CHAPITRE VII
DES MOUVEMENTS
CLYII. Il est seulement question dans ce chapitrJ des mouvements qu'exécutent les muscles soumis ( l'empire de la volonté, mouvements de locomotit à l'aide desquels notre corps se déplace, se trai porte d'un lieu dans un autre, fuit ou recherc l'approche des êtres qui l'environnent, les atlir les embrasse ou les repousse loin de lui. Les mon vements intérieurs , involontaires , organiques, l'aide desquels chaque fonction s'exécute , ont éij examinés séparément.
Les organes de nos mouvements peuvent êt distingués en actifs et en passifs. Les premiei sont les muscles; les seconds sont les os , et toutJ les parties qui servent à leurs articulations. En effa lorsqu'à l'occasion d'une impression reçue par l| organes des sens, nous voulons nous rapprocli ou nous éloigner de l'objet qui l'a produite , les ( ganes musculaires , stimulés par l'influx cérébi se contractent, tandis que les os qui obéissentl cette action ne jouent qu'un rôle secondaire, passj et peuvent être regardés comme des leviers ab^ lument inertes.
Les muscles sont des paquets fibreux , toujot plus ou moins rouges dans l'homme, quoiquecel couleur ne leur soit point essentielle, puisqa'f peut la détruire et blanchir le tissu musculaire la macération ou par des lotions répétées.
Quelles que soient la situation, la longueur, largeur, l'épaisseur, la figure, la direction d'i
(1) Éleclricilé animale, 1 vol. in-S". Lyon, 1808.
(2) Je ne croirai à un miracle, disait Voltaire,' lorsqu'il se sera opéré en plein midi, devant l'Acadéi des Sciences de Paris , ou la Société royale de LondrJ assistées d'un régiment aux gardes pour écarter la fol des fanatiques et des imbécilles. En pareil cas , 'le pârtT plus sage est d'adopter celle belle maxime du présitf Dupaly : ce Entre de» hommes qui disent telle chose i 11 et la nature qui dit telle chose n'est pas, il f.iut en crd )) la nature. »
DES MOUVEMENTS
posclCjil est composé par l'assemblage de plusieurs ^sceaux de fibres qu'enveloppe une gaîne cellunre, semblable à celle qui revêt le corps du muscle «-même, elle dislingue des parties envirounanles. iiaqiie faisceau est formé de la réunion d'une raul- (oïdede ûbressi déliées, que nos instruments anafcmiquesne peuvent en opérer la dernière séparais , et que la plus petite fibre apcrcevalile résulte Ncore de la juxta-positionde plusieurs fibres d'une
déûnissable ténuité. Comme les dernières divi- I )ns delà fibre musculaire échappent entièrement
:ios moyens d'investigation, il serait bien absurde uen vouloirexposer la structure intime , et, mar- «ant sur les traces de Aïuys , d'écrire un long oulage sur ce point obscur de la physiologie. Dironspus, avec l'auteur que je viens de citer, que chape fibre apercevable est formée de trois fibrilles, ftDt la grosseur éprouve un décroissement protsessif; avec Leuwenhoeck, que le diamètre de Mte fibre élémentaire ne fait que la cent millième rlrlie de celui d'un grain de sable ; avec Swam- Tîrdam , de Heyde , Cowper , Ruisch et Borelli, f e cette fibre primitive est formée d'une suite de iloléculesglobuleuses, rhomboïdales ou noueuses; KBC Lecat, que sa nature est absolument nerî use ; avec Vieussens et Willis, qu'elle n'est ; Ire chose que les dernières ramifications des arrhes ; avec d'autres, qu'elle est cellulaire , tomen- -jse , etc. ? Comment énoncer quelque chose de ■;silif sur la nature des parties d'un tout que sa iDuilé soustrait à nos plus scrupuleuses recherïes? Pour expliquer les phénomènes de l'action iMsculaire, il suffit de concevoir chaque fibre ranme formée d'une série de molécules d'une nare particulière , réunies ensemble par un moyen )i;onnu ; que ce soit le gluten , l'huile, ou tout Itlre substance, mais dont la cohésion, la mutuelle bhérence est manifestement entretenue par la cce vitale, puisque les muscles se déchirent, sur '.cadavres, par des efforts auxquels ils auraient [i iisté pendant la vie, et que , dans ce dernier état, |iir résistance est si grande , que rien n'est plus ji e que leur rupture.
I Ces fibres qui possèdent au plus haut degré la ppriété de se raccourcir, de se contracter lorsl'on les irrite, quelque degré de finesse et de télilé qu'on leur suppose, reçoivent des nerfs et î vaisseaux. En effet , quoique leur nature ne k t ni vasculaire ni nerveuse , ce dont il est facile \i 86 convaincre eu comparant le volume des vais- Biux et des nerfs qui entrent dans la structure des piscles, avec celui de ces organes, et en réfléchistit à la différencede leurs propriétés, chaque fibre ni le pouvoir de se contracter du sang que lui ' portent les artères , et du fluide que le cerveau •rojetle par le moyen des nerfs. Une gaîne cclluhe environne ces fibrilles (et peut-être les nerfs les vaisseaux se terminent-ils dans son épaisseur) ; mires les unissent ensemble ; des gaines comjnes enloilrent les faisceaux ; ceux-ci , réunis de même manière, forment des paquets plus ou uns considérables ; et de l'assemblage de ces der- |jrs résulte le corps des muscles. Il s'amasse rarehrnl de la graisse dans lelissu cellulaire qui unit Nemblo les plus petils faisceaux ; clic s'accumule
en petite quantité dans les interstices des paquets plus considérables; enfin, elle est un peu plus abondante autour du musclelui-même. Une vapeur lymphatique et aqueuse remplit ces cellules, entretient la souplesse du tissu, etfavorise l'action de l'organe, qu'eût gêné une humeur plus consistante.
La plupart des muscles se terminent par des corps ordinairement arrondis, d'une blancheur éclatante, et qui tranche sur la couleur rouge de la chair musculaire, dans l'épaisseur de laquelle une de leurs extrémités se prolonge, tandis que l'autre extrémité est attachée aux os, et semble se confondre avec le périoste qui recouvre ceux-ci, quoique les tendons (c'est ainsi qu'on nomme les corps par lesquels les muscles se terminent) en soient parfiiitement distincts. Les tendons sont formés d'un assemblage de fibres longitudinales et parallèles ; leur structure est plus serrée que celle des muscles ; ils sont plus durs,. ne reçoivent pour la plupart ni nerfs ni vaisseaux apparents, n'ont par conséquent qu'un bien faible degré de vie : aussi se rompent-ils souvent par l'effort de traction que les muscles exercent sur eux. Les fibres musculaires s'implantent à la surface des cordes tendineuses, sans se continuel" avec les filaments qui forment ces dernières : elles s'y rendent d'une manière différente, et s'y insèrent sous des angles plus ou moins ouverts.
Les tendons, en pénétrant dans le corps charnu des muscles , s'élargissent en diminuant d'épaisseur, et forment ainsi les aponévroses intérieures. Les aponévroses extérieures sont indépendantes des tendons , quoique leur structure soit la même , et qu'elles n'en diffèrent qu'en ce que les fibres dont elles sont composées forment des plans minces et étendus en largeur : tantôt elles recouvrent une portion de la surface du muscle auquel elles appartiennent ; d'autres fois elles enveloppent la totalité d'un membre, fournissent des points d'attache aux muscles qui le composent , préviennent le déplacement de ces muscles et des cordes tendineuses qui les terminent, dirigent en quelque sorte leur action, et accroissent leur force de la même manière qu'une ceinture médiocrement serrée augmente la vigueur d'un athlète. "
On ne peut admettre avec Pouleau que les muscles des membres , quoique retenus contre les os qui en forment le centre , par les enveloppes aponévroliques, puissent se déplacer et faire hernie. Lorsqu'on les contracte dans une position faussé ou vicieuse, quelques fibrilles se déchirent, et de là naissent la plupart de ces douleurs instantanées, souvent très-vives , que l'on connaît sous le nom dé crampe*. J'ai actuellement sous mes yeux l'exemple d'une petite fille dont l'aponévrose de la iambc , mise à découvert par suite d'une large ulcération* s'est exfoliée depuis la partie moyenne cl antérieure du membre jusqu'au coudepied. Celte exfolialion a été suivie du déplacement du muscle jambier antérieur, et de celui des extenseurs des orteils • la jambe s'esl déformée, les mouvements d'cxten.s'ion du pied eldes orleils sont difficiles, et deviendront bientôt impossibles , lorsqxie l'exfoliation des tendons suivra celle de l'aponévrose qui les garantissait du contacl do l'air.
CLVIII. Lorsqu'un muscle se conlracte, ses fibres se rident, se plissent en travers ; leurs extrëinilés se rapprochent , puis s'éloignent pour se rapprocher de nouveau. A ces oscillations ondulatoires qui sont très-rapides, succède une moindre agitation; le corps du muscle , gonflé, durci en se raccourcissant, a exercé un effort de traction sur le tendon qui le termine ; l'os auquel celui-ci s'attache a été remué, si d'autres puissances plus fortes que le muscle qui agit ne l'ont empêché d'obéir à celte action. Tels sont les phénomènes que présentent les muscles mis à découvert sur un animal vivant ou sur l'homme, lorsqu'on en provoque les contractions par l'application d'un stimulus. Mais ces contractions par cause extérieure n'ont jamais la force , l'instantanéité de celles que la volonté détermine d'une manière puissante et soudaine. Examinez un athlète maigri par une maladie , au moment où il contracte le biceps brachial pour fléchir fortement l'avanl-bras: on voit ce muscle se grossir tout-à-coup, se roidir , et persister immobile dans cette contraction pendant tout le temps que dure l'influx «érébral ou l'acte de la volonté qui le détermine.
Quoique les muscles se gonflent manifestement lorsqu'ils se contractent , et que les membres auxquels ils appartiennent se trouvent gênés par les liens que l'on passe autour 'd'eux (l) , néanmoins le volume total de l'organe contractile reste le même ; il perd en longueur autant à peu près qu'il acquiert en grosseur. Il s'en faut que les physiologistes aient été d'accord à ce sujet : les uns ont soutenu qu'il y avait augmentation, les autres, diminution du volume absolu du muscle contracté.
Borelli , qui s'est prononcé pour la première opinion, a voulu prouver cette augmentation par la gêne que les muscles du bras éprouvent lorsqu'ils sont places dans un instrument qui les entoure exactement, et qu'on veut ensuite les contracter; mais il n'a pas tenu compte du raccourcissement. Glisson imagina de mettre le bras dans l'eau , de le conlracler , et de voir si le niveau ne montait pas ; et il crut s'être assuré qu'il y avait abaissement du liquide au moment de la contraction. Carlisle fit une expérience du même genre, mais bien plus régulière : il fit placer le bras dans un vase plein d'eau et il luta l'extrémité supérieure du vase sur le bras ; un tube était en communication avec l'eau du vase, et l'eau qu'il contenait servait à marquer les variations de volume du bras par son ascension ou sa descente dans le tube. Or, il remarqua qu'au moment de la contraction le liquide montait dans le tube , ce qui annonçait l'augmentation de volume du bras. Ce résultat était opposé à celui de Glisson. Mais on peut objecter à toutes ces expériences , que l'on n'a pas agi seulement sur le muscle , mais sur toutes les parties vasculaires du membre, lesquelles peuvent éprouver quelques variations dans la quantité de sang qu'elles renferment à l'occasion des
(I) Tout le monde connaît cet Hercule de l'antiquité, qui pour montrer «a force ^ se faisait entourer la tôle d'un' bandeau de fer, qu'il brisait en serrant les inftchoires ; plicnomène dû à l'épaisseur accrue des muscles temporaux pendant leur contraction.
contractions des muscles. C'est à peu près la même objection que l'on peut adresser à Swamerdam, qui mit un cœur de grenouille dans l'eau , et vit lé liquidebaisser pendantsa contraction, elà Ermann qui obtint un résultat semblable avec un tronçon entier d'anguille. Ces résultats opposés lendentà établir qu'il n'y a pas de changement dansie volume du muscle , proposition que justifient lesexpériences suivantes. Blane mil une masse musculaire d'anguille d;uis un liquide, sollicita ses contraction» en l'excitant avec la pointe d'un slylet, et le liquide resta immobile pendant la contraction. Barzelolli avait fait l'expérience d'une manière plat délicate, en ne plaçant aucun autre corps étrangei dans le liquide , mais en sollicitant par un con. rant galvanique les contractions des muscles de train de derrière d'une grenouille. Son résultai fut le même; il n'y eut pas de mouvement dam le niveau du liquide. Enfin, MM. Prévost et Du mas , Mayo et plusieurs autres , ont , par des ex| périences semblables, confirmé l'opinion qu'il y ; compensation entre le raccourcissement et \'é paississement du muscle , d'où résulte son idcntil de volume.
Le muscle contracté devient élastique; c'est pa suite de cette élasticité que certaines parties à{ corps peuvent vibrer : l'air frapperait en vain le bords des cordes vocales, si la paralysie des rand cleslhyro-aryliiénoïdiens les privait deleur facuUj contractile , il ne pourrait plus leur imprimer vibrations d'où résulte la voix.
La couleur du muscle ne subit aucune altér tion. On a pensé autrefois que le muscle élaitcolor parle sang dont il était rempli , qu'en se contra^ tant , il chassait ce sang etperdail sa couleur. Cet opinion était appuyée sur la pâleur que préseq^ un cœur de grenouille au moment de sa syslolJ Maison sait aujourd'hui quelacoloralion du rousc| lui est inhérente , et l'on explique très-bien la leur du cœur de la grenouille par la transparent de ses parois, qui laisse voir le sang pendant 11 diastole, et donne par-là un aspect plus rouge 4| cœur que lors de l'expulsion de ce liquide.
Le muscle éprouve une suite de contractions de relâchements alternatifs rapprochés. Wollaslfl a découvert ces oscillations : en portant le doil dans l'oreille , il se produit alors un tremblemeni un frémissement à peu près semblable à un bnl lointain de roue. M. Gerdy révoque en doute c| oscillations , en donnant une autre explication i bruit donlje viens de parler : il croit la contractiil permanente. Cependant le stéthoscope appliq sur un muscle en contraction fait entendre même bruit que celui qui se produit quand le doil est dans l'oreille , et que Wollaston attribue àf suite des contractions qu'exécutent les niuscll du bras pour maintenir le doigt dans cette poj tion. Au reste, Haller avait déjà noté qu'un cerlJ bruit répondait à la formation des rides d'un mij cle contracté, mais que cela n'avait pas li^ dans les muscles de la vie organique , dont contractions sont lentes, sauf toutefois celles
Barihcz a décrit une modification active muscles, dans laquelle ilss'aloogent: c'est ce qi|
DES M0«VEME1ST9.
nommé la force d elongalion. Béclard a réfuté les ils qu'il donne à l'appui de celle force d'élongam , el il n'a point rej^ardé comme convaincants . s raisonnements qu'Autcnriclh elMeckcl ont douais en faveur de cette elongalion. Ainsi, l'alonnmenl de la trompe de l'éléphant, celui de la ftngue , se peuvent expliquer par la présence ! fibres circulaires ou du moins transversales, li, par leur raccourcissement joint à leur augentalion d'épaisseur , doiventopérer cet alongeenl. On ne peut non plus admettre avec Baribez ! qu'il a nommé une force de situation fixe dans s muscles. Voici ce qu'il entend par-là : si un ■omme vigoureux tient dans sa main une boule .igile qu'il pourrait aisément briser en rapprochant •5 doigts, et qu'on essaie de lui enlever coue h .lilo
la main , il pourra serrer les doigts , de manière lutler contre l'effort que vous emploierez pour les
écarter, et néanmoins ne pas les presser au fini de rompre la boule fragile qu'ils contiennent. y , cette force qui fait que ni les extenseurs ni les fchisseurs ne dépassent les limites de leurcontracm ou de leur relâchement actuel, est ce que îrlhez nomme force de situation fixe , sur laquelle i'étend longuement, el qu'il s'applaudil d'avoir rroduile dans le domaine de la physiologie. Mais i idées n'ont point été admises, et les auteurs ;)nt vu dans l'expérience dont parle Barlhez, 'une compensation exacte enlre l'action des mus- • s fléchisseurs et celle des extenseurs. En voyant lu différence qui existe entre les ■urnes sous le rapport de la force, on peut se ■mander si cela lient à ce que les fibres musculai- V sont plus nombreuses ou plus grosses chez l'un ! î chez l'autre. La dernière hypothèse est la plus ibbable , parce que , d'une pari , la surlace extéuure d'un muscle d'un bomme faible est lisse , lie; ses faisceaux sont excessivement minces, r.le surface, au contraire, est inégale, à faisceaux Dnoncés.chez l'athlète ; d'une autre part, le même trame peut être Irès-vigoureux , et quelque temps t es très-faible, elque, dans ce cas, on ne peut i!re s'empêcher de croire qu'il y a eu amaigrisse- I ni des muscles plutôt que diminution du nombre
fibres.
.Les mâles sont d'ordinaire plus forts que les eielles ; les Européens faisant usage d'une alimenïon substantielle, plus que les Sauvages qui lenl pauvrement. C'est ce dont le capitaine Péron t>t assuré en faisant des expériences comparatives 'C le dynamomètre sur des Européens et des Mvagesde la Nouvelle-Hollande el de la terre de •i-Diéracn.
^'intégrité des vaisseaux et des nerfs qui se disiment aux muscles est une condition indispenfie à leur conlraclion. Il suffit d mpêcher l'abord • sang ou du Huide nerveux par la ligature des tères ou des nerfs; d'empêcher, par celle des «nés, le retour du fluide qu'elles rapportent au
ur, pour que les muscles soient complètement
alysés. La section ou la ligalure des nerfs em- «he subilcmenl l'action des muscles auxquels ils ►iistribucnl. L'interception du cours du sangartéproduit le même effet , quoique d'une manière
MIS prompte el moins instantanée; el il est bien
remarquable que l'inlcgrilé des veines est presque aussi essentielle à l'action musculaire que celle des artères. Bocrhaave a expérimenté que la ligalure de la veine-cave au-dessus delà naissance des iliaques eniraînait la perte du mouvement dans les extrémités postérieures , aussi bien que celle de 1 aorte , pratiquée par Sténon à la même hauteur; ce qui prouve de plus en plus ce que nous avons dit ailleurs de la propriété stupéfiante du sang qui coule dans les veines.
La coniractilité des muscles destinés aux mouvements volontaires est en raison directe du nombre et de la grosseur des nerfs el des artères qui se répandent dans leur lissu. La langue qui, de tous les organes contractiles , est celui qui reçoit le plus de nerfs cérébraux , est aussi celui de tous ceux qui suut soumis à l'empire de la volonté , dont les mouvements sont les plus étendus , les plus libres , les plus variés (1 ). Les muscles du larynx, les intercostaux, n'en reçoivent guère moins , si on les compare au petit volume de ces parties, etc.
Il faut soigneusement distinguer dans les muscles l'aptitude de ces organes à se contracter, de la force avec laquelle ils se contractent. Les muscles débiles d'une femme vaporeuse se contractent avec une telle facilité, que souvent leur contraction paraîtinvolonlaire, landisque les muscles puissants d'un athlète n'entrent en action qu'autant qu'ils y sont portés par des stimulants énergiques, ou par une volonté bien déterminée.
L'action d'un excitant est nécessaire à la contraction de la fibre musculaire. L'excitant ordinaire des muscles de la vie de relation est la volonté. Je veux, el à l'instant le mouvement que j'ai conçu est exécuté. Cel excitant u'est pas le seul ; il y a des contractions qui se font pour ainsi dire à l'insu de la volonté, et d'autres qui s'y soustraient , comme chez les épileptiques , où la volonté n'exerce plus aucun empire. Enfin, l'irritation directe delà moelle épinière , d'un nerf, le fluide électrique traversant un muscle immédiatement ou médiatement par l'intermédiaire d'un nerf, sont encore des excitants de la contraction musculaire. Pour les muscles de la vie organique, il y a des excitants variés. En général, l'excitant est dû à la présence d'un liquide séparé de la surface interne du muscle par une couche membraneuse peu épaisse : tel est le sang pour le cœur, l'urine pour la vessie, la pâte alimentaire pour le tube digestif.
Revenons sur l'intervention de la volonté. Quel est le point de l'encéphale qui répond à cet acte de l'intelligence? Si l'on coupe un nerf ou la moelle épinière depuis la partie inférieure successivement jusqu'à la supérieure, on produit la paralysie des
(1) Il n'est pas besoin de répéter que nous ne parlons point ici des mouvements plus ou moins involontaires qu'exèculcnt les muscles qui reçoivent leurs nerfs, en parlie ou en totalité , des giands sympathiques. (Quoique la nature particulière de ces nerfs ait une grande inllticnce sur les facultés des organes dans le tissu desquels il» se répandent , on voit cependant que la règle gepéralc souffre jieu d'excrplions , puisque le cœur et le diaphragme, ce» organes qui tiennent le premier rang parmi les parties contractilè», reçoivent beaucoup de vaisseaui cl beaucoup de nerl'i.
ÉLÉ3IENTS DE PHYSIOLOGIE.
•iniscles qui reçoivent leurs nerfs des portions de moelle placcus au-dessous do la section , et cepentiant la volonté se produit encore : c'est donc dans le crâne qu'elle surgit. On a fait à celte proposition plusieurs objections , dont quelques-unes sont açsez extraordinaires. Ainsi, Perrault dit avoir coupé la tète d'une vipère qui continua à s'enfuir : or, ses mouvements bien coordonnés étaient indubitablement dirigés par la volonté. Redi et Fontana ont fait des expériences semblables. L'empereur Commode,dansses divertissements, faisait courirune autruche à laquelle il abattait subitement la tête , et l'animal mutilé continuait à courir encore quelques pas ; Kaw Boerhaave rapporte un fait semblable au sujet d'un coq auquel on avait jeté des aliments. Les fœtus qui viennent au monde acéphales et anencéphales , ont , pendant leur vie intra-utériqe, exécuté des mouvements volontaires.
Enfin, on a raconté des faits plus extraordinaires : une femme décapitée a pu marcher la longueur d'une aune; un homme décapité s'est ensuite poignardé. Si nous voulons apprécier ces différents faits, nous dirons que les derniers sont faux, et qu'une slupide crédulité peut seule les admettre, (juantaux reptiles, on ne peut nier les faits énoncés plus haut, non plus que celui dont M. Duméril a été témoin : ce savant a enlevé la tête d'une salamandre , a obtenu la cicatrisation delà plaie du tronc, et la salamandre a vécu pendant un an, accomplissant des mouvements très-réguliers. Mais nous avons déjà expliqué ces faits en disant que dans les animaux inférieurs , et pendant la vie cmbryoniiaire, les fonctions du système nerveux n'étaient pas centralisées , que loin de là , elles paraissaient complètement indépendantes tes unes des autres.
Quant aux oiseaux , ils n'ont pas couru longtemps ; on peut dire qu'une fois lancés , la forme do leurs articulations a favorisé la continuation de la marche : d'ailleurs, les mouvements étant conçus parla volonté, celle-ci peut être suspendue sans que pour cela les autres s'arrêtent subitement, attendu qu'ils ont été pour ainsi dire coordonnés à l'avance.
Nous pouvons conclure que dans les mammifères le siège de la volonté est dans l'encéphale, et probablement dans les lobes cérébraux. Les animaux sur lesquels MM. Magendie, Flourens, Rolando les ont détruits, pouvaient encore remuer; mais il n'y avait plus d'apparence de mouvement volontaire. L'intelligence transmet au muscle la volonté de se mouvoir à l'aide d'un agent particulier; elles mêmes organes, qui des parties sensibles avaient conduit les impressions jusqu'au lieu de l'encéphale ou s'en opère la perception , servent n transmettre cet agent de la locomotion jusqu'aux organes contractiles.
Rolando a placé le siège de la sécrétion de cet agent dans le cervelet, qu'il considère comme une pile vollaïque, analogue à l'appareil des tori'illcs; chaque lamelle du cervelet formant les éléments de la pile. Ce physiologiste a, d'un seul coup, tranché deux questions : la première, relative à l'organe sécréteur de l'agent , le cervelet; la seconde, relative à la nature de l'agent, le fluide électrique. Mai» la première hypothèse csl erro-
née, car on peut enlever le cervelet, et les animaux accomplissent encore des mouvements volontaires. D'autres pensent que c'est dans la moelle alongéê et la moelle vertébrale que se produilTexcitant, et il y a quelques raisons de le croire ; car , si on enlève le cerveau et qu'on irrite la moelle, on produit des mouvements; et de plus , la moelle suit, dans tous les animaux, le développement de leur système musculaire, en sorte que, plus l'animal est vigoureux , plus sa moelle épiniére est grosse, tandis que le cerveau est principalement en rapport avec l'intelligence.
Enfin, M. Fodera a expérimenté que si on enlève une portion d'arc des vertèbres, de manière à mettre à nu la moelle épinière, et qu'on jette ensuite l'animal dans les convulsions par la strychnine, on pourra, en comprimant la moelle découverte , suspendre les convulsions dans les muscles qui reçoivent leurs nerfs dans la parti comprimée, tandis qu'au-dessus et au-dessous 1 convulsions seront tout aussi violentes. Legallo* dit avoir obtenu de pareils résultats.
Nos mouvements sont parfaitement régulière quel que soit le nombre des muscles employés à 1 accomplir. Le système nerveux possède la facul de coordonner les contractions musculaires, de m nière à produire cette harmonie. Rolando est premier qui ait considéré le cervelet comme le r gulateur des mouvements ; ses travaux ont été de puis continués par M. Flourens, qui , de mêrî que Rolando, a enlevé les lobes cérébelleux , e M. Rouillaud qui les a brûlés; et ces expériraeni teurs ont remarqué que les animaux dont le c velet est détruit, ne peuvent que vouloir etremuer mais sans coordonner leurs contractions : d'où r' sultenl des mouvements tout-à-fail bizarres.
M. Magendie a obtenu des résultats un pend" fércnts; il a constaté un antagonisme parfait ente l'action du cervelet et des corps striés : le premi poussant irrésistiblement l'animal aux mouvemen en avant, et l'autre aux mouvements en arriè M. Magendie a de plus remarqué que , si l'on cou le pédoncule du cervelet d'un seul côté , l'anini tourne sur lui-même autour de son axe, et quelqn fois avec une telle rapidité, qu'il faitpUis de soixa révolutions dans une minute.
Ilrésulte de toutes ces expériences , quoique p sieurs d'entre elles soient assez disparates , que cervelet ne peut être considéré comme agent sensibilité (exclusivement au moins) , qu'il a n influence certaine sur les mouvements. Unesolu plus positive ne peut être donnée dans l'étal acH] de la science. On a tenté de rechercher le siégea la volonté qui préside aux mouvements de la I* gue. M. Rouillaud le place dans les lobes anl rieurs du cerveau; SL Récamior, dans une porti du centre ovale de Vieussens; M. Foville, dans corne d'Ammon. Ces deux dernières opinions sont point prouvées. Quant à la première , nous saurions l'admettre , puisque des observations « thentiques ont démontre que l'absence des lobes > térieurs, ou leur destruction par un cancer, n'a vaie apporté aucune gêne dans les mouvcmeuls de langue.
La moelle épinière joue deux rôles dans I
DES MOÏVKMEHTS.
iiidilions des contractions musculaires : elle sert mime organe condncleur et comme organe foraleur de lagent d'excitation qui , transmis par s nerfs , provoque la contraction des fibr«s larnues. On pourrait ici rechercher si la moelle coraplit celte double fonction par sa portion iitrale ou par sa périphérie, par ses cordons an- I leurs ou par ses cordons postérieurs, par sa bslance grise ou par sa substance blanche, uis , en nous occupant des fonctions de la moelle us le rapport de la sensibilité, nous avons prodé par voie dexclusion, et fait connaître d'amce que les cordons antérieurs étaient supposés ■pondre aux contractions musculaires. Nous ne péterons pas ici ce que nous avons dit à ce su- ( ; nous ajouterons seulement que , d'après Bellingeri , les cordons antérieurs de la moelle ^sident , ainsi que les postérieurs, aux conlraclis musculaires, tandis que la substance grise riduil la sensibilité , que les cordons postérieurs ut affectés à la contraction des muscles exteniirs, du sphincter de l'anus, et au relàcheent des muscles de la vessie destinés à retenir iiine; que les cordons antérieurs , au contraire, lit afieclés aux muscles fléchisseurs , à ceux qui liennent l'urine, et au relâchement des sphinc- I s de l'anus. Il y a dans celte théorie une idée i;énieuse qu'on retrouve déjà dans Hunter : st celle d'avoir doué les centres nerveux de •iix actions : l'une qui produit la contraction , litre le relâchement des muscles. Bellingeri est I" plus loin qu'Hunier en localisant celle double l)riélé. Il y a encore dans l'opinion de Bellingeri ii; autre considération intéressante : c'est qu'elle rmet d'expliquer quelques maladies qui ne poriit que sur un ordre de muscles : le tétanos, par mple , dans lequel les extenseurs seuls sont ^ .t'clés.
• Quoi qu'il en soit, on peut dire que les usages
• la moelle sont moins bien connus que ceux * s racines des nerfs spinaux ; mais on possède une 1 ttion exacte etprécieuse relalivemenlà l'influence (.e les côlés de l'encéphale exercent sur la sensiililé el la myolililé des moitiés droite ou gauche
I corps. L'action croisée de l'encéphale pour ces
I ux fonctions est universellement admise. Déjà lippocrale avait dit que ceux qui étaient frappés à téle du côlé droit élaient paralysés à gauche, vice versà. Ce fut par l'observalion des malades , non par l'ouverture des cadavres qu'IJippoale arriva à celle connaissance; mais peul-èlre pipposait-il que les accidents élaient dus à la comression du cerveau par un épanchement du côlé 1 lieu frappé. Les médecins qui suivirent Ilippoale ayant eu occasion d'observer plusieurs cas ms lesquels la paralysie occupait le même côté I corps que celui de la blessure du crâne, ré- )querent en doute l'assertion d'IIippocrale , et erent I effet croisé du cerveau; mais plus tard 1 reconnut que, dans ces cas, la lésion du cer- !au selait produite du côlé opposé à la blessure Meneure , en sorte que l'effet croisé du cerveau t de nouveau admis. En effet, il n'y a à cette •oposilion qu'un très pclit nombre d'exceptions le nous ferons bientôt con.iaîlre. On a lenlé
d'expliquer l'action croisée du cerveau à l'aide de connaissances anatoraiques. Entrevue par quelques auteurs, cette explication a surtout été- donnée par Gall. Elle repose sur l'entrecroisement des cordons antérieurs de la moelle , au-dessous des éminences pyramidales de la moelle. Presque tous les auteurs ont admis cette raison ; et sur cent médecins instruits , on en trouve quatre-vingt-dixneuf qui l'adoptent et s'en contentent. Cependant on peut lui adresser plusieurs objections que depuis long-temps nous avons pressenties , et qui ont été dirigées contre elle par un élève fort distingué de l'École de médecine. Si, en effet, l'enlrecroisement au-dessous des pyramides pouvait rendre compte de l'action croisée du cerveau , tout nerf né au-dessus de l'entrecroisement devrait présenter une paralysie directe quand il y a lésion de l'encéphale; et pourtant dans l'hémiplégie, quand la face est paralysée , elle l'est du même côté que le reste du corps , quoiqu'elle reçoive ses nerfs d'une portion du bulbe rachidien supérieure à l'entrecroisemenl. Quant aux cas , excessivement rares , dans lesquels on a trouvé la lésion du cerveau du même côté que la paralysie , il y a deux explications différentes qui en ont élé données : 1° D'après MM. Gall, Spurzheim et Blandin , il n'y a pas effet croisé lorsque le mal a son siège dans cette portion du cerveau qui reçoit les fibres de la moelle qui ne sont pas croisées : telles sont celles de l'olive. 2° D'après Valsalva et Morgagni , d'après notre savant confrère M. Boyer , à l'opinion duquel nous ajoutons la nôtre propre , ce n'est pas la lésion du côlé paralysé qui produit Thémiplégie; mais il existe conjointement avec elle une alléralion plus grave dans le côté opposé du cerveau, et c'est cette dernière qui produit les accidents. Si les phénomènes morbides démontrent un effet croisé , nul doute qu'il en soit ainsi pour l'accomplissement des fonctions normales de l'encéphale.
La moelle a-t-elle une action croisée? Galien a déjà connu le résultat d'une section latérale de cet organe. Quand on coupe , dit-il , une moitié gauche ou droite de la moelle , l'animal est paralysé du même côté. Cette assertion a élé vérifiée par tous les expérimentateurs. M. Fodera est le seul qui ait allribué à la moelle une action directe et une action croisée ; mais le résultat de ses expériences est tellement extraordinaire, que, pour être admis, il a besoin de faits nouveaux qui confirment les siens. Quant au cervelet , avant de rechercher s'il a une aclion directe ou croisée, il faudrait êlre d'abord bien certain de la part qu'il prend aux mouvements. Néanmoins, quelques physiologistes ont parlé de l'entrecroisement; M. Serres l'admet. D'autre part, on a communiqué à l'Académie de médecine une observation qui lui est opposée. MM. Rolando, Fodera elMagendie disent avoir remarqué une aclion directe el non oroisée du cervelet ; enfin , M. Andral a l'ait le relevé d'un nombre considérable de cas pathologiques dans lesquels une moitié latérale de cet organe était affectée; et il n'a pu en tirer aucune loi générale, tant ils élaient dil'férenls les uns des autres.
ÉLÉMENTS DE PIITSIOLOGIE.
La paralysie a quelquefois son siège dans le bras, d'autres fois dans la jambe. On a rccherchd si les mouYcmeiils do ces deux appendices étaient diriges par une porlion dilTérenle du cerveau. M. Boyer, s';:i)puyant sur des expériences et des fails patho!o<^i(iiios (îirés probablenaenl du Mémoire de Saucerolle, quoiqu'il ne le nomme pas), a établi que l'ailération du lobe antérieur du cerveau paralysait le bras , celle du lobe postérieur la jambe ; qu'enfin celle d'une porlion moyenne un peu grande entraînait l'hémiplégie complète. On a pendant long-temps adopté celte explication, et celte .opinion est encore celle du plus grand nombre, quoique, dans ces derniers temps, des observateurs aient avancé , à la même époque, et s'accusant mutuellement de plagiat, que le corps strié présidait aux mouvements de la jambe, et la couche optique à ceux du bras : théorie à laquelle les fails pathologiques ne sont pas favorables, puisque le bras est plus souvent paralysé que la jambe, tandis que l'hémorrhagie cérébrale a plus fréquemment son siège dans le corps strié que dans la couche optique.
Les nerfs transmettent au muscle l'ordre de se contracter. Peut-être ont-ils, outre la faculté d'être des organes conducteurs, une certaine puissance comme agents de création de l'excitant qui fait contracter le muscle. En effet, leur volume est proportionnel à celui des muscles qu'ils pénètrent, et l'irriiation d'un nerf coupé en travers entraine les contractions du muscle dans lequel il se rend.
Disons quelques mots d'une question qui a été bien longuement débattue, sur laquelle on a écrit des volumes sans s'entendre , et qui divisera peutêtre toujours les physiologistes : c'est cellede l'irritabilité musculaire. A la tête d'une école on doit mettre Haller, qui place dans le muscle la force contractile , propriété inhérente à la ûbre charnue, qui, pour entrer en action, n'exige riulerveutiou d'aucun nerf, et n'a besoin que d'im excitant de uature différente, nerveux, sanguin ou autre. Haller a fondé son opinion sur ce qu'un cœur arraché de la poitrine continue à se contracter, quoiqu'il n'ait plus de nerfs pour l'exciter au mouvement; sur ce qu'un muscle se contracte sans que la volonté intervienne, dans le cas où il esta découvert, comme après une amputation, et qu'on l'excite avec la pointe d'un stylet ; enfin , sur ce qu'un nerf coupé ne présente aucuns mouvements contractiles, et qu'ainsi il ne peut donner au muscle une faculté qu'il n'a pas lui-même. A la tète de l'autre école, on doit mettre Legallois , non qu'il ait le premier soutenu la nécessité des nerfs dans les contractions musculaires, mais parce qu'il a été le plus -vigoureux champion de cette opinion. Voici les arguments qu'il a fait valoir contre l'irritabilité halléricnne : Il n'y a pas de muscle , soit de la vie aniniale, soit de la vie organique, qui ne reçoive des nerfs , or, il est probable que ceux-ci ne se rendent pas en vain dans les muscles; si un muscle isolé se contracte, c'est qu'il a encore en lui des portions de nerfs qui entretiennent son irritabilité ; si on irrite une fibre charnue isolée, on entraîne la contraction du muscle entier, cependant les
fibres ne sont pas entremêlées les unes aux au' très ; il faut donc que le nerf ait transmis l'irri. talion à toutes. Henri de Manchester a repris lei raisonnements de Legallois , et y a j(jint une nouvelle expérience qui confirme encore celle dootrine. Kniin, Tiedemann professe une troisièiue opinion qui lui parait utie opinion mixte , tandis qu'elle n'est , à la rigueur que celle soutenue par Legallois. 11 pense qu'on est allé trop loin dq part et d'autre, que le muscle a la faculté de n contracter , et qu'un nerf est nécessaire pourquela contraction se produise. Mais nous ne resterons pas plus long-temps dans cette discussion , car sa solulion est, pour ainsi dire, subordonnée à la connaissance du mécanisme de la contraction , doul nous allons maintenant nous occuper.
CLIX. Parmi les hypothèses imaginées pour exprimer les phénomènes de la contraction musculaire, celle qui la fait dépendre des combinaisons de l'hy^ drogène , du carbone , de l'azote et des autres sub^ stances combustibles qui se trouvent dans le corps charnu du muscle, avec l'oxigène qu'apporte la sang des artères, n'est pas sans probabililés aux] yeux de plusieurs physiologistes. i Pour que cette combinaison s'opère, il faut, nonJ seulement que le sang artériel arrose la chair muM culaire, et que l'oxigène se mette en contant ave les substances qu'il doit oxider; il faut encore qu'u courant nerveux traverse le tissu du muscle, etd termine les compositions qui s'opèrent , comme 1 passage de l'étincelle électrique donne naissance l'eau par la combinaison des deux gaz dont elle es formée. Selon celte théorie , due à Girlannev, to les changements qui arrivent à un muscle qui contracte , le gonflement , le raccourcissement, 1 durcissement de son tissu , le changement de tem pérature , tiennent à celle action réciproque d éléments de la ûbre musculaire et de l'oxigène d sang artériel.
Voici les raisons qu'il allègue en faveur de so opinion : la chair musculaire est d'aulant plus dure plus ferme , plus brûlée , que l'animal se meut da vantage : on sait quelle différence existe entre I chair des bêtes fauves et celle de nos animaux do mesliques , entre la viande des volailles de basse cour et celle des oiseaux de haut vol : autant ell est, chez les premiers, blanche, douce, tendre e délicate, autant elle est chez les autres dure, fl breuse , coriace, noire, charbonnéc et forleraen odorante. La respiration , dont le principal usag est , dans cette doctrine , d'imprégner le sang arlë riel de l'oxigène nécessaire aux contractions de 1 fibre musculaire , est d'aulant plus complète, allé une quantité d'autant plus grande d'air alniospb rique, que les animaux sont par leur nature desliûé à plus de mouvements. Les oiseaux , obligés de » soulenirdans les airs par des mouvements forts pressés , sont aussi ceux qui respirent davantag Les athlètes, qui nous étonnent par le dcvelopp ment de leur organe musculaire et la grandeur d efforts dont ils sont capables, ont tous une poilrin fort ample , une voix forte, les poumons d'on grande capacité (1). Les coureurs, qui consomme
(I) ic n'ai jamais tu d'homme 1res- fort qui n'cul
DES MOUVEMENTS
e grande quantité dn principe moteur, halètent, (st-à-dire respirent précipitamment, afind'oxider plus possible le sang qui doit entretenir les coniclions nécessaires à la course.
I L'électricité a été considérée par un grand nombre physiologistes comme étant essentielle a la coniclion : c'est déjà ce qui est exprimé dans la théorie Girtanner. La découverte du galvanisme , dont parlerai plus loin , a surtout mis cette opinion en ^eur. Les physiologistes cités plus bas en ont tire parti très-ingénieux. .
Les expériences récentes(1823) de MM. Prévost Dumas apprennent qu'au moment ou 1 influx vrveux détermine une contraction musculaire, flaque Obre du muscle se fléchit en zig-zags. îchaque point de flexion répond un filament nermx , dont la direction est perpendiculaire à celle jla fibre musculaire, qu'il embrasse par une anse ; ,:, après avoir coupé à angle droit la direction S fibres musculaires, les filets des nerfs revien- Dt sur eux-mêmes, et rejoignent la branche qui i a produits. Cela posé , le phénomène de con- •ction musculaire a lieu par l'influence du double nrant électrique en sens parallèle , dont les nerfs it les conducteurs, A la faveur de ce double urant, des attractions et des répulsions allerna- '•es, toutes les fibres musculaires sont pliées en : -zags ; il y a raccourcissement sans que le \o- Mue du muscle augmente , au moins d'une ma- ^re appréciable. Pour étudier ces phénomènes, tf. Prévost et Dumas placent sous le microsrie un muscle assez mince pour conserver sa —.nsparence.
JQuelque ingénieuse et satisfaisante que soit cette blication, il lui manque, pour être démonstra- ;e, 1» la réalité de la disposition analomique des f fs , qu'eux seuls ont vu traverser le muscle *:s s'y arrêter ; 2" la présence du fluide électrique f circulation dans les nerfs, qui n'est qu'une hyh.hèse dont rien ne démontre l'exactitude, comme isis le verrons. On peut encore objecter qu'il est ficile de comprendre comment des filaments veux peuvent exercer une action assez puisle sur les muscles pour les rendre aussi durs tussi forts qu'ils le sont au moment de leur conîîtion.
H. Diitrochet a aussi voulu expliquer le mécajme de la contraction musculaire par l'influence r4'électricilé. Il admet d'abord que l'action élec- |ue , peut à elle seule créer des fibres musculai- ; il rappelle les travaux de MM. Prévost et mas, qui, à laide de la pile , ont déterminé la malion de globules dans de l'albumine, globes qui se retrouvent également dans la fibrine. |iajoute que si on fait une éraulsion avec du ne d'œuf, et qu'on dirige au travers un couit électrique , on voit se former deux ondes
l- es épaules ; ce qui indiqHe un {jrand (lévcloppcmcnt de «vité respiratoire. S'il est des individus qui paraissent oiislraire à celle loi générale , c'est que, par un fréquent ■cice , par une vie Inboricupc , ils ont augmenté la force irelle de leurs muscle». Cet accroissement est rarement irai , mais presque toujours borné à certaines parties lont été le» plus exercées, le bras, le» jambes ou le» l»ilei.
électrisées en sens inverse dans le liquide ; que ces ondes marchent à la rencontre l'une de l'autre; que l'une est alcaline et l'autre acide ; et que quand elles se sont rencontrées, il se produit dans toute leur étendue une ligne de fibrine qui est une fibre char nue susceptible de se contracter, qui ne diffère de celle des muscles que par sa couleur, et qui serait identique à la fibre musculaire , si, au lieu de jaune d'œuf, on avait employé du sang à sa fabrication. Celte fibre charnue forme des flexuosités comme celles décrites par MM. Prévost et Dumas. Les propriétés dont elle jouit sur une de ses faces sont opposées à celles de la face opposée ; ce qu'on reconnaît en arrosant ces surfaces , soit avec un acide, soit avec un alcali, d'où résulte une incurvation dans un sens ou dans l'autre de la fibre musculaire. Nous n'avons pas eu occasion de vérifier les faits énoncés par M. Dutrochet; mais, ils nous paraissent difficiles à admettre; et nous craignons que ce savant n'ait été abusé par le désir, si grand aujourd'hui , de tout expliquer par l'électricité.
CLX. Prépondérance des muscles fléchisseurs sur les extenseurs (1). Les muscles extenseurs sont généralement plus faibles que les fléchisseurs; aussi la situation la plus naturelle, celle dans laquelle toutes les forces se font mutuellement équilibre , celle que nos membres prennent durant le sommeil, lorsque la volonté cesse de déterminer l'influx vital dans les muscles soumis à son empire , celle que nous conservons le plus long-temps sans fatigue , est un état moyen entre la flexion et l'extension , une véritable demi-flexion.
On a voulu remonter aux causes de cette prépondérance des muscles fléchisseurs sur leurs antagonistes. SelonBorelli, les fléchisseurs de la même articulation étant moins longs que les extenseurs , et tous se contractant également (2) , les premiers doiventfaire parcouriraux membresun espace plus considérable , et les déterminer de leur côté. Mais , outre qu'il n'est point vrai que les fléchisseurs soient plus courts que les extenseurs, si l'on veut estimer parla longueur d'un muscle l'étendue des mouvements que son action peut produire, on ne doit ni mesurer la longueur totale du corps charnu, ni comprendre dans l'évaluation lacorde tendineuse qui le termine , mais avoir égard à la longueur particulière des fibres qui le composent, et de laquelle dépend en entier l'étendue des mouvemeuts que ses contractions déterminent.
Le degré de raccourcissement dont un muscle est susceptible est toujours relatif à la longueur de ses fibres charnues, comme la force avec laquelle il se contracte est en raison de leur nombre. Or , si les fibres des fléchisseurs sont plus nombreuses que celles des extenseurs, une conséquence nécessaire, c'est que les membres seront entraînés dans la
(1) La théorie de la prépondérance des muscles flcçhisseurs sur les extenseurs m'appartient esclusivemeul ; je l'ai, le premier, proposée dans le Recueil des Mcinoh'ps do lu SocùUé médicale de Paris , pour l'un vu de la république (1799).
(2) Musculi flcxore» ejusdeni arliculi breviores sunt extensoribus, et utrique œquè contrahuntur. Prop. 130, de Motu animalium.
flexion lorsque le principe du mouvement se distribuera en éj^ale quaiililé j et lors même que le nombre des ûbres serait égal dans les fléchisseurs et les extenseurs, les membres seraient encore fléchis , si les fibres des premiers étant plus longues , ils peuvent faire parcourir aux parties de plus grands espaces.
Si l'on examine les diverses régions du corps, les articulations des membres, et surtout celle du genou , dont la connaissance est la plus importante pour bien entendre la théorie de la station, on verra que les muscles fléchisseurs l'emportent de beaucoup sur les extenseurs pour le nombre et la longueur de leurs fibres charnues. Si l'on compare le biceps crural, le demi-tendineux , le demi-membraneux, le droit interne , le couturier les jumeaux , le plantaire grêle et le poplité , qui tous concourent à la flexion de la jambe sur la cuisse, au triceps crural et au droit antérieur , qui en opèrent l'extension , on verra bientôt que les fibres de ceux-ci sont bien plus courtes et moins nombreuses. Celles du couturier et du droit interne sont les plus longues de toutes celles des muscles employés aux mouvements volontaires : les ûbres des muscles postérieurs du membre ne le cèdent point pour la longueur à celle des autres muscles antérieurs.
D'un autre côté , les muscles fléchisseurs s'insèrent aux os qu'ils doivent mouvoir plus loin du centre de leurs mouvements. En effet , si l'insertion du demi-membraneux se fait à peu près à la mémo hauteur , le couturier , le droit interne, le demilendineux , le biceps et le poplité s'attachent plus bas que les extenseurs de la jambe. Mais celte différence est surtout marquée relativement au plantaire grêle et aux jumeaux, qui se terminent le plus loin possible du centre des mouvements, et agissent par un bras de levier qui a une longueur considérable Cl) ; enfin , le plus grand nombre de ces muscles s'écartent bien plusquelesextenseursduparallélisme avec les os de la jambe. On sait quel contour font les trois muscles couturier, droit interne et demi-tendineux , pour rendre plus avantageux l'angle sous lequel ils s'y insèrent.
Les muscles fléchisseurs , presque parallèles aux leviers qu'ils doivent mouvoir au moment où ils entrent en action, tendent à leur devenir perpendiculaires , à mesure que le mouvement de flexion s'exécute. Ainsi, le brachial antérieur, le biceps brachial et le long supinateur , dont la ligne moyenne de direction est presque parallèle à celle des os de l'avant-bras , lorsque la flexion de ce membre commence, deviennent obliques, puis perpendiculaires à ces os , et finissent par les rencontrer sous l'angle le plus avantageux à l'efficacité de leur action. Il en est de même des fléchisseurs de la jambe. L'angle de leur insertion s'agrandit à mesure qu'elle se fléchit sur la cuisse. Les muscles extenseurs , au
{l)On jumeaux i ainAi que main , ma line force est à une coadc, et celles (les
peut, S0U9 ce rapport, comparer les muscles lu long supinateur, dontl'usage n'est point borné, l'a fait voir Heisler , à opérer la supination do la i» qui fléchit encore l'avant-bras sur le bras avec d'autant plus grande, que son attache inférieure distance plus considérable de l'arlicidalion du que ses fibres sont les plus longues de toutes muscles de I cxlrémité supérieure.
contraire , sont dans les dispositions les plus favo rablesau moment où leur contraction commence à mesure que Textension s'opère, ils tendent à de^ venir parallèles aux leviers qu'ils meuvent ; lear
action est même neutraliséeavantque le paralléligme soit exact, au coude, par la résistance qu'oppose l'apophyse olécrane , et au genou , par les ligaments nombreux, et par les tendons placés vers la partie postérieure de l'articulation.
Les muscles fléchisseurs ont donc des fibres plai nombreuses et plus longues que les cxlcnscurg. Leur insertion se fait aux os, plus loin du centre de leurs mouvements , sous un angle plus ouvert et qui s'agrandit encore à mesure que les membre! se fléchissent. C'est à ces causes réunies que lesfléchisseurs doivent la supériorité dont ils jouissent c'est à la plus grande étendue des mouvements qn( ces muscles déterminent, que doit être attribuée li disposition des surfaces articulaires, presque toutei inclinées du côté de la flexion.
Cette prépondérance des muscles fléchisseï varie suivant les périodes des âges. Dans le fœtn» toutes les parties, repliées sur elles-mêmes, soi fléchies outre mesure : cette convolution du nouvi individu sur lui-même peut être aperçue dès II premiers temps de la gestation , lorsque, semblablV à une fève de haricot , et suspendu par le cordoi ombilical au milieu des eaux de l'amnios, l'embryoL flotte dans une cavité où il se trouve de plus el'' plus resserré à mesure qu'il s'approche du te de sa naissance. Cette flexion outrée des parties] nécessaire pour que le produit de la conception s'ai commode à la forme ellipsoïde de l'utérus, court à donner aux muscles qui l'opèrent la snpi riorité dont ils jouissent durant le reste de vie.
L'enfant nouveau-né conserve d'une manièi remarquable les habitudes de la gestation ; mai à mesure qu'il prend de l'accroissement , il se dresse sur lui-même ; des pandiculations fréquent annoncent qu'une juste proportion tend à s'étal entre les puissances musculaires. Lorsque l'enfai devient capable de se tenir debout, abandonné ses propres forces , toutes ses parties sont à dei fléchies, sa démarche est chancelante ; il vacille sai cesse sur son point d'appui. Vers le milieu de la Tij la prépondérance des fléchisseurs sur les exteuseo] devient moins apparente ; l'homme jouit du pl et entier exercice de sa faculté locomotrice; ml à mesure qu'il avance en âge , cette vigueur 1 donne, les muscles extenseurs redescendent degrés à cet état de débilité relative qu'ils avai dans l'enfance, et deviennent incapables d'assui la station d'une manière fixe et durable.
CLXIII. L'état de nos membres pendant le so meil se rapproche de celui du fœtus, qui, suiva la remarque de Buffon , peut être considéré conn profondément endormi. Sa cessation est suivi chez l'homnie ainsi que chez la plupart des a maux, des fréqucntespendiculations. Nousétcndc fortement nos membres pour dontier aux cxt< seurs le ton nécessaire aux fonctions qu'ils doivt remplir pendant l'état de veille (1). Barthez rappo
(1) Haller pense que ces extensions ont pour but
DES nOBVEMEniS.
ne semblable utilité les chants et les agitations ailes par lesquels le coq annonce son réveil. 1 peut arriver que, par une direction vicieuse 'influx vital , nos parties persistent dans l'exten- 1 durant le sommeil. Aussi Hippocrate recomnde-t-il d'observer soigneusement l'état des mbres tandis que le malade dort ; car, ajoule-t-il, s cet élal s'éloigne du naturel, plus il yaàcrainpour la vie. Dans certaines maladies nerveuses, actérisées par une aberration manifeste dans la ribution des forces vitales, l'extension soutenue t être regardée comme un sinistre présage. J'ai plusieurs fois occasion d'observer que , dans les >.iesqui.se compliquent de convulsions et de té- .os, ces accidents terribles sont annoncés par .:tension persévérante des membres durant le tameil , avant que la difQculté des mouvements a mâchoire puisse les faire pressentir.
CiCS maladies, les excès de tous genres introeent dans les muscles extenseurs une faiblesse litlve bien remarquable. Aussi voit-on les convaents, et ceux qui ont multiplié leurs jouissan- , marcher les genoux fléchis , d'autant plus que •débilité est plus grande, et que la force des «nseurs est plus radicalement énervée. Alors la oion des genoux a pour terme cet état dans lel le tendon des extenseurs de la jambe rencontre bla sous un angle dont la grandeur compense minution de leur énergie. Il est un état de l'émieanimale dans lequel tous les organes musrires paraissent las d'agir, et les membres indifnts à touteespèce de situation : dans cet élat, urs très-fâcheux, parce qu'il indique un dép presque absolu d'action dans un système d'or- «8 dont l'exercice est essentiel à la vie, état lies médecins sont convenus de désigner sous lom de prostration {\),\es, membres abandonnés
r cesser la sensation incommode que produit la flexion ■ ngée. (I Niinc quidem homines et animulia extendunt ;iU8 , qubd lis ferè conflexis dormiant , et, ex eo peri;uo situ, in musculis sensus incommodus oriatur, m extensione toliunt. n (Phaenomena cxpergiscen- , Elementa physiologise, tome V , p. 621.) ) Dans le traitement des maladies, c'est de l'appréwn de l'état des forces que le médecin tire ses indicali les plus lumineuses et les plus fécondes. Il me semble t devrait s'attacher à caractériser par des termes spéles les divers états de la dynamique animale, consi- V dans les différentes maladies. Notre langue , moins « en images que les langues anciennes, offrira dilRcileces dénominations caractéristiques, si utiles dans une e qui doit peindre les objets sous les couleurs les raies , sous les termes les plus voisins de la nature, idra donc recourir aux langues grecque et latine , liéfcrer peut-être cette dernière, généralement connue eux qui s'occupent de l'art de guérir. L'application de irincipe aux différents ordres de fièvres prouvera son é, et engagera sans doute à l'étendre à toutes les îs de dérangements morbifiques :
i3re inQammalorià seu synocho nplici (angeiotenicâ). . . Oppreasio virium. -bre blliosa seu ardente (gas- • lisauctaBroussais). . . . Fractura virium. 3re pituitosà seu morbo mucoso
nlentis B. ) Langttor virium.
jbre putridâ (adynamicà). . Frostralio virium. bribus malignis seu atactis. . Alaicia virium. "ibre peslilentiah (adeno-ner-
à eux-mêmes , tombent de tout leur poids, comme s'ils étaient paralysés; le corps immobile demeuro renversé sur le dos. Le malade ne peut changer d'attitude; cédant à sa pesanteur, il glisse sur lo plan incliné que le lit lui présente, et paraît extrêmement lourd à ceux qui le soulèvent, parc» que, s'abandonnant entièrement à leurs efforts, ils doivent le remuer comme un corps absolument inerte.
CLXIV. Force des muscles , manière de V estimer , déchets quelle éprouve. La force effective des muscles est immense , semble croître en raison des résistances qu'on lui oppose , et ne pourra jamais être évaluée que d'une manière approximative. Borelli est tombé dans de graves erreurs en estimant la force d'un muscle d'après son poids, comparé à celui d'un autre muscle; car, du tissu cellulaire , de la graisse , des parties tendineuses et aponévrotiques peuvent les surcharger, sans pour cela leur donner plus de force. Cette propriété est toujours relative au nombre des fibres charnues qui entrent dans leur composition : aussi la nature a-t-elle multiplié ces fibres dans les muscles qui doivent surmonter de grandes résistances. Et pour que cette multiplication ne donnât point aux membres un volume trop considérable, elleles a rendues plus courtes , en rapprochant leurs points d'insertion , qui se font toujours à des surfaces très étendues , soit aponévrotiques , soit osseuses. On peut, en général , juger de la force d'un muscle par l'étendue des surfaces auxquelles s'implantent ses fibres charnues : c'est ainsi que les jumeaux elle soléaire ont des fibres courtes , pressées , et disposées obliquement entre deux larges aponévroses.
Si la force avec laquelle un muscle se contracte est en raison du nombre de ses fibres , le degré ds raccourcissement dont il est susceptible , et par
Tosâ) Syderaiio virium.
Le premier terme, très-susceptible d'être rendu en français, exprime avec précision cet état dans lequel le système vivant, loin de manquer de forces, est embarrassé de leur excès, est opprimé sous sa propre puissance. On pourrait l'appliquer, avec de légères modifications, à tous les genres de phlegmasies et d'hémorrliagies actives.
La seconde dénomination , plus difficile à traduire, rend ce sentiment de contusion générale et de brisement qu8 les malades affectés de fièvre bilieuse ou de gastrite suivant M. Broussais, éprouvent dans tous les membres.
Cette douleur contusive se fait, à la vérité, ressentir dans la fièvre piluiteuse ou entérite ; mais celle-ci est plus particulièrement caractérisée par la langueur, l'abattement des forces. Un grand nombre de maladies lympha» tiques présentent le même phénomène.
La prostration, qui caractérise si éminemment les fièvres putrides , et leur a mérité le nom d'adynamiques , se reconnaît aisément à la presque cessation ou à la lésion notablo de toutes les fonctions confiées à des organes musculaires y comme le mouvement volontaire, la respiration , la circulation, la digestion, l'excrétion des urines, etc.
Le désordre introduit dans l'exercice des forces caractérise les ataxiques. Tout est iriégulier dans ces fièvres , et se succède d'une manière anomale. On pourrait en rapprocher, sous ce point de vue , plusieurs genre» de maladies nerveuses.
Enfin , le mot sydération me paraît exprimer avee force cette stupeur subite et profonde qui atterre en quelque sorte les malades que frappe la peste d'Orient.
ÉLÉMENT» DK PHYSIOLOGIE,
conséquent l'élenduo des mouveinenls qu'il peut imprimer aux membres, sont rclatil's à la longueur (les mêmes fibres. Ainsi , le muscle couturier , qui, de tous ceux du corps humain , a les fibres les plus longues, est aussi celui dont la contraction est la plus étendue, et qui imprime des mouvements plus considérables à la jambe. On ne peut assigner do limites précises au raccourcissement de chaque fibre raupculairo en particulier , Bernouilli et Keii l'ont évalué au tiers de la longueur totale de la fibre charnue ; Dumas la croit plus considérable encore : cependant MM. Prévost et Dumas, de Genève, après de nombreuses recherches à ce sujet, ne l'ont estimé que le quart environ de la longueur de la fibre musculaire : on peut penser avec Haller qu'il y a , sous ce rapport, de ladifférence entre les muscles de la vie de relation et ceux de la vie organique; car , si la plupart des muscles longs des membres ne perdent guère que le tiers ou le quart de leur longueur en se contractant, les fibres circulaires de l'estomac , qui , dans l'état de dilatation extrême de cet organe , représentent des cercles de prés d'un pied de diamètre, peuvent se resserrer à tel point, lorsqu'il reste long-temps vide, qu'elles forment des anneaux qui n'aient qu'un pouce de circonférence. Dans ces cas d'alongement ou de constriclion extrêmes, sont-ce les molécules dont la sérieformela fibrille musculaire, ou la substance qui leur sert de moyen d'union , qui ressentent le changement? ou bien celui-ci sepasse-t-il à la fois dans les unes et dans l'autre?
Quelle que soit la force des muscles, une grande partie de cette force est rendue inutile par la dis»position défavorable des organes de nos mouvements ; presque toujours parallèles aux os qu'elles doivent mouvoir, les puissances musculaires agissent avecd'autant moins d'efficacité sur ces leviers , que la ligne moyenne de leur direction est plus éloignée de la perpendiculaire, et s'approche davantage du parallélisme par rapport à eux.
La plupart des muscles s'implanlenl d'ailleurs aux os, très-près de leurs articulations ou du centre de leurs mouvements, et les meuvent à la manière des leviers du troisième genre, dans lesquels la puissance se trouve toujours placée entre le point d'appui et la résistance. En multipliant ainsi , dans la machine animale , les leviers du troisième genre , la nature a diminué les forces en augmenlanl les vitesses ; car , dans ce genre de levier, la puissance n'a besoin que de parcourir de très-petits espaces pour en faire parcourir des très-grands à la résistance. En outre, les fibres charnues n'exercent poi[it,en se raccourcissant, une traction directe surle tendon par lequel le muscle se termine ; presque toujours, ces fibres se rendent obliquement à l'expansion aponévrotique que forme la corde tendineuse en se prolongeant dans l'épaisseur du corps charnu : or, leur action s'exerçant suivant celle ligne plus ou moins oblique , se trouve décomposée, et il n'y a d'utilement employée que la parlio qui s'exerce suivant la direction du tendon. Les muscles passant souvent sur plusieurs arlicula- 'lions pour arriver à l'os qu'ils doivent mouvoir, lino partie de leur force se perd dans le jeu plus ou moins libre qu'exécutent les unes sur les autres les
diverses pièces sur lesquelles s'appuie l'os auquel ils s'insèrent. Toutes ces inperfections organiqnej entraînent un déchel énorme dans les forces , et en rendent inutile la plus grande portion. On a calculé que le muscle delloïde emploie une force cquiva. lente à 2,5fi8 livres pour vaincre une résistance de 50. Il ne faut pas croire néanmoins qu'il y |^| une perle de 2,5 1 8 livres; car le deltoïde , agissant sur l'épaule et sur le bras , emploie à peu prés |g moitié de sa force sur chacune de ces deux parties ce qui a fait dire que , pour estimer la force tolali d'un muscle, on doit doubler l'effet de sa rontrac tion , son action se passant en même tem|>s el surl( K poids qu'il soulève ou la résistance qu'il surmonte et sur le point fixe auquel s'attache son extrémi4| opposée.
Si les muscles étaient exactement parallèles aa^ os, ils ne pourraient les mouvoir en aucun sen^f! Aussi la nalure en a t-elle, autant qu'elle a po corrigé le parallélisme, en écartant, comme noi le verrons en étudiant le système osseux , les (i dons de la ligne moyenne de direction des os, en agrandissant les angles sous lesquels ils s'y i renl ; soit qu'elle ait placé sur leur trajet des os en changent la direction, comme le fonl la roi et les sésamoïdes ; soit que , pourproduire lem effet, elle ait donné aux extrérailés arlicul des os plus de volume qu'à leur partie moyen soit qu'elle ait établi , dans certains endroits, poulies de renvoi , sur lesquelles les tendons ou muscles eux-mêmes se réfléchissent d'une nière plus ou moins complète, comme on peut voirdanslesconlournésdu voiledu palais, lesobi râleurs internes , etc.
La nalure n'a donc point autant négligé les avi lages mécaniques qu'on pourrait le croire , en contentant d'un examen superficiel des orgaoi moteurs. Et si l'on fait attention que dans les verses conditions de la vie nous avons moins beso] de force que d'agilité ; que les forces pouvaient augmentées par la multiplication des fibres, tam qu'il n'existait d'autre moyen de gagner en vil que l'emploi mécanique de telle ou telle espèce levier ; et qu'enfin , pour que nos membres eu» les formes les plus avantageuses , il fallait que muscles fussent couchés sur les os , on conviem que , dans la disposition de ces organes , la natui en sacrifiant fréquemment la force à la vitesse concilié, autant qu'il était possible , ces deux monts presque inconciliables.
Quoique le levier du troisième genre se trof le plus fréquemment employé dans réconomieli maie , les deux autres leviers n'en sont point ell' renient bannis; il est même des membres qui présentent des leviers différents, suivant les raasci qui les mettent en mouvement : ainsi , prcnanf pied pour exemple, cette partie nous présente leviers de toute espèce. Le pied, détaché dot suspendu en l'air, est-il étendu sur la jambe forme un levier du premier genre ; le point dapj est dans l'articulation, et sépare la puissance qoi trouve au talon de la résistance qui existe dans pointe du pied abaissée: celle pointe appuie-t-c sur le sol, et nous tenons-nous debout sur lapoir des pieds , ils sont transformés en levier du seco
DES MOUVEMENTS
nre ; la puissance resie bien an lalon , mais ic iiit d'appui est transporté à l'autre exlrénailo du ier, et larésislauce au milieu, résistance qui Irès-considérable , puisque le poids entier du ps pèse sur l'articulation du pied avec la jambe. IIS la station sur la pointe des pieds , les muscles mollet se fatiguent prodigieusement quoique r action se trouve aidée (1) par l'emploi du le- 1 le plus avantageux, accommodé à la résistance ilus grande que la nature se soit opposée à elle- . me. Enfin, le pied est mu à la manière d'un I ier du troisième genre , lorsque, sans que le ion quitte le sol, nous soulevons la pointe du •d chargée d'un poids plus ou moins considé- »le.
CLXV. Ce que l'on nomme point fixe dans l'aca des organes musculaires ne mérite pas toujours nDom. Ainsi, quoique l'on dise avec raison que lilupart des muscles de la cuisse ont leur point I dans les os du bassin , auxquels s'attache leur (rémilé supérieure, et qu'ils meuvent le fémur I l'os des îles , moins mobile que lui , lorsque la ese est fixée par l'action d'autres muscles, ceux-ci mvenl le bassin sur elle, et leur point fixe deiAitleurpointmobile.il en est de même de tous imuscles du corps ; de manière que le point fixe «seulement celui qui, dans le plus grand nombre 1 cas , fournit un point d'appui à l'action muscure. Cette fixation nécessaire des os auxquels jîache l'une des extrémités d'un muscle que nous liions contracter, fait que le moindre raouvemt exige l'action de plusieurs muscles , et supee un mécanisme assez compliqué. Rien n'est 15 aisé que d'en administrer la preuve. Supposez hhnmme étendu parterre ou couché sur le dos; > veut relever sa tète, il faudra que la poitrine itienne le point fixe de l'action des muscles rno-cléido-mastoïdicns, principalement chargés ( ce mouvement. Or, pour que les pièces dont î semblage forme celte charpente osseuse restent jnobiles, il faut que la poitrine elle-même soit fie par l'action des muscles du bas-ventre, qui de r côté prennent sur le bassin le point fixe de T action ; celui-ci ne cède point, retenu parla litraction des fessiers, etc., etc. C'est d'après t(e observation que Winslow a le premier donné nrécepte de faire coucher les malades dont on til réduire les hernies , sur un plan parfaitement trizontal , en leur recommandant de ne point le- 1 la tête , afin que, les muscles de l'abdomen •tant relâchés , leurs diverses ouvertures se prêta une réduction plus facile.
(Les deux points opposés auxquels les extrémités I n muscle s altachenl sont-ils également mobiles? »!onlractiou les rapproche l'un de l'autre, en leur wanl parcourir des espaces égaux. Les esi)accs ■courus seraient inégaux, si la mobilité était diflente. Chaque muscle a son antagoniste, c'esl-à- .e un autre muscle dont l'action lui est directeint opposée. Ainsi, les fléchisseurs balancent lîtion des extenseurs , les abducteurs impriment
l) Des Tcvier. à bras inégaux , celui du secou.l genre 'le ,>lu9 favorable, puisque constamment le bras delà wnnce est plus long que celui .le la résistance.
des mouvements opposés à ceux que font exécuter les adducteurs. Lorsque deux muscles antagonistes d'égale force agissent en même temps sur une partie également mobile dans tous les sens, les forces opposées se détruisent réciproquement, et la partie reste immobile. Si nous les contractons à divers degrés, la partie se dirige vers le muscle dont la contraction est la plus forte ; si l'antagonisme n'est pas direct, elle suit une direction moyenne entre celle des deux puissances qui la meuvent. Ainsi , le muscle droit externe de l'œil n'est point l'antagoniste du droit inférieur de cet organe : aussi ces deux muscles venant à se contracter simultanément, l'œil ne se trouve porté ni en bas ni en dehors, mais en bas et en dehors en même temps: on dit alors qu'il se meut suivant la diagonale d'un parallélogramme, dont les deux muscles qui agissent formeraient les côtés.
CLXVL Nature de la chair musculaire. Nous ne parlerons point ici de la manière dont les muscles se nourrissent, en retenant dans les mailles de leur tissu la fibrine que le sang leur apporte en si grande abondance , que Bordeu a nommé ce liquide chair coulante , expression énergique et vraie , puisque tousles organes se séparent et s'accroissent en solidifiant ses diverses parties. Haller a le premier fait observer que la plupart des artères musculaires se recourbent sur elles-mêmes d'une façon remarquable , en pénétrant dans les muscles. Celte disposition, qui doit ralentir beaucoup le cours du sang, favorise la formation et la sécrétion de l'élément fibreux, dont le muscle s'empare pour l'approprier à sa substance , avec laquelle il a déjà une si frappante conformité. Le mouvement influe sur cette sécrétion nutritive d'une manière bien remarquable. Les muscles les plus exercés sont conslanmient ceux qui acquièrent le plus de force et de volume. Pour les atrophier et les réduire à des lames très-minces, enfaisant cesser la sécrétion du principe fibrineux , il suffit de les condamner à une entière inaction. Le mouvement musculaire favorise puissamment le cours et la distribution de toutes les humeurs. L'écoulement du sangveineux, à la suite de l'opération de la saignée , n'est jamais considérable, si l'on n'a pas l'attention de faire contracter les muscles de l'avanl-bras, en plaçant le lancetier dans la main du malade , cl en luirecommandant de le tourner sans cesse.
La nature chimique du muscle est la même , à peu de chose près, que celle de la fibrine retirée du sang (1). Comme cette dernière, il contient beaucoup d'azote , est par conséquent Irès-animalisé et éminemment putréfiable. C'esl de la chair musculaire que Berlhollel a retiré , en grande proportion, l'acide particulier des animaux , que ce chimiste nomme acide zoonique. Un principe analogue, retiré abondamment de la chair musculaire , a été
(1) Rien ne prouve mieux les différences cssenliellesqui existent entre la portion cliarnue des muscles et leurs partics tendine\i8c« cl aponévrotiquca , que l'analyse cliiniique de ces organes. Les tcn'lons et les aponévroses «e résolvent complètemenl en gélatine par une éb\illition prolongée , qui dessoclie, au contraire, la chair musculaire, en mettant la fibrine à nu par la fusion de la graisse, du tissu cellulaire, et de» sucs albumineux dont elle est enveloppée.
l^LÉUEKTS DB PHYSIOLOGIK.
dosigué SOUS lo nom d'osmazome par nos nouveaux chimistes ; c'est une espèce d'extrait animal , brunâtre , aromatique , cininemmeul restaurant ; c'est à lui que le bouillon doit sa saveur; le jusde viande en est presque entièrement l'orme. Quoique l'osmazomo soit un produit animal, on le trouve, par l'analyse , dans quelques espèces de champignons. Enfm , l'élément du sang à l'aide duquel se répare la chair musculaire , la fibrine est déjà empreinte des propriétés vitales, lorsqu'elle coule encore mêlée aux autres parties du liquide. On voit cette fibrine , retirée du sang et soumise à l'influence galvanique , Irémir évidemment et se contracter sous celte influence. Quel est l'instant où cette substance acquiert la faculté contractile? C'est sans doute au moment où elle s'organise en passant à l'élalsolide. Quel rapportexiste entre l'organisation de la matière et les propriétés vitales dont elle est douée? Question insoluble dans l'état actuel de la physiologie.
CLXVIL Galvanisme. Un professeur d'anatomie à l'université de Bologne , Galvani, faisait un jour des expériences sur l'électricité. Dans son laboratoire , etnon loin de la machine , se trouvaient des grenouilles écorchées, dont les membres entraient en convulsion chaque fois que l'on soutirait «ne étincelle. Surpris de ce phénomène, Galvani en fit le sujet de ses recherches , et reconnut que des métaux appli(jués aux nerfs et aux muscles de ces animaux déterminaient des contractions fortes et rapides, lorsqu'on les disposait d'une certaine manière, lia donné le nom d'électricité animale à cet ordre de nouveaux phénomènes , d'après l'analogie qu'il crut apercevoir entre ses effets et ceux que produit l'électricité. Cette découverte fut annoncée ; plusieurs savants, etprincipalemenlceux d'Italie , parmi lesquels ou distingue Volta , s'empressèrent d'ajouter auxlravaux de l'inventeur. La Société de Médecine d'Edimbourg crut devoir faire de ce point de physiologie le sujet d'un des prix qu'elle distribue chaque année , et couronna l'ouvrage du professeur Crève , de Mayence, dans lequel le terme d'irritation métallique ( irritamentum metallorum) se trouve substitué à celui d'électricité animale. Cette nouvelle dénomination est essentiellement mauvaise , puisqu'elle tend à faire croire que l'irritation par les métaux peut seule déterminer les phénomènes galvaniques, tandis que le charbon, l'eau et beaucoup d'autres substances peuvent également les produire. On a également renoncé au nom d'électricité ammaic , malgré l'indentilé reconnue entre les effets de l'électricité et ceux du galvanisme, pour employer de préférence ce dernier terme , qui , pouvant s'appliquer à la généralité des phénomènes , éternise la mémoire de leur premier observateur (1).
(1) Suker , dans le* Mémoires de P Académie de Berlin, et dans sa Théorie générale du plaisir, oiivrnge publié en 1757, et inséré, en 1769, dans un recueil imprimé à Bouillon , sous le titre de Temple du honhnur , tome III , p. 124, avait annoncé que, deux lames de différent» métaux étant placées l'une en dessus et l'autre en dessous de la langue, et inclinées l'une vers l'autre par leurs extrémités (u moment où elles se touchent, on éprouve une saveur
Pour donner naissance aux effets gai vanlquei , H faut établir une communication entre deux poinU d'une série d'organes nerveux et musculaires. Da cette manière, on forme un cercle dont un are ei| composé par les parties animales que l'on soumei à l'expérience, tandis que l'autre arc est figuré pat les instruments excitateurs , qui consisleul le plm souvent en plusieurs pièces , dont les unes , placëéi sous les parties animales, se nomment 5uppor{t; tandis que d'autres, destinées à établir commaoi< ti! cation entre ces derniers , sont appelées commun^- \i cateurs.
Pour former un cercle galvanique complet , pre nez une cuisse de grenouille dépouillée de sa peaa détachez le nerf crural jusqu'au genou, appliquez le sur une plaque de zinc; faites reposer sur an* plaque d'argent les muscles de la jambe , puis achej ^ vez l'arc excitateur, et complétez le cercle gal(fi vanique, en établissant communication entre le deux supports au moyen d'un fil de fer, de cuivrej d'étuin ou de plomb : au moment où le commaai cateur touchera les deux supports, une partie Yarc animal, formée par les muscles de la jam entrera en convulsion. Quoique cette dispositioj des parties animales et des instruments galvaniqi soit la plus favorable au développement de ces p] nomènes, on peut varier beaucoup la compositiol de l'arc animal et de l'arc excitateur. Ainsi , loi obtient des contractions en plaçant les deux soj ports sous le nerf, et en laissant les muscles bai du cercle galvanique ; ce qui prouve que les nei constituent essentiellement l'arc animal. Enfin cercle galvanique peut être entièrement animal pour cela, prenez une grenouille bien vive, ces à-dire jouissant d'une forte contraclilité : après a¥oj isolé le paquet des nerfs lombaires, présentez nerfs à la cuisse de la grenouille ; au moment contact , le membre entrera en convulsion. Le pi fesseur Aldini est le premier auteur de cette exj rience , qui est vraiment une des plus curieu en ce qu'elle nous conduit plus directement expliquer l'inlluence des nerfs sur les organes mn| culaires.
11 n'est pas nécessaire que les nerfs soient inta pour que les contractions aient lieu ; elles s'obse vent , soit que ces organes aient été liés , soit qu'i aient été coupés, pourvu qu'il y ait simple con guitc entre les deux bouts résultants de cette si tiou. Ceci prouve qu'on ne peut rigoureuseme conclure de ce qui arrive dans les phénomènes gi \aniques à ce qui s'opère dans l'action musculain
piquante, asseï souvent accompagnée d'une espèce de lu^ qui passe devant les yeux.
Cotiigno rapporte , Aansle Journal encyclopédique Bologne, 1786. n° 8, qu'un élève en médecine, disséqn» Mki line souris vivante, fut fort surpris d'éprouver dan» mnin une commotion électrique en touchant avec son S' pel l'un des nerfs de l'animal.
Ce fut seulement en 1789 que Galvani commença expériences. Il n'en est pas moins regardé comme inve leur, parce qu'en supposant qu'il connut lo» expcrienc précédentes , leurs auteurs n'en avaient tiré aucune co séquence, tandis qu'au contraire, Galvani, les répél»> les variant, les multipliant, reconnut, le premier, If» tence d'une sorte d'électricité dans I économie aniraïic
DES MOUVEMENTS
ufsqu'il suffit qu'on nerf, dans l'homme, soit Dupé ou serré par une ligature, pour que les uiscles auxquels il se distribue perdent la facullé e se mouvoir. J'ai cependant observé qu'en désor- ;iiiisanl par une forte contusion le nerf qui forme i totalité , ou seulement une partie de l'arc animal, Il interrompt ou au moins l'on rend plus difûcile , ! courant galvanique.
L'épiderme est un obstacle au développement es effets galvaniques ; ils se manifestent toujours Liblemenl dans le* parties qui en sont recouvertes. Irorsqu'il est humide, mince et délicat, il ne les Literrompt pas tout-à-fait ; et de là on déduit la Lssibililé de faire sur soi-même les expériences Uivanles :
> Mettez sous la langue une plaque de zinc; appli- Liez une plaque d'argent à la face supérieure de lit organe; faites-les loucher l'une et l'autre, et Lus percevrez une saveur acerbe, accompagnée juiD léger frémissement. Appliquez sur les yeux nux pièces métalliques hétérogènes , puis faites-les lommuniqucr, et vous apercevrez des étincelles. Lacez un morceau d'argent dans la bouche ; introliiisez dans l'anus un gland d'élain, de cuivre ou de Lut autre métal ; établissez communication avec 1 1 Gl de fer : ce long muscle creux, qui de la luiuche s'étend jusqu'à l'anus en formant la base du B.nal digestif, éprouve une secousse marquée : on 1 1 parvenu ainsi à purger doucement , en occasioloint des coliques légères. Humboldl , après avoir jl.-taché l'épiderme de la nuque et du dos au moyen
I ■ deux vésicaloires , fit appliquer des métaux sur mi parties découvertes, et ressentit dans chacune uns vifs picotements , accompagnés d'une excrétion kro-sanguinolente , au moment où l'on établit la lommunicalion.
I(0n peut construire l'arc excitateur avec trois, luux , ou même un seul métal; avec des alliages, ms amalgames ou autres combinaisons ractalliletes et minérales; avec des substances charbonneuses , etc. (1) : et l'on observe que les métaux ,
II i sont en général les excitateurs les plus puis- ■ints, sollicitent avec d'autant plus d'avantage les kntractions qu'ils offrent une plus large surface. Bes métaux sont plus ou moins excitateurs : ainsi, mn observe que le zinc, l'or, l'argent, l'étain , knnent le premier rang, puis le cuivre, le plomb, lanickel, l'antimoine, etc., sans qu'on puisse trouver locan rapport entre ces divers degrés de puissance Récitante et leurs propriétés physiques, comme leur Iksanteiir , leur malléabilité, etc.
iCCLXyilI. 11 en est de la susceptibilité galvanique Bimme de l'irritabilité musculaire : elle s'épuise par
■ 4 exercice trop prolongé , et se répare lorsqu'on nsée quelque temps les parties en repos. L'imraermon des nerfs et des muscles dans l'alcool et les ■^solutions opiacées affaiblit et va même jusqu'à ■ieindre cette susceptibilité , de la même manière ■ns doute que. dans l'homme vivant, l'usage immomaé de ces substances engourdit et paralyse l'action ■nsculaire. L'immersion dans l'acide hydrochlo-
■ (!) Se me suis nervi avec succès, pendant Tbiver de ■toc, de glaçons employés, soit comme supports ou ■toatiires , soit comme communicateurs.
rlque redonne aux parties fatiguées le pouvoir de répondre aux stimulus. Humboldt a observé que la saison du printemps, comme la jeunesse des grenouilles , favorisait la naissance des phénomènes , et que les pâtes antérieures de ces reptiles, avec lesquelles le mâle se cramponne sur le dos de la femelle en serrant ses côtés . sont plus excitables que ses pâtes postérieures ; tandis que, dans l'autre sexe , ces dernières sont, au contraire , celles qui jouissent de laplus grande susceptibilité. Hallé s'est assuré, par des expériences faites à l'École de médecine de Paris , que les muscle des animaux tués par des décharges répétées d'une batterie électrique , éprouvent un accroissement de susceptibilité galvanique ; que cette propriété subsiste sans altération dans les animaux asphyxiés, par la submersion dans le mercure , parle gaz hydrogène pur, hydrogène carboné, acide hydrochlorique et acide sulfureux, parla strangulation, par la privation d'air dans la machine pneumatique; qu'elle est affaiblie après les asphyxies par submersion, par les gaz hydrogène sulfuré, azote, ammoniac, et qu'enfin elle est absolument anéantie dans les animaux que suffoque la vapeur du charbon. Le printemps est la saison peudanllaquelle les expériences galvaniques réussissent le mieux; un surcroît de vie semble alors animer tous les êtres ; c'est aussi vers celte époque que le plus grand nombre travaille à la reproduction des espèces.
GLXIX. La susceptibilité galvanique s'éteint dans les muscles des animaux à sang chaud à mesure que la chaleur vitale se dissipe. Quelquefois même , lorsque la vie de ces animaux s'est terminée par des mouvements convulsifs, la contractilité ne peut plus être mise en action , quoique la chaleur ne soit point complètement éteinte, comme si celte propriété vitale se consumait par les convulsions au milieu desquelles ces animaux rendent les derniers soupirs. Dans ceux à sang froid , au contraire , la susceptibilité est plus durable : long-temps après avoir clé séparées de tout , et même jusqu'au moment où la putréfaction s'en empare , des cuisses de grenouilles répondent aux stimulants galvaniques, sans doute parce que, chez ces animaux, la contractilité est liée d'une manière moins intime à la respiration, que la vie est moins unie , qu'elle est plus partagée en différents organes qui ont moins besoin d'agir les uns sur les autres pour l'exécution de ses phénomènes.
La contractilité est donc, comme je l'ai prouvé dans un autre ouvrage, trop peu durable chez l'homme pour que les expériences galvaniques tentées après sa mort puissent fournir quelques lumières sur l'affaiblissement plus ou moins considérable de cette propriété vitale dans les diverses maladies. Les auteurs qui ont avancé que la susceptibilité galvanique est plutôt éteinte dans les cadavres des personnes mortes d'affections scorbutiques que dans ceux qui ont succombé à des maladies inflammatoires, ont donc hasardé une conjecture assez probable , mais qui ne peut être confirmée par l'expérience.
Nyslen a recherché dans quel ordre l'excitabilité des muscles par l'électricité s'éteignait en eux. Il a reconnu que celte faculté disparaissait succea-
sivomciil dans le ventricule gaucho, le gros înleslin . le j^rèle , rcsiomac, la vessie, le venlriciile droit, l'œsophafje, l'iris, les aiiiscles de la vie de relation , rorciilelto gauche, et enfin la droite; de telle sorte (jue le cœur ne fût plus que par une portion lie son olondue l'ultimum moriens.
CLXX. Appareil de Volta ou pile galvanique. Curieux de déterminer les rapports soupçonnés par plusieurs physiciens entre l'électricilé elle galvanisme, Volta a imaginé l'appareil suivant, qui se trouve décrit, aussi bien que les effets qu'il produit, dans un mémoire présenté par ce savant à la Société royale de Londres. Ces effets prouvent la plus frappante analogie entre ces deux ordres de phénomènes, comme on va le voir par leur exposé succinct. Élevez une pile, en posant successivement une plaque de zinc , une plaque de carton mouillé (1), une plaque d'argent , puis une seconde plaipie de zinc , etc., jusqu'à ce que la pile ail plusieurs pieds d'élévation, car les effets qu'elle produit sont d'autant plus marqués qu'elle est plus élevée ; puis touchez à la fois les deux extrémités de la pile avec nn même fil de fer : au moment du conlacl il s'excile une étincelle aux extrémités do la pile, et souvent on aperçoit en même temps des points lumineux, à différentes hauteurs, aux endroits où le zinc et l'argent se touchent. Éprouvée par l'électrométre de Coulomb, l'extrémité de la pile qui répond au zicc paraît électrisée positivement; celle qui est formée par l'argent donne, au contraire, les signes d'électricité négative ou résineuse.
Si , après avoir mouillé les deux mains , en les trempant dans l'eau , ou mieux encore dans une dissolution saline, on touche les deux extrémités de la pile, on ressent dans les articulations des doigts et des coudes une commotion suivie d'un picotement incommode.
. Cet effet peut être ressenti par plusieurs personnes qui se tiennent par la main , comme dans l'expérience de Leyde; il est d'autant plus sensible , la composition de la pile étant d'ailleurs la même , que la chaîne est composée d'un plus petit nombre d'individus, et qu'ils sont mieux isolés.
La pile de Volta s'électrise constamment d'ellemême ; ses effets paraissent augmenter à mesure qu'on les sollicite, et se renouvellent bientôt avec plus de force, lorsqu'on les a alïaiblis par de puissantes décharges, tandis qu'une bouteille de Leyde, une fois dochargée , a besoin d'être électrisée de nou\eau. Celle-ci perd d'ailleurs, par l'humidité ,
(1) Les expériences de MiM. Traill , Cumming et Marsh (pliildsophicul Magazine, november 1823) viennent de jirouver que la clialeur peut tenir la place do riiumidilc, en sorte qu'il siifQt d'échauffer \in appareil électro-galvaniqne pour que l'électricité s'y développe par le simple contact des métaux hétérogènes , et sans interposition d'un corps liumide. Ces expériences ont fait découvrir de nouveaux rapports entre le magnétisme et l'électricité , en imanifestant l'influence d'un circuit thermo-électrique sur l'aiguille aimantée. La chaleur, la lumière, l'électricité, tous ces agents que nous nommons impondérables, ne seraicnl-ils que des modifications du môme principe , ou tnieiu lies propriétés de ce que le» anciens philosophes tppelaicnl l'ftme du monde?
ses propriétés électriques , tandis que celles de U pile restent les mêmes, quoique l'eau ruisselle de tous cotés, et ne s'éteignent <iue par l'immersion entière dans ce liquide. Par la découverte do sa pile, Voila a donc rendu un service immense à cette partie de la physique qui traite de l'électricité.
Si l'on introduit dans un tube rempli d'eau, et hermétiquement fermé par deux bouchons de liège, les extrémités de deux fils d'un même métal, qui . par l'autre extrémité , sont en contact, l'an avec le sommet, l'autre avec la base de la pile galvanique , ces deux bouts , rapprochés à la distance de quelques lignes, éprouvent des changement» manifestes au moment où l'on louche les extrémités de la pile. Le fil, en conlacl avec l'exlrémité de la pile qui répond au zinc, se couvre de buliej de gaz hydrogène ; celui qui touche l'extrémité formée par l'argent s'oxide. Si l'on rapproche les bouts de fil qui plongent dans l'eau , et qu'on le§ fasse se toucher, tout effet cesse : il ne se fait pl ni dégagement de bulles d'une part , ni oxidationl de l'aulre. Les plaques de zinc et d'argent s'oxt-| dent également dans la pile, mais seulement pai les surfaces qui touchent le carton mouillé , et trè« peu , ou point du tout , par la surface opposée , etcj
Les propriétés de la pile de Volta et de tous appareils électriques analogues , tels que la con ronne à lasses , tiennent à celle qu'ont deux métao! hétérogènes en contact de se constituer dans den: étals d'électricité différente , l'une positive , el l'aa tre négative. D'autres corps dans la nature jouli sent de la même propriété de se mettre , par le sim pie contact dans un état électrique, c'est-à-dire di produire la plupart des phénomènes qui dénoten l'accumulation de l'électricilé, telles que des si cousses , des irritations, des étincelles. Le nouve appareil électrique est devenu , entre les main des chimistes , le plus puissant moyen d'analyse] « Ou a trouvé , dit M. Davy (1), que divers corp| composés étaient susceptibles de décomposilioi par l'électricité; el des expériences que j'ai ei le bonheur de faire ont prouvé que plusieni substances qui , dans tous les procédés auxquel| elles avaient été soumises n'avaient jamais sa\ de transformation , étaient susceptibles d'ani lyse par les forces électriques : ainsi on a mont que les alcalis fixes et la plupart des terres élai des métaux combinés avec l'oxigène. Divei agents nouveaux ont été ainsi procurés à la di| mie, el ils ont fait découvrir plusieurs résuit»' qui, en même temps qu'ils ont confirmé quelque unes des doctrines de l'école de Lavoisier , e ont renversé d'autres , cl ont prouvé que les idé< » générales des philosophes aniiphlogisticicns n'. » valent pas anlicipé sur la masse entière desdécoi » vertes. » !
Les cires organisés , et spécialement le corjj' de l'homme, composés par l'assemblage d'un grart> nombre de substances hétérogènes en contact, nof présentent de véritables appareils électriques coi^a pliqués, dans lesquels le principe dont les nerfs so
(J) Éléments of chemical philosophy , by sir Ilunipl Davy. London, 1812, p. 1, 1.
DES M013VEJIERTS.
îs conducteurs , semble agir d'une manière ana- .igue à celle do l clcclricilo. Depuis long temps !i avait reconnu dans certains poissons le pouvoir engourdir la main qui les touche , ou même exercer, à une certaine distance, cette l'acuité irporifique, de manière à paralyser les animaux Dul ils font leur proie, et à les empêcher de fuir, edi el plusieurs physiciens avaient vainement icrchc à expliquer ce phénomène , lorsque Yalsh, .embre de la Société royale de Londres, démona l'identité de la vertu de la torpille et de l'action n fluide électrique (1). L'anguille de Surinam nymnotus electricus ) jouit delà même propriété ue la raie torpille; trois autres espèces de poisans sont douées du même pouvoir , mais à un de- .ré pins faible (2). John Hunter a le premier fait annaîlre l'organe dans lequel réside celte singuére propriété. Aux deux côtés du crâne el de la Ditrinedela torpille existe un appareil membraîux, formé de larme et de tuyaux multipliés, onl l'intérieur est partagé lui-même par un grand ombre de cloisons sur lesquelles beaucoup de erfs se répandent. L'animal paraît doué de la cullé de développer réleclricilé par le frottement le contact mutuel de celte multitude de surfaces amides ; il produit une quantité de fluide éleclri- •je tellement surabondante , qu'il peut décharger plusieurs reprises cet appareil fulminant, engourr ainsi la main du pécheur qui veut le saisir , et apper de stupeur les poissons qui se trou-vent à sa i!)rtée. Los organes lorporifiques de l'anguille de irinam sont encore plus puissants. Les surfaces jmides que présentent ces organes , au nombre 1 quatre , offrent une étendue plus considérable: l^!ssi ce gymnote peut-il engourdir cl tuer de grands iiiroaux , des chevaux et des mulets, par exeme (3). Tel est l'appareil particulier auquel certains ■ires doivent la propriété singulière de développer ine somme d'électricité supérieure à celle qu'exi- |r ni les besoins de la \ie.
Galvani s'aperçut bientôt de l'analogie des phénmènes offerts par la torpille , avec ceux que le .sard lui avait fait découvrir ; il fil -voir qu'une ande quantité de nerfs se rendent aux surfaces ultiplices des organes électriques: l'ablation du rveau et de la moelle épinière , la section des r rfs, ôtenl à la torpille sa verlu engourdissante ; sorte qu'ici, comme dans tous les animaux , les rfs jouent le rôle principal dans la production de leclricilé animale. Sans leur influence, les appalUIs électriques que possèdent naturellement cerns animaux ne pourraient donner naissance aux tiénomènes que produit, sans le concours d'aune force étrangère, une suile de métaux héléronc8 séparés par des corps humides.
Dans l'ctal actuel de la science, le galvanisme l'parlicnl davantage aux sciences physico-chimil'es qii'à celle de l'économie animale : ses effets r nos organes sont analogues à ceux de réleclri-
(1) Of (lie clcclric propcrlv of ihe torpédo. Lon- (1 , 1774.
(2) Ce Bont un tétrodon , nn Iricliiure et un silure, f^uy. 3épède , Histoire naiurello des poissons. 3) Humboldt, Voyage aux région» équinoxiales, etc.
cité. Cependant les expériences faites par nallé et Thillaye prouvent que les effets de la pile pénètrent et affectent les organes nerveux et musculaires plus profondément, que les appareils électriques ordinaires ; qu'ils provoquent de vives contractions, des sensations fortes de picotement el de brûlure dans les parties que leur état maladif rend insensibles aux étincelles , et même aux commotions électriques. Un homme dont tous les muscles du côté gauche delà face claient paralysés, n'éprouvait aucun effet de la commotion électrique. On le soumit à l'action galvanique d'une pile de cin-" quanle étages , en faisant communiquer, au moyen de chaînes et d'excitateurs métalliques, les deux exlrémités de la pile avec différents points de la joue malade : au moment du contact, tous les muscles de la face entrèrent en convulsion, avec chaleur, douleur, etc. Ces essais, répétés pendant plus de six mois , ont à peu près ramené les parties à l'état naturel.
Le professeur Alibert a appliqué le galvanisme, avec un succès encore plus marqué, sur un prêtre frappé d'hémiplégie. Ce malade, couché dans les salles de l'hôpital Saint-Louis, a recouvré le mou- ■vement du côté paralysé d'une manière assez marquée pour pouvoir marcher presque sans aide, et se servir de sonbras droit pour satisfaire àsesbesoins. Le traitement a duré plusieurs mois. La pile dont ou a fait usage était composée de cinquante étages, zinc et cuivre. J'ai employé le piême appareil sur un officier suédois qui a réclamé mes soins pour une surdité incomplète , jusqu'alors rebelle à tous les moyens connus , administrés dans divers pays 'd'Allemagne. De fortes commotions électriques , conseillées par Hufeland, avaient dissipé en grande partie la durelé de l'ouïe; mais celle amélioralion n'était que temporaire : elle a cessé avec l'administration de l'électricité. Dès la première épreuve galvanique , j'ai obtenu le même effet. L'extrémité d'un conducteur étant mise dans le conduit auditif externe du côté droit (mouillé avec une dissolution de muriate d'ammoniaque, aussi bien que les rondelles d'étofts qui entrent dans la composition do la pile) , la main gauche , trempée dans la même liqueur, touche un conducteur placé au pôle cuivre; aussitôt une irritation , suivie de picotements douloureux, s'établit dans l'oreille , dont le pavillon rowgil d'une manière remarquable L'organe cérébral participe à l'excilcraenl ; les yeux entrevoient des bluetles ; et l'effet est tel, qu'après être resté quelques minutes dans le cercle galvanique fermé, le malade éprouve une sorte d'ivresse. J'ai porté , comme on l'a fait à Berlin , une irritation encore plus directe sur l'oreille droite, qui esl la plus dure , en introduisant derrière le voile du palais, sur l'orifice guttural de la trompe d'Eustache, le boulon qui termine le conducteur du pôle zinc ; j'ai encore fait répondre celte extrémité à une surface dénudée parle ■vésicaloire derrière celte oreille malade.
Pour employer le galvanisme dans la paralysie de la vessie, il faudrait placer le conducteur du pôle zinc dans le rectum , celui de l'autre pôle devant répondre à un vésicaloire appliqué au-dessus du pubis, ou bien à la partie supérieure de la cuisse»
Dans la foraine , on devrait préférer le yagin au rectum ; les parties molles qui font l'offlce de conducteurs humides remplissant d'autant mieux cetio destination qu'elles ont moins d'épaisseur. Le gal- 'vanisme est donc un stimulant énergique des forces \itales : on peut l'employer avec beaucoup d'avantage dans toutes les paralysies du sentiment et du mouvement. Il agit comme irritant; il rubéfie la peau à laquelle on l'applique , en y déterminant l'abord du sang et un développement plus considérable de chaleur. Monro se procurait à volonté une hémorrhagie nasale en l'appliquant à la membrane piluilaire. J'ai faitdiverses expériencesquiontpour but de constater l'efflcacité du galvanisme dans les tumeurs blanches des articulations, et dans les ulcères qui pèchent par défaut de ton , tels que ceux qui ont le scorbut pour complication ou pour cause, etc. : dans tous ces cas , il agit comme résolutif et comme tonique. Les asphyxies sont les cas dans lesquels on peut se promettre les plus grands avantages du galvanisme, pourvu qu'on en fasse l'application avant que toute la chaleur vitale soit éteinte.
La cause productrice des phénomènes galvaniques n'est-elle autre chose que le principe vital lui-même; ou plutôt la vie et ses propriétés, dans les êtres qui en sont doués , sont-ils un produit de celle modiûcation de l'électricité à laquelle on donne le nom de galvanisme'} Les médecins allemands ne se contentent pas de proposer celle opinion comme une simple conjecUire ; selon eux, tous les phénomènes que les corp'i organisés présentent tiennent à la diversité de leurs organes, au mélange deleurs parties, miscellœ partium {l).'Toul dans l'homme, comme dans le reste de la nature, existe «ous l'empire de deux forces opposées ; tout estattraction ou répulsion , dilatation ou condensation ; le magnétisme, l'électricité, la lumière, la chaleur, le son , le galvanisme, tous ces éléments impondérables présentent ces deux forces opposées, attirent on repoussent, sont dans un état positif ou négatif. Ces éléments impondérables, plus ou moins adhérents à nos organes , en déterminent l'action différente , suivant que, par leur nature diverse, nos parliesjouissenld'une propriété conductrice ou isolante de ces agents de la nature. Les phénomènes magnétiques, électriques, galvaniques, ont en effet de nombreuses ressemblances avec les phénomènes de la vie. Leurs principes ne sont pas soumis aux lois ordinaires de la matière, ne gravitent point vers le centre de la terre, ont une action qui, en s'exerçanl, ne tendpointessenlielleraenlà s'épuiser et à s'affaiblir comme toutes les actions chimiques et mécaniques ; en outre, les substances impondérables agissent à des distances plus ou moins grandes, tandis que toute action chimique ou mécanique suppose le contact immédiat; elles agissent avec une rapidité presque incommensurable, pénètrent les corps sans obstacle , et se propagent sans confusion dans des directions inOniment variées, et souvent opposées. Le son , la chaleur, la lumière, offrent à cet égard des propriétés analogues à celles
(1) Prochaska, Sprrng*! , Hilter, Hildebrandl, Autenjietb, eto.
du fluide électrique; les rayons lumineux , commt les rayons sonores , se croisent sans confusion , i« divisent et se multiplient à l'infini, etc., etc.' La pensée, ce résultat merveilleux de l'organisation n'offre rien de plus rapide, rien de plus compliqué* rien de plus inconcevable dans ses phénomènesquê les singulières actions du magnétisme , de l'électricité et du galvanisme.
Les dernières recherches des physiciens viennent d'établir que le principe des phénomènes da magnétisme est identique avec l'électricité. Qui pourrait assurer que la lumière et la chaleur ne sont pas elles-mêmes des modifications de ce priacipe universel, dont le soleil, centre de notre système, serait alors le vaste réservoir? Mau« opaque , immense, auprès de laquelle la terre pa> raît un atome, tournant sur lui-même avec une extrême rapidité , environné d'une atmosphère beaucoup plus dense que la nôlre ('Newton); atmosphère que terminent des nuages phosphorescents ou lumineux (Herschell) (1), le soleil n produit-il point , en vertu de son mouveme^ giratoire et des énormes frottements qui en sullent, une continuelle émission de chaleur et lumière , par un mécanisme analogue à celui dans les machines électriques donne naissance a étincelles? Enfin, les révolutions des planètet comme la vie des corps qui existent à leur surface ne dépendraient-elles point de celte cause unique
Si les progrès des sciences donnent jamais à ce probabilités la certitude d'une démonstration ma thématique, le systèmedu monde, auquel appartien la terre, serait enfin expliqué. Alors, de celle con naissance sublime l'homme pourrait s'élever peu' être à l'élude plus difficile et plus vaste enco du mécanisme de l'univers , tout infini pour l'i lelligence humaine, et dont notre monde n'est vis blement que l'une des innombrables parties. A ] vue d'un aussi grand spectacle , l'esprit humai s'élonne et demeure comme anéanti. Toutefois , nous portons les yeux sur la route déjà parcourue le sentiment de notre faiblesse diminue, et les ce naissances acquises servant de base, l'on conço l'espoir raisonnable de s'élever par degrés aux vér lés de l'ordre le plus élevé. L'homme en ser moins éloigné sans doute, s'il n'avait été détouro de cette recherche par la multitude de syslè ridicules dont fut bercée Tenfance de notre espè syslèmesdonllesauteursignorantset vains se firen sans hésiter, le centre de l'univers, en cela se blables à ces misérables habitants de quelque îl perdu dans les vastes espaces de l'Océan, et qo ne connaissant rien au-delà de leur horizon , s'ina ginent que c'est pour eux seuls qu'existe tout qu'ils sont capables d'apercevoir.
Un même principe répandu dans toute la natu est donc très-probablement la source ou la cao première de l'existence , et tous les êtres n'en so que des modifications diverses. Cet agent, ou plut ce principe universel , représente ce que les ancie philosophes avaient appelé l'âme du monde , ani
(l)L'exi»lence de cette atmosphère incandescente par conKrmée par le» phénomène» de la poUsisation da f lumièro. (Arago, 1824.) !
DES MOUVEMENTS
mdi, cause active de tons les mouvements que us présenlenl la matière inerte et les êtres orga- ^és ; esprit subtil qui, pénétrant tous les corps
se mêlant à leur substance , ilonne naissance à s phénomènes variés comme leur composition (1). iisi que les philosophes platoniciens le pensaient,
principe n'est point séparé de la matière , et llo-ci ne peut pas être considérée comme com- "lement inerte; essentiellement active , douée do
•es toujours agissantes , et d'une constante cncr-
, elle renferme en soi la raison suffisante des onoménes. Mais tous ces phénomènes sont-ils > résultats mathématiques d'un petit nombre de is générales, comme on n'a pas craint de l'afii;er récemment (2) ; et ces lois générales régisiil elles à la fois les êtres vivants et les corps non ,anisés, malgré les prodigieuses différences qui istent entre eux?
V a-t-il une analogie parfaite entre le fluide élec- (lue et le galvanisme? Peut-il rendre compte de i> les phénomènes de la vie? C'est une question jourd'hui d'un grand intérêt; et nous allons la <umer, car ses éléments se retrouvent disséminés lis plusieurs parties de cet ouvrage. Voici tous arguments que l'on a fait valoir en faveur de lenlité des fluides nerveux et électriques :
1 ' L'expérience de Sulzer. L'application de deux nés métalliques sur lalangue donne une sensation rliculière, quand , par leur rencontre, elles ont oré un courant électrique au travers de cet i:ane.
2 ' Les expériences dans lesquelles on fait naître -cnsation de la lumière , en plaçant l'œil dans un tirant électrique , à l'aide d'aiguilles enfoncées -dessus et au-dessous de lui.
."î " Les faits observés par Galvani et son neveu ilini, multipliés par Yolta, et depuis reproduits r tous les physiologistes sur des animaux vivants , sur des suppliciés. L'application d'un pôle élec- Çiqneet celle de l'autre pôle sur un muscle auquel r nerf se rend, produisent des contractions viol'ales qui, au dire deUre deGlascow, ont sur des ) ppliciés quelque chose d'effrayant. Quoique Galr ni , Aldini , Voila et autres aient varié dans l'exticalion qu'ils ont donnée de ce phénomène , tous sont accordés néanmoins pour reconnaître tie les contractions musculaires résultaient du
(1) Tous les prop;rès des sciences physiques cbei les motriies nous ramènent, comme on voit, 4 la (loctrine de tthagore , adoptée par l'école du Portique. Seulement le» • couvertes des modernes tendent à substituer à ces 'erçus vague», quoique s\ib!imes , de l'ancienne philoipliie, une théorie appuyée sur des faits observés avec rëcision. En traitant de semblables matières, qui ne se Hkpelle ces homix vers où le chantre d'Énôe expose les ^ée« reçues de son temps ?
Principio ca;lum
Spirilus inlus alit, tolamque infusa perartus , Mens Bgilat molem, et magno se corpove miacet.
^neidos, HL vi, v. 724.
(2) La Place, Considérations sur la théorie des phéno- ►^nes capillaires, mémoire lu à l'Académie d» sciences J3 septembre 1819.
courant électrique dont lo nerf était le siège.
4" Aldini a remarqué que le contact d'un nerf sur un muscle dénude, contact qui dégage de l'électricité, était suivi delà contraction du muscle.
5" On sait que l'électricité suit la surface des corps, et non leur intérieur. Or, M. Desmoulins affirme que l'innervation est transmise par la surface des nerfs et de la moelle.
6" La puissance électrique est en raison de l'étendue de surface des corps électrisés ; il en est de même de la puissance nerveuse dont l'énergie est toujours proportionnée à l'étendue de la surface des organes nerveux.
7° Plusieurs animaux présentent des phénomènes bien favorables à cette doctrine: ainsi, la torpille, l'anguille de Surinam , etc. , produisent , quand on les touche, une secousse violente semblable à une décharge électrique. Ces animaux ont un appareil composé de lamelles juxta-posées, extrêmement nombreuses , que baigne un liquide particulier , et qui représente une pile vollaïque. Dans cet appareil, viennent se rendre des nerfs excessivement nombreux et très-volumineux. Pour compléter l'analogie entre cet appareil et un appareil élec trique, les secousses ne peuvent se reproduire plusieurs fois de suite :si on approche l'animal et qu'on le touche avec un corps isolant , on se met à l'abri de toute commotion ; si, au contraire, le contact est immédiat, ou par l'intermédiaire de substances qui conduisent bien l'électricilé, la décharge s'opère ; et si plusieurs personnes se tiennent par la main et forment la chaîne , elles éprouvent toutes une secousse analogue à celle que produit la dé' charge électrique.
8° On croit avoir constaté des courants électriques dans lesnerfs de l'homme. Béclard, en plaçant des aiguilles dans les nerfs d'un homme vivant , a vu qu'elles s'aimantaient. Or, en faisant l'application de la loi découverte par OErsted, que les cou rants électriques sur des lames de fer finissent par les aimanter, on en a conclu que si l'aiguille plongée dans les nerfs s'aimantait, c'est que le nerf était traversé par un courant éleclrique.
9° M. David a fait une thèse sur l'analogie du fluide nerveux avec le fluide électrique, et il aconsigué dans cette thèse le résultat d'expériences nombreuses qui lui ont démontré que si on mettait deux aiguilles à une certaine dislance sur le trajet d'un nerf, et que l'on adaptât les extrémités de ces aiguilles au multiplicateur électrique dq Shvt^eiger, l'aiguille donnait des signes très-sensibles de mouvement quand l'animal opérait des mouvements , cl que les variations de l'aiguille étaient d'autant plus prononcées, que les mouvements étaient plus élendus.
Quelques physiologistes ont été plus loin, et ont tenté de retrouver dans certaines parties de l'encéphale le lieu d'origine du fluide éleclrique. Ainsi , M. Rolande a vu dans les lamelles du cervelet tpus les éléments de la pile, et pour lui les autres parties du système nerveux ne seraient que des cordons conducteurs. M. David pense aussi que les nerfs no sont que de simples conducteurs, qui cessent d'agir quand leur communication avec les centres électriques est interceptée. D'après lui , le siège
tlu dégagemenl d'électricild est aussi dans l'encdpliale; mais il ne désigne pas plus le cervelet que loulo autre partie du cerveau. Dans celte hypothèse, les nerfs sont des conducteurs qui , pour accomplir leurs fonctions, doivent être parfaitement isolés.
Des physiologistes ont fait de ces connaissances des applications, les unes partielles, les autres générales, à l'accomplissemenl des fonctions. Au nombre des premiers , nous trouvons, 1° MM. Prévost et Dumas , qui ont , comme nous l'avons vu , tenté d'expliquer les contractions musculaires à l'aide des courants éieclriques , parallèles, dans les nerfs perpendiculaires à la direction des fibres charnues.
2° M. Wilson Philip , qui , à propos de la digestion , a démontré que le pneurao-gaslrique coupé , la chimificalion cessait, pour recommencer quand on mettait le bout inférieur du nerf et l'estomac dans un courant galvanique.
3" Pour les sécrétions, plusieurs physiologistes ont prétendu qu'elles résultaient d'un état particulier d'électricité dans lequel se trouvait la glande et le sang qui la pénétrait. M. Fodéra a tenté de démontrer aussi l'influence électrique dans les combinaisons de nos tissus, en opérant une union plus prompte de deux sels , dont l'un était dans le ventre et l'autre dans la poitrine, quand tous les deux étaient compris dans le même cercle galvanique.
Quant à ceux qui ont voulu tout expliquer par l'électricité, il y a deux hypothèses principales : la première est celle de M. Dutrochet, dont nous avons déjà parlé , en traitant de sa doctrine de l'endosmose et de l'exosmose.
La deuxième est celle deM. Bachoué de Vialer; elle repose sur le principe suivant, dont la découverte est due à M. Becquerel. Lorsque deux corps exercent une action chimique sur une substance commune , et qu'ils sont réunis par un conducteur , il s'établit un courant de l'un à l'autre, et lesensdu courant est déterminé par la prédominance d'action d'un des corps sur l'autre. Faisant de cela une application aux phénomènes de la vie, M. Bachoué de Vialer examine le cerveau et un organe des sens : ce sont deux corps en communication par un conducteur intermédiaire, le nerf, et exerçant une action commune sur un fluide qui va del'un à l'autre, le sang. Si maintenant une excilation est portée sur le sens , de suite celui-ci a une prédominance d'action sur le cerveau , et le courant s'établit de l'organe impressionné vers le cerveau, d'où la perception d'un agent extérieur; si, au contraire , le cerveau et le muscle étant placés dans les mêmes circonstances , il y a une détermination de la volonté, celle-ci donne à l'encéphale une prédominance d'action , et l'action est transmise au muscle qui se contracte. On peut faire une application de ces données à toutes les autres fonctions.
Enfin , la rapidilc d'action du fluide nerveux est une preuve à ajouter aux précédentes , qu'il est de même nature que l'électrique.
Malgré celte série imposante défaits, nous ne pouvons admettre comme prouvée l'idenlilé entre
ces deux fluides, ni môme l'analogie ; et c'est ce que nous espérons démonircr. 1" Comment pourrai(-on concevoir qu'un fluide, toujours le même piîtélrele véhicule d'effets si différents? elpour' tant il n'est pas douteux que les nerfs ne soient doués de facultés enlièrement diverses : l'un conduil la lumière , l'autre le son ; celui-ci la volonté celui-là la sensibilité ; par cet autre nous digérons : un fluide électrique pourrail-il, (juciqne identique suffire à des actions si hétérogènes ? 2" Des expériences très-bien faites par M. Person ont démontré que la faculté conductrice des nerfs était peu prononcée. S'Si les nerfs conduisaient le fluide électrique , ils ne devraient pas laisser échapper ce fluide dans leur trajet. Or , dans d'autres expériences, M. Person s'est encore assuré que le couvant électrique ne parcourt pas exclusivement le nerf, mais qu'il est bientôt disséminé dans toulei les parties ambiantes. Ce résultat renverse complètement la théorie électrique de MM. Prévost Dumas, appliquée aux contractions musculain 4° Dans bien des circonstances on n'a point fuit arc galvanique complet, dans lequel étaient comprit à la fois le nerf et l'organe sur lequel il transmet'' son action; souvent on a simplement appliqué au bout du nerf divisé un fil en communication avec un courant électrique , ou même on a irrité cette extrémité avec la pointe d'un instrument, une substance irritante , et dans tous les cas on a obtenu des résultats analogues à ceux que détermine l'irrîtabililé nerveuse normale ou le courant électriquej ce qui prouve qu'il suffit d'une excitation quel conque, substituée à l'excitation physiologique, pouf que le nerf transmette son influx accoutumé. Il eA vrai que les partisans de l'électricité prétendent que dans ces cas le contact d'un instrument quelconque avec le nerf dégage du fluide électrique.! 5" M. Nobili de Reggio a fait une expérience qui produisit grande sensation et fut bien favorabl ment accueillie par les partisans de l'cleclriciti vitale. Quand on établit un courant électrique d'à nerf vers un muscle, celui-ci entre en conlraction;] si le courant se dirige du nerf vers le cerveau, il a une sensation de produite , et les mouvements s'ils surviennent, sont consécutifs à la sensalioi perçue. Mais M. Person a découvert ultérieu ment que les courants, quelle que soit leurdirection peuvent entraîner des contractions musculair aussi prononcées dans un cas que dans l'autre : réj sullat qui renverse les conclusions tirées des cxpéj riences de M. Nobili. 6° Quand on commence li courant électrique sur un nerf et un muscle , celui ci se contracte ; si le courant continue avec li même énergie, la conlraction diminue et cei Or , celte cessation d'action , dans la théorie sui toutde MM. Prévost et Dumas, ne devrait pasavoi lieu si le courant électrique produisait la conlrft lion : ajoutons qu'au moment où le courant cessi la contraction se reproduit. Ce phénomène noi prouve que c'est une modification inconnue danslj nature du nerf, et non le courant électrique, entraînent la contraction du muscle.
D'après ce qui précède, nous ne pouvons a mettre que les nerfs soient, pendant la vie , pail courus par des courants électriques , sources dt
DES MOljVEMÈSTS.
ouvements, des sensations, des nutritions, séciéi.iis, calorificalions, etc.
CLXXI. Considération générale du système osiix. L'iioinrae , conune tous les animaux à sang iiige {mammifères, oiseaux, reptiles et poissons), un squelette intérieur formé d'un grand nombre articulés, et mis en mouvement par les muscles ■li les recouvrent. Les animanxà sang blanc n'ont Ht d'os à l'intérieur : des parties dures, écaiileuses pierreuses.les enveloppent et forment ce que l'on lime leur squelette extérieur. EnGn,il est des maux absolument dépourvus de parties dures: ^ sont les zoophytes, plusieurs vers et quelques i^L'Cles. La composition intime de la substance des - est à peu près la même dans tous les animaux, la gélatine et des sels à base calcaire. Le sque- ,e extérieur des animaux à sang blanc ressemble k'u plus à l'épiderme de ceux à sang rouge qu'à ;ir système osseux. Comme l'épiderme, il se déliit et se renouvelle: c'est ainsi que la coquille ' l'écrevisse éclate chaque année, lorsque le corps L' ce crustacé augmente de volume, cl se remplace ai une nouvelle enveloppe , qui, d'abord trèslie, acquiert par degrés la même consistance que i première. Enfin, le squelette des oiseaux diffère
0 celui de tous les autres animaux , en ce que ses lincipales pièces sont percées de conduits commniquant avec les poumons . et toujours remplis nu air raréfié par la chaleur vitale ; ce qui conourl puissamment à leur donner la légèreté spé-
liflque, si nécessaire à leur mode particulier d'exisunce.
Le système osseux sert de fondement à la maihine animée, prête un appui solide à toutes ses larties, détermine la grandeur du corps , ses proportions, sa forme et son attitude. Sans les os,
1 corps n'aurait point de forme constanic, et ne ■ ourrait que difficilement changer de place. Lors- I ue , par la perte du sel calcaire , auquel ils doivent leur dureté caractéristique, ces organes se ramol- >issent, les membres se déforment, la station et .'es divers mouvements progressifs finissent même 1 ar devenir impossibles. Tels sont les effets du ra-
hitis , maladie dont la nature est aujourd'hui bien onnue, sans que pour cela on soit plus éclairé lur la manière d'agir des causes qui la produisent, Ulsur les remèdes qu'il convient de lui appliquer.
La colonne vertébrale forme la partie vraiment essentielle et fondamentale du squelette; on peut la regarder comme la base de l'édifice osseux, D'omnie l'aboutissant de tous les efforts, comme :e centre sur lequel les os s'appuient dans leurs l'livers mouvements, puisque tous les ébranlements, • ouïes les secousses un peu considérables viennent 'l'y faire ressentir. De plus, elle renferme dans le conduit dont elle est percée la masse nerveuse de aquelle émanent le plus grand nombre des nerfs du 'jorps.
Pour servir de soutien à toutes les parties, protéger en même temps l'organe délicat qu'elle loge >4ans son épaisseur (1), et se prêter aux attitudes
(1) Le mode de développement des verlèbros est luimôme accommodé à la délicatesse de la moelle épinièrc. Long-temps formée de plusieurs pièces, que des curlilagcs
variées qu'exigent les besoins de la vie, la colonne vertébrale devait réunir à une extrême solidilô une mobilité assez grande; elle possède ces deux avantages , cl tient le premier de la largeur des surfaces par lesquelles sont articulés les os qui la composent, du voiume, de la longueur de la direction , de la force de leurs apophyses , et delà multitude des muscles etdes ligaments qui s'y allachent , cl vont de l'un à l'autre ; tandis qu'elle doit le second au gratid nombre de pièces osseuses qui entrent dans sa formation. Chaque vertèbre est peu mobile; mais toutes pouvant se mouvoir à la fois, leurs mouvements s'ajoulenl les uns aux autres : il en résulte un mouvement total , considérable ; raouvemer.l général, que l'on évalue en multipliant les mouvements partiels par le nombre des vertèbres.
Le centre des mouvements par lesquels la colonne vertébrale s'étend ou se ploie , en s'iuclinanl en arrière ou eu avant, ne se trouve ni dans l'articulation des apophyses obliques de chaque vertèbre, comme l'a dit Winslow, dans les Mémoires de l'Académie des sciences pour l'annco 1730 , ni dans la symphyse cartilagineuse qui unit leurs corps. L'extension et la flexion des vertèbres ne s'exécutent point non plus sur deux centres de mouvement, dont l'un serait dans celte symphyse, et l'autre dans les articulations des apophyses articulaires , comme l'ont pensé Cheselden el Barîhez, mais plutôt sur un axe qui traverserait l'os entre son corps et sa grande ouverture. La partie antérieure de l'os et son apophyse épineuse exéculentaulour de cet axe imaginaire des mouvements d'arc de cercle, qui, pour être peu étendus, n'en sont pas moins marqués ; et dans ces mouvements , tantôt les surfaces articulaires que sépare le cartilage intervertébral se rapprochent antérieurement, et celle substance se trouve comprimée, tandis, que les apophyses obliques glissent l'une sur l'autre et tendent à s'abandonner : c'est ce qui arrive dans la flexion du tronc, tandis que , dans son redressement, les parties antérieures des surfaces s'éloignent, les postérieures se rapprochent , cl finissent par se toucher, quand l'extension du tronc est poussée aussi loin que le permeMent les apophyses épineuses.
L'usage de cette rangée d'éminences qui s'élèvent de la partie postérieure des vertèbres est de mettre des bornes au renversement du tronc en arrière, el de faire que les muscles qui le redressent agissent par un bras de levier plusavanlageax. Lorsque, par l'habitude d'une posilio.H habiluellement redressée, on a empêché ces apophyses de se développer suivantleur direction, le tronc peut être tellement renverse en arriére , que le corps figure dans ce sens un plus ou moins grand arc de cercle. C'est ainsi que, dès la plus tendre enfance, l'on exerce
séparent, lu circonférence de la large ouverture dont ces os sont percés pLMit s'agrandir à mesure que la moelle de l'épine grossit avec l'ilgc. Le contour du trou de Toecipilal et celui de la première vertèbre, os qui correspcndcnt aux parties les plus épaisses de celle moelle, sont, à cause de cela, formés de quiilre pièces distinctes, séparées par des cartilages dans le premier de ces os, el de trois dans 1« second, qui ne se réunissent que fort lard.
ÉLÉMENTS nE PHYSIOLOGIE.
les baleleurs, qui nous clonnenlpar la prodigieuse souplesse de leurs reins , à se renverser sur euxluèraes, de manière à changer la direction naturelle des apophyses épineuses.
Il était important que les mouvenicnts de la colonne vertébrale s'exécutassent dans un grand nombre d'articulations à la fois; par-là les inflexions sont plus légères, et l'organisation de la moelle do l'épine, qui avait besoin de si grands ménagements, n'est point altérée. Les pièces flbrooartilagineuses, qui unissent ensemble les corps des vertèbres entre lesquelles elles sont placées, douées d'une grande élasticité, comme tous les corps de cette nature, soutiennent avec avantage le poids du corps. Lorsque la pression qu'elles éprouvent est long temps continuée, elles s'affaissent un peu. leur épaisseur diminue, et cet effet se passant à la fois dans toutes les lames intervertébrales, notre stature s'abaisse sensiblement. Le corps est, à cause de cela, toujours plus petit le soir que le malin ; et cette différence de grandeur peut être portée assez loin, comme Buiïon en rapporte des exemples. Le fils de l'un de ses plus zélés collaborateurs (M. Guéneau de Montbeillard , auquel est due la plus grande parlie de l'histoire des oiseaux), jeune homme d'une taille élevée (cinq pieds neuf pouces) , arrivé au terme de son accroissement , avait perdu dixhuit lignes, après avoir passé toute une nuit au bal. Celte différence de grandeur tient en même temps à l'affaissement du tissu cellulaire graisseux qui se trouve au talon, et forme , dans toute l'étendue de la plante du pied, une semelle assez épaisse.
Le fémur est plus long dans l'homme que dans les quadrupèdes, et celle grandeur proportionnelle de la cuisse lui donne l'avantage exclusif de pouvoir reposer son corps en s'asseyant.
Des deux os de la jambe , le tibia seul sert de colonne d'appui. Le péroné , placé à son côté externe , trop mince et trop grêle pour soutenir le poids du corps , n'a que des usages relatifs à l'articulation du pied, au côté externe de laquelle il est placé. Il soutient celle partie , et empêthe son renversement en dehors par une abduction trop forte. Dans ce mouvement, le pied fait effort contre le péroné, qui se trouve d'autant plus courbé en dehors (1), que l'individu, étant plus avancé en âge , a exercé davantage celte force de
(1) Cette courhure , très-prononcée dans les chefsd'neuvre de la sciilplure antique, donne au bas de la jambe des plus belles statues une grosseur qui ne s'accorde guère avec nos idées actuelles sur l'élégance des formes; ce qui prouve, ce me semble, que le beau n'est pas invariable, comme l'ont dit bien des philosophes, et que celte perfection idéale n'est point exactement la même dans tous les siècles, chez les nations également civilisées. 11 est facile de vérifier cette observation sur l'Apollon du Belvédère: fes genoux sont assez gros et rapprochés ; le pied est déjclé en dehors, parce que le genou l'est en dedans; et celte forme est la jjlus belle expression de la nalure , qui , donnant au fémur une direction oblique en dedans , ne fait ni de» genoux parfaitement droits, ni des jambes dans lesquelles il existe, entre le bas et le mollet, une disproportion excessive.
résistance. Les animaux grimpeurs, l'écureuil , la fouine, etc. , dont les pattes sont dans une abduction continuelle, ont aussi un péroné très-grog et fortement courbé.
La multiplicité des pièces dont les pieds sont composés , outre qu'elle donne à ces parties une solidité plus grande, est encore utile pour que le corps ne soit point ébranlé avec trop de force par la percussion du sol dans nos divers mouvements progressifs. Celui qui saute d'un lieu élevé cherche à tomber sur la pointe des pieds, afin que les mouvements s'affaiblissent, en se transmettant dans les nombreuses articulations du tarse et du métatarse, etu'imprimentpasau tronc et à la tcle une secousKe pénible et souvent dangereuse. On sait qu'il suffit, dans une chute, que la plante des pieds porte tout entière, pour qu'il arrive des fractures aux cols des fémurs , des commotions au cerveau et dans les autres organes.
CLXXIL Structure des os. Quelque différence que présente au premier aspect un os comparé avec un autre organe, sa composition est la même; des parties absolument semblables entrent dans sa structure, à l'exception d'une matière saline inorganique, qui, déposée dans les cellules de son tissa, lui donne sa dureté, sa solidité, principal caractère qui le distingue des parties molles. On sépare cet élément salino-terreux en tenant l'os plongé dans l'acide nitrique, étendu d'une suffisante quantité d'eau. On reconnaît alors que c'est un phosphate de chaux qui se décompose, en cédant à l'acide nitrique sa base calcaire. L'os , ainsi dépouillé dn principe auquel il doit sa consistance, se ramollit, devient souple, flexible, et présente l'apparence d'un cartilage qui se résout enfin par une longue macération en un tissu cellulaire semblable à celai des autres parties. Dans ce tissu se répandent, même en assez grand nombre, des artères, des veines (1) et des vaisseaux lymphatiques. Les os sont dotm des parenchymes celluleux, dont les aréoles coî^ tiennent une matière saline cristallisée , qu'ils séparent du sang , et dont ils s'encroûtent par nnej force inhérente et particulière à leur tissu. On arrive au même résultat en faisant une analyse inverse. Si on soumet un os à une ébullilion de quelques heures dans la machine de Papin , tout ce qu'il] contient d'organique se dissout, entre en fusion, et fournit une gélatine abondante ; après quoi il ne| reste qu'une concrétion saline, inorganique, quel'O» peut également obtenir séparée en calcinant IM parties dures. Les proportions respectives de 1* partie saline avec la portion organisée varient betrticoup aux diverses époques de la vie. Lesosdel'ei*bryon sont d'abord entièrement gélatineux. A l'époque de la naissance, et dans les premières annëM de la vie, la partie organique est en plusgranâel proportion : les os sont aussi moins cassants, plW flexibles , plus vivaces , et leurs fractures se coùsolident avec plusde promptitude et de facilité. Dans la jeunesse, la quantité des deux parties constt-
(1) 11 me semble que mieux vaut laisser à ces veine» !• nom 80US lequel elles sont connues depuis plus de deuï mille ans, que de leur substituer celui de conduits vcinC» des os.
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DES MOrVEMESTS.
nies est à peu près égale. Il en est de même chez adultes et chez les ■vieillards, quoique l'on ait i; temps pensé le contraire. C'est donc moins 1 i)iédominance du phosphate calcaire (1) qu'à laiblissement général , au ralentissement des I uvenients organiques, qu'est due la difficullé avec uelle les fractures se consolident chez les perncsd'un âge avancé. L'énergie des facultés\itales os, leur flexibilité, leur élasticité, leur aptitude <a consolider quand leur continuité est détruite ttt un accident quelconque, sont dans un rapport ikolument inverso des années.
iLes anatoinistes distinguent dans les os trois •stances , qu'ils distinguent par les noms de compfe, de spongieuse et de réticulaire. La prennière, f est la plus dure, accumulée au centre des os igs, endroit où viennent aboutir les efforts qui Kercent sur leurs extrémités , donne à cette parnmoyenne la solidité dont elle avait besoin pour sîsister. On a diversement expliqué sa formation : i uns ont prétendu qu'elle n'était si dure que tce que les deux extrémités des os , en se dévelipant , s'appuyaient sur la partie moyenne , orne la tige et les racines s'appuient sur le collet me plante. Haller dit qu'elle est formée par les Hemenls des artères nourricières qui pénétrent >is les os longs par la partie moyenne de ces os ; tls alors pourquoi ne s'en trouve-t-il pas autant s leurs extrémités, qui reçoivent des artères !si grosses et en plus grand nombre ? Dans le trai de l'ossification, cette substance paraît la prerîre à la partie moyenne des os longs; ce qui conloe l'assertion de Kerkringius , qui dit que nos rcoraraencent à se durcir dans les endroits où ils f vent supporter les plus grands efforts, t-a substance spongieuse est placée dans l'épaisrr des os courts et dans les extrémités des os ;gs, où son accumulation présente deux avan- •is : celui de donner à l'os, sans augmenter sa I auteur, une grosseur considérable , au moyen laquelle il s'articule avec les os voisins par de (Tes surfaces, ce qui était nécessaire à la solidité i leurs connexions; et celui d'écarter de la ligne lalléle les tendons qui passent autour des articulons , d'agrandir l'angle sous lequel ils se rendent os auxquels ils vont s'implanter, et d'auginter ainsi l'efficacité de l'action musculaire. Les '•othèses mécaniques, proposées par Ilaller et Duhamel , sur la formation de cette substance mgieuse , outre qu'elles sont peu satisfaisantes , laitront inutiles, si l'on fait attention que, dans 'Os gélatineux de l'embryon , les places que doit luper la substance spongieuse, c'est-à-dire les •émités des os longs dont on aperçoit les linéants, paraissent plus volumineuses que le reste. Iles les cellules de celte substance spongieuse
l) Les analyses cliimiqnes dra os y ont démontré la 'ence de plusieurs autres matières salines mêlées au sphale ,1e cl.nux; mais ce sel forme à lui seul la plus P""",''" »"b«lance à laquelle les os doivent «JurKe. i) après Picrzcln.s, les autres sels des s sont rbonale de chaux, 11,30; le finale de chaux, 2,0 ; le .p .aie ,!<■ '"'.gncs.e ,x, ^„„j^ de l'hydro-
rate de soude, J,20.
communiquent ensemble; elles sont tapissées par une membrane très-fine , et remplies par le suc médullaire. Les lames qui , en s'entrecroisant do diverses manières , forment les parois des cellules , deviennent plus rares, plus minces; le tissu spongieux s'épanouit en s'approchant de la partie moyenne des os , et forme dans le canal médullaire de la substance compacte un tissu réticulaire , dont l'usage est de soutenir le tuyau membraneux qui contient la moelle.
Ces trois substances, malgré leur inégale densité , ne sont réellement qu'une seule et même substance différemment modifiée. La réticulaire et la spongieuse ne diffèrent delà compacte qu'en ce qu'elles contiennent moins de phosphate de chaux, que leur tissu est plus rare et plus épanoui. Du reste, les altérations du tissu osseux, qui constituent les exosloses laminées et éburnées, la conversion des os , par les acides , en un cartilage flexible que la macération réduit en tissu cellulaire, prouvent que ces trois substances sont vraiment identiques , et ne diffèrent que par leur texture plus ou moins serrée , et la quantité de phosphate calcaire déposée dans les mailles de leur tissu.
On pense que la substance compacte est formée par un assemblage de lames concentriques, fortement unies les unes aux autres, et formées de fibres placées de champ, ou juxta-posées et dirigées suivant la longueur des os. On cite en preuve de cette opinion l'exfoliation des os soumis au contact de l'air ; mais ces lames , qui se détachent dans un os qui s'exfolie , ne prouvent autre chose que la manière dont agit la cause destructive. L'air, la chaleur, ou tout autre agent, s'appliquant succeissivement à divers plans osseux, établissent entre eux une distinction qui n'existait pas dans l'état naturel , et en déterminent la chute successive. Certaines parties, dans lesquelles on n'admet point une structure lamelleuse , peuvent offrir ce modo de décomposition. Ainsi, de Lassone a vu un lambeau de peau humaine long-temps conservé dans un caveau, se détacher par écailles d'une extrême ténuité.
La vie , qui existe à un moindre degré dans les os que dans beaucoup d'autres parties, parait animer plus ou moins leurs diverses substances. Proportionnée à la quantité des vaisseaux qui s'y répandent , elle est plus active dans la substance spongieuse : aussi des bourgeons charnus s'en élèvent-ils plus promptement dans les fractures, et la formation du cal s'y effeclue-t-elle avec promptitude. La carie y fait également des progrès plus rapides , et il est bien plus difficile d'arrêter son mouvement propagateur.
CLXXIIL Usages dupériosfe et des sucs médullaires. Quelles que soient leur situation, leur grandeur , leur figure et leur composition , tous les os sont enveloppes par le périoste , membrane blaiichàtre , fibreuse, dense et serrée , que traversent les vaisseaux qui pénètrent dans leur propre substance. Le périoste est une membrane parfailement distincte des autres parties molles , et de l'os luimême, à la surface duquel il adhère par le moyen des vaisseaux et du tissu cellulaire qtii passent de
ÉLÉMENTS DE PUYSIOLOGIE.
l'un à l'autre d'une manière d'autant plus intime <iue l'on est pins Jivancc en dge. Les fibres ccllu- Iciises et vasculaires qui traversent la substance de l'os élablisseut un commerce sympathique Irèsélroil cuire son périoste et la mcu)l)rane trèsmince qui tapisse ses cavités intérieures, secrète la moelle , el a reçu le nom de périoste interne. La raeuibiane médullaire, étant détruite par l'introduction d'un stylet dans le canal intérieur, les couches extérieures de l'os se gonllent , se séparent des couches intérieures, et forment comme un nouvel os autour du séquestre. Le nouvel os n'est point formé par le périoste ossifié , comme l'avait avancé Troja. Cette membrane reste aussi étrangère à la formation du nouvel os dans les nécroses profondes qu'à la formation du cal dans les fractures. Le périoste dont est couvert l'os affecté de nécrose n'acquiert ni une épaisseur, ni une consistance plus grandes, de même qu'il ne forme point autour des bouts des os fracturés une virole qui les maintienne réunis, comme c'était le sentiment de Duhamel , récemment enseignédans un ouvrage où l'auteur semble se complaire à reproduire des erreurs réfutées depuis plusieurs siècles. Privé de nourriture, mort et desséché dans cette nécrose artificielle, l'os séquestré se remue au centre du canal osseux formé par les couches extérieures gonflées , d'où on l'extrait après une térébralion préliminaire. C'est en vertu de la même sympathie que les douleurs osléocopes sourdes , profondes et nocturnes, qui tourmentent les malades échauffés par la chaleur du lit dans les dernières périodes de raffeclion •vénérienne, douleurs qui paraissent avoir leiw siège dans le centre des os longs, occasionenlle gonflement de ces os el du périoste.
Le périoste a pour principal usage de régulariser la distribution des sucs nourriciers des os , puisque , dès qu'on l'enlève, ils se forme à l'endroit dénudé des végétations plus ou moins irrégulières. Celte propriété est d'ailleurs commune à toutes les membranes fibreuses dont la destruction est suivie d'excroissances qui s'élèvent des organes qu'elles enveloppent. Un phénomène absolument semblable se passe après l'écorcemenl partiel des arbres. On a cru à torl que le périoste, comme l'écorce des végétaux , contribuait à l'accroissement des os en grosseur, par le durcissement successif de ses lames intérieures.
La moelle qui remplit la cavité centrale des os longs, el les sucs médullaires contenus dans les cellules de la subslance spongieuse, ont avec la graisse la plus grande analogie par leur nature chimique , et sans doute aussi par leurs usages (CV). La proportion de ces deux humeurs est constamment relative. Dans les personnes très-maigres , les os ne contiennent qu'une moelle aqueuse , très-fluide; et quoique celle liqueur remplisse toujours les cavités intérieures de ces organes , dont les parois solides ne peuvent s'affaisser sur elles-mêmes, elle contient bien moins de particules sous le même TOlume, et sa quanlilc , comme celle de la graisse, est véritablement diminuée. Elle est le produit de l'exhalation artérielle, et ne sert point à la nutrition immédiate de l'os , comme le pensaient les anciens , au moins d une manière exclusive, puisque, dans la
classe nombreuse des volatiles , la plupart des o ,j longs, percés par des conduits aériens , sont dé |î pourvus de celte humeur. Il est très-difficile d'ass; j!!, gner les usages de la moelle el du suc médullaire jk^ n'existeraient-ils que pour remplir les cavités doc la nature a creusé les parties dures, afin de les rendr |i pins légères? Une partie de ces liquides peul-ell L transsuder à travers l'épaisseur des cartilages arl L culaires, et venir, au moins d.ins les grandes arlici U,. lations , se mêler à la synovie, en augmenter 1 2,^ quantité, en la rendant plus onctueuse , plus glii santé et plus propre à adoucir les frottements di surfaces articulaires? Si celte Iranssudalion pei avoir lieu après la mort , pourquoi , a-l-on dit,! s'opércrait-elle pas lorsque toutes les parties sot dans l'état de chaleur et d'expansion vitale? Ma c'est précisément l'étal de vie qui, par la diverg|l et les propriétés différentes dont sont animés li tissus, s'oppose à ce que l'effet physique de la Irs^ sudation s'accomplisse, et contient chaque humçi dans ses limites.
CLXXIV. Articulations , cartilages et ligamei articulaires , humeur synoviale. Les arliculatioi des différentes pièces du squelette ne sont pas tout disposées à permettre des mouvements ; plusiem telles que les sutures par engrenure réciproque, pi juxta-position harmonique ou écailleuse, la gon phose, ou la jonction par implantation , sont absi lumenl immobiles, et se nomment, à cause de cel synarthroses. Toutes les autres articulations, se que les os se touchent immédiatement {diarthrot de contiguité) , soit qu'une substance inlerpo! entre leurs extrémités les unisse ( diarthroses continuité ou amphiarthroses ), sont douées d'ai plus ou moins grande mobilité. Nous ne parleroi ici que des articulations mobiles, soit qu'elles pe mettent des mouvements étendus el dans tout les directions {diarthroses orbiculaires.) , soit qi les os ne se meuvent que dans deux sens oppos ( diarthroses alternatives ou ginglymes ) , en fo mant un angle ( ginglyme angulaire) , ou en e: cutant l'un sur l'autre des mouvements de rotatii ( ginglyme latéral).
Dans toutes les articulations,les surfaces osseni sont recouvertes par des lames d'une substaa moins dure que celle de l'os. Ce sont les cartilag| articulaires qui remplissent le double usage dedoj ner aux extrémités des os le poli nécessaire à le glissement facile, et de favoriser les mouvementsp| la grande élasticité dont ils sont doués. Morg a fait voir que, de toutes les substances animal les cartilages étaient les plus élastiques : leur sti ture est bien différente de celle des os, lors mêi que ceux-ci sont encore cartilagineux, puisque cartilages articulaires ne s'ossifient pas dans les pi sonnes les plus âgées (l). Ils sont formés de fib: très-courtes , dirigées dans le sens de la longai de l'os, fortement pressées les unes contre les très et réunies par d'autres fibres transversal Cette direction verticale du plus grand nombre fibres cartilagineuses , démontrée par de Lassonn
(1) Quelquefois néanmoins ces cnrtilngcs se di-lriusct alors l'os dcniidé se polil par les frollenicnls , cl Mtilt» lu dureté de rivoirc.
DES MOtVEMEFfTS.
rès-favorable à leurréaclion élastique. Le ligatcapsiilaire se rélléchit sur eux, en s'araincisbeaucoup, el se confond avec leur périchondre me l'ont enseigné Bonn, Nesbilh et plusieurs ( S anatoniistcs.
litre les cartilages qui envcloppenlles extrémitlos os , on trouve . dans certaines arliculalions, lames fibro-carlilagineuses placées entre les n os articulaires. Ces pièces intermédiaires se iilreufc- dans les articulations de la mâchoire oure avec les temporaux, dans celle du fémur le tibia, dans celle du sternum avec la clavi- ; et remarquez que toules ces articulations exéiit beaucoup de mouvements , comme celles de •boire, ou souffrent des pressions considé- , comme celles du genou el du sternum. Celte re , peu mobile , étant le point auquel vieniboutir tous les efforts qu'exerce l'extrémilé ■ ieure , avait besoin de cet appareil, très-propre unorlir l'effet par rapport au tronc, le mou- ;il imprimé s'éleignant en partie dans le jeu arlilage inter-arliculaire.
us ne reviendrons point sur ce que nous dit de la sécrétion de l'humeur, qui lubrii s surfaces articulaires , facilite leurs mouve- Is el entrelient leur conliguilé. Sa quantité est aison directe de l'étendue de ces surfaces , et a capsule membraneuse dont elles sont enveces ; elle est également proportionnée à la fréc'.ce des mouvements que chaque articulation permettre.
: 1 nomme synovie celte liqueur sécrétée par :capsules membraneuses qui environnent les lulations , et se réfléchissent sur les extrémités lulaires des os dentelles recouvrent les carti- ; ; de manière que , comme Bonn l'a très-bien I expliqué vers le milieu du dernier siècle , ces limités ne se trouvent pas plus contenues dans oopre cavité de la capsule ferméede toutes parts, fies viscères abdominaux ne le sont dans celle é ériloine. La synovie est plus pesante que l'eau cBune, parfaitement incolore , et plus visqueuse ijcun autre liquide animal. On y trouve une Ide proportion d'albumine , qui existe , comme >)servé M. Margueron , qui a donné le premier lanalyse un peu exacte de la synovie , dans un «oarliculier , et très-disposée à se concréter en f enls par l'addition des acides. En outre , elle ^entdu muriate , du carbonate de soude , du tipbate de chaux , le toutdissous dans l'eau , qui Pie environ les trois quarts de son poids. IXXV. Théorie de Vanhjlose (1). Le moufenl peut être considéré comme le stimulant ire de la sécrétion synoviale ; et une arliculac qui se meut doit , ainsi que l'observe judicicurîntGriraaud, être regardée comme un centre »uxion vers lequel les humeurs affluent de toules », attirées par l'irritation que les frottements rminenl. Si l'articulation est tenue long-leraps lobile, la synovie se sécrète en moins grande
1 Les bases fondamentales de celle théorie sont expoi la fin d'un mémoire sur les fractures de la rotule, Mai inséré parmi ceux de la société médicale pour vn (1799). '
abondance , sa quantité diminue graduellement ; il peut même arriver que les surfaces articulaires, long-temps maintenues dans une absolue immobilité, se dessèchent , et, dépourvues de la liqueur qui doit les lubrifier , s'irritent mutuellement , et contractent une inflammation adhésive , soit que les vaisseaux du périchondre se développent, soit que le repli que , selon Nesbilh , Bonn et plusieurs autres , la membrane capsulaire envoie sur les cartilages , devienne le siège de cette inflammation.
C'est ainsi que se forme la maladie connue sous le nom ù'ankylose ; affection mal à propos attribuée à l'engorgement des parties molles, el surtout des ligaments qui environnent les arliculalions. En effet, si dans une fracture de la cuisse ou de la jambe , vers le milieu de la longueur de l'un ou de l'autre de ces membres, et par conséquent le plus loin possible du genou , les circonstances exigent que l'on laisse long temps le malade dans l'appareil contenlif , celle jointure perd sa mobilité, et ne la recouvre qu'avec peine; quelquefois même elle la perd à jamais. J'ai acluelleraent sous les yeux l'exemple d'un homme chez lequel une affection scorbutique a tellement relardé la consolidation dans une fracture simple du fémur, vers le milieu de cet os , qu'on a été obligé de continuer pendant sept mois l'usage des attelles contentives. Durant un si long repos , les parties molles ont perdu toute habitude de mouvement, etle genou a été frappé d'une ankylose presque complète.
Toules les fois qu'à l'occasiond'une maladie quelconque, on reste long-temps alilé, les premiers mouvements sont rudes , difficiles , et accompagnés d'une crépitation marquée dans les genoux, bruit qui annonce évidemment ledéfaut de synovie. D'un autre côlé, si l'on examine cette articulation sur un individu qui , avant sa mort , est resté long-temps immobile, les surfaces articulaires ont perdu leur poli, sont sèches et raboteuses ; elles offrent les traces d'une phlogose évidente. Flajani rapporte l'observation d'un malade qui mourut après avoir passé trois mois au lit dans une immobilité presque complète : les genoux n'offraient à l exlérieur aucune trace de lésion, et cependant il était impossible de fléchir la jambe sur la cuisse. L'articulation ouverte, on trouva que les surfaces contiguës avaient contracté des adhérences; laface postérieure de la rotule était collée à la poulie articulaire des condyles du fémur , et l'on fut obligé d'employer le scalpel pour l'en détacher. J'ai fréquemment observé le même phénomène en disséquant les genoux des malades morts avec des tumeurs blanches ou lymphatiques , avec ou sans alléralion. L'ankylose, suite inévitable de celle affection , provient évidemment du repos absolu auquel elle condamne l'articulation qui en est attaquée.
L'ankylose, par suite de l'immobilité, et conséquemmenl par défaut de synovie, n'est pas toujours partielle et bornée à une seule ou à deux articulations ; quelquefois elle en frappe plusieurs à la fois, comme chez l'individu dont M. Larreyatraco l'observation, el déposé le squelette dans le Muséum analoraiqtic de l'Ecole de Médecine de l'aris. Mais l'art ne possède aucun exemple plus remarquable de cette soudure générale des pièces du squeletlc.
que l'histoire communiquée par M. le professeur Percy à Tlnstilut nalioiial do France : elle a pour sujet un ancien capitaine de cavalerie, qui , tourmenté par des accès de goutle vague, dont la syphilis élaitune des causes probables, vit peu à peu toutes ses articulations , et même celle de la mâchoire inférieure, se roidiret perdrocompièlement leur mobilité, au point que, dans les derniers temps de sa misérable existence, on ne pouvait le remuer et le déplacer sans lui faire ressentir dans les articulations ankylosées des ébranlemcals douloureux.
On conçoit, d'après celte théorie, l'utilité des mouvements que l'on fait exécuter aux membres inférieurs lorsque leurs os fracturés ont acquis assez de solidité pour qu'on n'ait plus à craindre d'en déranger les fragments. Ces mouvements , indispensables dans toutes les fractures du fémur, du tibia , et surtout dans celles de la rotule , sont biea plus propres à dissiper la fausse ankylose, et à prévenir la soudure complète , que les diverses applications résolutives et fondantes (emplâtres de savon, de ciguë, de Vigo , de diabotanum, de diachylon gommé , douches , bains , fumigations , etc. ) , que l'on doit cependant joindre à l'exercice gradué du membre, aQnd'en assurer le succès.
La goutte se manifeste aux articulations qui exécutent le plus de mouvements et éprouvent les plus fortes pressions. Ses premiers accès, comme Sydenhara l'observe, se font ressentir dans celle du gros orteil avec le premier os du métatarse, articulation qui supporte le poids de tout le corps, et travaille le plus dans les divers mouvements progressifs.
Les muscles qui passent autour des articulations les affermissent bien mieux que les ligaments placés sur leurs côtés. En effet , si ces muscles se paralysent, le membre, abandonné à son propre poids, tiraille les ligaments, qui cèdent, s'alongent, et permettent à la tête de l'os d'abandonner la cavité qu'elle occupe. C'est de cette manière que la perte des mouvements et l'alrophie du muscle deltoïde entraînent la luxation consécutive de l'humérus ; le ligament orbiculaire de l'articulation de cet os avec l'omoplate ne suffisant point pour retenir sa léte appliquée contre la cavité glénoïde. La colonne vertébrale, disséquée et réduite à ses moyens d'union ligamenteuse, se rompt sous un poids bien inférieur à celui qu'elle eût supporté avant d'être dépouillée des muscles qui y prennent les attaches.
CLXXVL De l'effort. On donne le nom d'effort à une contraction musculaire, d'une intensité considérable, prolongée ordinairement pendant un certain temps, et destinée à surmonter une résistance extérieure, ou à favoriser l'accomplissement d'une fonction naturellement difficile, telle que l'accouchement, ou qui peut le devenir accidenlelloment, telle que la défécation , la miction dans les cas do constipation ou de rétention d'urine.
Si on examine une personne qui fait un effort, on remarque que sa poitrine , d'abord dilatée, devient immobile ; le ventre est dur et resserré ; il y a un sentiment de constriclion à la gorge , la partie inférieure du cou est tuméfiée, les veines de la
face et du cou sont gonQées , la face entière, doat les capillaires se remplissent d'un sang mal héiaa. tosé , est d'abord rouge , puis violette. De lempi l autre on entend un petit bruit qui se produit dam le larynx , et il s'échappe quelques bulles d'air, Quelquefois il s'opère une expiration brusque, J laquelle succède une expiration cgalcmeiil sou-j i daine. Si cet état se prolonge, il peut y avoir émigj i sion involontaire de l'urine et des vents. Pour bieri i apprécier ces divers phénomènes de l'effort, il fauj i se rappeler que quand un muscle se contracte, ii i tend à rapprocher ses deux extrémités, et quel()( plus souvent cependant le mouvement exécuté ré) < clame l'immobilité d'un des leviers sur lequel \{ muscle en contraction s'implante , afin que l'aalrll seule soit déplacée , immobilité qui nécessite 1| contraction d'autres muscles ; rappelons en oui que dans certains mouvements il y a, outre la traction des muscles qui doivent les accomplir, uj contraction simultanée et involontaire d'un gr nombre d'autres, en vertu de celle synergie d'j tion sur laquelle Barthez a tant écrit.
MM. Bourdon elj. Cloquet ont, dans plusiei mémoires, établi que les principaux phénomi de l'effort consistaient dans un changement dAi actes de la respiration, et que le but d'un parst changement était de fournir un point d'insertii solide aux muscles , qui de la poilrine se readei soit au tronc, soit aux membres supérieurs, voici quel est le mécanisme d'après lequel la poil est rendue immobile. Quand l'air a péuétré dai celle cavité, la glotte se resserre spasmodiquemei les muscles des parois abdominales entrent en traction; ils refoulent les viscères dans la cavité la poitrine et les appliquent sur le diaphragme; saillie de celui-ci est bientôt bornée par la résisti que lui oppose l'air qui distend les poumons, et q la contraction spasmodique de la glotte maintii emprisonné. L'occlusion de la glotte étant un poi fondamental de la théorie de MM. J. Cloquet Bourdon, voici les arguments nombreux que cest leurs ont fait valoir en faveur de leur doctrin 1° c'est au gosier que l'on éprouve un senliint de constriclion pendant que l'on fait un effort ; 2"^ l'effort se prolonge, on ne tarde pas à ressen dans cette partie une fatigue pénible ; 3" le pd bruit , accompagne de la sortie de quelques bail d'air, annonce que moraenlanémenl lacontractV des muscles constricteurs de la glotte a été T*j eue ; 4 ' si on provoque l'effort en faisant vomir] animal avec l'émélique, et qu'on découvre sa glol on s'aperçoit qu'elle se resserre à chaque vomid ment ; 5" si on met son doigt dans le larynx aan ment où l'on accomplit un effort , on sent qacl larynx est fermé (il nous parait douteux <l M. Bourdon ait pu introduire son doigt jusquedi la cavité du larynx ; il est probable que dans 0» expérience la constriclion aura été opérée par resserrement des bords de l'isthme du gosier); 6' on fait une plaie à la Irachéc-arlère, et qu'on lai une canule creuse dans son intérieur, l animall peut plus faire d'effort de vomissement ; et si ç un cheval, il n'est plusaussi propre à la course ni| trait. Si on bouche la voie de dérivation faite trachée-artère , les facultés de l'animal revu
DES MOUVEMENTS
ni à l'inslant et avec autant d'e'nergie qu'à l'ordiire; 7° la paralysie des muscles du larynx s'oppose acconaplissement de l'effort ; 8" M. Bourdon a icé une canule dans son larynx, et il a éprouvé i mêmes phénomènes que ceux desanimaiixdont trachée était ouverte ; 9° l'aclion de rire, de tous- , en permettant la sortie de l'air hors delà poiiie, ote à l'instant la faculté de faire des efforts ; enfin, les lèvres et le voile du palais ne peuvent is ce cas remplacer la glotte; car, comme l'a L i imenté M. Cloquet , on peut, en exerçant un oit, faire sortir parle nez la fumée dont on a iiaravant rempli sa bouche.
On a adressé plusieurs objections à cette théorie. Fodera a prétendu que la glotte ne se fermait s pendant l'effort , à moins que celui-ci ne fût ii'^idérable , et qu'il s'échappait toujours une pequantité d'air ; expiration lente et graduée qu'il laut pas confondre avec les mouvements brusrs et interrompus d'inspiration et d'expiration [it nous avons parlé, et qui paraissent destinés à ifier le sang trop long-temps privé d'air. M. Mandie a de plus fait remarquer que les chevaux meurs dont on ouvre la trachée n'en étaient pas )ius bons pour le trait, quoiqu'ils conservassent c> canule débouchée dans la plaie. M. Kergaradec lit des expériences sur lui-même, en produisant s efforts pendant lesquels il suspendait etaccom- -sait alternalivemenlles mouvements de larespiion ; il a remarqué que le résultat était à peu t's le même relativement à la violence de l'effort: . avait cependant une légère différence, qui était .1 vantage des contractions opérées pendant la susrision complète des mouvements de la respiration.
peut dire que ces expériences de M. Kergarat démontrent qu'avec un peu d'attention on peut livrer à des efforts pendant que les phénomènes i a respiration s'accomplissent; mais elles neprouiil pas que dans l'état ordinaire la glotte reste ourte chez une personne dont l'espritn'est pas dirigé rs ce but.
L'On peut encore ajouter que dans celte théorie I Jiaphragme n'est considéré que comme servant laire entrer l'air dans la poitrine par l'inspiration i précède l'effort , et plus tard comme faisanll'ofle d'une soupape qui empêche les viscères d'être ffoncés dans la poitrine, tandis qu'il remplit en- Te un usage qui a été inconnu par la plupart des fteors, et que Bichat a exprimé brièvement. Le pphragmeest l'antagoniste des muscles qui s'ira- HDtent sur la paroi externe de la poitrine, et par mergie de sa contraction il s'oppose à ce que les Fies soient entraînées en dehors , sens dans lequel » muscles extérieurs tendent à les porter. 11 est «8 doute aidé dans cette action par une série de WBcles dont la contraction lutte contre celle des »ands et petits pectoraux , grands dentelés, etc. , je uxdire les deux plans de muscles intercostaux. Il est facile de se rendre compte des différents lenomcncs de l'effort. La tuméfaction de la gorge ■nt à la dilatation de la trachce-artèro pressée centriquement par l'air que renferme la poitrine; replelion des vaisseaux veineux est due à ce que i muscles en contraction expriment le sang qu'ils «nferment et celui des veines inlermnsculaires ; à
ce que la suspension des mouvements respiratoires arrête l'action aspirante de la poitrine sur le sang des veines ; à ce que le cœur accélère ses battements et pousse ainsi une plus grande quantité de sang dans le système veineux. L'essoufflement qui suit des efforts long-temps prolongés a pour but de redonner au sang les qualités artérielles altérées dans ce liquide par suite des troubles de la respiration.
Plusieurs accidents peuvent se produire pendant l'effort : la rate s'est quelquefois déchirée pendant le vomissement ; la rupture du diaphragme a été vue un grand nombre de fois sur les chevaux. M. Percy, qui a décrit cet accidenta l'article Diaphragme , du Dictionnaire des Sciences médicales , a observé un cas pareil chez un homme : dans tous les cas , la rupture du diaphragme est promp tement mortelle ; l'hémorrhagie cérébrale est assez fréquente ; elle peut tenir à la stase du sang dans les vaisseaux du cerveau , et à l'accéléraliou du cours du sang; la trachée-artère , distendue outre mesure , s'est éraillée, et l'air s'échappant par cette fissure a donné lieu à l'emphysème : c'est du moins la seule explication que l'on puisse donner du gonflement emphysémateux que l'on observe parfois au cou des femmes qui accouchent avec des efforts trop violents ; la formation des hernies, ou leur étranglement , est l'accident le plus fréquent ; l'explication en est trop simple pour que nous nous arrêtions à la donner.
Quoique le plus souvent les contractions musculaires d'où résulte l'effort se produisent sous l'empire de la volonté, il est des cas où elles paraissent entièrement s'y soustraire. C'est ce qu'on observe dans l'accouchement , dans certaines opérations de taille ou de lilhotritie , où l'on voit les contractions de l'utérus ou de la vessie entraîner irrésistiblement dans leur action celles des muscles des paroisabdominalcs, du diaphragme, etc. Peut-on penser , avec Ch. Bell , que ces muscles qui se contractent ainsi convulsivement pendant l'effort , sont ceux qui reçoiventleurs nerfs du système des nerfs respiratoires ?
L'innervation joue un grand rôle dans l'accomplissement des efforts; il ne diffère point, du reste, de celui que nous lui avons assigné en parlant des contractions musculaires; seulementil doit y avoir une dépense plus grande de l'influx nerveux; car si nous prolongeons les efforts au-delà d'un certain temps, nous tombons bientôt dans un état d'épuisement considérable, et que le repos seul peut faire disparaître.
CLXXVII. De la station. Le corps des animaux renferme une suite de leviers mobiles les uns sur les autres, et qui seraient entraînés parles lois de la gravitation , s'ils n'étaient retenus par les puissances musculaires qui maintiennent le corps dans l'immobilité. C'est à cette immobilité que l'on donne le nom do station. Or, pour l'homme, il existe diverses positions qui constituent autant de stations différentes : telles sont la station debout ou verticale , la station horizontale ou le décubitus sur le dos , le ventre ou le côté ; la station sur les ischions ou assise; la station à genoux , celle sur les mains. La station debout est celle dont
3ft
les phyiriologistes ont le plus étudié le mécanisme. Dans cette position redressée de toutes nos parties , la ligne perpendiculaire, passant par le centre de gravité du corps, doit tomber sur un point de l'espace que mesurent les plantes des pitnls. La station est la mieux assurée possible, quand la ligne prolongée du centre de gravité (1) du corps tombe dans sa base de sustentation (c'est ainsi qu'on nomme l'espace circonscrit par les pieds , quel que soit leur degré d'écarlernent) ; mais cette ligne peut tendre à la dépasser, sans que pour cela la chute ait lieu, l'action musculaire rétablissant bientôt l'équilibre dérange par son changement. S'il devient tel que l'extrémité inférieure de la ligne prolongée dépasse les limites delà base de sustentation , la chute est inévitable du côté vers lequel cette ligne est inclinée (2). Et c'est bien à tort que Wiliis a regardé comme une prérogative des animaux de pouvoir se tenir debout dans cette circonstance.
Si le corps s'incline en arrière , et que la chute sur l'occiput devienne imminente , les muscles extenseurs de la jambe se contractent fortement , afin de prévenir la flexion de la cuisse, tandis que d'autres puissances ramènent en avant les parties supérieures , et redonnent à la ligne prolongée du centre de gravité une autre direction ; et si , à mesure que les extenseurs de la jambe entrent en action, son inclinaison augmente au point que rien ne soit capable de retenir le corps , que son propre poids entraîne vers le sol , par un mouvement qu'accélère la vitesse de la chute, ces muscles redoubleront d'efforts pour la prévenir, et pourront, dans celle violente contraction, rompre en travers la rotule, comme je l'ai expliqué dans un mémoire sur les fractures de cet os.
Je crois utile d'insister sur le mécanisme de la station plus qu'on ne l'a fait jusqu'ici , parce que la connaissance exacte de ce mécanisme rend trèsfacile l'explication des mouvements progressifs. La marche, la course , etc. , exigent que le corps soit debout pour être exécutées: or, lorsqu'on saura par quelles forces le centre de gravité du corps se maintient droit sur le plan qui le soutient, on entendra aisément les manières différentes dont il change de place, en se transportant d'un lieu dans un autre.
CLXXVIIL La slalioh serait pour l'homme un état de repos , si sa tète était dans un équilibre parfait sur la colonne vertébrale ; si celle-ci, formant l'axe du corps, et supportant également dans tous les sens le poids des viscères abdominaux et thoraciques , tombait perpendiculairement sur le bassin horizontal, et enfin si les os des extrémités inférieures formaient des colonnes exactement su-
(1) Ce centre de gravité est placé , dans l'homme adulte, entre le sacrum et ie pubis.
(2) << Qiioliescumquelinea propensionis corporis humani » cadit extra uniiis pedi» innixi plantam, aut extra quadri- » lalerum , coniprchensum a duabus ]ilanti8 pednm, impen diri ruina , à (pincumque musculorum conalu , non p-)- » lest.» Boreili , prop. 140.
La solidité de la station dépend donc, en partie, de la largeur des pieds et de lenr ccartcment. Aussi est-elle bien plus vacillante lorsque nous nous soutenons sur un seul
perposées ; mais aucune de ces conditions n'existe dans la machine humaine ; l'articulation de la tète ne correspond point à son centre de gravité; leg j, viscères thoraciques et abdominaux, ies paroig des cavités qui les contiennent pèsent presque exclusivement sur la partie antérieure de la colonne vertébrale, celle-fi repose sur une base oblique, et les os des extrémités inférieures, qui se touchent par des surfaces convexes et gUssantés sont plus ou moins inclinés les uns sur les autres. Il faut donc qu'une puissance active (1) veille sans cesse à prévenir les chutes dans le$quelles les entraîneraient leur poids et leur direction.
Cette puissance réside dans les muscles extenseurs qui maintiennent nos parties dans une extension d'autant plus parfaite, et assurent d'autant mieuxla station, qu'ils sontanimés d'une force d'antagonisme plus considérable, et que nos organei, par leur disposition mécanique , ont moins de tendance à se fléchir. La tète , dont le centre de gravité passe au-devant de son articulation avec la colonne vertébrale , est maintenue en équilibre parft| les puissances placées en arriére de celle articulation ; elle représente donc un levier du premier ji genre. Les muscles qui l'empêchent de se fléchir sur la poitrine sont nombreux et puissants ; ils coD' slituenl la masse charnue de la nuque. Insérés perpendiculairement sur le levier de la puissance, depuis le contour du trou occipital jusqu'à la protubérance de cet os , et à une dislance assez grande du point d'appui , ils offrent les conditions les ping favorables à leur action. Les musclesqui remplissent les gouttières vertébrales maintiennent à leurloOT le rachis immobile sur le bassin. Ils sontaidésdai celte action par le long-dorsal et le sacro-lombaire,| qui transmet mcdiatement son action auxverlébi à l'aide des côtes, dont la projection en arriére, niveau de l'attache de chacun des tendons du sai lombaire , augmente le bras du levier de la p
pied , et sommes-nous , dans cette circonstance , obligés des efibrls continuels pour que le centre de gravité ne | dépasse point les limites étroites de sa base de sustenti- 1
tion. rr
(1) La station n'est pas, pour certains animaux, ni 'r état de travail et d'effort, comme pout l'homme. C'est M que prouve le fait suivant, acquis par l'observation A M. Duméril. '
Les oiseaux de rivage , et surtout les échassien (grallse,L.), comme les hérons, les cigognes, forcés de viTK 7»^ au milieu des marais fangeux et des eaux bourbeuses, on se trouvent les reptiles et les poissons dont ils se nourrii- ■ i,^ sent, ont depuis long-lenips étonné les natuialistes pari' ■. longue immobilité dont ils sont capables dans l'état station. Cette faculté singulière, si nécessaire à des être* ^. obligés d'attendre leur proie bien plus du hasard que d' ■ leur industrie, ils la doivent à une disposition particu-J j lière de l'urliculation de la jambe avec la cuisse. La facetté du fémur, comme l'a vu M. Duméril sur les pales d'un< cigogne (ardea ciconia, L.), présente vers son milieu u' creux dans lequel s'enfonce une saillie du tibia. Pourqn* la jambe se fléchisse , il faut que cette éminence se dég«g* de la cavité qui la reçoit ; ce qu'elle ne peut faire s»" tirailler plusieurs ligaments, qui maintiennent ainsi la jainl)i étendue dans la station, le vol et les autres mouvemenl progressif, sans que les muscles extenseurs aient besoin n ; contribuer.
DES MOUVEMENTS
iice. Tous ces muscles agissent avec d'autant plus iiergie, qu'ils sont insérés perpendiculairement i les os, et que la longueur des apophyses épiuses transporte leur aelion plus loin du point ijipui.
La résistance que supporte la colonne vertébrale ! t considérable , puisqu'elle suspend , non-seulc-
ont la plupart des viscères thoraciques et abdomi-
ux, mais encore les membres supérieurs : aussi .puissance est-elle énorme. Leslombes renferment
!S niasses charnues qui l'emporlenten volume sur lUes de lous les autres animaux ; mais , malgré ces Missances actives , la station deviendrait bientôt Bupportable, s'il n'existait pas une puissance pastte, mais énergique, qui, à la manière d'un resirl élastique , opposât une action continue et tounrs égale à l'action pareillement égale et continue ; la résistance. Or, cette puissance, nous la trounDS dans la série des ligaments jaunes interposés II lames des vertèbres. La station de la colonne ifrtébrale sur le bassin est semblable à celle des rtrtèbres les unes sur les autres ; en conséquence, ■us n'avons pas à nous occuper de son mécaeme.
SSi le bassin était partagé en deux parlieslatérales, iiaque moitié formerait sur le fémur un levier du iremier genre ; les deux moitiés réunies forment line un double levier du premier genre , el c'est à irtque plusieurs auteurs ont prétendu le contraire, a considérant que les articulations coxo-féraorales ikot plus près du plan antérieur du bassin que du nstérieur el que c'est dans le centre de ces artililations qu'est le point d'appui, ce qui donne un ras de levier en apparence plus long en arrière l'en avant ; considérant, en outre, que la colonne nrlébrale repose sur la partie la plus reculée du Mssin, quelques personnes ont pensé que le tronc andait à basculer en arrière sur le fémur , el qu'il sait retenu par les muscles psoas, iliaques, etc.; 1 autres au contraire, ayant égard à la grande obliiHiilé du bassin, à ce que le poids des viscères abdolinaux pèse principalement sur la partie antérieure î celle ceinture osseuse ; considérant enfin, avec • [. Magendie, que le bassin est tiré en haut par nus les muscles extenseurs de la colonne verléirale qui, en dernière analyse , viennent prendre ■arpoinl d'insertion solidesur la partie postérieure, i!Dtpenséque,loin de tendre, de basculer en arrière, ! bassin devait, avec le reste du tronc, être eni'&lDé en devant, c'est pour prévenir cette flexion lu'existenlles puissants muscles fessiers et ceux des Ijbérosilés ischialiques. On peut dire que toutes puissances musculaires servent à maintenir le ■assin en équilibre sur le fémur, en ramenant à sa 'eclitudc naturelle le centre de gravité que la plus légère inclinaison du troue, soit en avant, soit en rricre, peut entraîner au-delà de la base de suslentalion. On peut en dire autant des muscles qui invironnent l'articulation du genou , el qui mainienncnl le fémur sur le tibia. Cependant l'angle, laillanl en avant, que forment ces deuxos par leur •encontre, tendrait à s'accroître , si les extenseurs l'exerçaient une action beaucoup plus puissante lue celle des fléchisseurs.
Le tibia, articulé avec la partie poslérieujc du
pied auquel il transmet le poids de tout le corps, serait entraîné en avant sans l'action puissante des muscles du mollet. La projection en arrière du calcanéum accroît leur énergie eu augmentant la longueur du bras du levier sur lequel ils agissent. L'astragale transmet médialcmeut au sol le poids dont il est chargé par le calcanéura , le cuboïde , les deux derniers métatarsiens et les deux derniers orteils ; d'un côté el de l'autre, par le scaphoïde , les trois cunéiformes , les trois premiers métatarsiens el les trois premiers orteils. Il n'est plus ici besoin d'aucune puissance musculaire pour assurer la station, puisque la ligne de gravité passe par un point quelconque du plan intercepté par les deux pieds. Cet exposé de l'application successive des puissances à chaque section du squelette , nous montre combien les auteurs se sont trompés, quand ils ont placé presque partout des leviers du troisième genre, tandis que dans la station les os représenlenldes leviers du premier genre, dont quelquesuns, ceux de la jambe et delà cuisse, par exemple, ont, ainsi que M. Gerdy l'a fait observer, une hauteur considérable et peu de longueur.
Dans les premiers temps de la vie , toutes nos parties sont peu favorablementdisposées pour l'action des puissances qui opèrent la station ; et de plus comme nous l'avons vu (CLXV) , ces puissances manquent d'un degré suffisant d'énergie pour équilibrer celles dont l'aclion leur est directement opposée.
La faiblesse relative des muscles extenseurs n'est point le seul obstacle qui s'opposeà la station , dans les premiers temps de la vie: d'aulres causes, dans l'examen desquelles nousallons entrer , concourent à priver le nouvel individu de l'exercice de celte faculté.
L'articulation de la tête avec la colonne vertébrale étant plus près de l'occiput que du menton , et ne correspondant point à son centre de gravité, il suffit de l'abandonner à son propre poids pour qu'elle soit entraînée sur la partie supérieure de la poitrine. Elle a d'autant plus de tendance à se fléchir, que son volume est plus considérable; et comme elle est , dans un enfant nouveau-né , très-grosse , proportionnellement aux autres parties du corps , el que ses muscles extenseurs partagent la débilité de lous les muscles de celle espèce , elle tombe sur la partie antérieure du thorax , el entraîne le corps dans sa chule. Le poids des viscères thoraciques et abdominaux tend à produire le même effet.
L'accroissement procède des parties supérieures vers les parties inférieures. On pressent quels effets doivent résulter de cet accroissement inégal des parties relativement à la station. Les membres inférieurs , qui servent de base à tout l'édifice .étant très-peu développés à l'époque de la naissance , les parties supérieures, assises sur ces fondements ruineux , doivent tomber et les entraîner dans leur chule.
Le poids relatif de la lèle , des viscères thoraciques elabdominaux, tond donc à entraîner en avant la ligne suivant laquelle toutes les parties du corps pèsent sur le plan qui le soutient, ligne qui doit tomber sur ce plan pour que la station soit parfaite. Le fait suivant vient à l'appui de celle asscrlion. J'ai
ÉLÉUENTS nB PHYSIOLOGIE.
observéque les enfants dont la têle est très-voluraineuse , lo ventre saillant cl les viscères surchargés de graisse , s'accoutument dilTicilenaent à se tenir debout ; ce n'est guère qu'à la fin de leur deuxième année qu'ils osent s'abandonner à leurs propres forces ; ils restent exposés à des chutes fréquentes , et ont une tendance naturelle à reprendre l'état de quadrupède.
La colonne vertébrale . dans l'enfant, ne décrit point, comme dans l'adulte , trois courbures alternativement disposées en sens contraire. Presque droite , elle offre néanmoins , dans le sens de sa longueur , une courbure légère , dont la concavité regarde en avant. Cette incurvation, qui ne peut être attribuée qu'à la flexion du tronc pendant la grossesse , estaussi d'autantplus marquée , que l'enfant est plus près de l'époque de sa naissance.
La disposition de la seule courbure qui existe favorise la flexion du tronc, et par conséquent l'inclinaison du centre en avant , et la chute dans ce sens. Cette inflexion de la colonne vertébrale, dans le fœtus et dans l'enfant, est analogue à celle que présente la même colonne chez plusieurs quadrupèdes (1).
Le désavantage qui résulte du défaut de courbures alternatives dans la colonne vertébrale de l'enfant, est rendu plus grand encore par le manque absolu d'apophyses épineuses. On sait que la principale utilité de ces éminences est d'écarter la puissance du centre des mouvemenis des vertèbres, d'agrandir le bras de levier par lequel elle agit slir le tronc pour le redresser, et de rendre par là son action plus efficace. A l'époque de la naissance , les vertèbres sont absolument dépourvues d'apophyses épineuses; elles s'élèveront par la suite de l'endroit où les lames de ces os sont unies au moyen d'une portion cartilagineuse qui complète postérieurement le canal vertébral. Les muscles érecteurs du tronc, affaiblis par sa flexion constante durant la gestation , perdent donc encore la plus grande partie de leur force par la manière défavorable dont ils s'appliquent à la partie sur laquelle ils doivent agir.
La flexion de la téte dépend non-seulement de son poids considérable, mais encore du défaut d'apophyses épineuses dans les vertèbres du cou, puisque les grands mouvements de cette partie se passent bien moins dans son articulation avec l'atlas, que dans celles de toutes les autres vertèbres cervicales.
Le bassin de l'enfant est peu développé , son détroit supérieur très-oblique. Les viscèresYJui seront par la suite renfermés dans sa cavité se tt'ouvent en grande partie au-dessus d'elle. Cette obliquité du
(1) Cette courbure est très-fortement prononcée dans le cochon, Le dos de cet animnl présente une convexité trèsgaillante; et cette disposition, nécessaire pour que la colonne vertébrale puisse supporter le poids énorme de se» viscères ab<luminaux , a la i)lus grande influence sur le mécanisme de ses mouvements progressifs. Lorsque quelque bruit l'effraie, il saiilc en bondissant; et il est facile de s'apercevoir qu'à chaque saut, la colonne épinicre n'arque, puis se redresse, et qu'il hûlc principalement sa course par la tension et le relâchement alternatifs de son •rc vertébral.
bassin nécessiterait lo redressement continuel de la colonne vertébrale, pour que la ligne prolongée du M centre de gravité n'obéît point à la tendance nalu- i'^ relie qui l'incline en avant. D'un autre côté , ]a|i( colonne vertébrale , reposant sur un bassin peu! ^ large , est établie d'une manière moins stable, cil (< peuléire plus facilement enlraince au-delà des li-j m miles de la base de sustentation. Enfin , le peu d'é-| t tendue du bassin , joint à son obliquité, fait queiif les viscères du bas-ventre , mal soutenus , tombent) if sur la partie antérieure et inférieure de ses parois, ;< et favorisent la chute du corps dans le même sens, i
La rolule , qui a le double usage d'affermir It) , genou au-devant duquel elle est placée, et d'aug-ii,; menter la force effective des muscles de la jambe,(i; en les écartant du centre des mouvements de celteiip articulation , et en agrandissant l'angle sous lequel|if ils s'insèrent au tibia, n'existe point encore cbezleiUI enfants nouveau-nés. La portion du tendon desex-|fP tenseurs delà jambe , dans laquelle cet os doit se développer, est seulement d'un tissu plus serré, i présente un dureté cartilagineuse.
Du défaut de point d'appui résulte , pour la jambe, une tendance continuelle à se fléchir soil la cuisse , et du parallélisme de ses muscles exlea-| seurs la perte complète de leur force effective. Alor leurs antagonistes entraînent ce membre dans anc flexion d'autant plus considérable , qu'elle n'es qu'imparfaitement limitée par la portion tendinensoM qui se trouve à la partie antérieure du genou.
La longueur du calcanéum, l'étendue par la quelle il dépasse postérieurement l'extrémité in férieure des os de la jambe , concourt à assurer station, en alongeant le bras de levier par Ieque| les extenseurs du pied portent leur action m cette partie ; et comme, dans l'enfant qui vient de naître, cet os plus court se prolonge moins arrière , la force de ces muscles , dont l'insertion fait très-près du centre des mouvements de l'articn lation du pied, est considérablement diminuée.
La solidité de la station est favorisée par plusiei circonstances inhérentes au volume et à l'arranp ment desleviers superposés. La colonne vertébral est formée d'une série d'os, dont le corps va augmentant de volume de la partie supérieure l'inférieure; de telle sorte, que la force de ceti colonne va en augmentant à mesure que le poi de nouvelles parties s'ajoute à celui qu'elle supp déjà. On peut signaler dans le rachis deux auti conditions de solidité. La première est due * courbures qu'il présente , et qui lui assurent O! résistance aux pressions verticales seize fois pl grande que s'il était rectiligne ; car il est démon qu'une colonne élastique, courbée alternativemei acquiert par-là une résistance égale au carré nombre des courbures plus un. Celte loi doit trou son application dans la colonne vertébrale , à J* quelle les disques intervertébraux donnent, leur superposition, les caractères d'un ressort éli tique.
La seconde condition de solidité est le résnlt»! de la présence du canal vertébral ; de la même m» nière que les canaux médullaires, à quantité do matière osseuse égale , augmentent la force des o> longs.
DES MOCVEMEKTS.
.e sacrum reçoit le poids des parties supérieures, liasse entre les os des îles , on l'a comparé à la il'tine voûte. Les puissants ligaments sacro-ilias s'opposent à la disjonction des os du bassin, lis danssa partie supérieure, qui iransmetle poids corps aux os des îles, le sacrum s'efûle en bas, 1 cesse de servir à cet usage, a pression est transmise du sacrum au fémur l'os des îles : elle se trouve décomposée en deux lies égales, d'où suit une solidité plus grande s chaque os des îles qui ne supporte que la moi- Ju poids total : c'est le long du détroit supérieur celui-ci est conduit au fémur; c'est aussi la lie la plus dure , celle où le tissu compacte a le ; d'épaisseur. Le fémur reçoit le poids du corps a téle entourée d'une capsule fibreuse extrê- ,ent épaisse; puis, son col , partie la plus faible os , mais dont la résistance est accrue par une • seur plus grande dans le sens vertical , et par i-posilion des lames osseuses qui le constituent, i que l'ont démontré les différentes coupes faites .M. Bourgery.
épaisseur des os dans l'articulation fémorolie, la force des ligaments assurent la solidité de lation dans le genou. Le tibia transmet seul le Is du corps au pied. Sa résistance est très-grande; il contient une grande quantité de substance 1 pacte , et de plus , il est fortement prismatique, ui lui donne une solidité égale à celle d'un cyre dans lequel les artères de ses plans seraient rites. Dans le pied se rencontrent toutes les dilions qui peuvent assurer la solidité de la sla- : volume considérable des os , étendue des sur- 8 articulaires , force des ligaments ; tout décèle s cette extrémité de nos membres inférieurs i<age qui lui est couûé de servir de support au e de l'édiflce.
.'homme a les pieds plus larges qu'aucun autre oal , et c'est à cette étendue plus considérable a base de sustentation qu'il doit, en grande parl'avantage de n'avoir besoin que d'un seul ou de i de ses membres pour soutenir le poids de corps dans la station et dans ses divers mouveits progressifs, tandis que les autres mammifères leuvent se soutenir , au moins pendant un cer- ' temps, qu'en s'appuyant sur trois de leurs exaltés. Lorsque je dis qu'à raison de l'étendue de pieds, l'homme est , de tous les animaux , celui t le corps repose sur la base la plus large , je abstraction de l'espace que ces parties peuvent »rasser par leur écartement. En effet, cet espace, I les pieds peuvent circonscrire, est bien plus i>3idérable pour les quadrupèdes que pour me. La nature a compensé le désavantage qui «ait de la petitesse de leurs pieds par l'écarlelU de ces parties; et si, par cette disposition, a rendu chez eux la station bipède impossible, • a convenablement assuré le mode de slatiou leur est particulier.
•.es pieds de l'orang-oulan, qui , par la disposi- - générale de ses organes, présente avec l'espèce aine une si frappante conformité, ressemblent le main grossièrement organisée, plus faite pour -rocher aux arbres sur lesquels cet animal va ■cher sa nourriture, que propre aux usages que
l'homme sait tirer de la sienne. Aussi la station sur deux pieds, qu'il affecte dans certaines occasions , n'est-elle pour lui ni la plus commode, ni la plus naturelle; et comme le dit un philosophe, d'après le témoignage de plusieurs voyageurs, si un danger pressanll'oblige à fuir ou à sauter , en retombant sur ses quatre pattes , il décèle bientôt sa véritable origine ; il est réduit à sa juste mesure, en quittant cette contenance étrangère qui en imposait; et l'on ne voit plus en lui qu'un animal à qui son masque spécieux, ainsi qu'à beaucoup d'hommes, n'ajoute aucune vertu de plus.
Les pieds sont, de toutes les parties de l'enfant qui vient de naître , celles qui sont le moins développées: son corps est mal affermi sur cette base étroite ; la ligne prolongée de son centre de gravité , que tant d'autres causes tendent à porter audelà de celle base, la dépasse d'autant plus aisément qu'elle a moins d'étendue.
La plupart des différences que nous venons d'examiner tiennent à la manière dont se fait la distribution des sucs nourriciers dans le fœtus. Les artères ombilicales rapportent à la mère le sang que l'aorte pousse vers les parties inférieures, et n'envoient au bassin et aux membres qui en naissent que de faibles rameaux. Aussi le développement , presque toujours proportionnel à la quantité du sang que reçoivent les organes , est-il très-peu avancé dans ces parties au moment de la naissance, tandis que le développement de la tête, du tronc et des extrémités supérieures , est fort avancé.
L'enfant nouveau-né est donc analogue aux quadrupèdes par la disposition physique de ses organes. Celte analogie est d'autant plus marquée , que l'embryon est plus voisin de l'époque de sa formation ; et il me semble qu'on pourrait émettre comme une proposition générale , que les êtres organisés se ressemblent d'autant plus, qu'on les observe plus près de l'instant où ils ont commencé d'exister : les différences qui les caractérisent se prononçant à mesure qu'ils se développent, et devenant de plus en plus tranchées, à mesure que les actes de la vie se répèlent dans les organes qu'elle anime.
La force inégalement répartie dans les puissances musculaires , et la disposition défavorable des parlies auxquelles ces puissances s'appliquent , mettent donc l'enfant nouveau né dans l'impossibilité de se maintenir debout , c'est-à-dire, de retenir la ligne moyenne de direction de son corps dans une situation rapprochée de la perpendiculaire par rapport au plan qui le soutient. Mais à mesure qu'il avance en âge , la prépondérance des muscles fléchisseurs sur les extenseurs cesse d'être excessive; le volume proportionnel de la tête, celui des viscères abdominaux et thoraciques diminue; les courbures de la colonne vertébrale se prononcent ; les apophyses épineuses des os qui la composent se développent ; le bassin augmente de largeur cl diminue d'obliquité; la rotule s'ossilie ; l'os du talon se prolonge davantage en arrière ; la pelilcsse relative des pieds disparait; l'enfant devient par degrés capable de se tenir debout , en ne touchant le sol sur lequel il appuie que par deux ou même un seul de ses membres ; les yeux naturellement dirigés vers le ciel , no-
ÉLÉMENTS DE PUYSIOLOGIE.
lile prérogative dont, s'il fallait en croire Ovide(l), l'hoiumu jouirait seul cnlro lous les animaux.
Do tous les animaux , l'homme est le seul qui puisse se lenir debout et marcher dans celle attitude, lorsque ses organes sont suffisamment développés. Indiquons quelques-unes des principales causes qui lui assurent ce privilège.
CLXXIX. Quoique l'arliculalion de la tète avec Ja colonne cervicale ne corresponde ni à son centre de grandeur, ni à son centre de gravite, qu'elle soit plus rapprochée de l'occiput que du menton, son ëloignemcnt de celte dernière partie est bien moindre chez l'homme que dans le singe et les autres animaux, dont le trou occipital, suivant la remarque de Daubenton, s'approche d'autant plus de l'exlrémilé postérieure de la téle, qu'ils nous ressemblent moins. Il s'en faut donc de bien peu que la lête ne soit en équilibre sur la colonne qui la soutient ; au moins il n'est besoin, pour l'assurer dans sa position, que de puissances bien moins considérables, tandis que la tète du quadrupède , qui tend sans cesse à s'incliner vers la terre, devait être retenue par une cause capable d'une grande et continuelle résistance. Celle cause , on la trouve dans le ligament cervical postérieur , si remarquable chez ces animaux, s'atlachantaux apophyses épineuses des vertèbres du cou, et à la crête occipitale externe , bien plus saillante chez eux que dans l'espèce humaine, où le ligament cervical postérieur se trouve remplacé par une simple ligne cellulaire qui sépare les deux moitiés symétriques de la nuque.
Les courbures alternatives de la colonne yertébrale, la largeur du bassin et des pieds , la force considérable des extenseurs du pied et de la cuisse (2) , etc. , toutes ces conditions favorables que réunit l'homme manquent aux animaux ; mais, de même que chez ces derniers tout concourt à rendre la station sur deux pieds impossible, de même tout dans l'homme est dispose de manière à rendre très-difOcile l'appui sur les quatre membres. £n effet, indépendamment de la grande inégalité qui existe entre les membres supérieurs et inférieurs, différence de longueur qui, étant d'autant moins sensible que l'on est moins avancé en âge, rend, chez les enfants , la marche sur les mains et les pieds moins incommode : ces quatre membres sont loin de fournir au corps un appui également solide. Les yeux , nalurellenient tournés en avant, se trouvent dirigés vers la terre, et ne peuvent plus embrasser une assez grande étendue , etc.
Il est donc impossible d'admettre avec Barthez que l'enfant soit naturellement quadrupède dans l'enfance , puisqu'il n'est alors qu'un bipède imparfait, ni qu'il puisse marcher à quatre patles
(1) 0» homini sublime dédit , cœlmnque lueri Jiissit, et erectos ad sidcra tollcre vultus.
Ces vers s'appliquent encore mieux au poisson désigné par les naturalistes sous le nom d'uranoscope. Ses yeux , dirigés en haut , restent constamment tournés vers le ciel, ou , pour mieux dire , vers le plan supérieur ; car le ciel des antipodes chIsous nos pieds.
(2) Ces muscles forment le mollet et la fesse ; cliei aucun animal, ces masses charnues no sont plus saillantes que chez l'homme.
pendant toute sa vie, si l'on ne corrige cettj habitude qu'il contracte pendant ses premièrei années (1).
CLXXX. On a peu ajouté à ce qu'a dit GalisQ dans son admirable ouvrage sur la structure d« parties, concernant les avantages respcclifsqui goo attachés à la conformation et à la slruoture parlicu liére des membres supérieurs el inférieurs. Il ei très-facile devoir qu'en conciliant, aulantqu'il élai possible, les éléments de la force et de la mobiliU la nature a fait prédominer la première dans I| structure des extrémités inférieures, tandis qu'elle a sacrifie la force à la facilité, â la précision, à VélM due el à la promptitude des mouvements dans L construction des extrémités supérieures.
Pour s'en convaincre, il suffit de comparer goa les deux rapports (2) , de la résistance dont ils sod capables, et des mouvements qu'ils peuvent pej mettre, le bassin à l'épaule, le fémur à l'huméraj la jambe à l'avant - bras, et le pied à la main.
Vus lorsque leurs os sont recouverts par les pu lies molles, les membres inférieurs présentent ni cône, ou une pyramide renversée, ce qui parai d'abord contraire au but que s'est proposé la naturj mais, si l'on dépouille les parties osseuses des chaij qui les entourent , on s'aperçoit que ces appuigu lides figurent une pyramide dont la base est en M formée par le pied , et qui diminue de largenrl mesure qu'on s'élève de la jambe, formée par la semblage de deux os , à la cuisse qui n'en conliej qu'un seul. .1
Si l'on recherche pourquoi les extrémités iiffl rieures sont formées de plusieurs pièces détachél el superposées , on trouve qu'elles sont par-là bil plus solides que si elles étaient faites d'un seul ol car , d'après un théorème démontré par Euler (.
(1) Est-il nécessaire de réfuter sérieusement les sopl mes qu'un grand nombre de philosophes, complètem étrangers aux connaissances anatomiqués, ont fait val contre la destination de l'homme à la station bipède? structure des organes locomoteurs, ainsi que nous Vm TU, qui s'accommode si admirablement avec celte positic deviendrait absurde dans la station sur quatre memb Faut- il ajouter que les yeux dirigés vers le sol cesserti de nous faire connaître les corps placés devant no même à une petite distance; que les odeurs s'élevant d terre, ne rencontreraient pas favorablement l'orifiœ fosses nasales; que rouvcrturn de la bouche, toirn' bas, laisserait échapper les alimenis contenus dan» intérieur , etc.. Ne poussons pas plus loin cette discu futile : quand les habitudes de tous les temps et de lo' lieux concordent avec l'orgunisalion , il faut croire qtt' sont naturelles, et non le fruit de l'éducation.
(2) frayez les considérations anatomiqués sur le co fémur, que j'ai placées dans ma thèse inaugurale. Dl« tation anatomico-chirurgicalc sur la fracture du 00 fémur. Paris, 1779.
(3) Mpthodus invcnlendi lineas curvas.
Aussi la nature a-l-elle multiplié ces colonnes dâB
extrémités des quadriipcdes, en relevant leur talon e diverses parties du pied, dont elle a alongé les os p faire autant de jambes Secondaires. Ces colonnes brcuses, placées les unes au-dessus des autrrs . sont â nalivement inclinées, et habituellement fléchies cne quadrupèdes légers a la course , et dans les sauteurs lièvre , Pécureiii! , par exemple ; tandis que dans et surtout dans l'éléphant, elles sont toutes sur
DES MODVEMENTS.
t colonnes de même substance et de même i«ètre ont des solidités qui sont en raison inverse k.carrés de leur hauteur, c'est-à-dire que, do
s colonnes de même substance , de même dia-
re et d'inégale hauteur, la plus petite est la
i forte.
es os longs, dont l'assemblage constitue l'exuité inférieure, sont intérieurementcreusés d'un îl qui augmente encore leur solidité ; car, suit un autre théorème expliqué par Galilée (1) , X colonnes creuses , de même substance , de ne poids et de même longueur, ont des forces sont entre elles comme les diamètres de leurs iïvalions intérieures.
a largeur des surfaces par lesquelles se correshdent les os des extrémités inférieures, concourt sammenl à les affermir, lorsque , dans l'état litation , ces os sont verticalement redressés, «une articulation ne se fait par des surfaces I étendues que celle du fémur avec le tibia et jlule; aucune , parmi les orbiculaires , ne préee entre les os des points de contact plus iitipliés que l'articulation de l'os de la cuisse ; ceux du bassin. Le professeur Barthez dit le corps étant debout, la tête du fémur et la ;técotyloïde de l'os innominé , qui reçoit cette , , ne se louchent que par des surfaces peu oidues. Mais je pense, au contraire , que, dans ijne situation possible, le contact mutuel des X os n'est plus complet : la ligne moyenne iirection de la partie supérieure du fémur est s exactement perpendiculaire à la surface de •ivilé cotj loïde, qui embrasse et touche par tous ooinls l'éminence presque sphérique de cet os. LLXXXI. L'état de station ne suppose pas une laobilité parfaite; il s'accompagne, au contraire, laouvemcnts de vacillation d'autant plus mar- ,i, que l'individu a moins de force et de vigueur, a agitations continuelles , quoique peu sensibles )Un homme qui se tient debout, dépendent de une les extenseurs, ne pouvant long-temps per- I rer dans unecontraclion soutenue, se relâchent jenlanément; et les instants de repos des exeurs sont d'autant plus fréquents que l'individu )lus faible.
uelques physiologistes ont donne de la station kidée fort inexacte, en la faisant dépendre de tort général des muscles : les extenseurs seuls .'Véritablement actifs; les fléchisseurs, bien «d'y contribuer, tendent, au contraire , à délier le rapport nécessaire entre les os pour que Itilat soit permanent et durable. Ceci explique rquoi la station entraîne bien plus de fatigue la marche, qui exerce et laisse alternativement kfepos les muscles extenseurs et fléchisseurs imembres.
n peut cependant dire que, pour l'assurer
Terlicale , de manière que la masse énorme du derde ce» animaux §e trouve supportée sur quatre piliers, les pièces, peu longues, sont si peu mobiles les unes hea autres , que, comme l'obserTc Barlhez, saint Basile |.rtagé l'erreur de Pline, d'Elien et de plusieurs écri- , t de l'antiquité, qui disent qu'il n'y a point d'articun dans les jambe» de ce monstrueux animal. ) Opéra, tome II.
mieux, nous contractons quelquefois à un degré modéré les lléchisscnrs eux-mêmes ; alors cette grande partie de la force réelle des muscles, qui agit suivant la direction même des leviers qu'ils doivent mouvoir, et qui est complètement perdue dans les divers mouvements qu'ils impriment, se trouve utilement employée pour rapprocher les extrémités articulaires, les serrer fortement les unes contre les autres , et maintenir leur superposition exacte, nécessaire à la rectitude du corps. Personne , que je sache , n'avait encore parlé de cet emploi de la portion la plus considérable des forces musculaires, que l'on croyait complètement perdue par la disposition défavorable des organes progressifs.
La ligne suivant laquelle toutes les parties du corps pèsent sur le plan qui le soutient a plus do tendance à s'incliner en avant qu'en arrière (1), et les chutes sur le plan antérieur sont les plus communes et les plus faciles. Aussi le pied offre-t-il une projection en avant considérable pour agrandir dans ce sens la base de sustentation, et la nature a-t-elle dirigé de ce côté les mouvements des mains, que nous portons en avant pour graduer les chutes, prévenir les chocs trop violents , et en affaiblir l'effet. En même temps elle a multiplié les moyens protecteurs vers les côtés que les mains ne peuvent garantir. Ainsi , elle a donné plus d'épaisseur à la partie postérieure du crâne; la peau qui recouvre la nuque et le dos a une densité bien plus grande que celles des parties antérieures. L'omoplate s'ajoute aux côtes , et défend la partie postérieure de la poitrine; la colonne épinière règne dans toute la longueur du dos; les os du bassin déploient en arrière toute leur largeur , etc.
Les chutes sont d'autant plus graves, que les articulations sont, au moment où elles arrivent, dans un étal d'extension plus parfaite ; celles de l'enfant , qui tient ses membres dans un état de flexion habituelle , sont bien moins dangereuses que celles d'un adulte fort et robuste , dgnt le corps tombe tout d'une pièce , si je puis me servir de cette expression. Celle que font les patineurs en courant sur la glace sont souvent mortelles , par la fracture du crâne , qui , placé à l'extrémité d'un long levier formé par tout le corps , dont les articulations sont étendues , va frapper le plancher glissant et solide avec une quantité de mouvement qu'augmente encore la vitesse delà chiite.
Nous avons vu plus haut que les échassiers se tiennent longtemps debout, sans efforts, au moyen d'une mécanique particulière à l'articulation du tibia avec le fémur ; mais tous les autres oiseaux ont besoin d'employer l'action musculaire pour se maintenir dans l'étal de station , si toute-
(1) Cette tendance est bien moins marquée dans les hommes maigres et de haute stature. On obsnrve que la plupart de ces individus marchent courbés, nu le dos en voûte , moins encore en >rrlu de l'habitude qu'ils contractent de se baisser , que pour empêcher le centre de gravité de se porter en arrière. Les femmes cnceirilrs, les hydropiques , toutes les personnes qui ont beaucoup d'embonpoint, s'inclinent, au contraire, dans ce dernier sens par une raison diamétralement opposée et facile à expliquer.
ÉLÉMEHTS DE PHYSIOLOGIE.
fois l'on en excepte le temps de leur sommeil. La plupart , comme on sait , dorment perchés sur une branche , que les doigisde leurs pattes serrent avec force : or , cette constrictiou , par laquelle ils demeurent accrochés à leur support , est un résultat nécessaire de la manière dont les tendons des fléchisseurs des doigts descendent le long des pattes. Ces tendons passent derrière l'articulation du talon ; un muscle , qui vient du pubis , se joint à eux en passant au-devant du genou , en sorte qu'il sufOt que l'oiseau s'abandonne à son poids pour que les articulations, devenant saillantes du côté vers lequel les tendons sont placés , écartent ceux-ci de la direction verticale , les tiraillent , les alongent , les forcent d'agir sur les pattes , dont les doigts serrent mécaniquement , et embrassent étroitement la branche sur laquelle il est perché. Borelli est le premier qui ait vu clairement et raisonnablement expliqué ce phénomène (1).
CLXXXII. Quoique la station sur deux pieds soit la plus naturelle à l'homme , il peut se tenir debout sur un seul. Dans cette position , le poids du corps n'étant plus transmis qu'à un seul fémur, le bassin tend à basculer du côté non sou. tenu ; les muscles petit et moyen fessier et tenseur de l'aponévrose crurale s'opposent à ce mouvement, et leur contraction est d'autant plus énergique, que le col du fémur accroît en dehors l'étendue du bras de levier sur lequel agissent les deux premiers. Celle situation est toujours fatigante par l'inclinaison forcée du corps du côté du membre qui appuie sur le sol , et l'effort de contraction nécessaire pour maintenir celte inflexion latérale. La difficulté devient plus grande , si, au lieu d'appuyer toute la largeur de la plante d'un seul pied , nous voulons nous soutenir sur son talon ou sur sa pointe; la base de sustentation est alors tellement étroite , que tous les efforts ne peuvent maintenir long-temps le centre de gravité dans la situation requise.
Quant au degré d'écartement et à la direction des pieds dans lesquels la station est la plus assurée possible , les physiologistes ne sont pas d'accord à ce sujet. Parent prétend qu'ils doivent avoir leur pointe dirigée en dehors, Barthez en dedans; Bichat dit qu'ils doivent être parallèles: nous pensons que celte position est en effet la meilleure. Ainsi , lorsque les pieds circonscrivent un carré parfait, c'est-à-dire, lorsque leur longueur étant supposée de neuf pouces , chaque côté de la figure quadrilatère a cette étendue, la station est la plus ferme qu'on puisse concevoir. Cependant nous sommes loin de garder ou de prendre cette position pour prévenir les chutes. Le lutteur qui veiit terrasser son adversaire écarte les pieds bien davantage; mais alors il perd d'un côté ce qu'il gagne dans un autre sens ; et supposant qu'il écarte les pieds de trenle-six pouces, suivant une ligne transversale, il faudra employer beaucoup plus de force pour le renverser sur le côté ; mais il en faudra beaucoup moins pour le
(I) De motu animalium , Prop. 150. Quœrilur quare ares stando, ratnis arbonim comprehensis , quicscunt et dormiunt absqiie ruinâ. Tab. u, fig. 7.
faire tomber en avant ou en arrière. Aussi an dei grands principes de cet art gymnastique est dera, H mener les pieds médiocrement écartés dans lalign( U de l'effort prévu , auquel il s'agit de résisler. |||
On peut rapprocher de la station l'allilude in 'ài les genoux et l'altitude assise. \t
Dans la première , le poids du corps porte sur le ii! genoux, et nous sommes forcés de ramener le trom M en arrière , afin de reporter le centre de gravité sn l< le milieu des jambes. Aussi, lorsque nousmanquoB i< d'un appui antérieur , celle posture est-elle extrê n meraent pénible , et ne pouvons-nous la garde i < longtemps. Nous avons dit, dans un autre ouvrage t que la génuflexion rendait les moines très sujet l i aux hernies , les viscères abdominaux se IrouvaD il poussés contre la partie antérieure et inférieured iln l'abdomen par le renversement du corps en ai rière (1).
Dans l'attitude assise , le poids du corps pori sur les tubérosités ischiatiques , il faut bien raoîi d'efforts que dans la station sur deux pieds. La bi de sustentation est Irès-agrandie ; et quand led est appuyé, presque tousles muscles extenseurs ei ployés à la station se trouvent inaclifs.
CLXXXIII. Du coucher, cubitus. Tousles ai teurs qui, à l'exemple de Borelli, ont traité ex /«jso de la mécanique animale, tous les physiologietJ il qui, comme Haller , ont exposé avec une cerlaiiiidi étendue le mécanisme de la station et des mouT<a ments progressifs, ont complètement négligé la co» n sidéralion statique du corps de l'homme en repolit abandonné à son propre poids dans le coucher si un plan horizontal. L'objet des considérations <i vantes est de remplir cette lacune. Rappelons d bord que le coucher sur un plan horizontal est seule altitude dans laquelle tous les muscles loi moteurs réparent le principe de leur contractil épuisé par l'exercice; la station immobile n'a l'apparence du repos , et les contractions perse tantes qu'elle exige fatiguent davantage les orga musculaires que les contractions alternatives p lesquelles s'exécutent les divers mouvements pi gressifs.
Le corps de l'homme, étendu sur un plan ho zontal, repose dans quatre positions, suivant porte sur le dos, sur le ventre ou sur l'un des d<i côtés. Les Latins exprimaient les deux premièr situations par les termes de supination et de^ nation (2). Ils n'avaient aucun mot particulier po indiquer le coucher sur les côtés (3).
Le coucher sur le côté droit estla position la pi ordinaire, celle que nous gardons pendant le to meil, et dans laquelle nous le goûtons le plus iot temps et le plus volontiers. Un très-petit nomfc d'hommes , à moins que l'habitude ne les y pori se couchent sur l'autre côté. La préférence q nous accordons généralement au côté droit se ton sur deux motifs. Lorsque le corps repose sur lec< opposé, le foie, viscère volumineux, très -lourd
(1) Nosograpliie et Thérapeutique cTiinirgicale».
(2) Cubitus supinu8 ; Plin., cubilii» pronns; CiC' cubare in faciem ; .TuTcn.. siipinus vcl promis jacere-
(3) Dextro vel l«vo jatere cubare , cubitus m Ut' Pline.
DES MOUVEMENTS
I assujetti dans l'hypocondre droit, pèso de tout poids sur l'estoinac cl entraine le diaphragme : là résulte une gène et des tiraillemculs qui emhenl de garder long-temps la mèrae posture, ou iblent le sommeil par des songes pénibles ; ene l'estomac de l'homme offre un canal dans le-
I le cours des matières est ol)liquement dirigé iiauten bas et de gauche à droite; l'orifice droit )ylorique de l'estomac est beaucoup moins élevé
- son orifice gauche ou cardiaque: le coucher sur ôté droit favorise donc la descente des aliments, , pour passer dans les intestins.ne sontpas obligés remonter contre leur propre pesanteur, comme ■riverait si l'on était couché sur le côté gauche. :ideux causes anatomiques exercent leur influence ;le plus grand nombre des hommes ; cl s'il en est ^contractent l'habitude de se coucher sur le côté tehe, on est fondé à soupçonner l'existence de (jqae vice organique ou d'une cause accidentelle des engage comme par instinct à choisir cette tUion.
ppposonsun épanchement sanguin, aqueux on lilent formé dans le sac de la plèvre du côté t;he. Le malade se couche sur ce côté afin que • oidsde son corps ne s'oppose pas à la dilatation
ôlé sain de la poitrine. Les parois de cette cavité . 'éloignent point également de son axe ; la pres- , que le corps exerce sur le plan de sustentation
êche l'écartement des côtes, soit comme obstacle iianique au déplacement de ces os, soit en enli'dissant la contractilité des muscles inspirateurs, pplus ou moins comprimés. Or , comme le pou- ^ sain doit suppléer au poumon malade, rien ne
I I plus contraire que de produire de ce côté, par (mauvaise position, une gêne égale à celle qu'oc- »ne la maladie du côté opposé.
1 1 a cru long-temps, etl'on enseigne encore que, l les épanchemenls Ihoraciques, les malades se khentsurle côté même de l'épanchement, pour ëcher que le liquide épanché ne pèse sur le mé- ■n, et ne le pousse sur le poumon opposé, dont
Iêcheraitle développement. Les expériences tes démontrent assez la fausseté d'une telle iition.
produit des hydrothorax artificiels en injec- 'eau la poitrine de plusieurs cadavres , au 1 d'une plaie faite à l'un de ses côtés. Cette encene peut se faire que sur les cadavres dont ornons sont libres d'adhérence avec les parois )oitrine ; et le nombre en est plus petit qu'on nagine. L'on fait entrer ainsi depuis une jusrois et quatre pintes de liquide. J'ouvrais enivec précaution le côté opposé de la poitrine: es en levées et le poumon déplacé permettaient r distinctemcntla cloison du médiastin tendue îolonne vertébrale au sternum, et supportant, iéder , le poids du liquide , quelle que fût la on dans laquelle les cadavres fussent placés, si donc bien évidemment pour ne pas cmpèla dilatation de la portion saine de l'appareil ratoire, dont une partie est déjà condamnée à tion , que les malades , dans les épanchcments ciques,se couchent toujours sur le côté même pancheraenl : c'est pour la même raison, à lae 8 ajoute le motif de ne point augmenter la
douleur par le tiraillement de la plèvre enflammée, que les pleurétiques se couchent sur le côté douloureux. La même chose s'observe dans les péripncuraonies , en un mot , dans toutes les affections douloureuses des poumons et des parois de la poitrine.
Le coucher sur le dos, peu ordinaire dans l'état de santé , est naturel dans plusieurs maladies. Il indique généralement une faiblesse plus ou moins grande des muscles inspirateurs. Les puissances contractiles qui président à la dilatation de la poitrine, frappées d'adynamie dans les fièvres de mauvais caractère ou par suite d'une fatigue excessive , n'effectuent qu'incomplètement celte dilatation. Cependant une quantité déterminée d'air atmosphérique doit être admise à chaque instant dans les poumons, et la faiblesse générale serait augmentée, si la respiration n'imprégnait pas le sang d'une quantité suffisante d'oxigène : les malades choisissent doncla position dans laquelle ladilatalion de la poitrine est plus facile pour ses muscles affaiblis. La paroi postérieure , sur laquelle le corps repose dans le coucher sur le dos , est presque inutile à l'ampliation de la cavité. Les côtes , dont le centre des mouvements est dans l'articulation avec la colonne vertébrale , sont presque immobiles en arrière , et la mobilité de ces os augmente avec la longueur du levier qu'ils représentent; de sorte que nulle pari elle n'est plus grande qu'à l'extrémité antérieure , terminée au sternum. Ainsi le coucher sur le dos offre le double avantage de ne gêner aucun des muscles inspirateurs , et de né s'opposer au mouvement des côtes que dans la portion où ces os ont le moins de mobilité. Le coucher en supination (decuhitus supinus) est un des symptômes caractéristiques de la fièvre putride ou adynaraique, du scorbut, et de toutes les maladies dont la débilité des parties contractiles forme le principal caractère. Les personnes fatiguées par une loiigue marche ou par tout autre exercice se couchent dans cette position , et ne la quittent qu'au moment où le sommeil a suffisamment réparé la perte de la contractilité.
Le coucher sur le ventre a des effets diamétralement opposés. La dilatation de la poitrine se trouve empêchée dans le lieu où la charpente osseuse est douée de la mobilito la plus grande ; les •viscères abdominaux sont d'ailleurs refoulés vers le diaphragme , dont ils gênent rabaissement: aussi cette position est-elle peu ordinaire. La possibilité de la conserver pendant le sommeil n'existe que pour les personneslrès-forles; et lors même qu'elles s'endorment dans cette position , elles se réveillent bientôt d'un sommeil troublé par des songes pénibles , éprouvant ce sentiment d'angoisses connu sous le nom A'incube. Nous prenons quelquefois cette position lorsque nous voulons restreindre l'étendue do la respiration , et par conséquent diminuer l'excitation intérieure durant l'ardeur d'un accès fébrile , par exemple.
Les diverses positions du coucher étant principalement relatives à la plus ou moins grande facilité de la respiration , les enfants très-jounos et les personnes avancées en âge prcfèrcnl le coucher sur le dos , situation qui , comme nous l'avons vu
ÉLÉMENTS DE l'H VSIOLOGIE.
précédemment, cslla plus favorable aux mouvements respiratoires. La respiration .comme toutes les autres fonctions de l'économie animale , à l'exception de la circulation et des phénomènes qui lui sont immédiatement subordonnés ; la respiration , dis-je , a besoin d'une sorte d'éducation; elle ne s'exécute que faiblementdansles premiers temps de la vie ; ce n'est qu'au bout d'un certain nombre d'années ,et lorsque les muscles respirateurs, d'abord minces et débiles , se sont fortifiés par l'effet même de leur action , que la poitrine se dilate avec facilité, et que le poumon jouit du plein exercice de ses facultés. Jusque-là l'agrandissement de la cavité , l'ampliation du poumon ne s'effectuait que d'une manière incomplète ; l'enfant ne pouvait pas même se débarrasser , par la sputation , des matières muqueuses dont ses bronches sont sujettes à s'emplir , et qui rendent le catarrhe pulmonaire si grave dans le premier âge de la vie. De même , chez le vieillard , les muscles , affaiblis et revenus à celte débilité relative de l'enfance , font de vains efforts pour désobstruer les voies aériennes des mucosités dont elles s'engouent dans le catarrhe suffocant. Les phénomènes mécaniques de la respiration sont donc également difficiles chez l'enfant , par la faiblesse des muscles , long-temps inaclifs ; chez le vieillard, par l'affaiblissement des mêmes organes et le durcissement des cartilages : aussi le coucher sur le dos est-il la position la plus familière à ces deux termes éloignés de la vie , mais avec une différence assez remarquable qu'il s'agit maintenant d'apprécier.
Dans les considérations précédentes , nous avons toujours supposé le corps de l'homme étendu sur un plan parfaitement horizontal. Il est cependant rare que l'on repose sur un plan ainsi dirigé; presque tous les hommes , et surtout les personnes avancées en âge , ont besoin que le plan offre une certaine inclinaison, et que la tête soit plus ou moins élevée, sans quoi le cerveau deviendrait le siège d'une congestion sanguine mortelle. Les enfants, au contraire , négligent cette précaution sans danger, soit parce que chez eux les propriétés vitales, plus énergiques, balancent mieux l'empire des lois physiques, en s'opposant plus invinciblementaux effets delà gravitation , soit par la raison que les parois des artères intérieures du crâne ont , chez les enfants très-jeunes, une épaisseur relative, et par conséquent une force plus considérable. L'extrême disproportion qui existe chez les adultes, pour l'épaisseur des parois, entre les artères cérébrales et celles d'un calibre égal, observées dans les autres parties du corps , est peu de chose dans l'enfance ; et cette différence analomique , que j'ai plusieurs fois reconnue dans les dissections , n'estelle pas une des principales causes qui décident dans la vieillesse l'apoplexie, à laquelle l'enfant n'est point sujet ?
L'on sait que l'agrandissement de la poitrine s'opérant surtout par l'abaissement du diaphragme , les personnes qui ont fait un repas très-copieux , les hydropiques , les femmes enceintes, ne peuvent goûter le repos qu'à la faveur d'un plan incliné; de sorte que, la poitrine étant trcs-releyée, cl l'individu comme assis , le poids des -viscères
abdominaux les entraîne contre la paroi inférieure et fait que leur masse ne s'oppose point à l'abaig. sentent du diaphragme
Il nous resterait maintenant à examiner qucllJ' est la posture dans laquelle le corps repose avec h moindre fatigue. Celle étude , peu importante poui ! le médecin , serait d'un grand prix pour les arli qui ont pour objet la nature imitée. C'est poui ' l'avoir négligée que, dans les productions de uoi ' peintres, de nos sculpteurs , nous voyons souven |' des figures qui , livrées au repos, sont posées dam ' des altitudes si fausses ou tellement pénibles , que
pour les conserver , elles devraientcssuyer la plu grande fatigue etfairc les plus grands efforts.
CLXXXIV. Mouvements progressifs de marche. La marche, la course elle saut sont Ui par beaucoup de nuances intermédiaires , de faço qu'il est difficile de les distinguer. II est en ei très-peu de différence entre marcher d'une cer manière ou courir ; et la course s'effectue , le pli souvent, par le mécanisme compliqué de la m&Tdk et du saut. Dans le marcher le plus naturel , noi mettons premièrement le corps en équilibre n l'un des deux pieds , en l'inclinant de ce côté ; pni fléchissant le|pied opposé sur la jambe, celle-ci n la cuisse et la cuisse sur le bassin , nous raccop cissons cette extrémité; nous la portons en mén temps en avant; nous étendons ses arliculatioi fléchies; nous inclinons le corps en avant, et pied vient s'appuyer solidement sur le sol du tali vers la pointe ; nous reportons le centre de graii dans cette direction : la jambe restée en arrière détachée du sol par la contraction des muscles mollet ; le pied se relève , en faisant un demi-cei du talon vers la pointe, et dans ce mouvement presse le sol de manière à pousser le tronc enav si le sol est glissant, le pied fuit en arrière à la si face, et nous marchons difficilement. Quand cei jambe est soulevée, nous la rapportons sons le sin ; puis , faisant exécuter les mêmes mouvemi à ce membre, nous mesurons l'espace d'aul plus vile , en y employant d'ailleurs des foi égales , que les leviers sur lesquels le centre gravité se trouve alternalivement porté , ont longueur plus considérable. Il en est ici du po| du corps relativement aux membres inférieai comme celui d'un char qui passe successivemi sur les divers rayons de ses roues.
Le centre de gravité ne se meut point sut une ligne droite, mais entre deux parallèles , l'intervalle desquelles il décrit des obliques vont de l'une à l'autre, en formant de vérital zig-zags. La direction oblique du col des fémi explique les vacillations latérales du corps dant la marche ; les bras , qui se meuvent en s| contraire des membres inférieurs, font l'office balanciers, conservent l'équilibre, et corrigenlj vacillations , qui seraient bien plus marquées les cols des fémurs, au lieu d'être obliques, avai une direction horizontale. Les impulsions communiquent au tronc se conlre-balancent proqucment , et celui-ci se meut dans la diagoi d'un parallélogramme dont il formerait les cô| Celle rectitude de direction dans la marche constamment altérée; et si la vue ne nous f*
DES MOUVEMENTS
i cevoirde loin lebut auquel nous devons tendre, is nous en éloignerions considérablement. Un unie dont on bande les yeux, placé au milieu 11 champ vaste et carré, croit, pour en sortir, relier en ligne droite, et va gagner un des an- C'est presque constamment du côté gauche ' l'on dévie , l'extrémité inférieure droite , plus ie , poussant le poids du corps sur le côté opé. Les boiteux s'écartent bien davantage de la ( lion droite , en déviant du côté de la jambe ourcie. Toutes ces agitations, qui rendent leur arche si remarquable , tiennent au besoin qu'ils lie travailler beaucoup et sans relâche pouremlier le corps d'obéir à son poids et à la force de (rémité saine qui le pousse sur le côté malade, o' ps éprouve à chaque pas un mouvement d'éition et d'abaissement: le premier l'épond au tient où le pied se détache du sol; il est facile en assurer en voyant les mouvements de l'ombre 10 personne qui marche le long d'un mur. a largeur des pieds , un degré médiocre d'écarenlde ces parties, assurentla marche, en offrant npport plus étendu au centre de gravité. Aussi , ([lie nous marchons sur un plancher mobile et *ùr, écartons-nous ces supports, afin d'emser une plus grande base de sustentation. Les '.mes qui ont long-temps navigué , contractent î:e tellement l'habitude de cet écartement des s, nécessaire pour se soutenir au milieu du is des vaisseaux, qu'ils ne peuvent s'en défaire iqu'ils sont à terre, et sont faciles à reconnaître «leur démarche. Un matelot n'est capable d'un I ice actif que lorsqu'il a , comme disent les gens iiaer, le pied marin, c'est-à-dire, lorsqu'il s'est htué à marcher avec assurance sur le pont modd'un navire battu par la tempête, u femme, dont les pieds sont naturellement : petits, a par cela même la démarche moins ; ; mais doit-on eu conclure , avec l'écrivain le r éloquent du dix-huitième siècle, que chez elle htitesse du pied se rapporte au besoin qu'elle a 'lir pour être atteinte? La forme concave de la 'te des pieds, en faisant qu'ils s'accommodent IX aux inégalités du sol, contribue à affermir I orps dans la marche et les autres mouvements r:ressifs. Il est dans la marche un moment intiédiaire entre le commencement et la fin du , pendant lequel le centre de gravité ne passe ppar la base de sustentation; il dure depuis rtant où ce centre abandonne le pied laissé en lire, jusqu'à celui où il se trouve ramené sur • re pied , porté en avant, a marche se modifie suivant qu'on l'exécute mn plan horizontal ou sur des plans inclines: 5 ce dernier cas, elle se nomme montée ou dcse, et l'aligne beaucoup plus. Pour expliquer '.ion de monter, supposons un homme placé au d'un escalier qu'il doit gravir: il commence par tïir les articulations de l'extrémité qu'il veut 1er en avant; il l'élève ainsi en la raccourcissant r l'avancer; et lorsque le pied, à demi-étendu, ose, il élend les articulations de l'extrémité séc en arriére, pousse ainsi le corps en haut, 8 une direction verticale , cl il achève ce prer pas en conlraclaut les extenseurs de la jambe
antérieure , afin qu'ils entraînent en avant et reportent sur elle le centre de gravité, auquel la jambe postérieure , dont le pied est étendu , a imprimé un mouvement vertical d'élévation. Voilà pourquoi la montée fatigue les mollets et les genoux , mais surtout ces derniers; car l'effort par lequel les extenseurs de la jambe antérieure ramènent sur elle le centre de gravité , est plus grand que celui par lequel les jumeaux et le soléaire lui impriment, en étendant le pied laissé en arrière, un mouvement d'élévation vertical.
Pour soulager les extenseurs de la jambe , nous inclinons le corps en avant le plus qu'il nous est possible ; nous le renversons , au contraire , en arrière lorsque nous descendons une montée d'escalier, ou bien une pente rapide, afin de retarder le mouvement par lequel le corps, obéissant à sa propre pesanteur, tombe sur la jambe portée en avant.
Au moment où le centre de gravité abandonne le point de sustenialion par l'élévation de la jambe laissée en arrière , toutes les forces se réunissent pour l'empêcher d'être porté trop en avant. Les fessiers maintiennent le bassin, redressent la cuisse: les muscles des lombes étendent le tronc sur lo bassin : voilà la raison pour laquelle la descente fatigue surtout les reins. La descente , lorsque le plan sur lequel on l'exécute est médiocrement déclive, est moins fatigante que la montée, la force de gravitation , ou la pesanteur du corps aidant beaucoup au mouvement vertical descendant. La marche à grands pas ressemble à la montée , en ce que le corps , étant abaissé à chaque écartement considérable des jambes, a besoin d'être élevé chaque fois sur celle qui a été portée en avant.
A chaque pas que nous faisons , l'articulation du pied avec la jambe est le siège principal d'un effort, sur lequel l'attention des physiologistes ne s'est point encore arrêtée. Le poids entier du corps est soulevé par l'action des muscles releveurs du talon , et l'astragale supporte ce poids , plus ou moins lourd , suivant l'embonpoint des individus et les fardeaux dont ils peuvent être chargés. Le poids d'un homme adulte, de taille moyenne, et d'un embonpoint médiocre, évalué à 150 livres, peut aller, par l'obésité, depuis 400 jusqu'à 600 livres. La charge ordinaire , égale au poids du corps, peut être quadruplée , et même portée plus loin , puisque l'on a vu des hommes très-forts transporter des fardeaux pesantplusd'unmilHer délivres. Ainsi donc, en ajoutant à la pesanteur du corps celle des fardeaux dont il peut être chargé , on voit sans peine quels efforts prodigieux s'exercent , pour ainsi dire , à notre insu , dans l'articulation du pied avec là jambe. Mais combien la nature s'est ménagé de ressources pour vaincre cette résistance considérable! combien de circonstances se trouvent heureusement réunies pour la surmonter s-ans fatigue! D'abord , le pied , dans celte action , représente un levier du second genre, et ce levier est, comme on sait, le plus avantageux , la résistance s'y trouvant toujours plus rapprochée du point d'appui que la puissance, et le bras par lequel celle-ci agit consistant dans toute la longueur du levier. Étudrez le mécanisme des diverses pièces du squelelte, et vous ne trouverez nulle part , d'une façon aussi
ÉLÉMENTS nii PHYSIOLOGIE.
marquée , l'emploi d'iiti levier aussi avantageux. Lo calcanéum, en prolongeant le pied derrière son articulation avec la jambe , étend aussi le bras du levier par lequel agit la puissance; sa longueur inQuo sur la vigueur du sujet, sur l'aptitude à l'aire sans fatigue de longues marches, ou à se livrera des exercices qui exigent une grande énergie musculaire de la part des membres inférieurs. Les nègres , qui excellent à la course , et qui se distinguent par une grande prestesse dans la danse et dans tous les exercices de la gym. astique, m'ont toujours offert le calcanéum plus long , plus saillant en arrière que les individus de la race européenne. Les meilleurs danseurs sont ceux qui ont le tendon d'Achille bien détaché, c'est-à-dire saillant, elle pluséloigné possible de l'axe de la jambe ; ce qui suppose que son attache inférieure est reculée par le prolongement du calcanéum.
Ceux dont le talon est court ont le pied long et aplati ; celle conformation , vicieuse lorsqu'elle est hien décidée , non-seulement nuit à la beauté des formes , mais encore porte un notable préjudice à la force du membre, ainsi qu'à la facilité de ses mouvements. Les hommes à pieds plats sont constammenldc mauvais marcheurs : aussi l'aplatisseraent extrême est-il regardé comme un cas de dispense pour le service mililaire : enfin les termes qui expriment celle imperfection physique sont une ^injure dans plusieurs idiomes, comme dans la langue française. Mais poursuivons l'examen des avantages que présente l'articulalion du pied avec la jambe pour l'exercice facile de la marche et des divers mouvements progressifs.
Nous avons vu que les tendons s'insèrent généralement , sous des angles très-aigus , aux os sur lesquels ils agissent. Ici, au contraire, cette insertion se fail à angle droit ; le tendon , commun aux muscles du mollet, rencontre le calcanéum sous l'angle le plus favorable à l'efficacité de leur action. Si l'on excepte les muscles qui meuvent la tête et la mâchoire inférieure, il n'en est point qui nous présentent cette disposition d'une façon aussi marquée. La nature ne s'est pas contentée de disposer le pied de manière qu'il présente le levier le plus avantageux auquel les puissances motrices s'insèrent lo plus loin possible du point d'appui , et sous l'angle le plus favorable à leur action; elle a encore augmenté l'efficacilé de celle action , en multipliant à l'infini le nombre des fibres musculaires. Il n'est pas de muscle plus fort que le soléaire, dont les fibres courtes et obliques, entre les deux larges aponévroses qui recouvrent ses faces antérieure et X)ostérieure , sont plus multipliées que dans aucun aiitre muscle , comme on peut s'en faire une idée en réfléchissant à la grande étendue des surfaces auxquelles se fait leur implantation. En outre , le tendon d'Achille est mainlenu dans la rectitude nécessaire par le feuillet de l'aponévrose de la jamhe, qui passe derrière lui.
Tout, dans les puissances comme dans lesleviers, est donc conformé de manière à surmonter sans peine les résislances, c'est-à-dire à soulever le poids du corps par l'extension du pied, dont lo bout appuie sur le sol dans chacun de nos mouvements progressifs.
Celle force immense avec laquelle les musclei i des mollets agissent pour relever le talon , et son. lever lo poids entier du corps qui pèse sur l'astra. gale, explique la possibilité des fractures transver sales du calcanéum , celle des ruptures du teudoi d'Achille, malgré son épaisseur considérable ; ell( doit encore engager à ne permettre aux maladetdi marcher librement que plusieurs mois aprég ce accidents , la substance à l'aide do laquelle s'opèr la réunion des parties divisées pouvant se rompr aisément par un effort prématuré , comme onea plusieursexemples. Les mêmes dispositions readei également raison d'un accident sur les causes duqni les palhologistes ont long-temps proposé unelhé( rie invraisemblable.
Il arrive assez fréquemment que les seuls effi de la marche occasioncnt le déchirement de q ques fibres dans les jumeaux ou dans le soléai rupture (1) à l'occasion de laquelle survient de douleur , le gonflement des muscles , ainsi qu'ui ecchymose plus ou moins large , produite pari; sang qui s'infiltre et se résout. Les palhologisli attribuent ces symptômes à la rupture du plantai grêle, rupture supposée , que l'autopsie n'a constatée, et dont les signes sont aussi vains qa'i lusoires.
Je pourrais rapporter ici, si c'en était le liei plusieurs exemples de cette affection : dans les cas que j'ai moi-même observés, l'usage bains, des cataplasmes émollienls , rendus un narcotiques, mais surtout la compression etlerepi continués jusqu'à l'entière disparition des tomes , m'ont paru les remèdes les plus opporto
CLXXXV. De la Course. Dans la course pied laissé en arrière abandonnant le sol avant celui qu'on porte en avant soit solidement appa; le cenlre de gravité reste un moment suspendu se meut alors en l'air, poussé parla force de pro: tion , dont l'exercice opère principalement le
Le mécanisme delà course se compose de de la marche et de celui du saut; elle resse davantage au dernier qu'au premier de ces moaH menls, c'est pourquoi des auteurs l'ont définie suite de sauts bas. Ses pas ne sont pas plus grai que ceux de la marche, mais seulement se su dent avec plus de vilesse. Le cenlre de gravité] transporte plus rapidement de l'une à l'aulre janiF et les chutes sont bien plus faciles. La prompte pétilion des mêmes mouvements pendant la cooi exige une contractililé très-vive dans les mu» qui meuvent les extrémités ; et comme l'énergie cette propriété vitale est proporlionuce à l'élen" de la respiration, à laquanlilé du principe aér| dont le sang s'est chargé en traversant lespouinoi les coureurs halètent ou respirent fréquem et à de courts intervalles , sans cependant qu'à que fois la poitrine se trouve beaucoup dilatée
( 1 ) J'observerai , en passant, que l'on «''ùtoniierttl tort (le la rareté des ruptures Je la fibre nui seul aire JF faculté coniractilc dont celle partie de l'organisation I douée leur est direclenient opposée; et, pour que le retnenl s'op'^re, sa cause a non-seiilcmml n vaincre la i"i rie coliésion, mais encore une faciillé vitale dans son ; haut degré de développement et d'énergie.
DES MOUVEMENTS
lit nécessaire que les parois de celte cavité eusil pendant la course une grande fixité; car elle \ ient le point sur lequel s'appuient les puissan- . qui retiennent le bassin et les lombes, etemlient que ces parties ne présentent une base valante aux membres inférieurs. Les meilleurs m eurs sont ceux qui ont la plus grande force d'hane , c'est-à-dire qui peuvent assurera la poitrine degré plus considérable de dilatation permaiile. On les voit, lorsqu'ils disputent le prix de ourse, jeter la tête et les épaules en arriére, •'. seulement pour corriger la propension qu'a la lie de gravité pour s'incliner vers le plan anlé- II r , mais encore pour que la colonne cervicale , omoplates , les clavicules et les humérus , rele- - immobiles, fournissent un point fixe à l'action ' muscles auxiliaires de la respiration. I. a course serait extraordinairement ralentie, si 1 appuyait sur la totalité de la plante du pied , I par le temps qu'exigerait celle application , soit les frottements qu'elle occasionerait : aussi coureurs n'emploient-ils que la pointe des pieds, course la plus rapide s'effectue Ite pied restant iidu sur la jambe , qui est mue avec célérité par extenseurs du genou. On voit, d'après cela, iir quelle raison les chutes pendant la course ;l si faciles et si fréquentes , le centre de gravité issanl à des impulsions qui se succèdent avec )inptitude, et ne reposant jamais que sur une se de peu d'étendue. Une autre raison pour laelle la moindre inégalité du sol devient une cause choppement pour le coureur agile , c'est que la •esse imprimée à son corps par les extensions i)ites et instantanées de l'extrémité postérieure , ^mente à chaque pas, de manière qu'il lui est aossible de s'arrêter lout-à-coup , et sans avoir )aravanl ralenti sa course , et modéré la force pulsive à laquelle tout son corps obéit. Zomrae c'est surtout en avant que les chutes it faciles , les coureurs jettent constamment la een arrière, et se servent de leurs bras comme balanciers; ils les disposent de manière qu'ils ent, avec les jambes, dans une opposition connle , c'est-à-dire quel'extrémilé inférieure droite, exemple , étant portée en avant , le bras gauche t balancé dans le même sens, l est très-peu d'animaux plus favorablement sistruils que l'homme pour exécuter des courses ides : ses membres inférieurs ont la moitié de la gneur totale de son corps , et les muscles qui les uvent sont doués d'une grande force : aussi le yage exercé poursuit et atteint le gibier dont ait sa proie ; et même en Europe, on voit des ireurs de profession qui égalent en vitesse le ^ival le plus agile. Cet animal , comme tous les 'idrupèdes très-viles à la course , l'exécuterait n plus lentement que l'homme, à raison de la iltiplicité des colonnes de sustentation , s'il n'at la faculté de les mouvoir par paires , et de uire amsi ses quatre jambes à deux seulement , "me il le fait dans ce que les ccuvers nomment wp forcé.
.]LXXXVI. Du Saut. Le saut dépend principa- ient,chcz l'homme, de l'extension subite des «nbres inlérieurs , dont toutes les articulations
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ont été préliminairement réfléchies. Les angles allernalifs du pied , du genou , de la hanche , s'effacent, et les muscles extenseurs se contractent d'une manière presque convulsive, lorsque le corps abandonne le plan qui le soutient. Ce redressement de toules les parties ne se borne poiiit aux membres inférieurs , si le saut est violent; il a encore lieu dans la colonne vertébrale, qui agit alors à la manière d'un arc qui se détend. La flexion de toutes les articulations détermine l'abaissement du centre de gravité du corps; la contraction forte et rapide des extenseurs , qui agissent tous en même temps, a pour effet de reporter en haut ce centre de gravité; et comme l'impulsion qu'il a reçue est beaucoup plus grande que celle qui pourrait le reporter au point où il se trouve ordinairement dans la station verticale; que, d'ailleurs, elle est supérieure à la tendance au mouvement vers la terre , que la gravitation imprime au corps, il en résulte que celle-ci est vaincue et que le corps s'élève à une hauteur variable , proportionnelle à l'intensité de mouvement de bas en haut que les extenseurs lui ont communiquée. Cette explication si simple du saut, qui a été exposée avec plus ou moins de lucidité par Borelli, Mayow et autres, a été attaquée par Barlhez , qui lui en a substitué une complètement inintelligible. C'est à tort également que ce physiologiste regarde comme imaginaire toute répulsion de la part du sol. Cette réaction , admise par Hamberger et par Haller , a bien manifestement lieu lorsqu'on s'exerce à la saltation sur un plancher élastique ; c'est par son moyen que les bateleurs s'élèvent, sansfaire de grands efforts, sur la corde qui les supporte. Mais si tous les physiologistes ne conviennent point que le sol réagit pour opérer le saut, tous admettent qu'il doit offrir une certaine résistance : en effet , un sable mouvant qui céderait à la pression que le corps exerce, finirait, en s'affaissant beaucoup, par rendre le saut impossible. La contraction instantanée des muscles extenseurs est si forte pour étendre les membres inférieurs , et imprimer au corps la force de projection qui l'élève, que souvent, dans cet effort, les tendons de ces muscles, ou même les os auxquels ils s'insèrent, se rompent en travers : c'est pour cela que les danseurs sont très-exposés aux fractures de la rotule; elles arrivent au moment où , détachant leurs corps du sol, ils s'élancent avec force à une certaine hauteur.
Si le saut consiste uniquement dans le déploiement subit des extrémités inférieures, dont les articulations sont pliées en sens alternatif , il doit être d'autant plus considérable que celles ri auront [dus de longueur, seront davantage inclinées les unes sur les autres , et que les muscles qui les redressent se contracteront avec plus d'énergie. Aussi les animaux sauteurs , tels que le lièvre, l'écureuil, la gerboise, elc, ont-ils les exlréraités postérieures très-longues par rapport au train antérieur : leurs diverses parties sont d'ailleurs susceptibles d'une plus grande flexion. Tous ces animaux ne peuvent ni marcher, ni courir, strictement parlant; leur course et leur marche consistent dans une suite de sauts et de bonds plus ou moins précipites. Quelques uns néanmoins, tels que le lapin, le lièvre.
peuvent courir lorsqu'ils gravissent une penlc rapide, l'inclinaison du sol modérant alors l'elfet de rimpiilsion communiquée par le déploiement des membres postérieurs; impulsion qui, à raison de la forceol do la longueurde ces extrémités, jette le poids onlicrdu corps sur les pattes antérieures, plus faibles et plus courtes, avec une telle puissance, que l'animal est obligé de les roidir, et do les maintenir «tendues et redressées, pour ne point heurter le sol avec la tête lorsqu'il saute sur un plan horizontal. Les grenouilles , mais surtout les sauterelles et les puces , chez lesquelles il existe , entre le train postérieur et le reste du corps , une disproportion excessive, nous étonnent par la grandeur del'espace qu'elles peuventfranchir par l'elfetd'un saut unique; mais tout étonneraent cesse lorsqu'on réfléchit que les forces impriment aux masses des vitesses égales, lorsqu'elles leur sont proportionnelles. Or , les espaces parcourusdépendantentièrementdes vitesses, puisque le corps sautant perd , par une gradation que rien ne peut ralentir, celle qu'il avait acquise, ces espaces doivent être , à peu de chose près, les mêmes pour les petits animaux et pour les grands.
Swammerdam dit, dans sa Bible de la nature, que la hauteur à laquelle les sauterelles s'élèvent par leur saut est à la longueur de leur corps comme 200 : 1. La puce saute encore et plus loin et plus vite (1).
La larve de mouche , connue sous le nom de ver du fromage, se contourne en cercle, en contractant , le plus qu'elle le peut , ses fibres musculaires ventrales. Après avoir ainsi ramené sa tête vers sa queue, elle se débande subitement par la contraction des fibres dorsales , se redresse et s'élance à une distance considérable. C'est par un mécanisme tout semblable que le saumon, la truite et d'autres poissons remontent les courants rapides interrompus par des cataractes. Ils ploient fortement leur corps ,1e redressent avec énergie , et sautent pardessus l'obstacle qui s'oppose à leur progression. Je pense que , dans ce cas particulier , le saut ne dépend pas uniquement du redressement subit de la courbe élastique, comme le disent les auteurs, mais qu'il est encore dû à la résistance qu'oppose l 'eau à la queue qui la frappe avec force au moment où elle achève de se redresser : de la même manière qu'on voit, dans les mers du Nord , la baleine énorme frapper l'eau d'un coup de sa queue, si violent et si soudain , qu'elle emprunte un appui fixe, et s'élève jusqu'à quinze et vingt pieds do haut, comme le racontent les navigateurs. Les écrevisses sautent en déployant avec force leur queue , arc élastique et contractile , qu'elles ont auparavant recourbée sous leur corps.
Cette théorie du saut semblerait contredite par le fait singulier que rapporte le professeur Dumas, d'un sauteur absolument dépourvu de cuisses, et
(1) Barthcï nous apprend, dans sa Mécanique, que les Arabes appellent ce pelil insecte le père du saut, et que Koberval, physicien Irès-estimablc , avait composé une dissertation sur le saut de la puce, de sallu pulicis. Un pareil sujet, que le vulgaire croirait ne fournir matière qu'à une oiseuse et stérile contemplation, peut ollrir des résultai»'infiniment curieux, quand un savant jdiyslcicn entreprend de lu Irailcr . in tenui lubur.
qui néanmoins étonnait par son adresse et par goii agilité. Mais le bassin, la colonne vertébrale, et surtout la portion lombaire de cette colonne, ne pouvait-elle point, dans ce cas particulier, sup. pléer, par une mobilité plus grande , au défaut du plus long des trois leviers dont l'extrémité ioférieure se compose?
Dans l'action de sauter, le corps, qui a reçu l'im. | pulsion subite, peut s'élever de deux manières; perpendiculairement à l'horizon, ce qui constHoe le saut vertical ; ou bien suivant une ligne plus oa moins oblique. Le saut vertical a toujours moini d'étendue que celui qui se fait dans la direction d'une ligne inclinée, et cedernier est toujours ploi grand quand il a été précédé par la course. Lorsqu'un coureur va sauter , il a déjà acquis une impulsion qui s'ajoute à celle que le mécanisme dn saut peut produire.
Pour nous convaincre de la réalité de cette forc( additionnelle, rappelons-nous combien il est dit ficile de s'arrêter tout-à-coup au milieu des élani de la course , si on n'en a point progressivemeni diminué la vitesse. Cette impulsion est une dei causes qui font que les coureurs tombent en avant; lorsque le moindre obstacle se rencontre son< leurs pas ; mais quelles que soient la force , la reclion du saut, et les puissances qui l'opèrent,! corps qui l'exécute doit être considéré comme véritable projectile jouissant d'un mouvement tîoi muniqué , contre lequel la force de gravitalioi s'exerce. Quels que soient les mouvements qu'on» donne , tout dépend de l'impulsion primitive; fois que les pieds ont abandonné le plan de sustei tation il n'est plus en notre pouvoir d'augmenter 1; force du saut ou sa vitesse. Le danseur qui bat entrechats n'excelle dans cet exercice qu'autai qu'il est capable de s'élever à une certaine hautei J'ai constamment observé que les artistes les pl renommés en ce genre ont le tronc, surtout l membres inférieurs, très-bien musclés ; les mollel les fesses et le dos indiquent par leur volume an grande énergie dans les extenseurs , auxquels 11 saut est principalement confié.
Le sauteur qui s'élève verticalement retomb| à terre lorsque sa propre pesanteur l'emportes l'impulsion qui l'anime ; sa chute ressemble à cel d'un projectile lancé verticalement ; elle se fait su vaut une ligne descendante absolument semblabi pour la direction et pour la hauteur , à la ligne » coudante.
La même chose a lieu dans le saut oblique, cepté toutefois que le corps , comme la bom lancée par l'explosion du salpêtre, décrit un courbe parabolique , ascendante tant que la for(| d'impulsion l'emporte sur la force de gravit descendante quand celte dernière , qui va toujon on gagnant davantage à mesure que le saut s'ex cute , se trouve égale à la force d'impulsion. Ce a lieu quand le corps a parcouru une courbe quir présente la moilié d'une parabole; dès ce m ment, la gravitation va toujours prédominant, le corps descend par une courbe analogue à première (1).
( I ) In sallu « l horiionlcm oblique , moins fit pcr
linei
DES M0CVEMENT9.
CLXXXVII. De la Nage. Il est peu d'animaux . se souliennenl plus difficilement que l'horame i surface d'un liquide. La pesanteur spécifique «son corps ne surpasse pas cependant de beaucoup ele d'un égal volume d'eau ; quelquefois même, ^qu'il est surchargé dégraisse, celle pesanteur la même : aussi observe-l-on que les personnes ont beaucoup d'embonpoint ont moins d'eiforls lire pour surnager ; mais ce poids n'est point égaient réparti sur tous les point du fluide qui le jporle. La tcle , dont la pesanteur relative est s-considérable , est le principal obstacle à la falé de la natation; et ce n'est point sans efforts on la lient soulevée , afin de conserver à l'air ,
• la bouche et par les narines , une libre entrée ■is les poumons. Les membres supérieurs et inlieurs agissent alternativement, et ramassent les vx , qu'ils abaissent en s'appuj ant sur elles. Dans i divers mouvements , il y a flexion , extension, unclion et adduction successives des extrémités ; lilupart des muscles du corps travaillent et prenlUt le point fixe de leur effort dans les parois de Mjoilrine, que le nageur maintient dilatée, en enanl, par la constriclion de la glotte, une grande -sse d'air dans le tissu pulmonaire. La dilatation
lenue de la poitrine a encore cet autre avan-
• e , qu'elle rend le corps spécifiquement plus ler. La force avec laquelle le nageur est obligé
iapper l'eau, la rapidité avec laquelle les mouints doivent se succéder pour que le liquide rêleun point d'appui suffisant, rendent raie la fatigue qui résulte bientôt de cet exercice, s poissons ont une structure appropriée à la e de l'élément qu'ils habitent. La forme de corps , terminé de toutes parts par des angles nts , est très-avantageuse pour opérer la sépaa des colonnes d'un liquide. Une vessie pleine le , dont elle se vide au gré de l'animal , rend légèreté spécifique plus ou moins supérieure le dè l'eau , suivant la quantité de gaz qu'elle ■ent; enfin leur queue , mue par des muscles forts, peut être regardée comme un aviron ant , dont les coups redoublés font avancer lisson , tandis que les nageoires , comme au- 3e rames secondaires, facilitent et dirigent ses céments, i vessie natatoire des poissons donne à leur issez de légèreté pour qu'il demeure en haut; cela , cette partie du corps , qui en est la plus aie, entraînerait le reste, et le poisson reni ne pourrait exécuter aucun mouvement pro- M : c'est ce qui arrive quand on crève la ves- )a qu'on la perce. Des muscles compresseurs lisent le gaz qu'elle renferme , et le font pasau moyen d'un canal , dans l'estomac ou dans iphage, lorsque le poisson veut s'enfoncer et endre. Celle expulsion est impossible , si le animé par la chaleur d'une force d'expansion lidérable, résiste aux puissances compressives. l pour celle raison qu'au temps du frai , les sons, après avoir resté long-temps à la surface eau , exposés aux rayons d'un soleil ardent , ne aolicam proximè. (RorclH, Op. cit. prop. 178. Vqy. Ga- , sur le mouvement des projectiles.)
peuvent plus redescendre , et deviennent si facilement la proie du pêcheur.
Comme le poisson est absolument environné par un milieu qui offre de toutes parts une résistance égale , la vitesse qu'il aurait acquise en frappant le fluide en arrière avec sa queue , serait consumée par la résistance de l'eau qu'il serait obligé de déplacer en avant, si, immédiatement après qu'il a donné le coup , il ne ramenait sa queue à la ligne droite , de manière à ne présenter au liquide que la largeur peu considérable de son corps : la vitesse avec laquelle il avance est d'ailleurs bien inférieure à celle avec laquelle il déploie sa queue. Cette partie étant ramenée à la ligne droite, le poisson la serre et la rétrécit en même temps qu'il l'incline de l'autre côté; puis il l'élargit, la déploie et frappe le liquide en sens contraire , de manière à suivre une direction droite entre les deux impulsions obliques que les deux coups communiquent. Le poisson tourne horizontalement , et se dirige vers le sens qu'il préfère, en frappant plus vite ou plus fort d'un côté que de l'autre , ou en ne frappant que d'un seul côté.
Les poissons dépourvus de vessie natatoire sont condamnés à vivre au fond des courants, dont ils sillonnent la vase, à moins que, pourvus d'un corps aplati et de nageoires horizontales , ils ne frappent l'eau par de larges surfaces et avec une grande force, eomme le font toutes les raies , dont les grandes nageoires ont , à juste titre , reçu le nom d'ailes, puisque la manière dont ces poissons se meuvent dans l'eau ressemble exactement à celle dont les oiseaux volent dans les airs, et qu'il n'y a de différence que dans la densité différente des milieux, comme nous allons le voir en traitant des mouvementsprogressifs particuliers à celle classe d'animaux.
La ressemblance est encore plus frappante dans les poissons volants. L'exocet des tropiques, exocœtus volitans , pourvu d'une vessie natatoire énorme qui occupe plus de la moitié de son volume , n'est guère plus pesant qu'un oiseau de même grosseur; ses nageoires pectorales offrent à l'air une surface très-étendue. M. de Humboldt a reconnu , par la dissection, que les neuf cordons de nerfs qui vont aux douze rayons de ces nageoires, sont presque trois fois plus gros que les nerfs des nageoires ventrales , et qu'excités par l'électricité galvanique , ils déterminent des mouvements cinq fois plus forts : aussi ce poisson esl-il capable de s'élancer horizontalement à vingt pieds de distance , étendant et fermant alternativement ses nageoires pectorales pour franchir un tel <fspace (1).
CLXXXVIIL Du Vol. Un oiseau qui s'élève ou se meut dans les airs, a besoin d'employer une force et une vitesse plus grandes que celles exigées pour le nager de la part des poissons. Il n'a point, comme ceux-ci, le pouvoir de se mettre en équilibre avec le milieu qu'il doit parcourir, au moyen d'un organe
(!) Voyez A. de Ilumboldt, Voyage aux régions écpiinoxialcs du nouveau Continent, tome page 17, in-S». Paris, 1810.
intérieur qui rend sa pcsanlcur spécifique égale à celle de ce milieu. Ce milieu d'ailleurs présente Lien moins do rosislaiico aux puissauces qui doivent le frapper pour y trouver un appui.
Si les oiseaux ne peuvent point se rendre aussi légers que l'air, il est cependant en leur pouvoir de se procurer une pesanteur spécifique qui ne soit pas de beaucoup supérieure à celle de ce Quide. La nature leur a accordé une légèreté lr(^s-grande , en leur attribuant un vaste poumon, extrêmement dilatable par la grande mobilité des parois du thorax, et en étendant ce poumon dans l'abdomen par des sacs membraneux, et , dans les principales pièces du squelette, par des canaux qui font communiquer ces sacs abdominaux et ces conduits aériens osseux avec l'organe pulmonaire ; de manière que tout le corps , gonflé d'un air raréfié par une chaleur bien grande, puisqu'elle est de dix degrés supérieure à celle des autres animaux à sang chaud, revêtu par des plumes presque aussi légères que l'air lui-même, a peu de forces à employer pour s'y soutenir. D'un autre côté, lorsque les ailes sont déployées, elles présentent au fluide une surface très-étendue : les muscles pectoraux qui les mettent en mouvement sont d'ailleurs assez puissants pour le frapper avec une force, et réitérer celte percussion avec une rapidité et une persévérance dont aucun autre animal ne serait capable. On sait combien sont forts ( 1 ) les muscles de l'aile , même sur les volailles de nos basses-cours, qui les exercent si peu. Enfin, la contraclilité dont sont animés ces muscles si robustes est supérieure , dans l'oiseau , à ce qu'elle est dans aucun autre animal ; nul n'est doué d'autant de force sous un égal volume. Quel quadrupède du poids de l'aigle pourrait porter avec ses pattes des coups aussi "violents que le fait cet oiseau, lorsque, pour étourdir sa proie ou se défendre contre un agresseur, il le frappe des coups redoublés de son aile? Cette énergie musculaire est sans doute liée à l'étendue de la respiration , aux qualités vivement stimulantes d'un sang plus chaud, plus oxidé, plus concrescible, plus artériel en un mot , que celui de tous les autres animaux.
Voyons comme l'oiseau exécute le vol , avec des circonstances d'organisation si favorables à ce mouvement. Il commence par s'élancer dans l'air en sautant de terre ou en se précipitant de quelque hauteur : s'il est à terre , et que ses ailes soient trop grandes pour être librement déployées dans toute leur largeur, il s'élève difficilement; il doit , dans ce cas , marcher vers une butte isolée, afin de s'en élancer , et de trouver un espace suffisant pour étendre ses ailes , et frapper l'air du premier coup qui doit l'élever. Les ailes se déploient horizontalement, l'humérus , qui en est la partie principale,
(1) Les oiseaux ont trois nmsclcs pecloraux : le grand, qui est attache à leur énorme sternum , et pèse plus lui seul que tous les autres muscles de l'oiseau pris ensemble ; le moyen, dont le tendon se contourne sur une espèce de poulie, et s'attache à la tête de l'humérus , qu'il relève : an moyen de cette disposition, la nature n pu placer un releveur en bas, et donner ainsi plus de pesanteur ù la partie inférieure du corps do l'oiseau , qui , sans cette espèce de lest , eût pti chavirer dans l'espace ; le troisième pectoral , ou le petit, est destiné à r.ipprochcr l'humérus du corps.
étant élevé et écarté du corps ; puis elles s'abaissent brusquement; et comme l'air résiste à l'eKort subit qui tend à le déprimer, le corps de loiseau est élevé par une sorte de réaction élastique, analogue au saut de I homme et au nager des poissons; rlnipaj. sion donnée , l'oiseau plie l'aile , se fait le plus petit possible , afin que cette impulsion soit presque entièrement employée à le faire monter , et ne soit pag neutralisée par la résistance que l'air oppose à son ascension. Cette résistance, mais surtout son poidg^ surmontent bientôt la vitesse acquise, et il redet coudrait, si de nouveaux coups d'ailes ne lui imprimaient une nouvelle vitesse ascendante. Le second coup est-il donné avant que toute l'impulsion communiquée par le premier soit détruite , l'oiseau g'é-la lève par un mouvement accéléré; est-il retardé , au fi contraire , l'oiseau descend ; s'il ne se laisse tomber! qu'à la hauteur du point de départ , il peut , par a suite de vibrations égales, se maintenir à la mêi élévation. Quelquefois l'oiseau supprime toul-à-fj les battements de ses ailes; il les ploie contre corps, et tombe, par un mouvement accéléré comme tout corps grave. On appelle foudre, descente foudroyante , cette chute soudaine par quelle les oiseaux chasseurs fondent sur leur proie, On voit quelquefois un faucon qui , planant au mi lieu des airs , s'abat tout-à-coup sur une basse-conr si , près d'arriver à terre, il aperçoit quelque dan il déploie aussitôt ses ailes , et prévient ainsi chute; car quelle que soit la vitesse qu'il aitacquii dans ce mouvement accéléré , la résistance de l'ail augmente toujours comme le carré desvilesses; pai| il s'élève de nouveau , et fuit , en attendant une o casion plus heureuse. On donne le nom de resso à celte action particulière.
Les mouvements obliques diffèrent du monn ment vertical que nous venons de décrire, en que l'oiseau monte par une suite de courbes , d'ai tant plus surbaissées ou plus petites, que le veraent horizontal l'emporte davantage sur mouvement vertical. A raison delà force parti culière de leurs ailes , les oiseaux de proie ont mouvement horizontal très-grand ; de manière dans le planer, les courbes décrites sont si prononcées, que le mouvement paraît entièremi dirigé versl horison.
Pour beaucoup d'oiseaux , la nage est un mi de progression plus naturel que le vol lui-mémi ces oiseaux très-légers ont le corps couvert d'i duvet et de plumes sur lesquelles l'eau glisse av une grande facilité ; leur corps aplati repose sur liquide par une grande surface ; leur bassin évai est taillé en carène ; enfin les doigts de leurs patl réunis par des membranes, frappent l'eau par un large surface , etc. C'est ce qu'on observe da la nombreuse tribu des oiseaux palmipèdes c aquatiques.
Ceux qui ont cru à la possibilité que l'horan se soutint au milieu des airs , en le rendant spéfj fiquement très-léger, n'ont point fait attcnti( qu'il était impossible de donner aux muscles q meuvent les bras assez de force pour remuer 1 machines qu'on y adapte. Aussi tous ceux qui o essayé d'en faire usage ont péri victimes de ces t sais téméraires.
DES MOUVEMENTS
CLXXXIX. De la Reptation. Tous les inoui<nenls projtressifs dont l'homme et les animaux t capables peuvent se rallier à la théorie du Icf do la troisième espèce. Le corps , dans le saut :nme dans la marche , peut être comparé à une rbe élastique , puisque le point d'appui est dans ol , la force , le ressort ou la puissance, dans les scies extenseurs, et la résistance dans le poids corps. La course est-elle autre chose qu'une e de sauts raccourcis, et son mécanisme ne tt-il pas le milieu entre ceux de la marche et sifut? Le vol et la natation ne sont-ils pas des <ts véritables , dans lesquels le corps de l'animal îloie et se déploie par mouvements alternatifs , i'appuyant sur des milieux bien moins résistants ; la terre , sur laquelle la marche, la course et jiaut ordinaire s'exécutent? Le mode de pro- «.îsion particulier aux serpents et aux reptiles anous fournir une nouvelle application de la nrie du troisième levier. La couleuvre, qui fuit f.oulanl son corps en ondulations horizontales , Mit dans sa longueur une série d'arcs qui se Irbent et se redressent d'une manière succes- , , en procédant de la tête vers la queue ; mais ..iquefois aussi de la queue vers la tête , chez ces • lents que l'on désigne par le nom d'amphisb'œnes le doubles marcheurs, parce que la disposition ■ plaques écailleuses qui garnissent le dessous de
ventre est aussi avantageuse pour reculer que
r avancer.
te ramper des serpents est favorisé par la forme pgée de leur corps, le poli de leurs écailles , la se immense de leurs muscles , et la flcxibililé de 1 colonne vertébrale. Les os qui forment cette me du squelette sont articulés par arthrodie , cernent unis , de manière qu'il suffit d'une peri<ion légère pour détruire leur assemblage : aussi «erpenls les plus monstrueux peuvent-ils être
d'un seul coup de baguette, lorsqu'on les )tpe sur le dos. Les inflexions latérales de celte mne sont très-étendues; l'extension est bornée e es apophyses épineuses, quelquefois Irès-dévef'ées, comme dans le serpent à sonnettes. Aussi ,
qu'en aient dit plusieurs auteurs, quoique les l-tres représentent, dans leurs tableaux, le ser- . recourbé en arcs verticaux , sa progression ^ectue , dans le plus grand nombre de cas, par iblations horizontales.
Korsque le serpent veut nager , il est obligé d'ac- «rer la formation et le déploiement des ondes ou b'bures sinueuses qu'il décrit ; nager n'est pour wutre chose que ramper plus vile et se mouvoir nun plan moins résistant, les mouvements des reptiles , dans la natation , ' ent l'emporter, autant par la force et par la idité , sur ceux des reptiles qui rampent à terre, I celle-ci surpasse l'eau par la fixilé du point •pni. Si le serpent veut sauter , il détend rapi- «ent et à la fois tous ses arcs , en s'appuyant
l'exlrémilc de celui qui est le plus voisin >la queue : alors, comme je l'ai observé plu- >rs fois, il en décrit le plus petit nombre pos-
2, 86 recourbe seulement en trois ou quatre y plus étendus que de coutume, mais jamais en tjeul , quelle que soit la longueur de son corps.
Les î( rlHcs , les grenouilles , les lézards , les salamandres, tous les reptiles à pattes se traînent plutôt sur le vcnlrc, en se soutenant mal sur leurs pattes débiles et trop disproportionnées au volume de leur corps, qu'ils ne rampent par un mécanisme comparable à celui que nous venons d'expliquer.
Le mode de progression particulier à la chenille et aux vers est un ramper analogue à celui des serpents. Les pâlies de la chenille , trop faibles pour la soutenir ou servir seules à sa progression , sont employées par elle pour s'accrocher aux plans sur lesquels elle s'avance, courbant en arcs, le plus souvent verticaux, les parties de son corps qui se trouvent entre les pattes, disposées par paires plus ou moins éloignées. Les chenilles revêtues d'une enveloppe écailleuse rampent mieux à raison de l'élasticité des plaques qui s'ajoutent à l'aclion contractile de leurs fibres musculaires. Les vers de terre s'avancent, tantôt par ondulations , comme la couleuvre , tantôt en se traînant à la manière des limaces sans coquille. Cette dernière variété de la reptation consiste en ce qu'au lieu d'arcs étendus et fortement prononces , les fibres contractiles du reptile se raccourcissent de la têle fixée vers la queue mobile , et no font décrire au corps de l'animal que des inflexions légères. On peut établir un point de comparaison entre le mouvement par lequel l'homme couché à plat-ventre sur un plan horizontal s'avance en entraînant tout le corps vers ses bras étendus et accrochés à une résistance quelconque, elle mode de ramper particulier à quelques reptiles. Le colimaçon se déplace presque entièrement à la faveur de ce mécanisme.
Cette limace, chargée de sa coquille, adhère au plan qui la soutient par un liquide visqueux et gluant, qui se coagule, et forme sur ses traces un vernis brillant. Elle s'y fixe encore en faisant le vide avec la portion de son corps sur lequel elle rampe, portion élargie, à bords frangés , et frèspropre à former une ventouse. C'est par ce double moyen d'un suc visqueux et gluant, et d'un suçoir contractile, que le colimaçon fixe la partie antérieure de son corps , et attire ensuite vers cette partie fixée le reste du corps chargé de son habitation calcaire. Cette partie de la limace à coquille, par laquelle elle s'attache au sol sur lequel elle rampe, a une certaine analogie avec les tentacules qui servent à la progression de la sèche et de tous les autres mollusques céphalopodes.
CXC. Mouvements partiels , exécutes parles membres supérieurs. Ces mouvements vont nous offrir de nouveaux exemples de la courbe élastique ou du troisième levier , à la théorie duquel peuvent se ramener presque tous les mouvements des animaux et do l'homme. Cette idée simplifie et facilite singulièrement l'élude de la mécanique animale; elle peut être regardée comme une formule générale . à l'aide de laquelle on obtient la solution de tous les problèmes que renferme celte intéressante partie do la physique. C'est par son emploi que ce que nous avons dit des mouvements so distinguo surtout de ce qui avait été dit jusqu'à ce jour.
Les extrémités supérieures do l'homme ne ser-
ÉLÉMENTS DE Ml YSIOLOGIE.
vent pas ordinairement à ses mouvements progressifs, si l'on en excepte ceilains cas, celui, par exemple, où, les membres étant étendus et les mains accrochées à un corps , l'action des grands pectoraux entraîne le corps entier, suspendu ou couché à plat-ventre sur un plan horizontal.
Nous grimpons difficilement, parce que les mains seules sont propres à saisir les corps sur lesquels ce mode de progression peut s'effectuer, tandis que les quatre extrémités des quadrumanes , les ongles aigus des chats, ceux des oiseaux grimpants, rendent pour ces animaux le grimper extrêmement naturel et facile.
Trop de disproportion existe , pour la longueur et pour la force, entre les extrémités supérieures et inférieures , pour que le marcher sur les mains soit un mode de progression naturel à l'espèce humaine : d'ailleurs, comme Daubenton l'a observe, la position du grand trou occipital rend cette attitude extrêmement embarrassée. La situation de cotte ouverture près le centre de la base du crâne, dans un plan presque horizontal, empêche de relever la tête assez haulpour tourner le visage en avant et voir devant soi ; et si l'on veut l'abaisser jusqu'à terre, on ne peut la toucher qu'avec le front ou le sommet de la têle , etc. (1). Mais si les membres supérieurs ou thoraciques ne servent point à nous transporter où nos besoins l'exigent, ils sont presque exclusivement destinés aux mouvements par lesquels nous agissons sur les objets dont nous sommes rapprochés.
Voulons-nous pousser ou attirer vers nous, porter ou lancer au loin un corps mobile , le comprimer, le lever ou l'abaisser, etc., les membres supérieurs, presque seuls, servent à ces usages. Voici de quelle manière :
Dans le pousser, l'homme se porte entre l'obslacle et le sol; il se plie entre ces deux points par la flexion de toutes ses parties, après quoi il se redresse; tout son corps représente un ressort qui se débande, et dont les deux extrémités rencontrant deux obstacles, le sol et le corps auquel on veut communiquer une impulsion , exercent leur action contre le plus mobile ; la force est égale à la contraction des extenseurs qui alongent le corps raccourci , et font avancer l'obstacle mobile , de toute la différence qui existe, pour la longueur, entre l'homme dont le corps et les membres sont fléchis, et l'homme dont toutes ces parties sont étendues. C'est de la même manière, et par un mécanisme en tout semblable, que le batelier qui appuie son aviron contre le rivage en éloigne sa barque : la colonne vertébrale représente une courbe élastique qui se redresse entre les pieds fixés au bateau mobile , et l'extrémité de la perche ou de l'aviron appuyée contre le rivage ou le fond du fleuve.
Voulons-nous, au contraire, attirera nous un corps, nous le saisissons avecnos bras étendus, puis nous fléchissons ceux-ci avec force. Ici le ressort tendu se raccourcit, l'effort est tout entier du côté des fléchisseurs ; il est moins fixe et moins durable que celui des extenseurs , parce que les axes des
( 1 ) Dictionnaired'histoirc naturelle dcV Encyclopâdie mélliodique. Introduction, png. 21 cl auIv.
os ne se correspondent pas en ligne droite, et on« la traction est le plus souvent partielle.
Nous pouvons lancer au loin un corps mobilo ou bien le bras étant pendant, et effectuant àL simples oscillations, ou bien le bras exécutant de» mouvements de circumduclion ou en fronde Dan! ce dernier mode , on agit avec beaucoup plus de force, parce que tous les muscles, qui du tronc vont à l'extrémité supérieure, concourent à l'action Dans le premier , les oscillations préliminaires don! nent au bras un mouvement propre qui s'ajoute à i la force de contraction musculaire et en augmente \
Le professeur Barlhez a très-bien vu que let raouvemenls par lesquels l'extrémité supérieurese roidit et s'étend pour lancer au loin un mobile, oq ** pour repousser une résistance qui lui est opposée sont parfaitement semblables au saut, et présentent' comme lui, un déploiement subit d'articulation fléchies. Dans les mouvemeuts contre une résislam insurmontable , le corps n'est point repoussé an, la force que lui imprime , dans le saut , la brusqoi extension des membres inférieurs. L'omoplate ei trop mobile par rapport au tronc; son arliculalio^ avec l'humérus est trop peu solide , et l'axe decc| os n'est point dirigé , par rapport à l'épaule , d'uni manière assez favorable pour que, lors même qat* les forces seraient égales (et elles sont loin d'élra ^f les mêmes), l'impulsion communiquée fut auss^*'' grande. Dans toute répulsion et dans toute altrac tion , soit que nous rapprochions de nous ou qn nous en éloignions un objet, en agissant sur I avec les membres supérieurs, ces membres figur< un arc élastique qui se courbe ou se redresse ] l'action de ses fléchisseurs ou de ses extenseurs; . ces mouvements, comme le plus grand nombred, ceux que nous avons étudiés jusqu'ici , offrent m application précise de la théorie du levier de l troisième espèce.
L'action de saisir un corps avec la main est fa lilée, l"par la rotation du radius sur le cubitra qui opère la pronation et la supination, mou vemen exclusivementatlribués, aux mains, etdonllespié? ne sont point capables ; 2° par la mobilité du gnet , qui, à proprement parler , se fléchit et s'é. eu deux sens ; car l'extension de la main ne se bo: point à la ramener au parallélisme avec l'axe membre, mais va jusqu'à la renverser sur la postérieure de l'avant-bras, phénomène qu'ani autre articulation ne présente ; 3o parles glissemei obscurs des os du carpe, glissements à la favcurd quels la paume de la main est rendue plus concavi 4" par les mouvements d'opposition et de circaii duclion du pouce et du petit doigt ; 5° par la mo tiplicité des phalanges : tout, dans cette dcrnièi partie des membres supérieurs, semble en proav< l'excellence, et justifie les philosophes et les naît f ralislcsqui ont longuement disserté sur lesaT«if tages de sa structure.
Pour effectuer une pression, celle, par excmp' à l'aide de laquelle on imprime un cachet, onpor le poids presque entier du corps sur l'une des c' , trémitcs supérieures, fortement étendue , en ayai • soin que l'épaule soit penchée sur le bras de id " manière que la cavité glcnoïdc de l'omoplate (•