtout employés en Allemagne ; en France, quelques chirurgiens en font usage.

Sciure de bois. — La sciure de bois de sapin {Pmus picea) a été recommandé par Neuber et Porter. Tirée directement d’une scierie, libérée par le crible de ses souillures accidentelles et des gros fragments, elle est tout à fait apte aux pansements ; on peut la chauffer à l’étuve à 110'^ pour achever sa purification. Elle est très absorbante, et peut facilement être imprégnée d’antiseptique ou s’aseptiser. On l’emploie sous forme de sachets ou coussins plus ou moins gros faits avec une enveloppe de gaze et on la sépare de la plaie par deux ou trois épaisseurs de gaze antiseptique ou stérilisée.

2® Charpie de bois (laine de bois, paille de bois, coton de bois). — Elle est constituée par de petits morceaux de bois extrêmement fins, effilochés et réduits en charpie. Elle provient des différentes opérations que l’on fait subir au bois pour l’utiliser dans la fabrication du papier; il est donc facile de s’en procurer. La meilleure est celle tirée du sapin, parce qu’elle contient très peu de résine et conserve à l’état sec tout son pouvoir absorbant. Elle est légère, élastique, extrêmement absorbante et permet de faire des pansements compressifs, secs et durables, car sa structure spongieuse favorise l’évaporation des liquides absorbés. On l’emploie comme la sciure, sous forme de coussins à enveloppe de gaze.

Port conseille, en temps de guerre, de fabriquer de la charpie de bois en grattant et ratissant avec un couteau des branches de bois vert ; le meilleur bois à employer est le sureau, qui, gratté frais avec un couteau ou un fragment de verre, se réduit en filaments ténus ; on doit l’employer après l’avoir humecté d’antiseptique, et sous forme de coussins, commé ci-dessus.

3° -Ouate de bois. — Elle est le résultat d’un mélange de 20 p. 100 de coton hydrophile avec la charpie de bois, de

Page 1