‹ Nouveaux éléments de physiologieChapitre 13 sur 102 · DE I,\ CALORIFICATION · texte numérisé non relu

DE I,\ CALORIFICATION

,)iivons l'accélérer, la retarder , mais non la susl'iulre toul-à-fail. L'homme doué du courage le lussloïque ne saurait se donner la mort en suspeniiit pendant quelques minutes les conlraclions u diaphraj:me ; après une suspension niomenlîiée, un sentiment d'angoisse intolérable nous lilige à respirer; et celui qui voudrait y résister omberait dans un état de faiblesse qui le rendrait 1, c apable de persévérer dans l'acte même de la olonté.

Les usages de la respiration sont aujourd hui trop .ien connus pour s'arrêter à réfuter les diverses lypolhèses émises par les anciens au sujet de cette ùuclion. Nous ne croyons plus que la respiration lerve à rafraîchir le sang , à déplisser les vaisseaux I u poumon afin de favoriser le passage du sang au «•avers de cet organe, à opérer un mélange plus ;atirae des différentes parties constituantes du nang.etc. Mais si la respiration a pour but prinpipalle phénomène de l'hématose, on ne doit pas méconnaître les actes qui dérivent de cette fonction MOUT concourir à l'accomplissement d'un grand nombre d'autres; et, sans rappeler ici ce que nous Mvonsditde l'influence des mouvements de la poirine sur la phonation , l'expuition , l'effort , etc. , Lions verrons bientôt la fonction de la calorification isntimemenlliée à celle de la respiration.

LXXIX. Les physiologistes ont recherché si le (poumon était le seul organe dans lequel le sang pût péprouver les changements que lui imprime l'oxigène eje l'air atmosphérique. Plusieurs d'entre eux ont, à [diverses reprises , considéré la peau comme servant ià la respiration. Ainsi Cruikshank reconnut que l'air dans lequel il avait laissé séjourner son bras pendant quelque temps , précipitait l'ean de chaux en Iblanc. Jurine obtint un résultat semblable de la Mnéme expérience.

Gattoni renferma des jeunes gens dans des sacs nimperraéablcs à l'air , de manière à ne laisser de illibre que leur tête , et il reconnut que l'air dans ulequel leur corps avait séjourné contenait une quanttité notable d'acide carbonique. Abernethy plaça sa tmain sous une cloche qui ne contenait aucune trace •tj'acide carbonique , et qui reposait sur du mercure ; f ie gaz dans lequel sa main avait séjourné , agité avec il'eau de chaux, y produisit un précipité de carbomate de chaux. M. CoUard de Martigny a également •remarqué, en séjournant dans le bain, que la surface ide son corps se couvrait de bulles d'air qui n'étaient vautres que de l'acide carbonique.

De ces faits on a voulu conclure que l'oxigène de ';Vair agissait au travers de la peau sur le Fang , • comme il le fait au travers du poumon, et qu'il y

> avait une respiration cutanée ; mais on peut repro- 1 duire ici les objections qui ont été faites à la théorie I chimique de la respiration, et l'on peut dire que «ces expériences, surtout celles de M. CoUard de I Martigny , ne prouvent autre chose sinon que la » peau exhale, ainsi que le poumon , une quantité no- ■ table d'acide carbonique.

Cependant, si la transformation du sang veineux « en sang artériel , par suite de l'influence de l'air sur V celiquidc au travers de l'épaisseur de la peau , n'est

► pas démontrée dans l'espèce humaine , il n'en est f pas de même pour les animaux à sang froid ; et

M. Edwards a prouvé , par des expériences convaincantes, que dans ces derniers , les batraciens , par exemple, la respiration s'opérait quelquefois avec plus d'énergie par la surface de la peau que par les poumons , et que , dans certaines circonstances , cette respiration cutanée pouvait entretenir la vie bien plus long-temps que ne l'eût fait la respiration pulmonaire.

LXXX. M. Scgalas a recherché si d'autres parties encore que la peau et le poumon étaient susceptibles d'accomplir l'acte de la respiration; il a lié en même temps la trachée-artère à deux chiens do même âge et do même force; il a ouvert le péritoine de l'un , et a laissé l'autre sans opération : les deux chiens sont morts asphyxiés, mais le premier beaucoup plus tard que l'autre. M. Ségalas en a conclu que les vaisseaux sous-périlonéaux mis à découvert avaient, en absorbant l'oxigène de l'air, contribué à retarder le moment de l'asphyxie.

Ici se termine la respiration proprement dite ; nous allons maintenant étudier un phénomène qui est dans une corrélation intime avec elle , et qui , s'il n'en est le résultat direct , en suitdu moins tous les accidents ; de telle sorte qu'il augmente ou diminue avec elle , et dans le même individu, et dans les différents hommes, et dans les différentes espèces animales : je veux parler de la température animale (1}.

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