CHAPITRE VI
DES SÉCK ÉTIONS.
Lb ïang lance dans les capillaires ne sert pas seulement aux nutritions, à la calorificalion. etc., il abandonne encore des parties, soit liquides, soit gazeuzcs, qui sont destinées aux sécriétions. Le mot sc'crétion, quelle que soit son étymologie, exprime celle fonction par laquelle un organe sépare du sangles matériaux d'une liqueur qui n'existe point dans ce fluide avec ses propriétés caractéristiques. On ne doit donc pas entendre par sécrétion la simple séparation d'une liqueur préexistant au travail de l'organe qui la prépare. Les sécrétions peuvent ètr,e envisagées sous divers points de vue qui permettent d'en établir plusieurs classifications. Une classification long-temps adoptée par les physiologistes repose sur l'ancienne distinction des liqueurs animales en récrémentitielles , excrémentitielles et excrémento-récrémentitielles , établie d'après les usages auxquels elles sont destinées.
Les premières restent dans le corps, et sont employées à sa nourriture et à son accroissement: telles le chyle, le sang, la sérosité qui lubrifie la surface de la plèvre, du péritoine et des autres membranes de cette espèce. Les secondes son rejelées hors de nous, et ne peuvent y séjourner longtemps sans danger : (elles l'urine , la matière de la transpiration insensible et de la sueur. Enfin, celles de la troisième classe tiennent des deux précédentes, et sont rejetées en partie hors de nous, tandis qu'une autre portion est retenue, et sert à l'entretien et à la réparation des organes : telles la salive, la bile, les mucosités intestinales, etc. Si l'on se piquait d'une exactitude scrupuleuse, on regarderait comme récrémento-excrémenlitielles toutes les humeurs animales. Le chyle et le sang, ces liqueurs éminemment nutritives, sont chargés de parties hétérogènes et excrémentitielles; l'urine, qui de toutes nos liqueurs mérite le mieux cette dernière dénomination, contient encoredes parties aqueuses, que les lymphatiques absorbent et reportent dans la masse des humeurs pendant son séjour dans la vessie.
Toutes les liqueurs animales que nous venons d'examiner sont destinées à la conservation de l'individu ; mais il en est d'autres employées à la conservation de l'espèce, et qui font partie de la même classe que les précédentes : ainsi le mâle sécrète le sperme, le fluide prostatique, celui des glandes de Cooper, et probablement des vésicules séminales ; la femelle opère la sécrétion des ovules de l'ovaire, du flux menstruel, du lait, du mucus que quelques femmes répandent au moment du coït,
La nature chimique des parties sécrélées'sert de base à une autre classification. La première distinction de ce genre a été faite par Bluraenbach, qui a essayé de diviser les humeurs sécrétées d'après la plus ou moins grande ressemblance de leur composition avec celle du sang. Mais elle n'est plus en rapport avec les connaissances chimiques actuelles.
La classification suivante , donnée par Bostoc ,
IDSj I
a été admise par Tiedemann : les humeurs sécré- • tées sont, 1" aqueuses, ex. la sérosité; 2"albu.[ mineuses, ex. le sperme; 3" graisseuses, ex. ia| matière contenue dans les tissus adipeux et niédul- , laires; i» salines, ex. l'urine ; 5" acides, ex, le Sucgastrique; 6° enfin muqueuses. Selon Fourcroj', on peut aussi admettre six classes d'humours; 1" celles qui tiennent des sels en dissolution, telles que la sueur , l'urine : il les nomme salines; 2° las fluides /iut7cu^ inflammables , qui ont tous un cer-i tain degré de consistance et de concrescibilité : de ce nombre sont la graisse, le cérumen des oreil-l les , etc. ; les liqueurs savonneuses , telles que la|v | bile et le lait ; 4° les humeurs muqueuses , comme II |i celles qui lubrifient la surface interne du tube in- r testinal ; 5» les humeurs albumineuses , parmi les- yA quelles on doit ranger le sérum du sang; 6° legf humeurs fibrineuses , telles que ce dernier fluide. On voit que ces deux classifications ont entre ellesl beaucoup d'analogie : elles ont été simplifiées par( Berzélius.
Ce chimiste distingue les fluides émanés dai sang en ceux des sécrétions proprement dits ; \h sont destinés à remplir quelque but ultérieur dans( l'économie animale; tous sont alcalins: tels bile, la salive , le fluide que sécrètent les mem- i\ branes muqueuses et séreuses ; et en ceux des ex- , f crétions qui sont rejetés du corps. Ces derniers M sont tous acides , comme l'urine, le fluide de la transpiration cutanée et pulmonaire , le lait.
A mesure que la chimie animale fait des progrès les défauts de ces divisions deviennent, de plus en plus sensibles. Enfin , les liquides animaux sont tellement composés, qu'il n'en est aucun qui n'appartienne à la fois à plusieurs ordres , cl dans lequel l'élément prédominant ne se trouve quelquefois en quantité inférieure à celle d'autres matériaux qui , dans l'état ordinaire, n'en forment qu'une faible portion. C'est pourquoi nous croyons préférable à ces classifications chimiques , soit l'ancienne division des fluides, soit même l'ordre des sécrétions dont ils sont le produit. Or, comme nous le dirons bientôt, ces sécrétions se réduisent à trois modes généraux: la transpiration , la sécrétion des cryptes muqueux , et celle des glandes; par conséquent , les fluides sécrétés peuvent être distingués en iranspiratoires , folliculaires et glandulaires. Nous allons, dans ce chapitre des sécrétions, examiner chacune d'elles en particulier, et nous terminerons par quelques considéralions f générales sur celte fonction. Mais avant, faisons observer que plusieurs sécrétions ont déjà été dé^ crites à propos de la digestion , et que d'aiilrcs trouveront naturellement leur place, quand il sera question des fonctions à l'accomplissement desquelles elles concourent.
LXXXV. Sécrétions perspiratoires . Les différences des liqueurs sécrétées sont visiblement liées à celles que présentent les appareils organiques employés à leur confection. De touleslcs surfaces tant extérieures qu'internes , de la peau , du pou mon , de l'intérieur du tube digestif, et de tous les organes creux, des plèvres, du péritoine, dcla-f rachnoïde , des synoviales , et en général de toiilcsj les membranes séreuses , transpire une sérosité qui
DES SÉCRÉTIONS
l'est aulre chose que le sérum du sang, faiblement illéré par l'action peu énergique d'un appareil d'or- ;anisalion très-peu compliquée. L'analyse de l'eau les hydropiques , qui n'est autre chose que la séroilé qui Iranssude perpétuellement de la surface les membranes séreuses, comme la plèvre elle téritoine, a fait \oir que celle liqueur avait avec .1 sérosité du sang la plus forte ressemblance , et lu'elle n'en différait que parles proportions variales de l'albumine et des différents sels qu'elle tient n dissolution.
Celte première espèce de sécrétion , cette transudation perspiraloire , semblerait donc n'être [u'une simple fillralion d'une liqueur toute formée lans le sang , à travers les porosités des artères. On )eul encore dire en faveur de celte opinion , que a transsudation du sérum du sang au travers des nembranes séreuses continue à s'opérer après la iiort , tant que le sang reste liquide; que l'injection le leau dans les veines accroît la sécrétion de la érosité; que la ligatureou la compression des veines ■ntraine l'hydropisic des parties dans lesquelles le ang circule difficilement par suite de l'obstacle aplorlé à son cours ; qu'enfin les conduits exhalants, idmis par plusieurs physiologistes, sont maintenant cconnus comme de pures liclions. Cependant on loit reconnaître dans cette espèce de sécrétion ' action propre des membranes; car, autrement , ■ uurquoi la synovie différerait-elle de la sérosité péritonéale? pourquoi le sérum ne reslerail-il pas uni aux autres parties constituantes du liquide, trop Liaud et trop agité pour qu'elles puissent se séparer spontanément ? pourquoi existerait-il une balance
exacte entre la sécrétion et l'absorption du fluide L'crété?
Le terme d'exhalation , sous lequel on désigne otte sécrétion, donne une idée fausse , quand on applique;! la sécrétion des sérosités dont s'humecte la surface des membranes internes, etqui entretient eur contiguilé ; car l'exhalation , phénomène purement physique , et qui exige l'air pour dissoudre le 'luide qui s'exhale , ne peut avoir lieu entre des • lirfaces absolument contiguës , et qu'aucun intervalle ne sépare. Le caractère de ce mode de sécrétion est le défaut de tout intermédiaire entre le vaisseau afférent et le conduit excréteur. Les artérioles qui entrent dans la structure des membranes sont à la fois l'un et l'autre. Quoique très-analoguo au sérum du sang, l'humeur que sécrètent les memliranes séreuses en diffèrent néanmohis par une aninialisalion plus avancée. C'est donc une fonction tort importante de ces membranes de concourir au travail commun de l'assimilation ; l'usage qui leur a f'Aé long-temps assigné de favoriser les mouvements lies organes qu'elles enveloppent, et dont elles ren- 'lenl la surface glissante, paraîtra pour quelquesunes très-secondaire, si l'on réfléchit que la respiration n'est pas gênée par les adhérences que contracte le poumon avec la plèvre costale, et qued'aill.'urs le cerveau , qui dans l'étal d'intégrité du crâne >l peut-être immobile, est enveloppé de toutes jiarls par une membrane séreuse.
Transpirationpulmonaire. On se rappelle qu'une «les principales différences qui existent entre le mg des artères et celui des veines, dépend de la
grande quantité de sérum qui se trouve dans celuici : c'est dans les poumons que cette partie aqueuse s'en sépare, et que sa proportion diminue, soit que l'oxigène rende plus concrcscibles l'albumine et la gélatine qui s'y trouvent, soit que le sérum formé parla fixation de l'oxigène dans toute l'étendue du système circulatoire , exhale des artères et fournisse ainsi la matière de la transpiration pulmonaire. On ne peut admettre que l'oxigène se combine dans les poumons avec l'hydrogène du sang veineux , et que de l'eau se forme ainsi de toutes pièces. Une semblable combinaison, à moins qu'on ne suppose que ces gaz se rencontrent à l'état naissant , ne pourrait guère s'opérer dans ces organes sans produire la déflagration et les divers phénomènes dont s'accompagne la production des météores aqueux ; la chaleur des poumons serait d'ailleurs de beaucoup supérieure à celle du reste du corps : semblable au sérum du sang, comme lui odorante et putrescible, la transpiration pulmonaire sort et s'exhale toute formée des capillaires artériels ramifiés dans les bronches et le lissu aérien des poumons. On croit que la quantité de la transpiration pulmonaire est égale à celle de la transpiration cutanée (quatre livres en vingt-quatre heures). Ces deux excrétions se suppléent réciproquement : lorsqu'il sort beaucoup d'eau par l'exhalation pulmonaire , la transpiration cutanée s'échappe en moindre quantité , et vice versâ. Le corps de MM. Delaroche et Berger, couvert de la tête aux pieds d'un vernis à l'esprit de vin , dans la vue do retenir la transpiration cutanée dans un bain d'étuve, a perdu de son poids , comme s'ils n'eussent point fait usage de ce vernis , la vapeur qui ne pouvait en sortir parles exhalants cutanés ayant pris son issue par les voies pulmonaires.
L'on n'est point d'accord sur la source d'où provient la transpiration pulmonaire , ceux-ci voulant qu'elle soit fournie par les ramifications de l'artère pulmonaire , et ceux-là par les divisions des artères bronchiales. Ces derniers ont en faveur de leur opinion l'analogie; toutes les autres sécrétions séreuses , toutes les exhalations proviennent du sang artériel. Leurs adversaires objectent que le sang veineux de l'artère pulmonaire , plus riche en sérum , est plus propre à la fournir; que l'une des utilités delà respiration est d'évacuer cette sérosité surabondante. Quoi qu'il en soit, la moindre quantité de musc, de camphre ou de toute aulre substance semblable injectée dans les veines , imprègne bientôt de son odeur la matière de la transpiration pulmonaire. Celte voie d'évacuation paraît même la plus promple et la plus facile pour beaucoup de substances introduites dans le sang.
Une partie du calorique qui se dégage par les combinaisons que l'oxigène éprouve dans les poumons , est employée à dissoudre, à vaporiser la transpiration pulmonaire , qui est toujours d'autant plus abondante que la respiration est plus complète. Il faut bien distinguer la transpiration pulmonaire de la matière muqueuse qui, sécrétée a l'intérieur des bronches et de la trachée-artère, est rcjetécpar do fortes expirations, et forme la matière des crachats.
Transpiration cutanée. Une vapeur abondante
ÉLÉMESTS DE H! YSIOLOGIE.
oxhalo conliniioHemcnldo lontola surface du corps, et porte le nom de transpiration insansiblii , lorsque, réduilo en gaz par l'air qui la dissout, elle échappe à notre vue , tandis qu'on l'appelle sueur, quand, plus abondante, elle coule sous forme liquide. La sueur ne diffère donc de la transpiration insensible que par l'état sous lequel elle se présente ; et il suffit, pour la produire, que l'air ne puisse vaporiser cette dernière, soit que la peau en sécrète plus que de coutume , ou que l'atmosphère, trop humide, soit trop peu dissolvante. La transpiration insensible s'échappe sans cesse par les innombrables porosités dont sont criblées les parois des artérioles qui se distribuent dans les téguments ; elle suinte dans les interstices des écailles épidermoïques : la couche d'air qui enveloppe habituellement notre corps s'en charge et l'emporte à mesure qu'elle se renouvelle. La plus grande ressemblance existe entre la transpiration cutanée cl la transpiration pulmonaire : toutes deux sont de simples exhalations artérielles ; et la membrane muqueuse qui tapisse l'intérieur des\oies aériennes n'est autre chose que la peau qui s'est prolongée dans ces organes en même temps que dans le tube digestif. La surface d'où s'exhale la transpiration cutanée est un peu moins grande que celle d'où s'élève la transpiration pulmonaire, puisqu'on ne l'évalue qu'à quinze pieds carrés dans un homme de moyenne stature. Ces deux sécrétions se remplacent mutuellement; l'augmentation de l'une entraîne assez constamment une diminution sensible dans la quantité de l'autre. Enfin la membrane muqueuse du conduit intestinal , outre les mucosités qu'elle sécrète, exhale un liquide qui augmente beaucoup de quantité lorsque la transpiration cutanée languit , comme le prouvent les diarrhées séreuses , si souvent occasionéespar la transpiration supprimée. Cependant il faut avouer que, malgré ces analogies de structure et d'usage entre la peau et les membranes muqueuses, il existe une liaison peut-être encore plus étroite entre son action et celle des organes sécrétoires de l'urine : on a de tout temps observé que, lorsque ce dernier liquide est moins abondant, il sort parla peau une plus grande quantité de fluide , et vice versa.
Si l'on examine, à laide d'un microscope, le corps nu, exposé dans l'été aux rayons d'un soleil ardent, il parait enveloppé d'un nuage vaporeux q'ii se dissipe en s'écartant de la surface; et si le corps est au-devant d'un mur récemment blanchi, l'œil aperçoit facilement l'ombre produite par cette émanation. On peut encore s'assurer de l'existence de la transpiration par l'expérience suivante : Approchez , à la dislance d'une ligne , le bout du doigt d'une glace ou de tout autre corps bien poli, bientôt la surface en est ternie par une vapeur condensée en gouttelelles extrêmement fines , qui se dissipent lorsqu'on relire le doigt. On s'assure de cette manière que la transpiration est plus ou moins abondante dans les différentes parties de la surface du corps , puisque le dos de la main présenté à une glace ne la couvre d'aucune vapeur.
Aucune fonction de l'économie animale n'a été le sujet de plus de travaux, n'a exercé le zèle de
médecins plus exacts à la fois et pins infatigable», que la sécrétion dont nous parlons. Depuis Sanclorius, qui, au commencomenldu dix-sepliéme siècle publia dans un ouvrage iuimorlcl ( Medicina statica) le fruit de trente années d'expériences suivies avec une patience qui trouvera peu d'imitateurs, jusqu'à Lavoisier , qui , conjointement avec Séguin, examina de nouveau la transpiration insensible , en s'aidanl des secours que lui fournissait la chimie perfectionnée, on trouve Dodart, qui, en 1668 , communiqua à l'Académie des sciences nouvellement fondée le résultat de ses observations faites à Paris sous un climat différent de celui de Venise, patrie de Sanclorius; Keil , Robinson et Rye , qui répétèrent les mêmes expériences en Angleterre et en Irlande; Linnings, qui filles siennes dans la Caroline méridionale , et plusieurs autres savants non moins recommandables, tels que Gorter , Hartmann , Arbulbnot , Takenius , Winslow , llaller , elc. , qui tous ont eu pour but de déterminer plus exactement que ne l'avait fait Sanclorius, les différences que la transpiration peut offrir, suivant le climat, la saison de l'année, l'âge , le sexe, l'état de santé ou de maladie , l'heure de la journée et l'abondance des autres sécrétions.
Selon Sanclorius, de huit livres d'aliments solides et liquides pris en vingt-quatre heures, cinq se dissipent par la transpiration , et trois seulement parles excréraenls et les urines. Haller accuse ce calcul d'exagération. CcpendantDodart l'avait porté plus loin encore, en disant que le rapport de la transpiration aux excréments solides était comme 7 est à I.
En France , et sous les zones tempérées , la quantité de la transpiration insensible ne diffère guère de celle des urines : on peut l'estimer de deux à quatre livres dans l'espace de vingt-quatre heures. On transpire plus en été qu'en hiver, saison pendant laquelle on urine aussi davantage. La transpiration , comme la plupart des autres sécrétions , est aussi moindre dans la vieillesse que dans l'enfance, chez les individus faibles , et par un temps humide, que dans les circonstances opposées.
On peut dire que la transpiration est en raison composée de la force avec laquelle le cœur projette le sang dans les arlériolcs capillaires , de l'énergie vitale de l'organe cutané , et de la faculté plus ou moins dissolvante de l'atmosphère. Les hommes les plus forts et les plus robustes sont aussi ceux qui transpirent davantage : certaines portions de la peau transpirent plus que d'autres : c'est ce que l'on voit à la paume des mains et à la plante des pieds, au creux des aisselles, etc. Lorsque l'air est chaud, sec, et fréquemment renouvelé, lorsque sa pression est diminuée, l'on perd plus par la peau; et le besoin de se restaurer par des aliments liquides est plus impérieux, et se fait plus fréquemment sentir. On sait qu'il suffit, en été, de passer du soleil à l'ombre, pour suer abondamment. Jamais l'on no se met plus aisément en sueur qu'en se livrant à quelque exercice dans les jours d'été, lorsqu'aux a|)proches d'un orage , l'atmosphère, chargée de vapeurs, échauffée par les rayons d'un soleil qui se montre par intervalles environné de nuages, ne peut dissoudre la matière de la transpiration insensible.
DES 8ÉCRÉT10KS.
M. Edwards a fait un grand nombre d'expérieiies pour constater l'influence de diverses conditions ygiéni(iues sur la transpiration cutanée. Voici le ésultat de ses observations : Si l'on rcsle vinglualre heures sans manger ni dormir, la (ranspiation cutanée est beaucoup plus abondante penantla première moitié de ce temps que pendant la seconde, et la plus grande activité de la sécrétion a lieu pendant les six premières heures de l'expérience. Si le sommeil de la nuit n'est pas précédé du souper, l'exhalation cutanée est moindre que dans le cas contraire. 11 en est encore de même si, au lieu de dormir paisiblement, on passe une nuit agitée, ou même toul-à-fait sans sommeil ; résultat directement oppose à celui qui a été jusqu'ici annoncé par les physiologistes.
La sueur peut remplacer la transpiration sans que la peau sécrète davantage ; il suffit pour cela que l'air soit humide et peu renouvelé. Cependant OQ doit convenir que la sueur est le plus souvent due à l'augmentation de la respiration insensible , et que la chaleur du lit qui la provoque agit en excitant les forces des organes circulatoires et l'énergie du système cutané. Les sueurs affaiblissent; effet que ne produit guère la transpiration cutanée. Une sueur excessive jette celui qui l'éprouve dans un prompt épuisement: c'est ainsi que, dans la fièvre hectique , la suette et autres affections non moins formidables, elle est la cause évidente d'une consomption presque toujours mortelle.
La matière de la transpiration insensible et de la sueur est en grande partie aqueuse. Assez ana- (logae à l'urine, elle lient en dissolution plusieurs sels, les débris volatilisés de la substance ani- ■ male, un principe acide , que M. Thénard dit être I l'acélique, et lierzélius , le lactique; acides qui, s selon un grand nombre de chimistes , ne diffèrent p pas l'un de l'autre. Dans un cas, M. Berlhollely r reconnut l'acide phosphorique. Le principe acide c devient bien plus abondant chez les enfants vertmineux, les femmes enceintes, les nourrices, e dont le corps exhale une odeur manifestement a acide : elle renferme encore du fer ( Tiedemann, 1 Thénard ), et une matière gélatineuse ou albumii neuse. Enfin, elle peut contenir de l'ammoniaque : 1 l'odorat, dans certaines circonstances, indique la ( présence de cet alcali dans les sueurs ou dans la ( transpiration.
Commentla sueur est-elle verséeà la surface delà I peau? Ce liquide transsude-t-il au travers des poref i de l'enveloppe cutanée, ou s'échappe-l-il par des
• orifices organiques, terminaison de conduits déliés H qui Iravcrseraieut l'épaisseur de la peau ? Senuert, I Bluracnbach, Béclard et autres, ont en vain ret cherché ces conduits; il n'ontraêmc pu démontrer la
• présence d'ou\ertures dans l'épiderme. Cependant
• un physiologiste allemand a plus récemment dé- ' couvert ces orifices, et les canaux qui viennent y
aboutir , après avoir traversé une partie du chorion < et tout le corps muqueux. Ce physiologiste pense que 1 extrémité profonde des conduits excréteurs de la sueur se termine en cul-de-sac, en formant des cellules , dans les parois desquelles les artères
• viennent se ramifier; enfin, il estime à une cinquantaine par ligne carrée le nombre des ouver-
tures apparentes à la peau ; estimation bien différente de celle donnée par Leuwenhoeik , qui les portait à plusieurs mille.
La transpiration est, comme nous l'avons dit ailleurs, un puissant moyen de refroidissement , à l'aide duquel la nature maintient le corps vivant dans un degré de chaleur uniforme. L'eau qui s'exhale de toute la surface du corps lui enlève, en se vaporisant, une grande quantité de calorique; et l'on observe que toute cause qui augmente le dégagement de ce principe produit en même temps un accroissement proportionnel dans la transpiration cutanée et pulmonaire; en sorte qu'un équilibre constant étant maintenu entre sa production et sa perte , la chaleur animale doit toujours rester à peu près la même. Si la transpiration était empêchée , et si les causes productives de la chaleur agissaient avec intensité, il parait que la température pourrait s'élever de quelques degrés. Voilà vraisemblablement la raison pour laquelle la chaleur est si incommode aux malades dans les affections où la transpiration diminue, et dans lesquelles la peau est d'une sécheresse remarquable. 3IM. Berger et Delaroche ont cru voir que l'air d'un cabinet étant saturé d'humidité et fortement échauffé , le corps de I homme exposé à cette atmosphère acquiert une plus forte chaleur que celle qui lui est propre , la transpiration cutanée et pulmonaire uo pouvant avoir lieu, ou ne s'exécutant qu'imparfaitement.
La sueur étant un liquide entièrement excrémetitiliel, sa séparation du sang doit contribuer à la dépuration de ce liquide. Enfin , les extrémités des nerfs, qui se terminent dans les organes de nos sensations, sont toutes humectées par une liqueur plus ou moins abondante, qui les maintient dans un état de mollesse favorable à l'exercice de leur» fonctions. Il était également nécessaire que la membrane dans laquelle le sens du loucher réside fût habituellement baignée et ramollie par une humeur qui la traverse dans tous ses points. Cet usage de la transpiration insensible n'est pas moins important à apprécier que les précédents , sur lesquels l'attention des physiologistes s'est principalement arrêtée.
Sécrétion de la graisse. Le tissu cellulaire qui, sous forme de fibres et de lames, est répandu dans toutes les parties du corps, sert d'enveloppe à tous nos organes, n'a pas seulement pour usage de les séparer les uns des autres, d'en réunir les différentes parties, et de leur servir de lien commun ; disposé en vésicules membraneuses, il est encore l'organe sécréteur delà graisse, liqueur animale demiconcrète, huileuse, qui se trouve, dans presque lou • tes les régions du corps, disposée dans ses innombrables cellules. Les parois membraneuses de ces petites cavités cellulaires reçoivent un grand nombre d'artérioles dont les troncs leur fournissent une espèce de petit pédicule. La quantité de la graisse , comme sa consistance, varie dans les diverses parties du corpâ el dans les différents individus; il en existe au-dessous de la peau une couche épaisse (panicule graisseux) ; elle se trouve abondaiiimenl dans les interstices musculaires, le long des vaisseaux sanguins, au voisinage des articulations, et autour
ÉLÉMENTS DE l'IIYSlOLOGIE.
ào certains organes, comme les yeux, les reins et les mamelles. Celle qui remplit le fond do la ca- >'lto orbilaire, et environne le globe de l'œil, est mollasse et presque fluide ; celle qui environne les reins et les grandes articulations a plus de consistance. Entre ces deux extrêmes, il existe plusieurs degrés, et l'on peut dire que l'huile animale dont nous parlons ne se ressemble point exactement à elle-même dans deux parties du corps. La température assez élevée du corps vivant la maintient dans un état de demi-fluidité, comme on peut s'en convaincre chaque jour dans la pratique des opérations chirurgicales.
Dans certaines parties, elle est même absolument liquide ; mais on observe que f^a nature a prodigieusement changé, qu'elle ne coiilieni plus rien d'huileux, et ne diffère guère d'une simple gélatine aqueuse. C'est ainsi que le fluide qui remplit les cellules du tissu des paupières, des enveloppes des vésicules, etc. , a été regardé par plusieurs physiologistes comme absolument différent de la graisse. Il n'est pas inutile d'observer que les lames du lissu spongieux sont, dans ces endroits, plus extensibles, présentent plus de surface, forment des toilesmembraneuses, et circonscrivent de très-grandes cellules; de manière que les différences dans la sécrétion sont parfaitement d'accord avec les variétés de structure; bien plus, la graisse véritable, celle qui présente les deux principes trouvés et désignés par M. Chevreul sous les noms de stéarine et d'élaïne, ne se sécrète que dans des vésicules nées des vaisseaux du tissu cellulaire, etrenfermées dans ses cellules. C'est dans ces petits sacs ovoïdes, et semblables aux grains d'un raisin, que la graisse se trouve contenue.
On doit remarquer que Tabsence d'une véritable graisse est nécessitée par les fonctions des paupières et de la verge , etc. Outre la difformité qui , dans l'embonpoint, eût résulté de l'augmentation de ces parties, les replis de la peau n'eussent pu se dédoubler et glisser, comme l'exige l'exercice des fonctions conGées à ces organes. L'on ne trouve jamais de véritable graisse dans l'intérieur du crâne, et l'on ne peut s'empêcher d'en reconnaître ici l'utilité. A combien de dangers la vie n'eùl-elle pas été exposée, si une humeur dont les quantités sont aussi variables et peuvent tripler dans un très-court intervalle, eût pu être déposée dans une cavité exactement remplie par un organe qu'altère la plus légère compression!
La graisse transsude-t-elle au travers des parois poreuses des vaisseaux? ITaller a soutenu cette opinion , en s'appuyant sur l'observation d'un grand nombre d'auteurs qui ont vu lagraisse toute formée dans le sang ; il ajoutait pour preuve qu'elle transsudait au traversdesporosilés des vaisseaux, qu'on la trouvait déposée par longues bandes dans les épiploons, précisément le long du trajet des artères ; mais celle dernière circonstance autorise seulement à conclure que le sang est nécessaire à cette sécrétion, comme il l'est à toutes lés autres; et quant à la présence d'un principe graisseux dans le gang, les travaux des chimistes modernes n'ont pu la démontrer ; car on sait que la substance obtenue par MM. Chevreul et Denis n'est point de la graisse ;
et M. Lccanu , qui dit aussi avoir vu de la graisse dans le sang n'ose affirmer que sa matière grasse contienne les véritables principes de la graisse. Si à ces raisons, qui infirment l'opinion de llaller, on ajoute que le fluide graisseux est sécrété dans certaines parties du corps et jamais dans d'autres, malgré la grande vascularité de ces dernières, on sera conduit à considérer cette sécrétion comme le résultat de l'action organique des parois des vésicules du tissu adipeux sur le sang qui circule dans leur épaisseur.
Dans un homme adulte, d'un médiocre embonpoint,la graisse faille vinglièmedu poids du corps : elle est proportionnellement plus abondante dans les enfants et chez les femmes ; car sa quantité est toujours relative au degré d'énergie des fonctions assimilatrices. Lorsque la digestion et l'absorption se font avec activité , la graisse s'accumule dans le tissu cellulaire; etsi l'on fait attention que sa nature est peuanimale , qu'elle a la plus frappante analogie avec les huiles retirées des végétaux , qu'elle contient très-peu d'azote et beaucoup d'hydrogène et de carbone, comme tous les corps huileux, puisqu'elle se décompose , par la distillation , en eau et en acide carbonique , en fournissant une très-petite quantité d'ammoniaque; que sa proportion peut varier à l'inGni ; qu'elle peut augmenter ou diminuer considérablement , sans que l'ordre des fonctions soit visiblement dérangé ; que les animaux qui passent une grande partie de leurs jours dans de longues abstinences , semblent vivre , durant leur état de torpeur , aux dépcnsdela graisse auparavant accumulée dans certaines parties de leur corps (1), on sera très-porté à croire que Vétat graisseux est, pour une portion de la matière nutritive extraite des aliments, une sorte d'intermédiaire par lequel elle est obligée de passer avant de s'assimiler à l'individu dont elle doit servira réparer les pertes. Les animaux qui se nourrissent de graines et de végétaux sont toujours plus gras que ceux qui vivent exclusivement de chair. Leur graisse est consistante, très-ferme , tandis que celle des carnivores est presque entièrement liquide.
Un homme qui a de l'embonpoint, mis toat-àcoup à la diète , maigrit sensiblement au bout d'un court espace do temps : le volume et le poids de son corps diminuent par l'absorption de la graisse , qui supplée au défaut des aliments. On peut donc aussi la considérer comme une substance en réserve, au moyen de laquelle, malgré le défaut des aliments et leurs qualités peu nutritives, la nature trouve toujours de quoi suffire aux réparations journalières.
La graisse ne sert point, comme on l'a dit d'après Macquer, à absorber les acides qui se for-
(I) Les loirs et los niarmoltos acquièrent <in embonpoint jirodigieiix pendant la saison de raiitorane, puis s'enferment sans provisions dans leurs terriers, pour y vivre durant six nioisd'liiver, aux dépens de In graisse qui surcharge tous leurs org.ines. Elle se trouve priniMp«lcnient ramassée dans le bas-ventre, où les épiploons forment de» ])elotons graisseux d'un très-gros Tolume. Lorsqu'au printemps l'engourdissement cesse, et qu'ils se réTcillenl de leur sommeil, ils sont, pour la plupart, réduits à un étal de maigreur extrême.
DES SÉCRÉTIONS
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> lit dans l'économie animale; celui qu'on en relire cide sébacique) par la distillation est un nouveau oduil.
Outre l'usage principal que nous avons assigné à •graisse, et d'après lequel on peut regarder le sysme cellulaire comme un -vaste réservoir dans iiuel se trouve déposée une grande quantité de alière nutritive à derai-animalisée , ce liquide a oore plusieurs utilités secondaires : il conserve corps sa chaleur, parce qu'aussi bien que le tissu t.s les cellules duquel il est épanché , il est un luvais conducteur du calorique. On sait que les .sonnes dont l'embonpoint est excessif ressenti à peine les froids les plus rigoureux. Les aui- \uxhabilantsdes contrées boréales joignentàleur aisse fourrure une graisse abondante ; les poisns des mers glaciales, les cétacés qui ne s'éloignent re des régions polaires, toutes les baleines, etc., l le corps pénétré et recouvert de graisse. Par ^ qualités onctueuses, la graisse facilite encore ontraction des muscles, les mouvements de is les organes, le glissement de leurs surfaces 'peclives ; elle tend et soutient la peau , remplit ^ vides et donne aux membres ces contours arron- < et moelleux, ces formes élégantes et gracieuses iprès lesquelles se dessine le corps de la femme, ifin, elle enveloppe et recouvre les extrémités I yeuses , diminue leur susceptibilité, toujours en iion inverse de l'embonpoint ; ce qui faisait dire m médecin recommandable, que l'arbre nerveux planlédansle système adipeuxet cellulaire souflit, lorsque, par l'affaissement, l'annihilation ce tissu , ses branches se trouvaient trop à nu, posées à l'action des choses extérieures, qui leur nt aussi nuisibles que les rayons du soleil aux raies d'un végétal arraché du sol qui le vit naître. 1 observe en effet que les personnes sujettes aux 'ctions nerveuses joignent le plus souvent une ligreur extrême à une excessive sensibilité. Mais trop grande quantité de la graisse n'est pas moins isible que son absolue privation. J'ai vu plusieurs Ji vidus dont l'obésité était portée à un tel degré , ( 'outre l'inhabilité la plus complète aux moindres ercices du corps , la suffocation était encore iminenle. Leur respiration est de temps en temps litrecoupée par de profonds soupirs , et le cœur, iobabicment surchargé de graisse, se débarrasse ce peine du sang qui remplit ses cavités. LXXXVL Selon leschimisles modernes,la graisse t employée à la déshydrogénalion du système, jrsque le poumon ou le foie sont malades , que
• respiration ou la sécrétion biliaire n'entraînent «int hors du corps une assez grande quantité de ]■ principe huileux et inflammable , la graisse se
rme en plus grande proportion. Ils s'appuient des sultats de l'expérience, qui consiste à enfermer je oie dont on veut engraisser le foie, dans une
• ge très-étroite , que l'on place dans un lieu chaud obscur, et à la surcharger d'une pâte substan-
îlle , dont elle est d'autant plus avide, que, privée s tout exercice , elle cherche à satisfaire la tenmce qui la porte au mouvement, en exerçant ^aucoup les organes digestifs. Malgré cette noururc abondante, l'oiseau maigrit, tombe dans le sorte de marasme , son foie se ramollit , devient
plus gras , plus huileux , et acquiert un volume énorme.
Cette expérience, comme beaucoup d'autres faits, prouve que les sécrétions qui donnent naissance à des produits analogues peuvent se suppléer mutuellement ; mais peut-on admettre la théorie chimique sur les fonctions de la graisse , si l'on se rappelle que , dans les individus qui ont le plus d'embonpoint, la respiration et la sécrétion de la bile s'effectuent pleinement el sans obstacle ; tandis que la respiration difficile dans la phlhisie pulmonaire , la sécrétion biliaire interceptée dans le cas d'obstruction du foie, s'accompagnent toujours du marasme le plus complet?
Tout ce qui ramène à un degré modéré l'activité du système circulatoire tend à introduire la pléthore graisseuse. C'est ainsi qu'un trop long repos du corps el de l'esprit, des saignées trop copieuses , la castration, produisent quelquefois la polysarcie , affection dans laquelle l'organe cellulaire paraît l'rappé d'atonie, etéprouveunevéritableintillration graisseuse, analogue et comparable à celle d'où résulte l'espèce de loupe connue sous le nom de stéatome. Si l'énergie du cœur et des artères est trop grande , la maigreur en est la suite inévitable; lorsqu'au contraire le système sanguin languit , il ne se forme qu'une graisse gélatineuse, et l'embonpoint n'est que bouffissure.
Cette liqueur mal élaborée, qui engorge les parties dans les sujets éminemment pituileux , n'est qu'une graisse imparfaite : elle ressemble à la moelle ou au suc médullaire, qui n'est qu'une graisse trèsfluide, et dont la consistance diminue lorsque les animaux maigrissent. Renfermée dans les cellules du tissu osseux, cavités dont les parois ne peuvent s'affaisser, et dont la grandeur est toujours la même, la moelle , qui ne les laisse jamais vides , a plus ou moins de densité ; et ce que les auteurs disent de la diminution de sa quantité doit s'entendre de la diminution de sa consistance.
La sécrétion de la moelle a été attribuée , mais à tort, comme celle de la graisse, à une simple transsudalion artérielle; son organe est la membrane médullaire, mince, transparente, cellulaire, qui tapisse l'intérieur de la cavité centrale des os longs, et s'étend sur toutes les cellules de leur substance spongieuse.
Nous traiterons des usages de la moelle au chapitre des mouvements et de leurs organes.
Nous devons encore rapporter aux sécrétions perspiraloires la production de la matière colorante de la peau, des cheveux, de la choroïde, etc. On trouve dans le corps muqueux de la peau une couche de matière colorante, dont la nuance varie selon les différentes races humaines, blanchâtre dans l'européen, olivâtre dans la race mongole, cuivrée chez les Américains , el noire chez les Éthiopiens. Ce pigmenlum a élo obtenu en lames distinctes des autres couches de la peau. Il paraît formé de globules dont la coloration n'est pas altérée par le chlore ni l'acide hydrochlorique , ce qui indique qu'il est cssenlielleiuent formé de carbone.
S'il est démontré que l'action du soleil détermine une teinte plus foncée dans le pij;menlum d'une personne qui s'expose momentanément à l'ardeur
ÉLÉMENTS DE PUYSIOLOUIE.
de SOS rayons, on ne peut cependant rapporter à cette influcMce Ja coloration permanente des races ; car celle-ci persiste encore quand plusieurs générations se sont snccédces dans an climat différent du climat primitif.
Le pigmentum paraît avoir pour usage de préserver la peau contre l'excès de la chaleur et do la lumière.
LXXXVII. Après la sécrétion perspiratoire, qui u'exige qu'une organisation très-simple , vient la sécrétion qu'opèrent les cryptes , les follicules glanduleux, les lacunes muqueuses. Chacune de ces petites glandes , que les membranes dont est tapissé l'intérieur des voies digestive , aérienne et urinaire, contiennent dans leur épaisseur, et qui, agglomérées, forment les amygdales, les arythénoïdes , etc. , peut être comparée à une petite bouteille dont le fond est arrondi et le goulot trèscourt : les parois membraneuses de ces cryptes vésiculaires reçoivent une grande quantité de vaisseaux et de nerfs. C'est à l'action particulière dont ces parois sont douées que doit être rapportée la sécrétion des mucosités que ces glandes fournissent. Moins liquides, plus visqueux que la sérosité, qui est le produit du premier mode de sécrétion , ces liquides rauqueux contiennent plus d'albumine et de sels, diffèrent davantage du sérum du sang, et sont plus animalisés.
Le fond de ces glandules ulriculaires est tourné vers les parties auxquelles les membranes muqueuses adhèrent ; leur bouche ou goulot s'ouvre à la surface contiguë de ces membranes. Plus ou moins larges et évasés , ces espèces de conduits excréteurs , toujours très-courts , se réunissent quelquefois, se confondent et s'ouvrent ensemble à l'intérieur des cavités. Ces orifices communs, par lesquels plusieurs glandes muqueuses se dégorgent, sont faciles à apercevoir sur les amygdales, vers les lacunes muqueuses du rectum et de l'urètre, à la base de la langue, etc. Laliqueuralbumineuse, qui est versée à l'intérieur de ces cryptes glandulaires , séjourne quelque temps dans leur cavité, et s'épaissit par l'absorption de ses parties les plus fluides ; car il entre aussi des lympbaiiques dans la texture de leurs parois. Lorsque les surfaces qu'elles garnissent ont besoin d'être humectées, la petite poche se contracte, et vomit, en quelque manière, la liqueur dont elle est remplie. La sécrétion et l'excrétion sont favorisées par l'irritation que la présence de l'air, des aliments ou des urines occasione ; par la compression que ces matières exercent , et enfin par les contractions péristalliques des plans musculcux auxquels les membranes muqueuses adhèrent dans toute l'étendue du tube digestif.
La peau est le siège d'une sécrétion analogue à la précédente : c'est celle de la matière onctueuse dont les follicules sébacés sont les agents. Ces follicules sont très-abondants dans certaines parties du corps , tels que le creux de l'aisselle , le pli de l'aîne , les environs des organes génitaux et de l'anus , le derrière des oreilles, les ailes du nez, le mamelon ; plus rares dans les autres parties du corps , et nuls à la paume des mains et à la plante des pieds. Le fluide qu'ils sécrètent est remarquable
par son odeur forte , caractéristique , etdifférem dans chacun des lieux où ces follicules se rencoi trent. Lorsqu'il séjourne long-temps dans la cavii i' où il est sécrété, il s'y épaissit , et l'on peut alors parla pression, le faire sortir du follicule soi forme d'un petit ver ; enfin , sa rétention complèl ' donne lieu à la formation de ces tumeurs connut ' sous le nom de tannes.
Les fluides folliculaires remplissent des usag^j' dont quelques-uns ont été indiqués à propos de I digestion ; ceux qui sont versés à la surface de i peau servent à l'assouplir. M. Eichorn , dans uj travail très-curieux sur le système pileux, consid< raut que les follicules sébacés sont abondants dai les lieux où les poils sont rassemblés en grarj^,' nombre , a émis l'opinion que l'humeur qu'ils si. crèteut est destinée à la nourriture do poil. No^i' verrons encore des usages locaux du fluide sécrc^ ' parles follicules des paupières , du nez, ducondu, auditif externe , etc.
LXXXVIIL Sécrétions glandulaires. Les liqui des, très-différents du sang, exigent, pour leur sécr|.' tion , des organes dont la structure est plus compcjl!' sée : on nomme ces organes glandes conglomérée^ pour les distinguer des glandes lymphatiques , loné temps connues sous le nom de conglobées. cl glandes sont des masses viscérales formées d'ul assemblage de nerfs et de vaisseaux de toute espéc4 disposés par paquets, et réunis par un tissu cellijj laire. Une membrane propre ou empruntée de cell^ qui tapissent les cavités qui les renferment, en revdj l'extérieur, et lesisole des organes qui lesavoisincnr
L'arrangement intime des diverses parties qii ^ entrent dans la composition des glandes sécrétoireé î la manière dont les artères , les veines et les nerà J s'y comportent, et suivant laquelle les lymphatt | ques et les conduits excréteurs en naissent, aét.j le sujet de discussions interminables et la base ds •! anciennes théories physiologiques. On peut rcduiii '( aux choses suivantes ce qu'il y a de plus avéré si| v ce sujet. I
La disposition respective des parties similair(^ qui entrent dans la structure des glandes, et fol ment leur substance propre ou parenchyme, e| différente dans chacune d'elles ; ce qui expliqH les différences qu'elles présentent sous le doubl rapport de leurs propriétés et de leurs usagc' L'aspect différent sous lequel se présente la siil I stance des organes glanduleux tient-il à ce que !» i parties similaires s'entrecroisent de divers manier» r et n'existent point dans les mêmes proportion l pour chaque glande ? ou bien ces différences ifc > couleur, de densité, etc. , à l'aide desquelles oi a distingue si facilement la substance du foie de colll >. des glandes salivaires , dépendent-elles de l'enii I tence d'un tissu propre à chacun de ces oigane?i 'S Celte question est insoluble dans l'élat actuel 4 n l'analoraie. Toutefois, l'opinion qui fait dépendil »j la nature des glandes de l'arrangement particiilii) li des nerfs et des vaisseaux , des proportions dirM \ rentes de ces parties constituantes dans la conipoH \ tion de chacune d'elles, paraît la plus vraiseniblabH (
Les artères ne se continuent pas imnicdialcnicrt * avec les conduits excréteurs , comme le di?a| j Ruisch ; il n'existe pas non plus de glandes intfj |
DES SÉCRÉTIOrSS.
uliaires entre ces vaisseaux , ainsi que le pensait ilpighi ; il paraît plus probable que chaquo glande .011 tissu cellulaire ou pareucliymateux . dans les 'oles duquel les arlères versent les matériaux du iiide qu'elle confectionne ou prépare, en vertu me force qui lui est propre , et qui fait son carace dislinctif. Des parois de ces cellules naissent ^ lymphatiques el les conduits excréteurs; et ces ux espèces de vaisseaux absorbent , les uns le iiide sécrété qu'ils portent dans les réservoirs , il s'accumule, tandis que les autres reprennent partie que l'action de l'organe n'a pu complète- . lit élaborer , ou le résidu delà sécrétion. Le nombre des sécrétions glandulaires est assez tisidérable; cette classe renferme la sécrétion des mes , de la salive , de la bile , du liquide pané;»lique , de l'urine , du lait , du sperme et du liide des glandes de Cooper. Plusieurs de ces ides , versés à la surface du canal alimentaire , t déjà été étudiés; d'autres, appartenant aux lotions de relation, seront décrits ailleurs. Nous parlerons ici que de la sécrétion urinaire, et us terminerons l'histoire de la sécrétion biliaire traitant de plusieurs usages étrangers à la drges- 11 , que les auteurs ont attribués au foie. LXXXIX. De la sécrétion et de l'excrétion des ines. Absorbés avec le chyle par les lyraphatii s du tube intestinal et par ses veines , les liqui- 3 délaientlaparlienutrilive extraite des aliments lides, et lui servent de véhicule ; arrivés dans masse du sang, ils augmentent sa quantité, uinuent sa viscosité , et le rendent plus fluide ; rcourant avec lui les longues routes du système culatoire, ils arrosent et humectent toutes les riies , se chargent des molécules qu'en détache mouvement de la vie ; puis, se présentant aux ;:anes urinaires , ils se séparent de la masse des meurs , entraînant avec eux un grand nombre produits de toute espèce , dont un plus long séir dans l'économie ne manquerait pas d'apporter dérangement notable dans l'exercice des foncns.
A l'époque où écrivait Haller , l'opinion que les ins sont les organes sécréteurs de l'urine n'était int universellement et invariablement admise ; ssi ce savant physiologiste jugea-t-il nécessaire
consacrer un assez grand nombre de pages à la monstration d'une vérité si évidente pour nous : est superflu de reproduire aujourd'hui cette disission. Mais les reins sont-ils seuls chargés de la crélion urinaire? La rapidité avec laquelle nous ndons par les urines certaines boissons diurétiles , a fait penser à plusieurs qu'il existait une >mmunication immédiate entre l'estomac et la
ssie urinaire. Déjà Hippocrate avait indiqué des bres destinées à conduire les liquides de l'estomac ins la vessie. Arétée a décrit des conduits qui du
ic se rendent à ce dernier organe. On a prétendu
oir retrouvé dans l'urine du vin sucré, tel qu'il
-lit été bu, des semences, des graines d'anis, des unes, des épingles ingéréesdansl'estoroac. Darwin
Hrandl ont constaté d«ns l'urine, l'un du nitrate, nitredu prussialedepota8se,quiavaientétéportcs
t.s l'estomac peu de temps auparavant, et ils n'ont u en démêler aucune trace dans le sang. Tréviranus
a fait prendre la matière colorante de la rhubarbe à un animal ; cinq à six minutes après, les urines furent colorées en rouge ; bientôt la teinte rouge cessa, pour reparaître au bout de quatre à cinq heures. Les partisans des voies clandestines de l'urine en conclurent que, dans le premier cas, la matière colorante avait passé directement de l'estomac à la vessie, et que, dans le second, elle avait suivi les voies tortueuses de l'absorption el de la circulation, pour arriver au rein qui en avait opéré cette tardive sécrétion. Mais , outre qu'on n'a jamais pu démontrer ces conduits particuliers qui pourraient porter les urines , des cavités gastriques dans la poche urinaire , sans qu'elles fussent obligées de parcourir les longues routes de l'absorption et de la circulation, le savant Haller a établi, sur des calculs pleins d'exactitude , que la grandeur des artères rénales, dont le calibre est le huitième de celui de l'aorte, et la vitesse avec laquelle le sang circule, sufûsaient pour expliquer la promptitude du passage de certaines liqueurs dans le système urinaire.
Mille onces de sang traversent le tissu rénal dans l'espace d'une heure; en supposant que ce fluide ne contienne qu'un dixième de matériaux propres à fournir l'urine , cent onces , ou six livres et un quart , pourront en être séparées dans ce court intervalle; et jamais , quelque abondantes et diurétiques que soient les boissons , quelle que soit la condition des reins , dans l'état de santé , comme dans la maladie connue sous le nom de diabetès , il ne se sépare pendant une heure une plus grande quantité de ce liquide. Si des sels ingérés dans l'estomac ont été retrouvés dans l'urine et non dans le sang, cela tient à ce que les chimistes cités plus haut avaient mal analysé ce dernier liquide. On conçoit aisément qu'il est bien plus facile de démontrer un sel dans l'urine que dans le sang, où le dissolvant est plus abondant et fortement coloré. Mais d'autres chimistes, MM. Tiedemann et Gmelin, ont été plus heureux que Darwin et Brandt. M. Fodéra a de même retrouvé dans le sang un sel qu'il avait fait avaler à un chien ; et il eut soin dans cette expérience d'analyser ce liquide aussitôt que les urines présentèrent quelques traces du sel qui avait été ingéré dans l'estomac. Enûn, la ligature des uretères empêchant les urines d'arriver à la vessie , cette poche reste absolument vide.
C'est dans la substance corticale du rein que l'urine est sécrétée ; aussi une plaie superficielle de cet organe donne-t-elle lieu à une fistule urinaire.
Il serait superflu de rappeler ici les variétés qu'offrent les reins , sous les rapports du nombre , de la grandeur et de la situation. Ces deux viscères fabiformes, formés par la réunion de douze à quinze noyaux glanduleux , séparés chez le fœtus et quelques quadrupèdes, attachés à la paroi postérieure de l'abdomen , derrière le péritoine, y sont enveloppés d'une couche cellulaire plus ou moins épaisse.
Si jamais l'industrie humaine parvient à nous révéler le secret de la structure intime de nos organes , il parait probable que les reins fourniront
ËLÉUERTS DE PHYSIOLOGIE.
la première solution du problème. Les injections même grossières passent avec facilité des artères rénales dans les uretères , ou conduits excréteurs des reins; preuve assez convaincante d'une continuation iniracdiale entre les arlérioles qui , singulièrement repliées , forment , avec les veinules, la substance corticale ou extérieure des reins ; et les conduits rectilignes ou urifères , qui , disposés par faisceaux coniques dans l'intérieur do ces organes , constituent ce que l'on a nommé ses substances tubuieuse et mamelonnée. Le passage des injections des artères dans les veines rénales est également facile; et j'ai vu fréquemment les liqueurs les plus épaisses couler à la fois par les uretères et parles veines émulgentes. Celte libre communication entre les artères, les veines et les conduits excréteurs des reins, fait pressentir la rapidité du passage du sang à travers ces organes , dont la consistance très-grande ne permet aux vaisseaux qu'une médiocre dilatation , et la possibilité d'une sorte de filtration du liquide urinaire , dont la sécrétion ne serait qu'une série de départs chimiques ou mécaniques que subirait le sang en traversant des conduits déliés , et dont le diamètre éprouve un décroissement progressif. C'était au moins l'opinion de Rnisch, dont le système sur la composition intime de nos organes, et sur la continuation immédiate des vaisseaux sanguins avec les conduits excréteurs , est principalement établi sur ce que lui ont démontré ses belles injections des artères rénales.
Les reins jouissent d'une sensibilité plus obtuse et d'une activité moins énergique que les autres glandes ; l'action vitale a moins de part dans la sécrétion qu'ils opèrent, et leurs fonctions se prêtent plus aisément aux explications chimiques et hydrauliques.
XC. Si l'on veut en effet appliquer aux organes urinaires les lois fondamentales sur le mécanisme des sécrétions , on s'aperçoit bientôt que ces organes n'y sont pas rigoureusement soumis. De tous les liquides animaux, l'urine est celui qui présente les éléments les plus nombreux et les qualités les plus variables. Non-seulement des substances qui lui sont étrangères s'y montrent quelquefois, en altèrent et même en changent la composition ; d'autres liquides peuvent encore s'y mêler, et la rendre méconnaissable. Ainsi des observateurs dignes de foi ontreconnu dans les urines, la bile , la graisse, le lait, le sang , le pus , comme on peut s'en convaincre par la lecture de la grande Physiologie de Ilaller , où ces faits se trouvent réunis. On dirait que les reins ont une sensibilité moins active que celle des autres glandes sécrétoires; qu'ils raisonnent moins , s'il est permis de s'expriiner ainsi , la sensation que produisent les diverses substances dont le sang est le véhicule. Leur action est aussi moins énergique: elle n'altère point d'une manière aussi profonde le liquide qui y est soumis; elle ne change point les qualités hétérogènes de ceux qui s'y trouvent mêlés , et les laisse passer dans toute leur pureté.
Cette multitude d'éléments qui entrent dans la composition de l'urine avait sans doute été pressentie parles anciens, avant d'avoir été démontrée par les chimistes modernes , lorsqu'ils la regardèrent
comme une sorte d'extrait de la substance animale comme une véritable lessive par laquelle était eu traîné tout ce qu'il y a d'impur dans l'économie et lui donnèrent le nom de lotium, qui indique celli destination.
Enlin la sécrétion de l'urine se fait d'une manièro j plus uniforme; elle est continuelle , ou du moin» I n'offre pas d'une manière aussi marquée ces altert J natives d'action et de repos, si faciles à observeàl dans le travail des autres organes sécréteurs. Lors j [ que, pour remédier à la rétention de l'urine, oijt introduit une algalicdansla vessie urinaire, et qu'oi 1 1 l'y laisse à demeure, l'urine continue à en sorti [ goutte à goutte, et elle inonderait la couche du ma {, lade, si on n'adaptait un bouchon au pavillou de sonde. L'on trouve, dans les Mémoires de l'Âcadeli^ mie des sciences, pour l'année 1761, l'histcur* d'une conformation singulière de la vessie urinairet^ Cette poche musculo-membraneuse, sortie par un«f. fente de la partie inférieure de la ligne blanche ? était renversée sur elle-même, de manière qu'elIt^ présentait à l'extérieur sa surface muqueuse; il étali facile d'apercevoir l'écoulement continuel desurili nés par l'embouchure des uretères , et d'étudier leM variétés que cet écoulement pouvait offrir, soitsouip le rapport des qualités du fluide , soit relativemen t aux quantités qui s'écoulaient dans un temps délerw c miné, et qui étaient différentes , suivant l'état dfifc sommeil ou de veille , la quantité des boissons , cj ii leurs qualités plus ou moins diurétiques, Depui|it«j[. lors, ces exemples d'extrophie vésicale se sont sin^ gulièrement multipliés, offrant constamment Ut même phénomène d'une sécrétion constante et plu)^ uniforme que la plupart des autres fonctions sécrd? toires.
L'humeur que renferment les conduits urinaireii est trouble et imparfaite ; ses principes sont maM combinés , comme il est facile de l'apercevoir ei ; l'exprimant par la compression de la substance tiii buleuse sur les reins d'un cadavre. Elle se perfecW tienne en traversant ces conduits, revêt toutes lett qualités qui caractérisent l'urine, suinte à la surfac|i[ des mamelons , et coule dans des calices mcmbr<i| : neux par lesquels sont embrassées ces sommités oW> tuses des cônes tubuleux. Ces calices réunis formerif les bassinets, parties évasées des uretères, conduilh membraneux , par lesquels l'urine descend contai nuellement dans la vessie. Elle y descend par soi» propre poids, et surtout par l'action des parois deji uretères, qui ne sont pas privées d'un certain degré de contractilité. A ces causes essentielles on doil joindre les secousses qu'impriment les batlemenl|> des artères rénales, derrière lesquelles le bassinet est placé , et ceux des artères iliaques , au-devanf desquelles l'uretère passe avant de se plonger danà la cavité du bassin ; la pression alternative des visf cères de l'abdomen , dans les mouvements de 1 • respiration ; les secousses qui résultent des exerci [ ces du corps , comme de l'équitation , de la marche de la course , etc., etc.; la pression des colonnesdi liquide , toujours affluentes du côté des reins, et 1 ■ défaut de résistance du côté de la vessie.
XCI. L'urine entre continuellement et goutt i à goutte dans ce viscère , en écarte les parois , san i produire sur ces parois, qui y sont habituées, au
DES SÉCnÉTlOWS.
iMine impression perceptible. Pour que l'urine s'accumule dans celte poche musculo-inembraneusc ( 1 ) placée hors du péritoine , dans la cavité du bassin , derrière les os pubis, au-dessus desquels elle ne s'élève point dans les adultes , hors les cas d'uu<5 assez grande réplélion , il faut qu'elle ne puisse sortir par l'urètre ni refluer par les uretères. Celte rétrogradation est empêchée par l'insertion oblique de ces conduits, qui marchent quelque temps entre les tuniques musculaire et muqueuse de la vessie , avant de s'ouvrir à son intérieur, vers les angles postérieurs du Irigone vésical , par des oriGces ])lus étroits que leurs cavités. La membrane interne ile la vessie , soulevée à l'endroit de ces ouvertures , les fait paraître comme garnies d'une espèce de valvule qui s'applique d'autant mieux à ces orifices , que l'urine contenue dans la vessie , en écartant ses parois , presse l'une contre l'autre les tuniques dont elles sont formées, et entre lesquelles rampentles uretères, dans l'espace de sept à huit lignes. Cependant, lorsque la vessie se remplit outre mesure, les orifices des uretères participent à la dilatation de ses parois, au point d'acquérir, comme l'a vu Desault , un demi-pouce de diamètre : l'angle de leur insertion «'efface alors , et l'urine reflue dans les conduits que l'on a trouvés , sur quelques cadavres, dilatés jusqu'aux reins , et offrant le calibre d'un intestin grêle.
L'urine qui coule dans la vessie est obligée d'employer une certaine force pour en écarter les parois, sur lesquelles pèse le paquet intestinal. Celle force n'est autre chose que celle qui fait couler le liquide dans les uretères; et, quoique peu considérable, elle paraîtra bien suffisante , si l'on fait attention que les fluides qui passent d'un canal étroit dans une ca- > ité plus spacieuse , agissent sur tous les points des parois de cette cavité, égaux en surface à Vaire du canal, avec une force égale à celle qui les fait couler dans celui-ci ; de manière que si l'urine descend par l'uretère avec un seul degré de force, et que la : surface intérieure de la vessie ait mille fois l'éten-
c due de Yaire des canaux qui lui viennent des reins ,