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f.l.ÉMENTS DE PHYSIOLOGIE.
pour quelle raison lanalurc s'csl écartée des lois ordinaires de sinn)Hcilé, en Icnr assijuianl une direclion opposée. A ceci , on peu', répondre que I "aclion des puissances qui agissent obli(iuemcnt sur nn levier se Irouvanl décomposée par reflet de l'obiiijiiilé , une partie de l'action des muscles intercostaux externes tendrait à retirer les côtes contre la colonne vcrlébrale ; ce qui ne pourrait se faire sans que le sternum ne fût déprimé en arrière, si les muscles intercostaux internes ne tendaient à ramonez les côtes en avant à mesure qu'ils les élèvent , de manière que ces deux jjlans de muscles , congénères pour l'élévation des côtes, sont antjigonisles , et se ncutralisentréciproquemcnt dans l'effort par lequel ils tendent à les entraîner dans d'autres directions.
Joignez .à cet avantage de corriger réciproquement les effets qui doivent résulter de leur mutuelle obliquité, celui d'une texture susceptible d'une résistance plus grande; on voit au premier coup d'oeil qu'un tissu dont les fils sont croisés est plus solide que celui dans lequel tous les brins seulement juxta posés ou réunis par une autre substance , auraient tous la même direction : aussi la nature a-t-elle observé cet arrangement dans la disposition des plans musculaires qui entrent dans la structure des parois antérieures et latérales du bas-ventre; disposition sans laquelle les viscères abdominaux eussent fréquemment fait hernie, en s'ei'.gageanl dans l'intervalle des fibres qu'ils auraient écartées. On peut comparer , sous ce point de vue, le tissu des parois abdominales, où les fibres des obliques internes et externes qui se croisent en sautoir, sont croisées elles-mêmes par celles des transverses , à celui des étoffes croisées, ou mieux au tissu de ces corbeilles auxquelles les vanniers donnent beaucoup de force en entrelaçant les brins d'osier dans plusieurs sens et dans des directions infiniment variées.
Lorsqu'une cause quelconque rend la resl'iralion difficile, empêche le diaphragme de s'abaisser du côté de l'abdomen, ou gêne de toute aulre manière le mouvement inspiratoire , nonseulement les muscles intercostaux agissent manifestement pour opérer la dilatation de la poitrine, mais encore plusieurs autres muscles auxiliaires , tels que les scalènes, les sous-claviers, les pectoraux, les grands-dentelés et les très-larges du dos, en se contractant, élèvent les côtes, et agrandissent, dans plus d'un sens, le diamètre de la poitrine: le point fixe de ces muscles devient alors leur point mobile, parce que la colonne cervicale , la clavicule, l'omoplate, l'humérus, sont fixés par l'aclion d autres puissances , dont il est inutile d'entreprendre l'énumération. Celui qui observe un accès d'asthme convulsif , ou quelques quintes d'une toux suffocative, peut facilement apprécier l'imporlance et l'action de ces muscles auxiliaires.
LXXIV. Lesystème nerveux apporte aux muscles que nous venoTiS d'énumérer, comme à tous les autres muscles du corps , la faculté de se contracter; mais en voyant la régularité parfaite et l'ensemble des mouvements re?[)iraloires , IJell a été porté .i admettre un appareil spécial de nerfs affectés aux muscles, dont les contractions déterminent le jeu du thorax. Déjà , avant les travaux de Ch. llell , les
physiologistes avaient remarqué l'origine singuUi j des nerfs dlapliragmatiqiics, et par-là s'étaient reii l compte de la persistance de la respiration , lo 1 qu'une lésion de la moelle cpinière à la par 1 moyenne du cou avait paralysé l'action de tous ] muscles des parois de la poitrine, excepté celle iî diaphragme. Kn voyant que les mouvements dei respiration conlinuent pendant le sommeil , onavi aussi recherché s'ils étaient entièrement soumi<i l'empire de la volonté , et l'on avait été force de^ connaître qu'ils étaient en partie volontaires et ^ partie involontaires ; chose qui parut inexplicable puisque les muscles qui accomplissent ces mou>î|j ments recevaient leurs nerfs de cette portion du sji lèrae nerveux qui préside aux fonctions de lavii animale. Voici la théorie proposée par €li. BeM pour concilierces phénomènes extraordinaires. Ur bandelette nerveuse couchée sur les côtés de moelle épinière , entre les cordons affectés au ma vementet ceux au sentiment, se prolonge en ha jusque sur les parties latérales de la protubéran annulaire ; c'est sur cette bandelette que s'insère! tous les nerfs qui prennent une part directe ouiW directe aux mouvements delà respiration. Or,cii nerfs sont , en rejetant la quatrième paire qit; Ch. Bell a rapprochée à tort des nerfs respiratoires, . 1 ° le nerf facial ; par lui une partie des muscles «> la face entre en contraction lorsque la respir^ tion éprouve quelque modification insolite ; on Tctl alors les ailes du nez, les lèvres, agitées de mouv*ments particuliers. Pénétré de celte idée, M. Schar voyant combien la trompe de l'éléphant concour»! aux mouvements de la respiration, en conclut àpn&i ' i que cet organe devait recevoir une branche ( H la septième paire ; et bientôt l'analomie, en confi ^ mant sa prévision , s'enrichit d'une découver i qu'elle devait à la physiologie. 2° Le glosso-pb; < ryngien. Les rameaux qu'il répand dans le pfaaryii ellabasedela langue, coordonnentles inouvemenl « decesparties pendant la déglutition, et mettent ains les voies respiratoires à labri desaliments ou des boi» U sons. 3° Le pneuino-gastrique. Déjà, avant Ch.BeiR î on avait recon^nu les usages de ce nerf pendam ( les mouvements respiratoires. Legallois avait dét i montré que les nerfs laryngés inférieurs soUicitaieni l la contraction des muscles dilatateurs de la glotlu I pendant l'inspiration ; mais le physiologiste anglaini ] attribua de plus aux nerfs pneumo-gastriques U J fonction d'associer les mouvements de la respira4 q tion avec les actes que sollicitent certaines sensa-» \i lions de l'estomac, le hoquet, le vomissement. 4° Lq 1 nerf accessoire de Willis. Sa distribution danslcj f sterno-cléido-mastoïdien et dans le trapèze, qui re- i çoivent un assez grand nombre d'autres nerfs, est , toute relative aux mouvements que ces muscles acj complissent quand ils coopèrent à la respiration. Des expériences surles animaux, des observations sur l'homme, lui ont démontré que le trapèze peut être paralyse dans ses mouvements respiratoires, en conservant tous les autres, et réciproquenient, selon que c'est le nerf accessoire de Willis ou ceux qu'il reçoit des paires cervicales et dorsales, q»' sont altérés. Selon Bell, les usages du trapèze relatifs à la respiration, sont d'alléger la poitrine en soulevant l'épaule, de renverser la tète en arrière
DE LA RESPIRATION
iii (le fournir un point solide au sterne-mastoïdien li élève le sternum; enfin, de fixer le scapulum Il ieciuel le grand-dentelé s'attache pour mouvoir - côtes. L'origine et la terminaison du nerf accesire de Willis rendent, selon Bell, ses usages aussi . illents que si on lisait écrit sur ce nerf en gros cau tères : ner/" respiratoire supérieur du tronc. It >iile que Lobstein, quelque temps auparavant, Nait pas été aussi heureux dans ses reclierclies les usages de ce singulier nerf, puisqu'il ter- !ie en disant : Veniet forsan lempus quo ista quœ te latent (lies extrahet et longioris œvidiligentia. Ouelque séduisante que soit la théorie deCh.BcU, ne peut s'empêcher de reconnaître qu'elle : e plusieurs points défectueux qui ne permettent ,-(le l'accepter. Il n'est pas exact de dire que tous s nerfs qui se rendent aux muscles affectés aux >ivcnienls de la poitrine, ont une origine unique ,1 la bandelette laléralede la moelle épinière; tous 'u\ destinés aux muscles iiilercoslaux, ceux que ' [)iexus cervical fournit au diaphragme etaux muslarges de la poitrine, n'offrent aucune dilfé- ;ce d'origine avec les autres nerfs qui naissent de moelle épinière. Plusieurs nerfs respiratoires, Is que la septième paire, le glosso-pharyngicn, ' pneurao gastrique, n'ont certainement pas pour -âge exclusif de diriger les mouvements qui conordeut avec ceux de la respiration.
Plus récemment, M- Flourensa aussi essayé de L'Iermincr le point de l'axe cérébro-spinal , qui ont sous sa dépendance les muscles respirateurs ; Kus les résultats de ses expériences sont loin d'être Dplicables à l'homme.
LXXV, Lorsque la poitrine s'agrandit, les pouions se dilatent ensuivant lesparoisqui s'écartent ; air qui remplit les innombrables cellules de leur -^u aérien se raréfie à mesure que l'espace dans leiid il est contenu augmente d'étendue; il résiste ..il à la pression qu'exerce celui de l'almeiphère , ont les colonnes ertrenl par les narines et la boulio pour se précipiter dans les poumons par l'ou- (M lure du larynx , toujours béante au fond de la rge, hors le temps delà déglutition. Passifs ins leur dilatation , les pou vons, selon lajiidiicuse comparaison de Mayow, suivent les parois le la poitrine , comme ferait une vessie renfernéc dans un soufflet. En traitant de l'expiration, lous démontrerons que le poumon, loin d'être actif Jansson amplialion, ainsi que quelques physiolo- -istes l'ont avancé , ne se prèle qu'avec peine à. elle dilatation.
Au moment où l'air traverse le larynx, l'ouverre de la glotte s'agrandit un peu par la contraction ses muscles dilatateurs, ainsi que Legallois l'a montré.
Chaque fois que la poitrine se dilate dans un liomme aîlulle, il entre dans les poumons de 30 à 40 pouces cubes d'air atmosphérique. Quelques physiologistes pensent que le volume d'air inspiré est bien moins considérable. Le professeur Grégory , d'Ildimbourg, enseigne , dans ses leçons publiques, qu'il en entre deux pouces à peine à chaque inspiration. On peut cependant s'assurer quo celte évaluation est inexacte, soil en faisant faire , comme le pratiquait Mayow , une forlc inspiration
aux dépens d'une certaine quanlité d'air contenu dans une vessie , soil en faisant expirer l'air attiré dans les poumons par une forte inspiration , sous une cloche de l'appareil pneumato-chimique. On peut encore souffler le poumon d'un cadavre, à la trachée-artère duquel on adapte un robinet soupape , puis , au moyen d'un tube recourbé, faire passer l'air sous la cloche du même appareil.
On a employé divers autres moyens pour estimer la capacité pulmonaire. IJoerhaavc faisait plonger un homme dans une cuve dont l'eau montait jusqu'au-dessus des épaules, et, commandant une forte inspiration , il mesurait la hauteur à laquelle le liquide s'élevait par la dilatation de la poitrine. Keil poussait de l'eau dans la poitrine d'un cadavre. Enfin, on a proposé d'injecter les tuyaux bronchiques , elle tissu lobulaire dans lequel ils se terminent, avec le métal fusible, qui n'est autre chose qu'un alliage de huit parties d'étain, cinq de plomb et trois de bismuth, auxquelles on peut ajouter une partie de mercure. Menzies porte la moyenne de l'air qui s'introduit dans le poumon à 43,077 pouces cubiques. Goodwin l'évalue à 12 pouces seulement. Dawy porte celle quantité à 672 cenlimèlres cubes. Toutes ces différences dans l'estimation de la quantité d'air inspiré prouvent combien il est difficile d approcher de l'exactitude. Au reste , elle est très-peu nécessaire, et les différences de taille, de sexe, d'âge, ainsi qu'une foule d'autres circonstances , doivent faire varier les résultats.
Jusqu'où va l'air dans les divisions bronchiques à chaque inspiration? Quoique les physiologistes aient long-temps débattu celte question , on n'a encore que des idées incertaines sur la profondeur à laquelle l'air extérieur pénètre pendant l'inspiration. Y a-t-ll une circulation formée de plusieurs colonnes successives qui n'arrivent dans les cellules pulmonaires qu'après plusieurs inspirations? ou bien, du premier coup, l'air du dehors pénètre-l-il dans le parenchyme du poumon? Celle dernière opinion est la plus probable. En effet, on comprend difficilement comment plusieurs coiiranlsd'air pourraient circuler en sens inverse dans les mêmes tubes, sans qu'il en résultât un mélange préjudiciable à la pureté de l'air introduit ; de plus , l'oreille nue ou aidée du stéthoscope , appliquée sur les parois de la poitrine , entend à chaque inspiration un bruit qui dénote que l'air pénètre jusque dans les vésicules bronchiques.
Une foule d'actes divers se rattachent au phénomène de l'inspiration : nous les passerons en revue quand nous aurons examiné le second temps de l'action dite mécanique de la respiration , second temps qui comprend l'expiration. Si nous suivions icil'eiichaîneraent physiologique des opérations n)ullipU;s qui s'opèrent pendant l'acte de la respiration, nous devrions nous occuper maintenant de l'altération que l'air etlesang éprouvent quand ils sont en contact médiat dans le parenchyme du poumon; mais nous préférons intervertir cet ordre, et |)arler de suite de la sortie de l'air hors de la poitrine , ou de l'expiration , afin de ne pas séparer les unes des autres des actions qui ont une si grande analogie. LXX.VI. L'inspiration est un étal vraiment actif,
lin effort des organes conlraclilcs, qui doit cesser lorsque ceux-ci tombent dans le rclàcliemenl. L'expiration qui lui succède est un mouvement passif, auquel peu de muscles coopèrent, et qui dépend surtout de la réaction des pièces élastiques qui entrent dans la structure des parois de la poitrine. Nous avons vu que les cartilages des côtes éprouvent une torsion assez forte , qui porte en bas et en dehors leur bord supérieur : lorsque la cause qui reproduit cette torsion cesse d'agir, ces parties reviennent sur elles-mêmes, et ramènent le sternum vers la colonne vertébrale, sur laquelle les côtes s'abaissent, en obéissant même à leur propre pesanteur. Le diaphragme est d'ailleurs repoussé du côté de la poitrine par les viscères abdominaux , sur lesquels réagissent les muscles larges du basventre.
Mais ces causes ne sont que des phénomènes accessoires de l'expiration, et le poumon en est lui-même l'agent le plus énergique. Cette faculté, il la doit à son extrême élasticité. La trachée-arlère et les bronches sont, en effet, formées de fibres jaunes, élastiques, tendues dans le sens de leur longueur , depuis le haut de la trachée jusqu'aux extrémités des bronches, par conséquent dans le poumon, depuis la racine qui forme la partie immobile et solide du ressort , jusqu'à la périphérie de l'organe. Il résulte de là que, par l'effet de la dilatation de la poitrine, les bronches sont alongées et par conséquent tendues, en proportion de l'augmenlalion de volume du poumon ; mais qu'aussitôt la cessation de la contraction musculaire , ces bronches , semblables à un ressort à boudin dont on a tiré les deux extrémités, reviennent, se rétractent de la périphérie mobile vers la racine, qui ne peut se déplacer.
Mais les bronches ne sont pas seulement susceptibles de diminution dans le sens de leur longueur, elles le sont encore dans le sens de la largeur, ce qu'elles doivent à la présence de fibres musculaires transversales; disséminées dans toute l'étendue des conduits aérifères, fibres musculaires, à tort révoquées en doute par quelques analomisles, bien décrites par Resseissen, et dont la contraction convulsiveest peut-être la cause de certains i)licnomènes morbides , tels que le catarrhe suffocant, l'angine, etc. Dilatées transversalement par l'accès forcé de l'air pendant l'inspiration, ces fibres doivent, à leur tour, réagir sur l'air introduit, en ré- Irécissantles diamètres transvcrscs desbronches.
Ces deux propriétés anatomi(iues du poumon, que personne ne peut révoquer en doute, que l'on peut mettre en évidence avec la plus grande facilité, en insufflant des poumons sains, relirés delà poitrine, et eu cessant l'insuitlalion, d'où résulte de suite l'expulsion violente de l'air introduit, et la rétraction active, et non l'affaissement, de toute l'épaisseur du poumon; ces deux propriétés suffisent pendant la vie pour procurer la sortie de l'air dans l'état ordinaire de la respiralion.il y a plus, c'est qu'au uionient où l'expiration est achevée, avant qu'une nouvelle quantité d'air soit aspirée dans la poitrine, ces propriétés élasli<|ucs du poumon ne sont pas encore satisfaites; et si la poitrine pouvait s'affaisser davaningo, le poumon reviondiait encore
sur lui-même. En effet, quand un homme a rend le dernier soupir, le poumon s'est débarrassé d'an partie de l'air qu'il contenait, et, par la rétraclio qu'il a éprouvée, a forcé les parties qui l'enviro nent à le suivre. De là, la saillie du diaphragm dans la poitrine; de là, ladépression sus-claviculair celle des muscles intercostaux : mais il vient u moment où cette force de rétraction est vict rieusement arrêtée par la résistance des parois d la poitrine , qui ne peuvent s'affaisser davantag D'une autre part, la pression atmosphérique s'o pose à ce que le poumon revienne plus loin g' lui-même; car alors il se formerait un vide eutr sa surface et la face interne de la poitrine. Mais vous supprimez la pression atmosphérique à l'e trémité de la trachée , ou mieux , si vous ouvrez poitrine largement , vous faites disparaître la rési tance que la compressibililé des parois de la po trine apportait à la rétraction du poumon , et von voyez cet organe continuer à revenir sur lui-même taudis qu'un intervalle très-grand s'établit entre 1 et les parois de la poitrine ; si vous adaptez u tube à la trachée-artère , vous pouvez recueilli une certaine quantité d'air qui était encore dam les bronches. El que l'on ne vienne pas dire i que c'est la pression atmosphérique qui est l'agen de ce retrait du poumon , eu pesant sur lui pat l'ouverture faite aux parois de la poitrine : si l'a" mosphère pèse sur sa surface externe, elle pés aussi sur sa surface intérieure par la trachée et lei bronches, en sorte que l'organe entier est plac entre deux pressions égales qui se neutralisent i donc, si le poumon revient sur lui-même, et I chose n'est pas douteuse , il le doit à ce que l'élas ticilé de son tissu n'était pas encore satisfaite au moment de ladernière expiration. On pourra eucoru objecter que le poumon ne s'affaisse pas toujourai après les plaies pénéirantes de poitrine ; que , nial-l gré ces plaies , l'inspiration entraîne sa dilatation qu'enfin , loin de s'affaisser , il fait quelquefois her^ nie à travers d'une blessure qui intéresse tout l'épaisseur des parois de la poitrine, et que niêmaè la portion herniée peut se gonfler cousidérable-»! ment.
Il est facile de répondre , l» que si la plaie péné-' trante est étroite ou oblique , les bords mous de la division seront appliqués l'un contre l'autre parla poids même de l'atmosphère pendant l'inspiration,, en sorte qu'ils ne permettront pas l'accès de l'air., et ne s'opposeront pas à la dilatation du poumon ;; 2" que si la plaie est large , ou si les bords de l'ouverture sont maintenus écartés par une tige creuse incompressible, le poumon sera inévitablement, affaissé; 3« qu'enfin , dans les cas d'erapb} sème dui poumon, la propriélé élastique des bronches est! complèlemcnl vaincue par l'altération qui produit; l'emphysème; que probablement, dans les cas où il y a eu hernie et gonflement de la partie herinée, la blessure avait provoqué un état emphysénialeuiii du poumon, en intéressant quelques-unes de ccS; cellules. I
Mais quand l'expiration est active , il se joint aux [ causes passives de la sortie de l'air que je viens d'in- \ diquer, des agents actifs très-puissants, les contractions musculaires.
DE LA RESPIRATION
Déjà llaller avait fait connaître une partie de ces actions musculaires, en disant que dans l'expiration le carré des lombes abaissait la première côte ; (jue celle-ci , abaissée , formait un point fixe pour la contraction des derniers intercostaux qui pouvaient abaisser et fixer la onzième côte , d'où une nouvelle insertion solide pour les avant-derniers muscles intercostaux qui, se contractant, abaissaient la dixième côte, et ainsi de suite jusqu'à la première.
On peut considérer comme muscles inconleslablemenl expirateurs, l" les muscles abdominaux, les obliques, le transverse etle droit, qui agissent, .l une part, en refoulant les viscères abdominaux sur le diaphragme, d'où bombement de celui-ci ,!ans la cavité de la poitrine; et d'autre part, en tirant , soit en bas , soit en dedans , la charpente de la poitrine; 2" le triangulaire du sternum; 3' le tarré des lombes; le sacro-lombaire; 5" le petildenlelé postérieur et inférieur. Quant aux intercostaux tant internes qu'externes, la plupart des physiologistes les considèrent comme des muscles inspirateurs; d'autres, et Hallcr est du nombre, les regardent comme étant allernalivement inspirateurs et expiraleurs; en sorte que , seuls parmi les muscles volontaires, ils rempliraient des fonctions diamétralement opposées ; d'autres, et c'est le plus petit nombre, les regardent comme entièrement destinés à l'expiration (1).
Une sensation analogue à celle du besoin d'ini spirer, solliciterexpulsion del'air delà poitrine. On I a recherché quelle pouvait en être la cause , et 1 l'on s'est arrêté à des subtilités : ainsi l'on a dit t que l'air introduit dans le poumon irritait la surface « desbronches et en sollicitaitla contraction. Dirais-je < que d'autres ont avancé que la veine azygos se ^ vidait mal pendant l'inspiration ; que le sang vcit neux séjournait dans ses divisions qui proviennent d des muscles intercostaux ; que ceux-ci, engourdis f par la stase du sang veineux, cessaient de se con- I tracter , et qu'alors s'accomplissait le phénomène i; de l'expiration! C'est le système nerveux qui est le
(1) Celle opinion, qui a été soutenue par Bicliat, est t fondée sur les raisons suivantes : 1° Les espaces intercostaux sont élargis pendant rinspiration , et rétrécis pen- « daiit l'expiration ; les muscles occupent ces intervalles, cl qui vont d'une cote à l'autre, ont leurs fibres alongées ' dans le premier temps, et relâchées dans le second. Ur, il est démontré aux yeux de tous les physiologistes que le » moiiveiiienl par suile duquel les fil)r('s charnues d'un muscle sont relâchées dans le sens de leur longueur, est [)ré- • cisémciil celui que produit la contraction du muscle. 2" (^uand Pexpiralion est active, que l'air est expulsé de lu poitrine avec violence, les parois de cette cavité doivent être alors mues par des puissances musculaires. Ur , ' si le diamètre vertical de la poil rine est incontestablement k diminué par suile de la coiitraclion énergique des muscles » abdominaux qui refoulent les viscères sur le diaphragme , et enfoncent celui-ci dans la poitrine, les diamètres Iransverse cl nnléro-|iostéricur ne pourraient éprouver une diminution du môme genre, si les muscles intercostaux n'étaient destinés à l'opérer; car le carré des lombes et le pelit-dentclé Inférieur ne peuvent agir que sur les trois ou i quatre dernières cotes , cl le triangulaire du sternum est » trop défavorablement placé pour remplir à lui seul l'usage que j'indique.
siège de la sensation , et qui sollicite la cessation d'action des muscles inspirateurs.
La quantité d'air expiré est un peu moins grande que celle d'air inspiré. La différence ne serait guère que d'un 50", d'après les recherches de M. Cuvicr.
LXXVIL Les mouvements de la respiration se prêtent encore à d'autres actes que nous allons examiner : ainsi, pendanU'inspiralion , on peut voir s'accomplir l'olfaction, la succion, le soupir, le bâillement , le vomissement. Pendant l'expiration , peuvent se produire la toux, l'éternumenl , la phonation, l'cxpuilion, etc. De l'association des deux mouvements , résultent le rire, le hoquet, le sanglot. Nous allons envisager plusieurs de ces phénomènes, principalement dans leurs rapports avec les mouvements respiratoires.
5ouj9tr. Le soupirest une inspiration lente, large, long-temps continuée, qui dilate uniformément la poitrine , et y fait entrer une quantité d'air plus grande que dans les inspirations précédentes. Que l'imagination soit vivement occupée d'un objet, que les fonctions vitales languissent, le principe de vie semble abandonner tous les organes pour se concentrer dans ceux qui participent davantage à Taffeclion mentale. Qu'un amant, plongé dans de douces rêveries , pousse par intervalles de longs soupirs , le physiologiste ne voit dans celle expression du désir qu'une longue et forte inspiration par laquelle les poumons, amplement dilatés, permettent au sang qui s'était accumulé dans les cavités droites du cœur , une hématose plus complète au moment où il traverse le poumon en plus grande abondance. Celte grande inspiration à laquelle succède une expiration assez prompte, que fréquemment le gémissement accompagne , devient nécessaire, parce que les mouvements de la respiration, progressivement ralentis, ne suffisent plus pour faire entrer dans le lissu pulmonaire «ne proportion d'air assez considérable pour altérer le sang, dont la Iransformalionenrouge, devenue incomplète, produit un malaise analogue à celui que détermine l'asphyxie.
Pleurs. Les pleurs diffèrent du soupir , seulement parce que l'expiration est longue, mais entrecoupée , c'est-à-dire partagée en plusieurs périodes distinctes.
Bâillement. Le bâillement s'effectue par un mécanisme analogue. Nul symptôme plus assuré de l'ennui. L'on bâille avant l'accès d'une fièvre intermittente, comme aux approches du sommeil , quand on éprouve le sentiment de la faim , quand on sort de la syncope, etc. Dans ces diverses circonstances, les modifications apportées à la respiration et à la circulation , ont pour résultai d'entraîner l'accumulation du sang dans les cavité» droites du cœur, où il produit peut-être une sensation incommode, que l'on fait cesser par une longue et forlc inspiration : on favorise l'entrée d'une grande quantité d'air en ouvrant largement la bouche par l'écartement des deux mâchoires. Au luoment où la poitrine a admis un volume d'air assez considérable , nous éprouvons une sensation particulière ; nous a>ons le sentiment d'un obstacle , qu'un mouvemenl d'inspiration plus énergique.
tLllMENTS DE l'HYSIOLCGlE.
pendant lequel les ptérygoïiliens se contraclcnt c onvulsivement , nous aide à snnnonlcr sinon, lo l);îillenicnl est incomplet; n)ais lo plus ordinairomcMit l'obslaclo est vaincu ; une grandi) expiration succède à cette longue et profonde inspiration.
Pendant tout le temps que dure le bâillement, la perceplion des sons est moins distincte ; l'air, qui so précipite dans la gorge, se porte jusque dans la caisse par la trompe d'Euslache, et ébranle en sens contraire la membrane du tympan. La mémoire du soulagement que procure la longue inspiration qui constitue le bâillement, le souvenir du bien-étro qui succède à l'oppression que l'on éprouvait auparavant, nous porte involontairement à répéter cet acte toutes les fois qu'une autre personne l'exécute devant nous.
Éternument. L'élernumcnt consiste en une forte et violente expiration, dans laquelle l'air, sortant avec rapidité, va heurter les parois anfraclueuscs des fosses nasales, et occasione un bruit remarquable. L'irritation de la membrane pituitaire détermine sympathiquement cet effort vraiment con- \ulsif des muscles de la poitrine, et principalement du diaphragme.
Toux. La toux ressemble beaucoup à l'éternuraent, et n'en diffère qu'en ce que les expirations sont plus courtes et plus fréquentes; et de même que, dans l'élcrnumenl, l'air balaie la surface pituitaire et enlève les mucosités qui peuvent y cire attachées, il entraîne, dans la toux, celles qui se trouvent dans les brouches, la trachée artère, et font la matière des crachais. Les violents efforts de la toux dans le début d'un catarrhe pulmonaire, l'élernument qui accompagne le coryza, prouvent bien que les actions de l'économie animale ne sont point dirigées par un principe intelligent, puisque cet agent ne se méprendrait point ainsi sur les moyens défaire cesser la maladie, et ne susciterait pas des mouvements qui ne peuvent, au lieu de l'enlever, qu'augmenter l'irritation et l'inflammation déjà existantes.
Rire. Le rire n'est qu'une suite d'inspirations et d'expirations très-courtes et très-fréquentes. Dans le hoquet, l'air, rapidement attiré, entre avec peine dans le larynx, à cause du resserrement spasmodique de la glotte ; chassé avec violence, il heurte avec force les côtés de celle ouverture : de là le bruit particulier qui accompagne ce phénomène.
Anhélation. On appelle anhélation une succession rapide d'inspirations et d'expirations dont le mécanisme n'offre rien de particulier ; seulement l'anhélation indique ou que le poumon se laisse difOciieraenl pénétrer par l'air, soit qu'il y ail compression de l'organe, comme dans l'hydrothorax, altération de son parenchyme, comme dans la pneumonie, ou qu'il y a accélération dans le cours du sang , ainsi qu'il arrive lorsque l'essoufflement succède à une course pendant laquelle le besoin do tenir le thorax immobile a fait suspendre momentanément la rcspiralion , tandis que les baltements du cœur ont été accélérés. Dans tous les cas, cette anhélation a pour but de faire entrer dans le poumon assez d'air pour hémaloser le sang qui le traverse. C'est ici le lieu d'observer que tous les phénomènes de la respiration examinés dans ce paragraphe , sont.
comme la fonction elle-même , subordonnés à l'em- j pire de la volonté. Nous pouvons à notre gré sou- \ pirer , bâiller , tousser, sucer , pleurer et rire ; lo vomissement, réternumenl et le hoquet sont , au | contraire, presque toujours involontaires. l-
La rcspiralion sert encore à la formation de la voix ; mais nous traiterons , dans un chapitre séparé, ; de ce son et des différentes modifications dont il est i susceptible. |
Quant à l'effort , dont nous traiterons en détail à ■■ propos des fonctions de la locomotion , bien que ' précédé par une inspiration plus ou moins profonde, : il ne répond à aucun des mouvements respiratoires; |. ceux-là sont au contraire suspendus pendant toute 'v sa durée , quoique les muscles inspirateurs eloxpi- i' râleurs soientalors le siège d'une contraction comme ' convulsive ; ce qui lient à ce que la glotte est corn- ! plèlcment fermée par ses muscles constricteurs. C'est pendant l'effort que s'accomplissent plusieurs fonctions des viscères de l'abdomen , telles que la défécation, la miction , l'accouchement ; et c'cslbieu à tort que l'on a fait coïncider l'exécution de ces | fonctions avec Te temps de l'expiration.
Pendant que l'air s'échappe de Va poitrine, la glotte se rétrécit un peu. Quelque profonde el pro- longée que soit l'expiralion , il reste toujours dans { le poumon une grande quantité d'air. Mcckel , s'ap- \\ puyant sur les calculs et les expériences de Goodwin, ; ■ Allen et Pé|)ys , estime que cette quantité peut éga- \i 1er 1 10 pouces cubes chez un homme adulle. j
De la succession des mouvements d'inspiration et ^ d'expiration , résulte un acte complet de la respira- i lion. Le nombre de ces actes , pendant une minute , | varie depuis 15 jusqu'à 26 dans l'état de calme et ; chez une personne adulle; mais l'âge, le sexe, l'exer- là cice, les passions, les maladies, la volonté elle- I même, modifient la fréquence et l'étendue de ces I mouvements. Du reste, ils n'atteignent jamais la I rapidité de ceux du cœur : il y a ordinairement I quatre ou ciriq ballemenls du cœur pendant un mou- I vement respiratoire. I
LXXVIH. Phénomènes dits chimiques de la res- ■ piration. Lorsque l'air a séjourné quelques instants I dans le tissu pulmonaire , il en est chassé par l'effort ■ expiraloire ; mais sa quantité est diminuée. Sacom- ■ position n'est plus la même ; on y retrouve , à la vé- I rilé , 0,79 d'azote ; mais la portion vitaleelrespira- I ble, l'oxigène,asubi une assez grande diminution. I Goodwin , Menzies, Davy, MM. Gay-Lussac el Du- | long donnent tous des estimations différentes de la I quanliléd'oxigène absorbé. Il est aujourd'hui prouvé I que la perte est de 2 1/2 à 3 parties d'oxigène. Ce ^] qu'il y a de remarquable, c'est que celle quanlilé j ne varie pas comme la composition de l'air respiré; • elle reste la même, soit qu'il y ail peu d'oxigène : dans l'air, soit que sa proportion se trouve en ex- , cès. soit même que l'on respire de l'oxigéne pur. :'
L'air qui sort de la poitrine renferme une propnr- ; lion d'acide carbonique plus considérable que celle i de l'air respiré. Quelques physiologistes ont pré- [î tendu que son augmentation était en rapport exact avec la diminution de l'oxigéne ; il est certain que la différence est petite : cependant A pjohn et Prout ont constaté que toujours la quanlilé d'acide carbonique exhalé était supérieure à celle de roxiîicne 1
nF. LA RESPIRATION.
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absorbé.lls ont de plus fait celle remarque curieuse, que c'esl à raidi que l'acide carbonique est rend» eu plus{îrande abondance. Les quantités d'oxifjcne absorbé cl d'acido carbonique rendu varient suivant diverses circonstances , et surtout selon la force des individus. C'est ainsi que dans les cssaiscompa- 1 atifs tentés par MM. Coutanceau et sien , ce dernier rejetait plus d'acide carbonique que M. Coutanceau. L'homme qui s'exerce consomme une plus j;rande quantité d'oxigène que dans les instants de repos ; il se produit également dans un temps donné une plus grande proportion d'acide carbonique. MM. Allen et répys.) Quels changements éjn-ouve l'azote? Est-il absorbé , ainsi que le disent Spallanzani , Davy, MM de Ilumboldl et Provençal? Est-il exhalé, comme l'ont annoncé Berlhollet, Nysten, M. Dulong? Sa luantité reste-t-elle la même, ainsi que Allen,, Pépys, Dalton, l'ont soutenu? Ce sont trois opinions que M. Edwards , selon la remarque judicieuse de ]\ï. Adelon, a conciliées en démontrant qu'il y avait à la fois absorption et exhalation d'azote pendant la respiration ; de telle sorte que l'activité plus grande de l'une des deux fonctions , ou leur harmonie parfaite, pouvaient amener l'un (les trois résultats obtenus par les expérimentateurs cités plus haut.
L'air expiré est en outre altéré par le mélange d'une vapeur animale odorante et putrescible, connue sous le nom de transpiration pulmonaire.
Enfin, dans quelques circonstances particulières, le poumon rejette au-dehors, pendant l'ex- ])iration, des substances hétérogènes, telles que l'alcool , le camphre, etc., qui ont été portées par l'absorption dans le torrent de la circulation.
D'un autre côté, le sang arrivant aux poumons noirâtre, séreux, peu concrescible incapable de servir à l'excilation des organes, en revient coloré d'un rouge vermeil, moins aqueux (1), plus promptemenl coagulablc, et doué de propriétés stimulantes qu'il n'avait pas auparavant. Ces changements , comparés à ceux qu'a éprouvés l'air atmosphérique , indiquent manifestement une action réciproque entre ces deux fluides ; mais cette action, I onsidérée comme un simple phénomène chimique, ou bien subordonnée à l'influence vitale, dépendelle d'une puissance particulière et propre aux or-, francs dans lesquels elle s'accomplit ? Deux opinions principales partagent ici les physiologistes. Ceux qui, d'après Lavoisier , regardent la respiration comme une véritable combustion provenant de la combinaison de l'oxigène de l'air avec le carbone cl l'hydrogène du sang, disent qu'il suffit de mettre le sang en contact avec l'oxigène pour le colorer (Ml rouge, cl que pour cela il n'est pas même besoin du contact immédiat, puisque, suivant les expé-
(1) Outre que le sérum du sang artériel esl moins abondant , il est aussi ping léger, s'il faul en erolre M. Davy , qui évalue la pesanteur dit sérum veineux à 10,2G4, et celle (lu sérum artériel à 10,57. Comment constater rigoureusement celle impcrceiilible différence'? Sepl millièmes!!! J'espère que le lecteur me pardonnera de n'avoir point ra|)porlé en trop grand nomhre de semblables caleul»,(|ucl que soit le méiile de leurs nulcurs.
riences dcPriesllcy, répétées par Ilasscnfralz, la coloration a lieu à travers les parois très-minces d'une vessie mouillée. Mais on objecte qu'il faut I)ourcelade l'oxigène pur, ol que, nièlé n l'azolo dans les proportions qui conslilucnt l'air aluiosphérique, ce gaz colore le sang dans l'acte de la respiration.
Ces physiologistes disent encore qu'il y a une parfaite analogie entre les altérations qu'un animal fail éprouver à l'air dans lequel il est placé , et celles qu'y produit une bougie enflammée ; qu'il existe une identité presque complète entre les produits qui se forment dans l'une et l'autre circonstances; qu'enfin la cessation delà vie et l'extinction de la lumière sont inévitablement la suite du défaut de rénovation de l'air. Selon la remarque d'Apjohn,la lumière s'éteint un peu plus tôt que l'animal ne cesse de vivre. On ne peut disconvenir qu'au premier abord ces raisons ne paraissent séduisantes , et qu'elles ne sont nullement affaiblies par les objections suivantes, à savoir, que le poumon esl comparé à un vase inerte, qu'il devrait être brûlé pendant la combinaison, que le sang contenu dans une veine dénudée ne rougit point par le contact médiat de l'oxigène : mais des objections plus puissantes ne permettent pas de conserver plus long-temps la théorie de Lavoisier. D'abord, M.Edwards a vu des animaux qu'il plaçait dans l'azote exhaler , par la respiralion , des quan tités considérables d'acide carbonique et de vapeur d'eau. La présence de ces gaz dans l'air expiré n'est donc pas due à la combinaison de l'oxigène avec l'hydrogène et le carbone du sang. Nous allons trouver d'autres preuves de celte proposition en éludianl l'influence des nerfs sur les phénomènes de l'hématose.
Le poumon reçoit des filets très-nombreux du grand-sympathique et du pneumo-gaslrique. L'imliossibililé de couper toutes les branches que le premier de ces nerfs jette dans les plexus pulmonaires , a jusqu'ici été un obstacle insurmontable à ce qu'on puisse éclairer par des expériences les usages que remplit le trisplanchnique dans la respiration. Il n'en est pas de même du pneumo-gaslrique, et son influence sur l'hématose n'a pas été le sujetde recherches moins nombreuses que celles donl nous avons parlé en traitant de lachyraification. Bichat, s'appuyant sur ce que la section des pneumo gastriques n'entraînait pas une mort immédiate, tandis que les phénomènes de l'hématose sont instantanés, en a conclu que l'action des pneumogastriques était nulle dans la sanguificalion artérielle. Mais 'M. Dupuytren a vu le, sang sortir noir de l'artère faciale du cheval après la section des nerfs pneumo-gastriques, et les membranes muqueuses prendre une teinte violette.
De son côté , M. Provençal a remarqué que l'air expiré parl'aninialapri^s la même opération différait à peine de l'air atmosphérique. Cependant Dumas , Brodie prélendcnl que la section des pneumo-gastriques n'a point entravé la sanguificalion; M." de Blainville n'a pas vu qu'elle empêchât l'air déprou- >cr dans le poumon ses changements habituels. M. Sédillot a vu des animaux survivre deux mois à celte opération.
ÉLÉMEKT8 DE PHYSIOLOGIE,
D'une aulre part, MM. Magcndic, Maycr, ont toujours vu la section des deux nerfs pncumo-gastriques entraîner une aspliyxic mortelle plus ou moins rapide.
Quoique plusieurs de ces expériences offrent des résultais contradictoires, on ne peut méconnaître que dans le plus grand nombre l'altération profonde de l'béinalosc qui s'est manifestée après la section ■des nerfs vagues, atteste une action puissante do ces nerfs dans l'acte de la respiration.
Loin de pouvoir être regardés comme des réelpions chimiques, les poumons agissent donc sur l'air, le combinent avec le sang par une force qui leur est propre; le digèrent, en un mot, comme les anciens l'avaient indique, en appelant l'air l'aliment de la vie (I). Celte digestion est plus importante que celle des aliments; elle ne peut être interrompue quelques instants sans danger pour l'existence : aussi vivre et respirer sont synonymes dans le langage de tous les peuples.
La partie respirable de l'air atmosphérique , mêlée au sang artériel , coule avec lui dans toutes les parties du corps pour y porter la chaleur et la vie. Si, comme on l'avait cru d'abord , il s'opérait dansles poumons une combustion véritable , c'està-dire si de l'eau et de l'acide carbonique s'y formaient de toutes pièces par la double combinaison de l'oxigène avec l'hydrogène , et le carbone du sang veineux, la température de ces viscères devrait être beaucoup supérieure à celle des autres organes, tandis qu'elle n'est point sensiblement différente : mais, d'une part, l'eau arrive toute formée, et s'exhale de la surface muqueuse bronchique, comme de la peau la transpiration cutanée; il en est de même de l'acide carbonique qui n'est pas produit et sécrété aux mêmes surfaces, mais dont le sang contient une grande proportion , deux pouces cubes pour chaque once du liquide, comme s'en sont assurés MM. Ev. Home et Brande.
Privé d'eau et de carbone , chargé d'oxigènedans son passage à travers les poumons , revivifié et pour ainsi dire reconstitué pour une nouvelle vie, le sang artériel , chassé au loin , se dépouille de ce principe, se désoxigène, et revient à l'état veineux. Ainsi, les effets de la respiration se continuent en quelque manière dans tous les lieux , dans tous les tissus où lesang pénètre ; partout l'oxigène, entrant dans de nouvelles combinaisons , entretient les organes dans une excitation nécessaire, leur fournit du calorique, qui, se dégageant uniformément, donne à toutes nos parties une température égale.
La coloration du sang par l'acte respiratoire s'effectue avec une telle rapidité, ce phénomène est tellement instantané, qu'il est impossible d'admettre , avec M. le professeur Chaussier , que l'oxigène, au lieu d'agir immédiatement sur le fluide que contiennent les vaisseaux pulmonaires , se mêle aux mucosités des bronches , est absorbé par les lymphatiques, et porté par eux au canal thoracique , par lequel il arrive au système sanguin delà même manière qu'y sont introduites toutes les autres substances étrangères. Si , comme Bichat l'a faille premier, on adapte un robinet à la Irachée-
(1) Pahiilum vilœ. Ilirp. lift, dp Flnlihtts.
artère d'un animal , et que l'on ouvre la carotide , I le sang coule noir aussitôt que l'on bouche la I soupape, et ce changement, qui s'opère dans un I moment indivisible, et s'aperçoit dans les parlloi I les plus éloignées du cœur, prouve, autant qu« I semblable chose peut l'être, que c'est immédiate- 1 ment et inslantanément que le sang mis en contact I avec l'air se colore. I
La conversion du sang rouge en sang noir daotl le système capillaire général parait se faire I d'une manière moins instantanée et moins soudaine! que la conversion du sang noir en sang rouge dans ■ les capillaires des poumons. Il suffit, en effet,! que le fluide traverse rapidement les tissus, poarl ne point éprouver le changement : c'est ainsi que,! vers la fin d'une saignée copieuse, le sang coule! avec toutes les qualités du sang artériel. Crawfort' a vu que la même chose arrive lorsque l'on accélère • la circulation en tenant un animal plongé dans un li bain chaud. En un mot , un certain temps paraît nécessaire pour que le sang qui baigne nos organes : se salure, en les traversant, de carbone eld'hydro- i gène, de manière à acquérir les qualités du sang veineux; tandis qu'en un moment indivisible le fluide soumis dans les poumons au contact de l'air se colore d'un rouge éclatant. Identique dans les artères , le sang se noircit et passe à l'étal veineux lorsqu'une cause quelconque , comme une ligature, un anévrisme, y suspend son cours ordinairement si rapide. J, Hunier ayant lié la carotide primitive » sur un cliien , dans deux endroits distants l'un de l'autre d'environ quatre pouces, trouva, quelques heures après, le sang contenu dans la portion d'artère comprise entre les deux ligatures, coagulé et noir comme celui des veines. i
L'étendue de la respiration est en général pro- j porlionnée à l'activité des autres fonctions. Les i oiseaux qui respirent au maximum, sont, de tous les animaux, ceux qui digèrent le plus vite, dont, la circulation est la plus rapide, les sensations les! plus vives, et les mouvements les plus répétés. Le reptile , dont le poumon vésiculaire reçoit une faible partie du sang qu'une seule artère envoie i l< tout le corps , dont la respiration se fait à des inlcr- ' yalles prolongés, et peut même être un certain temps suspendue, supporte sans peine de longs [c jeûnes, reste engourdi et sans mouvement durant! des saisons toutenlières. Ces deux sortes d'animaux, mis sous un récipient pneumatique , consommeront ; des quantités fort inégaies d'oxigèno. L'oiseau en use bien davantage , toutes choses égales d'ailleurs , que ne le ferait un aulre animal. Un jeune homme, un individu qui s'exerce, soutirera à l'atmosphèro une plus grande quantité d'oxigène qu'un vieillard dans l'étal de repos ; et comme il existe une correspondance parfaite entre l'activité de la respiratioo et celle du plus grand nombre des autres arlions vitales , le jeune homme qui s'exerce aura besoin de manger plus fréquemment ; son pouls battra plus vite ; sa transpiration elses autres sécrétions seront V plus abondantes , les sensations elles mouvements \\ plus forts et plus répétés.
La respiration chez l'homme , comme dans loule îi la classe des animaux <î sang chaud , n'est point entièrement soumise .i l'ctnpirp de la volonté : nous