‹ Nouveaux éléments de physiologieChapitre 30 sur 102 · SIS · texte numérisé non relu

SIS

le, que ce petit muscle existe dans les aniraanx !z lesquels le testicule ne sort jamais de l'abdon, et demeure dans celte cavité, placé sur les (sés de la colonne lombaire , comme Hunier l'a Hervé sur le hérisson et chez le bélier. Ce fait Knatomie comparée prouve que les usages des masters ne sont point bornés à soutenir les tesules , puisque , chez les animaux dont on vient parler, ils rentrent dans l'abdomen, et re- •ntenl pour aller vers l'organe qu'ils doivent •anler.

Lorsque l'irritation est portée à un certain degré, 6 se fait ressentir dans les vésicules séminales : èles-ci agissent sur le liquide qui remplit leur ifité, et s'en débarrassent par la contraction spaslitdiqne de leurs tuyaux membraneux , aidées !.js cette excrélion i)ar les releveurs de l'anus.

prostate et les glandes muqueuses de l'urètre nrnisseut un enduit visqueux propre à favoriser roulement de la liqueur séminale, dardée par ; plus ou moins rapides.

CCVI. Le sperme humain ne sort jamais pur , ist-à-dire tel qu'il a été préparé par les leslie!es. On conjecture même que la liqueur mueuse des vésicules en forme la plus grande par- . C'est ce mucus que les eunuques rendent quantité assez considérable. La liqueur de la ostate et celle que fournissent les glandes mutenses de l'urètre , l'altèrent également par leur lange.

IReçu dans un yase, il exhale une odeurparticure, analogue à celle que répandent les poussières minalcs d'un grand nombre de végélaux , le iaton du chàlaiguicr , par exemple. Il est formé i deux parties , dont l'une est épaisse et grumesise , tandis que l'autre est visqueuse, blanche et >is tluide. La pro[iortion de la partie fluide à la irtion demi-concrète est d'autant plus grande que iidividu est moins vigoureux, et que l'émission la semence est plus fréquemment répétée, entôt il se liquéûe , en perdant de sou poids , ijijours supérieur à celui de l'eau commune, dans quelle il devient dissoluble ; tandis qu'auparavant }ne pouvait s'y dissoudre. Anal)sé par M. Vau- :elin, il a offert: eau, 90 centièmes ; mucilage fimal, 6; phosphate de chaux, 3 ; soude, 1. C'est la présence de cet alcali qu'il doit la propriété ! verdir le sirop de violettes. Le mucilage ani- !al n'est point de l'albumine pure ; c'est plutôt 1 mucus gélatineux , duquel paraissent spécialetent dépendre les qualités du sperme, telles que •n indissolubilité dans l'eau , son odeur et sa quéfaction spontanée.

E Examinée au microscope, la semence offre de îlils animalcules, ayant une tète arrondie , une fjeue effilée, et se mouvant avec célérité. La dé- Duverle de ces animalcules , faile par Hamme et «vendiquée par Flarlzoeker , reçut des travaux de uwenhoeck une très-grande publicité. Elle fut >:cueillie avec beaucoup de faveur. Le roi d'Anieterre, Cbarlesll, voulut voir ces petitsanimaux, l fut, dit-on, très-satisfait de l'expérience. Le ■oerme de tous les animaux, même celui des insec- !9,cn renferme un certain nombre , et chez tous 8 ont la même forme, excepté chez les poissons,

où ils paraissent dépourvus de queue. Plusieurs auteurs, parmi lesquels je citerai Nedham , Buffon, et plus récemment M. Raspail , ont combattu l'existence des animalcules spermatiques, qui leur ont paru, soit de simples animaux infusoires , soit des débris de matières organiques nageant dans le liquide sperraatique , mus par des attractions et des répulsions particulières. Étudiés de nouveau par MM. Prévost et Dumas, de Genève, les animalcules spermatiques ont paru tellement essentiels à la fécondation, que, tués par l'explosion, sufflsarament répétée , d'une bouteille de Leyde , la liqueur spermalique, dont on avait constaté auparavant la puissance fécondante , en a été complètement pri- '\ée. H en a été de même lorsqu'on la dépouillait des animalcules par cinq flltrations successives. Comme ces animalcules meurent au bout de vingt heures, dans le sperme abandonné à lui-même, ce liquide perd au boutde ce temps sa vertu prolifique. Enfin , les animalcules restent vivants et mouvants dans les cornes de la matrice des mammifères , jusqu'à la descente de l'ovule dans cet organe. Ces animalcules microscopiques ne se voient dans le liquide séminal qu'à l'époque de la puberté; et, chez les oiseaux , ils ne se montrent dans le sperme qu'aux époques de l'accouplement. On ne les trouve point dans la semence des individus atteints de la syphilis , suivant les observations que m'a communiquées M. le docteur Carré. La pratique de la médecine m'a fourni de nombreuses occasions do me convaincre que la stérilité doit être souvent attribuée à l'existence de la maladie vénérienne, lors même qu'elle ne se manifeste par aucun symptôme apparent; et si ce n'était la discrétion que mon état m'impose , je rapporterais ici plusieurs exemples de personnes mariées depuis long-temps , et qui n'ont eu postérité qu'à la suite d'un traitement mercuriel des plus complets. La syphilis me paraît surtout être un obstacle puissant à la fécondité, lorsque l'homme et la femme en sont à la fois atteints. Si l'un des deux seulement est malade , la conception a lieu, et il en résulte un produit entaché de quelque vice héréditaire. Je pourrais appuyer cette vérilé importante d'un certain nombre d'observations faites avec soin ; mais , je le répèle , en semblable matière, un devoir rigoureux m'oblige au silence.

On a cru remarquer que les animalcules spermatiques fuyaient la lumière, et on a décritleurs mœurs , leurs habitudes, et jusqu'à leurs mahidies. L'imagination a eu beaucoup de part dans tous ce qu'ont cru observer sur ces petits animaux les naturalistes, qui s'en sont servis pour expliquer le mécanisme de la reproduction. Toutes les humeurs animales, les sucs d'un grand nombre de plantes, présentent, en plus ou moins grand nombre , ces animalcules infusoires à l'œil armé du microscope : mais il est vrai de dire que ces animalcules diffèrent essentiellement de ceux contenus dans le sperme ,. autant du moins que l'on peut en juger par des observations dans lesquelles l'illusion et l'erreur se glissent avec tant de facilité.

Autrefois on imaginait que le sperme découlait do l'axe cérébro-spinal et qu'il était conduit dans le testicule par les vaisseaux lymphatiques , et ou

il*

comparait à ceux-ci les vaisseaux séminifères. On pense aujourd'hui que la sccrélioti du sperme se l'ait aux dépens du sang do Tarière spermatique et les flexuosilés de celle artère semblent dépendre de la migration du testicule plutôt que se rattacher à quelque circonstance de la sécrétion spermalique. Il ue paraît pas que le sperme exisle tout formé dans le sang. MM. Prévost et Dumas disaient avoir fécondé des animaux avec du sang tiré de l'arlère spermatique ; mais, comme ils n'en ont plus reparlé, il y a Heu de croire que les expériences avaient été mal faites , et que du sperme avait été accidentellement mélangé avec du sang.

Le sperme formé dans le testicule chemine dans les conduits séminifères, à cause du vis à Icryo , puisque la sécrétion est continue, comme nous le verrons tout à l'heure ; et peut-être aussi en vertu des lois de la capillarité , il arrive à l'épididynio ou conduit déférent, el de là à la vésicule séminale , où il reste en dépôt jusqu'au moment où il est projeté au-dehors dans l'acte de la copulation. Ainsi , la vésicule séminale joue là , comme nous l'avons dit, le même rôle par rapport au sperme, que la vésicule biliaire par rapport à la bile. Les deux liquides , au lieu de suivre leur chemin direct, vont, pas un canal rétrograde, gagner un réservoir, où ils séjournent plus ou moins long-lcmps. On explique « elle circonslance par l'étroilesse du conduit éjaculateur, et par la pression qu'exerce sur lui la prostate: d'où il résulte que ce sperme qui vient du teslicule, a plus de facilité à aller dans la vésicule qu'à s'échapper au-dchors. L'étal d'excitation qui accompagne l'éjaculalion , pourrait seule surmonter Icf. obstacles qui résultent de celle conformation. Swammerdam , Yan-Horne , Hunier, n'admettent point celte explication: ils pensent que le sperme est fourni au moment même du co'it, etne s'amoncèlc point dans la vésicule séminale. Si on a trouvé pelle vésicule remplie par un liquide, c'est elle-même qui l'avait sécrété, comme la prostate sécrèle le fluide prostatique, et ces deux liquides , corn me ceux que fournissent les glandes de Cowper et les lacunes de Morgagni , sont rencontrés par le liquide du testicule , s'unissent à lui , el grossissent le produit de la sécréliou spermalique. En preuve, les auteurs précédemment cités disent , I" que le liquide renfermé dans la vésicule n'a ni l'odeur ni les propriétés du sperme. (Cela ne prouve rien , car le sperme est formé , ainsi que nous l'avons dit, non-seulement du produit de la sécrétion tesliculaire et du fluide de la vésicule, mais encore de plusieurs autres liquides, qui no peuvent pas se trouver dans la vésicule. ) 1" Qu'un orgasme •vénérien, long-lemps prolongé, cause au testicule une vive douleur. ( C'est encore une mauvaise preuve , car l'orgasme vénérien est accompagné d'un senliment de ténesme qui peut fort bien tenir à la répléliou des vésicules; en outre, comment la douleur des testicules prouve-l-elle que ces vésicules séminales ne conlieuuenl pas de sperme ?) 3" Que des animaux stériles , ou privés de testicules , ou dont les canaux déférents avaient élo coupés , ont cependant présenté leurs vésicules pleines de liquides. ( Cela démontre seulement qu'il se fait à la face interne une sécrétion parti-

culière. ) 4° Que des animaux çrénératenrs n onl ift pas de leslicules et ont une vésicule séminale, i ( Cela prouve qu'il y a des animaux chez qui le le». A licule a la forme d'une poche, et voilà tout. Les \ animaux qui ont à la fois testicule et vésicule «é ' minale, sont seuls el peuvent seuls être les objets \ de la discussion. ) Il semble qu'il y a un moyen dé- j cisif déjuger la question. Si la vésicule ne lit ntpa de sperme en réserve, ôtez les deux leslicules à ui animal, et certainement le coït immédiat serasan: '^^ résultai. C'est ce qu'oui fait quelques expérimenta, ij teurs, et ils ont vu les animaux demeurer petidani ^ quelque temps en possession de la faculté d'engen drer. Le trajet du sperme, el son séjour dans lei vésicules séminales , sont donc un l'ail conslanl|t4 malgré les objections élevées par Van-Horneel Hun 1er.

La sécrétion du sperme se fait-elle d'une ma nière continue ? Quelques physiologistes, remarquant que l'acte de la copulation ne se répèle qu' des intervalles assez éloignés, ont pensé quel sécrétion du sperme suit les mêmes lois, el présent les mêmes périodes d'intermittence el d'activiléjljf Cela est possible, à la rigueur , pour les animau qui entrent en rut à une époque déterminée ; maifts il ne paraît pas qu'on puisse appliquer la mêini j^i proposition à l'homme qui, une fois arrivé à l'âgi de la puberté, est aple en tout temps à accompli: la fonction de la génération. C'est en raison df[^ cette persévérance d'action que les vésicules minales se remplissent, et que les émissions d sperme sont d'autant plus abondantes qu'elles son moins fréquentes. Mais, dira-l-on, comment con cevoir le séjour prolongé du produit de la sécrélioi \ spermalique dans ses réservoirs, sans qu'il en rél suite au moins un embarras dans l'économie | Les urines ne peuvent demeurer plus de deux o trois jours dans la vessie, sans entraîner de grave|î accidents ; il en est de même de la bile. A cela o peut répondre, 1° que la sécrétion spermatiqB| n'est pas très-abondante, ainsi que nous le demi trerons tout à l'heure; 2" qre chez les hommes goureux , qui se nourrissent bien , qui ont imagination active , de fréquentes occasions d'< citation, et qui, par suite de ces circonslam sécrètent beaucoup de sperme , une partie rejelée par des pollutions noclurnes; 5° qu o autre partie est absorbée , el va porter dans tous Id it organes l'activité dont est sans doute pénétré UJ i principe essentiellement vivifiant. De là l'immen?' \ intervalle qui sépare les castrats du reste àc. > hommes; de là, la limite profonde tracée entri » le libertin el l'homme conline:it. Chez les ca^ i trais , le larynx , et par suite la voix , sont pc îi développées, le système pileux est misérable, U |i taille est peu élevée , les muscles sont faibles, '1 ^ système graisseux prédomine. Le moral , comml tt le physique, s'affaiblit; les facultés inlellcctuello) » et affectives paraissent avoir été comprimée^ 9 Chez les eunuques , peu de passions , point d conception ; de la timidité et de l'abrulisscmeni La castration exerce la même influence sur le animaux ; elle produit l'alrophie des cornes, " les fait pousser recourbées , cl s'oppose à leur chu el à leur régénéralion annuelle; elle arrête le oc

DE LK GÉNÉRATION

ppcment de la crêle des gallinace's , leur ôle cu ulté de chanter , les engraisse outre mesure.

étalons, les taureaux, se distinguent , au con-

L', par leur vigueur et leur impétuosité; la ir des a;!i«iaux qu'on force à la continence !i fumet particulier, qui est môme assez désa-

hle.

■s excès amoureux ont la même action débilioque la caslralion. Avecle sperme , s'épuisent fois les forces et les facultés inlellecluelies et aies. Le sperme est, suivant l'expression de lier, une sorte de virus animal qui double les (OS et l'intelligence': Vitale virus maxime ad tatem et robiir animœ et corporis confert. New- I , qui décomposa la lumière , et traça des lois règlent la marclie du corps; Newton qui étonna

I siècle par l'immensité de son génie, mourut j.eà pins de quatre-vingts ans, s'il faut en croire iiaditions. Sans doute la résorption du liquide udanl joue dans tous ces faits un grand rôle. Il it injuste , toutefois, de lui attribuer une part usive dans leur production ; car il est d'obseron que la masturbation à laquelle se livrent !Coiip d'enfants avant l'âge où le sperme est séé , arrête leur développement , et les jette quellois dans le marasme et dans un épuisement,

hl il faut alors chercher la cause dans la répéti-

II fréquente d'un acte qui s'accompagne de spas- ^ plus ou moins prolongés. On doit ajouter

lilleurs qu'une continence absolue est impossible ! plupart des hommes, et qu'elle entraîne à sa e non moins de danger? que les excès amoureux, ia vérité , le besoin du co'it se fait sentir avec d'auit moins d'énergie, qu'on reste plus long-temps ns se livrer à l'acte générateur. Toutefois , ce be- 1 ne disparait jamais entièrement, et la loi qui invariablement à l'existence d'un organe, le hein de l'exercer , est ici, comme dans le reste de onomie, un de ces traits de profonde sagesse, .1 ont porté l'homme à personnaliser la nature , et !i considérer comme un être intelligent qui a osé toutes choses à l'avance et dans des vues rminées. L'histoire des congrégations reliises offre le récit des accidents arrivés aux ots fervents qui , résolus de bonne foi à vivre s une éternelle continence, avaient sacrifié le I de la nature à celui de leur Ordre, 'e tout ce qui précède , nous arrivons donc à la ;iusion que la sécrétion spermatique estconti- ', mais qu'il y a résorption d'une partie du 11ile sécrété. En outre, la sécrétion ne commence iitavecla vie de l'individu. Hallcr fait remarr que le canal déférent est tellement étroit chez i.'ufiuits , qu'une injection au mercure n'y pénénoint : la fonction commence vers l'âge de quinze "gtans, et se continue jusqu'à soixante et plus; is le sperme devient liquide, et ne conserve point > propriété fécondante.

La sécrétion est pcti active ; les cjaculalions qui e succèdent en un court espace de (emps sont en fiel de moins en moins abondantes. La première 81 plus considérable que les autres , parce qu'elle e compose du liquide en réserve; la seconde est •eaucoup moins copieuse , la troisième est fort peu ie chose , et c'est à peine si les suivantes sont ap-

préciables. L'élroilesse du canal déférent est parfaitement en rapport avec celte circonstance.

L'imagination et l'exercice fréquemment répété du co'it exercent sur celte sécrétion une grande inauence. Quelques substances paraissent jouir de la faculté d'augmenter ou d'activer la sécrétion, soil en produisant une excitation générale , soit en augmentant dans le sang la quantité des matériaux alibiles, et, par suite, la matière sécrétée par le testicule.

Jusqu'ici nous ne nous sommes occupés que de la partie du liquide spermatique sécrétée par le lesticule; et c'est en effet la plus importante. Toutefois, les glandes de Cowper et les lacunes de Morgagnifo'urnissent aussi leurcontingenl; mais on sait peu de choses et sur la nature et sur la quantité du liquide qui leur est propre. La prostate, organe qui résulte d'un amas de follicules qui enveloppent le col de la vessie , sécrète un liquide transparent, visqueux, assez abondant, moins épais que la matière versée par le testicule. C'est lui qui sort de l'urètre au moment des selles chez les hommes continents. Il parait que la sécrétion en est activée au moment du coït , et que son éjaculation est accompagnée de spasmes et de jouissances.

Non-seulement les organes de la génération se contractent spasmodiquement pour effectuer l'expulsiou de la semence ; tout le corps participe à cet état convulsif , et l'instant de l'éjacnlatiou est marqué par des secousses plus ou moins violentes de toutes les parties; de façon qu'il semble, dit lîordeu.que, dans cet instant, la nature ail oublié toute autre fonction , et ne soit occupée qu'à rassembler ses forces , et à les diriger vers le même organe. A celte convulsion générale, à cet accès comme épileptique , succède un abattement universel; au sentiment de lassitude physique, se joint un fond de tristesse et de mélancolie qui a bien ses douceurs. Celle sensation particulière, qui, selon Lucrèce (1), mêle le chagrin au plaisir le plus vif que nous puissions goùler , tient-elle à la fatigue des organes, ou bien, comme l'ont pensé quelques métaphysiciens , à la notion confuse et éloignée que prend l'individu de sa destruction?

Le membre viril n'entre point dans la matrice , quoique la semence y pénètre. Le museau de tanche présente ui.e fente Irop peu étendue, et dont les bords épais sont en contact. Il paraît même difficile de concevoir que celte étroite ouverture puisse donner passage au liquide séminal. On a pensé qu'au moment de la copulation la matrice irritée se roulait sur elle-même , el attirait à elle , par une véritable aspiration, la semence donlelle est avide. Platon comparait cet organe à un animal vivant dans un autre animal , maîtrisant toutes les actions de l'économie vivante, brûlant de se repaître de la liqueur du mâle , et la digérant pour en former un nouvel individu (2).

(1) LucuÈcn, de Nnlurii icniin.

(2) a De mdmc aux femmes le leur, comme un animal ■n gloulon cl avide , niuiiiel , si Pou lefiiHo les nlimenl» en 1) sa saison , U forcènc , impaliont de délai , de. ii (Essais de Michel Montaigne, liv. ru.

ÉLÉMENTS DE l'nYSIOLOGIE.

La grande cpuisseur du col de la nialrico a fait douter que son orifice pût se dilater assez pour adlueltre une liqueur aussi épaisse que la semence. Quelques-uns ont donc cru que ce n'était point ce liquide lui-mémo qui i)énélrait dans la cavité de l'utérus, mais sa partie la plus subtile, la plus spirilualisée , une vapeur prolifique qu'ils ont appelée aura seminalis. Mais, outre qu'on a trouvé la semence contenue dans la matrice des femelles d'animaux ouvertes immédiatement après la copulation , Spallanzani, dans ses expériences sur la fécondation des grenouilles , des salamandres et des crapauds , a vu que , pour donner aux œufs de ces reptiles la faculté d'éclore , il ne suffisait pas de les exposer à la vapeur qui s'élève de la liqueur séminale du mâle, , qu'il était au contraire indispensable que la semence liquide les touchât immédiatement , quelque petite que fût sa quantité.

On a dit que l'utérus , dilaté pour recevoir le sperme , se resserre pour le retenir , et que cette contraction spasmodique de l'utérus, ressentie, au rapport de Galien , par des femmes qui avaient conservé assez de sang-froid pour s'observer dans une telle circonstance, était le signe le plus certain que l'on put acquérir sur la fécondité de la copulation. C'est sans doute pour décider celte rétention que l'on est dans la coutume de jeter de l'eau froide sur certaines femelles d'animaux domestiques qui se prêtent avec trop d'ardeur aux approches du mâle. Le spasme que l'impression du froid occasione dans l'organe cutané se répètesur la matrice , et empêche l'écoulement de la semence qui a été lancée dans sa cavité.

On a également cru observer que les femmes concevaient plus aisément dans les temps qui suivent l'écoulement des règles; époque à laquelle le col de la matrice est moins exactement fermé que de coutame.

Plusieurs auteurs ont refusé d'admettre l'entrée du sperme dans l'utérus. Fabrice d'Aquapendenle , llarvey prétendent ne pas l'y avoir rencontré après Je coït. On a cité à l'appui de cette opinion les observations de fécondation, alors que le col de l'u térus était oblitéré, ou le vagin rétréci au point de ne pouvoir admettre un tuyau de plume. Mais , nonobstant ces laits , et les conduits particuliers découverts par M. Gartner, et qui du vagin se rendraient dans la cavité de la trompe des vaches et des truies, on pense généralement que le sperme doit arriver jusque dans la cavité de l'utérus , pour que la fécondation soil possible. Ajoutons qu'on a pu le reconnaître dans celte cavité, sur des femelles sacrifiées immédiatement après la copulation, et que Ruisch l'a de même reconnu dans l'utérus d'une femme morte peu de temps après le coït. Mais que se passe-l-il au-delà ? Le développement de l'embiyon dans la cavité de la trompe, ou à la surface même de l'ovaire, prouve que la fécondalion s'opère ailleurs que dans la matrice ; la liqueur séminale en tolalilé , ou seulement quelqu'une de ses parties constituantes, pénèlrcnl-elles jusqu'à l'ovaire à travers la cavité de ia trompe , ou bien est-elle absorbée dans l'utérus , ol , par la modification profonde qu'elle imprime à l'économie , augmente t-eJle l'acLion formatrice, d'où

résulte la production d'un nouvel organisme

Le travail qui se lait dans les ovaires , travai ilii apparent dans l'heure qui suit l'accouplement dJ la brebis (Haller) , n'apparaît dans la chieuiie qu» ji le deuxième jour après la fécondation. Plusieurs vë|i| sirules augmentent de dimensions , puis se rompeni|ii|i et laissent échapper un ovule souvent inaperçu ;caj f il n'a qu'un demi-millimètre de diamètre ; maigi i avec le secours du microscope , MM. Prévost o i Dumas l'ont parfaitement distingué , aussi bien qi» i la fenle sanglante par laquelle il s'est échappé di ( la vésicule vide et déchirée. i

Les ovaires , comme les testicules, se gonfleit ; et prennent de l'accroissement à l'époque de la pu •» . berté. Ils se rapetissent , diminuentde volume , 4 ! i se flétrissent en quelque sorte lorsque lafemmii' n'est plus apte à concevoir. Examiné peu de jouttf après la conception , l'un des ovaires , plus grq^j que l'autre , présente une petite vésicule jaunâtreHÉ qui se dessèche pendant le temps de la grossessoH de manière que , vers sa fin , il n'existe plus dan»s le lieu qu'elle occupait qu'une très-petite cicatric» !ts( Celle vésicule est l'enveloppe la plus extérieuitn du petit œuf dans lequel le germe est renferm* » et qui s'est déchirée pour'permettre son écouUni ment. Les observations de Haller prouvent que liî corps jaune est formé par les débris d'une vé» if cule qui s'est rompue au moment de la conce[("i lion, et a laissé échapper la liqueur qu'elle conlo 1^ uait. Dans une brebis ouverte quelques minul«<i après l'accouplement, on voit sur l'un des ovairal# une vésicule plus grande que les atilres , déchira M par une petite plaie dont les lèvres sont sanglante»* L'inflammation s'établit dans les parois déchiré»*! de la petite poche ; les bourgeons charnus s'eJj' élèvent , puis s'affaissent , et une cicatricule ii dique l'endroit qu'elle occupait. Le nombre d ces cicatrices est proportionné à celui des fœta On ignore combien de temps le germe détaché l'ovaire emploie pour parcourir la trompe de Fj lope, et arriver dans la cavité de la matrice. Valil nieri et Haller n'ont jamais pu l'apercevoir distini^ lement qu'au dix-septième jour, daus ce derni«> viscère. '

Il paraîtrait, d'après les observations d Haigta* et de Home , en Angleterre , que la formation oj l'ovule a lieu dans l'ovaire en vertu d'un Irav^^ propre à cet organe, et indépendamment de l'ii*! fluencedu sperme; que chez les femelles des art'* maux , au temps du rut , et chez la femme , à d**^ époques indéterminées , des vésicules se (ormet^ préparées à l'avance pour les fécondations à venii'^l et prêtes à laisser échapper l'ovule qu'elles renfaSî ment, selon qu'elles sont plus ou moins avancétt'a vers une sorte de maturité. Haigton ayant, à l'eiertH^ pledeNuk, lié et coupé l'une des trompes poilf empêcher la fécondation, n'en a pas moins Irou^îf des vésicules ou corps jaunes, il est vrai sans décW^ rure, sur l'ovaire isolé parla ligature.

Tout ce qui nousresle à dire touchant le méciJB nisme de la génération , ne peut point être doni^ comme certain, mais seulement comme vraise blable, tanl la nalures'est plueà multiplier ses voil dans une opération qui pique si vivement nol curiosité !

DE lA GÉBÉRATION.

)rès avoir distingué le vrai du vraisemblable, ni est indispensable dans toute science de ci d'observations, comme l'est la physiologie, allons émettre plusieurs hypothèses qui ont nuées sur la manière dont les deux sexes con- ) ont à la production du nouvel être.

Les fœtus préexistent dans l'ovaire des fes , non qu'ils s'y trouvent depuis la création onde, comme c'était le sentiment de Bonnet tous ceux qui, avec ce naturaliste métaphysiont adopté le système de Vemboîtement des les ; mais les œufs qui contiennent ces germes rment par l'action propre de l'ovaire qui les cî; preuve nouvelle que tous les phénomènes is par les corps organisés, soit qu'ilsaient pour a conservation des espèces ou celle desindis. s'opèrent par la "voie des sécrétions. Cet œuf, uit de l'élaboration du sang qu'apportent les eaux spermatiques aux ovaires , contient les uuents du nouvel être ; mais ce n'en est , en (|ue façon , que le dessin ou le cadavre , si l'on employer cette expression pour un corps qui n'a lis vécu. Il est besoin que l'esprit séminal vienne ire sortir de cet état d'inactivité , et lui donner V manière en quelque sorte électrique l'éveil

I vie. Les œufs pondus par une poule vierge ioront jamais, quoiqu'ils contiennent les rudiis du petit animal. Les œufs d'une grenouille

II a tenue éloignée du màle pendant tout le s de son frai , se putréfient dans le vase d'eau Il les conserve. Si le mâle , au contraire , les a •es de sa semence au moment de leur sortie , e larderont pas à se développer. Ou préviendra putréfaction , et on les animera en versant sur la liqueur spermatique recueillie par les pro-

que Spallanzani mettait en usage dans ses iiables expériences sur les fécondations artiûos.

l'on en croit les travaux de cet habile obseriir qui a tant fait pour dévoiler le mystère de néralion , et faire connaître la part qu'a chaque dans cette fonction importante , le mâle n'y cre qu'en fournissant le principe vivifiant qui illimer les individus dont la femelle fournit I mes ; qu'ainsi il y sert d'une manière moins iiielle. Il n'est pas si difficile qu'on le pense liquer, dans ce système , les ressemblances 'iiles qui existent si souvent entre les pères fils. L'embryon imperceptible atout au plus 'isislance d'une glu légèrement visqueuse. Un - si peu consistant doit être très-perméable; -eraence du màle , appliquée à sa surface, doit inprimer de puissantes modifications. Il en est ^ de l'action de cette liqueur sur l'embryon enicndre, comme de celle d'uncachetgravé sur la iiolle qui conserve son empreinte. L'impres- ' st d'aulant plus profonde , la ressemblance '•'»t plus frappante, que le màle s'est porté à 'le la reproduction avec plus de vigueur et "gio. La liqueur séminale du màle peut non- ' ment agir à la surface du germe gélatineux , ;"ie fluide , et modifier son extérieur ; mais en- '11c le pénètre à raison de son extrême mol- , et imprime des changements à ses parlies " ures. Il résulte de tout ce qui précède que

âl7

l'on peut expliquer . non seulement les ressemblances entre les pères et les fils , mais encore les maladies héréditaires , ou qui se transmettent par voie de génération. Cependant l'intérieur parait surtout fourni par les femelles , tandis que les parties extérieures sont spécialement influencées par les mâles ; car , dans l'accouplement les deux animaux appartenant à deux espèces différentes , le mulet , qui provient de cette union , ressemble au mâle par le dehors , et à la femelle par les parties intérieures. Il est difficile d'assigner la raison de l'impossibilité dans laquelle sont les mulets de reproduire des individus semblables à eux. Pourquoi leurs parlies sexuelles , si bien développées , sontelles complètement stériles? quel vice caché neutralise leuraction ? pourquoi certains mulets, parmi les oiseaux , jouissent-ils du pouvoir de perpétuer leur race , avantage que la nature a également accordé aux plantes hybrides, qui sont de vérilablés métis parmi les végétaux, tandis qu'elle le refuse le plus souvent aux quadrupèdes ?

2° L'ancien système du mélange des semences dans la cavité de la matrice , exposé dans les écrits d'Hippocrate et de Galien , est encore celui de plusieurs physiologistes. Dans ce système, lesliqueurs mêlées peuvent être regardées comme un extrait de toutes les parties du corps, soit mâle, soit femelle: une faculté génératrice les dispose convenablement pour la formation du nouvel individu. Mais la femme n'excrète point , au moment de la copulation, une semence véritable ; l'humidité qui mouille el quelquefois baigne la vulve , consiste en de simples mucosités mêlées à l'humeur que sécrètent ces deux petits corps glanduleux, voisins de l'orifice du vagin, que connaissait Thomas Bartholin , qui leur donna le nom de prostates de la femme , et dont M. Amussat vient d'injecter récemment les réservoirs vésiculaires.

M. de Buffon a particularisé davantage les faits que cette hypothèse suppose, et l'a rendue moins vraisemblable. Selon cet éloquent naturaliste, chaque partie fournit des molécules qu'il appelle organiques ; et ces molécules , provenues des yeux , des oreilles, etc., de l'homme et de la femme, s'arrangent autour d'un moule intérieur dont il admet l'existence , lequel moule forme la base de l'édifice, et provient probablement du mâle, si c'est un garçon , et de la femelle , si c'est une fille. La raison répugne à admettre une théorie dans laquelle on n'explique point la formation du placenta et des enveloppes du fœtus ; elle se trouve d'ailleurs formellement contredite parla bonne conformation des enfants nés de parents qui , manquant de plusieurs organes et de plusieurs membres, ne peuvent fournir aucune molécule pour former les parties qui les représentent. La force de formation qui, selon Blumenbach (1) .préside à la génération, ne diffère pas essentiellement , quoi qu'en dise cet auteur, des forces plastiques imaginées par les anciens : c'est un mot, et non point une idée. La production de l'homme et des animaux s'opèrel-ello par cristallisation ? du mélange des semences

(1) Inslitiil. physiol., §. 49 ; Comment, socicl. se. Golling, t. 8.

rcsulte-l-il un crislal en étoile, dont deux branches correspondent aux pédoncules du cerveau , deux aux pédoncules du cervelet, tandis que de la cinquième branche prolongée naîtra la moelle de l'épine , et que le nœud médullaire central se prononcera dans le milieu de la figure , à l'endroit où ses cinq branches se réunissent ! ! !

3" Le syslèraedes ovaristes, qui jouitaujourd'hui de la plus grande faveur, compte parmi ses partisans Harvey, Slenon, Malpighi, Valisnieri, Duhamel, Nuk, Littre, Swammerdam, Ilaller, Spallanzani, Bonnet, etc. Ceux-là n'admettent la distinction des animaux en ovipares et en vivipares qu'en ce sens seulement, queles derniers éclosenlau dedans, et déchirent leur enveloppe avant de paraître à la lumière. Enfin, Leuwenhoek, Ilartsoeker, Boerhaave, Mery, Werheyen, Cowper, etc., ont ajouté à l'opinion des ovaristes, que la semence du mâle contient une multitude d'animalcules spermaliques, tous capables de devenir, en se développant, des êtres semblables à celui qui les fournit. Ces animalcules se dirigent ensemble, par les trompes, sur les ovaires, et là ils se livi'enl un combat à outrance, dans lequel tous perdent la vie, à l'exception d'un seul qui , maître du champ de bataille, se niche dans l'œuf destiné à le recevoir. Ce dernier système, très-peu 'vraisemblable, donne aux hommes la plus grande part dans la génération, puisque, selon ces auteurs, la femelle ne fournil que l'enveloppe du fœtus.

MM. Prévost et Dumas, de Genève, viennent de rajeunir et de reproduire l'hypolhèse des animrJcules, qui, s'il faut les en croire, existent exclusivement dans le sperme, et seulement aux époques où l'homme et les animaux jouissent de la vertu fécondante.

Selon ces expériraenlafeurs, l'un des animalcules que contienne sperme, se logeant dansTovule fourni par la femme, y devient la base du nouvel individu : il en représente le système nerveux; la femme fournit l'élément cellulo-vasculaire ; en sorte que la vésicule, délachée de l'ovaire, doit être regardée comme une sorte de gangue celluleuse dans laquelle se forme l'embryon.

Dans cette hypothèse, une très-grande quantité d'animalcules existent en pure perle dans le sperme humain ; mais l'on peut répondre que la nature offre de nombreux exemples de cette prodigalité.

La seule différence qui existe maintenant dans l'opinion hypothétique des physiologistes consiste en ceci, que, selon les uns, l'ovule renferme le rudiment du nouvel individu, auquel, selon eux, le sperme communique la puissance vitale ; taudis que, suivant les autres, l'ovule est seulement destiné à recevoir ce germe émané du mâle, et provenant exclusivement de lui.

Il serait superliu d'exposer avec plus d'étendue les opinions émises sur un sujet aussi obscur ; ce que nous en avons dit est suffisant pour prouver que les choses qui se refusent le plus obstinément à noire curiosité, et qui donnent le plus de prise à l'imaginalion, sont celles que l'on croit le mieux ronnaitre, et dont on parle avec le plus de confiance et de prolixité : tant il est vrai, comme le

table l'ovaire

remarque Condillac , qu'on n'a jamais tant d choses à dire que lorsqu'on part de faux principet

Quoi qu'il en soit, il est vraisemblable que germe vivant, quoiqu'amorphe dans sou origin passe successivement par toutes les formes et toJ les degrés de l'organisation et de la vie; que d'abor 1' simple matière gélatineuse , à demi fluide , et go rais au procédé mystérieux de la fécondation, il i vêt graduellement la forme, la composition et l'a parence d'un ver vésiculaire ; que celte hydaii s'élève par degrés à l'état d'insecte, de crustacé, ' poisson, de reptile, c'est-à-dire qu'aux diversesé[i|. ques de son existence embryonaire et fœtale, il ' présente l'organisation, sinon dans spn ensemb T* ' au moins dans le développement de ses principa -"^ appareils; et qu'enfin parvenu au dernier terme j,; composition ou de complication, il s'élève à l'c ganisation caractéristique de son espèce. Les in( slruosités observées à diverses époques de l'existen » ' de l'embryon et du fœtus présentent des prenv nombreuses et irréfragables de ces gradations si cessives dans sa composition organique. ^ La fécondation de l'œuf s'opère dans l'ovairel .', même, comme il a été dit précédemment. Ébrai ^' par l'action de la trompe de Fallope, l'œuf se détacli.'! de l'organe qui le produit , et descend dans lani'ji trice par les contractions péristaltiques de la troicj'^^ de Fallope. Ce canal est susceptible d'un mouv^ ment rétrograde. On en concevra la possibilité -. .'^ l'on fait attention que, s'étanl alongé par uneYél , érection pour conduire la semence jusq «' il doit , en revenant sur lui-mérae, fa n couler le liquide dans sa cavité, suivant un sn^"^ parfaitement inverse. Spongieuse comme l'urè ' de l'homme, la trompe de Fallope ramène d(f l'œuf de l'ovaire à la matrice. Les grossesses exl utérines fournissent la preuve que les choses sej sent comme on vient de le dire. Si l'on a troavé| fœtus développés dans l'ovaire, dans la tromp Fallope, ou même dans la cavité derabdomen.lc que l'œuf détaché échappe à l'action préhensivel pavillon de ce canal (1), on sera bien forcé d'adn

(1) Dans les conceplions extra-utérines abdomina I l'œuf, que la trompe n'a pu retenir ou saisir . roule ( I le bas-ventre, et va contracterdes adhérences avec un p I quelconque du péritoine. On le voit s'attacher au me: ' 1ère, nu colon , au rectum , à Texlérieur delà matnca^ croître et s'y développer , au moyen de la communioal vasculairn qui s'établit dans le lieu de l'adhérence; m««f vaisseaux du péritoine ne snfiBsent pas ordinairenienlàt lier développement du fœtus qui meurt , faute de noU ture, dans les premiers mois de la grossesse. I.'adhén de l'ovule au péritoine s'explique aisément par l'irnl» qu'il occusione ; il peut ôlrc considéré comme un c étranger, dont la présence détermine l'indaminaliorn membrane avec laquelle il est en contact , et qui » il elle , parce qu'il fournit , dans cet acte , son conlingcii vilalilé, sa part d'action nécessaire, (.l'est vériiahlf une union entre deux parties vivantes , asseï analogjl celle qui s'opère entre les lèvre» saignantes d'unftpl entre la plèvre pidmonaire et la plèvre costale, etc.

Mais comme les membranes séreuses contiennent ' leur tissu des capillaires si déliés, que dans 1 état tt*\ le san<; n'y manifeste point sa couleur, leurs vaisse»"! se développent pas asseï pour transmettre à 1 œiitq» est uni une ossci grande quantité de ce fluide. Le» " I

DE LA GÉNÉnATlON.

u'il parcourt le trajet qu'on a décrit. C'est au éine jour que, dans la chienne, MM. Prévost imas ont >u se faire le passage de l'ovule dans «s. Comme dans ces animaux ils sont mullichaque ovule passe successiveuient, en sorte tous ne sont descendus dans la matrice qu'au de trois ou quatre jours. Ils y sont d abord liel Qollants, vésiculaires, offrant sur le cole une ricule ou tache blanchâtre ; mais bientôt ils .isseut, et dès le douzième jour ou peut y recone le fœtus.

obstruction des trompes peut, aussi bien que le Il ou l'altération morbifique des ovaires, oc- . ner la stérilité. Morgagni parle à ce sujet de jnes courtisanes, chez lesquelles les trompes ni entièrement oblitérées par l'épaississement urs parois, suite évidente de l'orgasme habituel lequel elles avaient été entretenues par des allons trop fréquentes. La structure de ces paoil rendre les obstructions des trompes de Falrès faciles. Leur tissu eslspongieux,vasculaire, rail susceptible d'érection comme les corps ■Deux de la verge et du clitoris; leur tunique ne ( point d'union cnlre la membrane séreuse ipisse l'abdomen et la muqueuse qui se trouve terieur de la matrice) participe aux inflammade l'une et de l'autre. J'ai été plusieurs fois illé par de jeunes femmes sur la cause de la ité dont elles étaient affligées. En recherchant soin ce qui pouvait y donner lieu, j'ai toujours s qu'elles avaient essuyé, à différentes épodes inflammations du bas-ventre. Une jeune ijmne , après la cessation opiniâtre des règles , i tous les symptômes de l'inflammation du pétie ; mariée un an environ après celle époque, ne put se réjouir d'une grossesse ardemment iilée. Une femme avait échappé aux accidents li Gèvre puerpérale survenue à la suite d'un preaccoucbemenl qui fut très-laborieux. Depuis B malgré les apparences de la santé la plus ro- , elle n'a pu devenir mère.

'5 deux testicules elles deux ovaires renfermenls germes séparés des mâles et des femelles? 'S-ci, comme on l'a prétendu sont-elles contelans l'ovaire gauche, tandis que les mâles exislans l'ovaire droit? Et peut-on procréer les 1^ à volonté, en variant la posture dans laquelle it l'accouplement? Celle vieille opinion, na- |b renouvelée, outre qu'elle ne porte sur aucun imenl, est encore démentie formellement par lu : rien de plus commun que de voir les homjui ont accidentellement [)erdu l'un des deux ilnles procréer indifféremment les deux sexes, immes dont un ovaire manquait, ou chez lesiBs la trompe était oblitérée d'un seul côlé. ont lit tantôt des garçons et d'autres fois des filles, h cteur Jadelot a présente à la Société de l'École

I muqneugeg , recevant plus de sang, sont en état de liT davantage ; mais jamais le placenta n'y prend alla- Vans les conceptions exlra-ulérines. La membrane

Upisse rinlérieur de la trompe apparlicnt en effcl t aux membranes séreuses qu'aux muqueuses; elle

|t, comme on sait, le seul point de communication

Wlite entre les unes et les autres.

de Médecine de Paris une matrice qui manquait de la trompe et de l'ovaire droit: rien n'indiquait que ces parties eussent jamais existé. Des renseignemeutspris surlaferame dontle cadavre avaitfourni celte pièce anatomique, il résultait qu'elle était accouchée d'un garçon et de deux filles ; Ilaller cite des cas analogues. Le cause qui décide la formation des sexes échappe donc complètement à nos recherches. Celui des deux individus qui se porte à l'acte de la reproduction avec le plus de chaleur, imprimerait-il son sexe au produit qui doit en naître? Je l'ignore; toutefois, j'ai cru observer que du mariage des personnes peu avancées en âge, el brûlant toutes deux des feux de l'amour el de la jeunesse, naissent le plus souvent des filles, tandisque les mâles résultent plus ordinairement de l'union d'un homme d'un âge mûr, ou même d'un vieillard avec une femme plus jeune.

Les expériences faites par M. Girou de Buzaringne sont venues confirmer l'exactitude de notre observation. Ce naturaliste distingué a constaté, dans un grand nombre de cas, que la vigueur et la jeunesse des femelles étaient favorables à la formation des fœtus mâles, et réciproquement ; comme si la production d'un mâle exigeait de la part de la mère une force formatrice plus considérable.

L'opinion populaire que les filles ressemblent généralement au père, tandis que le enfants mâles offrent le plus souvent les traits de leur mère, porte sur un trop grand nombre de faits pour qu'il soit possible de la regarder comme toul-à-fail fausse. Est-ce la raison pour laquelle tant d'hommes illustres par leur génie el par de nombreux succès dans les sciences eldans leslellres, ont transmis leur nom à des fils incapables d'en soutenir l'éclat?

CCV. Grossesse. Du moment qu'elle a conçu, la femme éprouve dans le mouvement de ses solides eldans la composition de ses humeurs une altération profonde. Le changement qui s'est opéré en elle se fait apercevoir dans toutes ses fonctions; elle exhale une odeur particulière ; les enfants qu'elle allaite refusent la mamelle, ou ne la prennent qu'avec répugnance, et dépérissent bientôt si on les laisse entre les mains d'une telle nourrice.

La nature , attentive à son travail , semble tout oublier pour le conduire à la perfection. On a observé que dans les lieux où sévit la peste, où régnent d'autres maladies contagieuses, les femmes enceintes y sont les moins exposées ; mais qu'aussi , lorsqu'elles sont atteintes d'affections qui, dans d'autres personnes cl dans d'autres temps, seraient sans danger, elles y succombent, parce que ces maladies, d'abord très-légères, revêtent aisément le caractère de malignité. La marche des maladies mortelles est retardée; el telle femme phlhisique, qui n'avait plus que quelques mois à vivre, prolonge sa carrière de toute la durée de sa gestation. La consolidation des fractures ne se fait pas plus long-lemps attendre, quoique Fabrice de Uildcn ait prétendu qne l'étal de grossesse rempcchait totalement.

Je n'ai jamais pu apercevoir de différence sensible dansla durée delà formation du cal, comparé chez les femmes enceintes et ciiez celles qui ne le sont pas. Parmi les auteurs qui ont avancé que les fractures ne pouvaient se consolider durant la grossesse, les

uns ont dit que cola dépend de ce que la nature, occupée à diriger les humeurs vers la matrice, oublie en quelque sorte toute autre fonction , et néglige d'établir l'appareil morbifique nécessaire à la guérison. Mais, comme nous le verrons, quelle que soit l'importance de la matrice, chargée du produit de la conception pendant la grossesse, le fœtus n'est qu'un organe ajouté aux organes de la mère, et s'assimilant ce qui lui convient des sucs qu'apportent les -vaisseaux utérins. Il n'empêche point les autres parties de prendre de la nourriture : toutes continuent de vivre et de s'approprier les sucs nécessaires à leur existence. Haller attribue la difflculté avec laquelle les fragments se réunissent chez les personnes enceintes, à la quantité considérable de matière terreuse dont le fœtus dépouille la mère. Cette opinion ne peut être admise; car, comme nous l'avons vu dans les Prolégomènes , le phosphate calcaire ne paraît jouer qu'un rôle peu important dans le travail de la réunion, principalement due aux changements qu'éprouve la partie de l'os véritablement organisée. D'ailleurs , il devrait arriver , dans celte hypothèse, que la consolidation serait également difficile chez les nourrices dont le lait entraine une grande quantité de phosphate de chaux. Cependant on n'a point observé que la formation du cal fût plus difficile pendant la lactation. Enfin, ici comme en toute chose, l'expérience vaut mieux que le raisonnement: or , elle prouve que le temps pendant lequels'accompltt la formation du cal, chez les femmes enceintes , n'est pas sensiblement plus long que lorsque l'état de grossesse n'existe pas.

Cependant la matrice , pénétrée par la liqueur prolifique, se gonfle, pour me servir de l'expression de Harvey , comme une lèvre qu'aurait piquée une abeille : elle devient un centre de fluxion, vers lequel les humeurs se portent de tous côtés. Le diamètre de ses vaisseaux augmente avec l'épaisseur de ses parois : celles-ci se ramollissent ; leur nature musculaire se prononce. Les mêmes changements arriveraient-ils à chaque époque de la menstruation , si l'écoulement du sang des règles n'empêchait la métamorphose? Telle est l'opinion de M. Lobstein. Suivant ce physiologiste, l'utérus, dans l'état de grossesse , est analogue à un organe Irappé de phlegmasie chronique. Jusqu'à la fin du troisième mois , on ne s'est aperçu de la grossesse que par la cessation du flux menstruel : la matrice, dont le col n'a encore éprouvé aucun changement, est concentrée derrière les pubis; mais bientôt elle s'élève au-dessus du détroit supérieur du bassin , repoussant en haut le paquet intestinal et les autres \iscèrc8 de l'abdomen. Vers la fin de la grossesse , elle dépasse l'ombilic : sgn fond touche à l'arc du colon, quelquefois même s'étend dans l'épigastre. La compression qu'elle exerce sur les organes de la digestion explique les dégoûts, les nausées que la femme éprouve. Le dérangement de la sensibilité, par l'affection des grands-sympathiques, rend également raison de ces goûts dépravés, de ces appétits bizarres auxquels le vulgaire croit qu'il est important d'obéir. Lorsque le terme de la grossesse approche, la respiration est gênée; le diaphragme, refoulé en haut par les viscères abdominaux , s'abaisse difficilement : aussi la nature a-l-ellc , autant

qu'elle a pu , retardé cet instant de gêne, en do l» nanl au bas-ventre une grande capacité, aux dépe r de la poitrine , qui , dans la femme , est bien pli p courte que dans l'autre sexe.

Si l'accroissement du fœtus, sa grosseur, la qoa tité des eaux, le développement de la luatrici étaient toujours égaux, on pourrait fixer la hautew à laquelle ce dernier organe s'élève à une époq donnée de la grossesse ; mais ces conditions varie

tellement dans chaque individu, que les termes qi ,1 l'on voudrait assigner ne conviendraient qu'à y A.

Ml

petit nombre; il nous suffira donc d'avoir parlé d extrêmes. La matrice tend à s'élever dans une < ^(1 rection verticale : tant qu'elle est renfermée dâ ^i; le bassin, elle conservecetle direction ; maisaos m tôt qu'elle a dépassé le détroit supérieur , elle ces y ; d'être soutenue , et s'incline en avant, en arrière 1 ' sur les côtés. Ces inclinaisons, portées à un certa ( < degré , constituent les vices de situation que 1 1 | accoucheurs nomment obliquités de la matrice. '. p ' sens dans lequel elles ont lieu est déterminé par h i disposition des parties : ainsi c'est presque toujot i : en avant qu'elles s'effectuent, soit parce que H\ détroit supérieur du bassin est naturelleme |ji incliné dans ce sens, et forme avec l'horizon 1 J: angle de 45 degrés , soit parce que la colonne loi iijii baire , convexe , pousse la matrice , qui ne peot j^] déprimer , sur la paroi antérieure, qui cède avi^» d'autant plus de facilité , que la femme a éproQ ^{ plusieurs grossesses.

La dilatation de l'utérus n'est pas l'effet d'n ){i simple distension de ses parois , puisque celles-i),i( loin de s'amincir à mesure que le viscère croit capacité, augmentent, au contraire, d'épaisseur pd la dilatation des vaisseaux de toute espèce et V fluence des liquides. Dans celte espèce de végé tion , la matrice est vraiment active, et ne c^^ point aux efforts que le fœtus pourrait exercer! elle. Le col de ce viscère, qui, à raison de sapj grande consistance avait d'abord résisté à la talion , finit par céder à l'effort que les fibres fond exercent sur le contour du museau de tancl|| les bords de celle ouverture s'amincissent , le^ s'efface , l'orifice s'agrandit, et l'on sent, à travJ le fœtus plongé au milieu des eaux quecontienm ses membranes.

A la fin de la grossesse , le besoin de rendre urines est plus fréquent , la vessie comprimée pouvant les contenir en grande quantité ;• les trémités inférieures s'œdémalient , les veines < {* jambes deviennent variqueuses; les femmes s* aussi plus exposées aux homorrhoïdes, elcesefl dépendent de la compression des vaisseaux rapportent le sang et la lymphe des parties 1 rieures; comme les crampes que les femmes ceintes ressentent, tiennent à celles qu'éproOT' les nerfs sacrés. Les aînés sont également dont reuses, el les femmes y éprouvent des liraillen'Ç qui doivent être attribués à l'engorgement des» menls ronds de la matrice. Cesligaments, comn»' matrice, manifesleuf, au moment de la grossW leur nature musculaire ; leurs vaisseaux se dil« et leurs fibres deviennent plus apparentes , ' que M. Jules Cloquet l'a constaté bien des fois le cadavre des femmes mortes peu de temps «P

al

1>E LA GÉHÉRATION.

iiuchement (1). Enûn , la peau de la paroi aniire du bas-vciiUe, distendue outre mesure, se r el se fendille , lorsque celle des parties voisiprélé autant qu'elle a pu.

v aut de dire comment la matrice se débarrasse œlus el de ses enveloppes, au terme de la sesse, donnons quelque attention à ce produit a conception; éludions son développement; liuons la nature des relations qu'il entretient sa mère.

>;VI. Histoire du fœtus et de ses enveloppes. lérieur de la matrice , examiné pendant les iiiers temps qui suivent l'instant de la concepli'offro rien qui décèle l'existence de son pro- Mais au bout de quelques jours on aperçoit, iilieu d'une masse tomenleuse, semblable à un ot de sang fibrineux , une vésicule membrae transparente, remplie par une gelée liquide emblante , dans laquelle on ne voit aucune i d'organisation et de vie. Cependant ce petit prend de l'accroissement; certaines parties du de gélatineux acquièrent une consistance plus de ; en même temps leur transparence dimi- : ou peut alors distinguer les premiers linca- Is des parties , apercevoir l'ébauche de la tête 1 tronc. L'ovule , d'abord libre dans la cavité 'utérus (de Graaf) , contracte des adhérences ce viscère; toute sa surface extérieure devient e , cotonneuse ; et celte sorte de végétation en aucun endroit plus marquée que dans celui oit se trouver le placenta. Cependant, vers le eptiémejour, les parties qui n'offraient qu'une <c homogène, similaire et demi-transparente, tfestent une structure mieux décidée. Un point e paraît dans le lieu qui correspond au cœur : ■■■ cet organe lui-même, reconnaissable aux batw jnts de ses cavités et aux mouvements des molé- F 5 du liquide rouge qui les remplit. De ce que leur est le point saillant (punctum saliens), on loit point inférer qu'il jouit le premier de la primum vivens) ; que , formé le premier , il liste à tous les autres organes. Toutes nos parne se forment point en même temps, toutes ne point coœvales, comme l'a dit Charles Bonnet; n ce philosophe naturaliste, les parlies de l'em- •n se montrent plus tôt ou plus lard à l'oeil de -ervateur , suivant que , par la nature de leur nisation , elles sont plus ou moins propres à chir la lumière.

elte opinion erronée est celle de tous les physiostes qui croient à la préexistence des germes, n eux , il y a simplement évolution, c'est-à-dire iloppement successif des organes préconçus «réformés. Les travaux récents des anatomistes lent à ruiner complètement celle hypothèse, effet, si, avec Pander, on suit pas à pas, c'eslre heure par heure, le développement du germe œuf du poulet, on voit la cicalricule , petite nbrane qui se dclache sur l'un des points du ic ; on voit , dis je , dans les premiers jours do

) Ces deux cordons charnus n'ont-ils par alors ponr d'agir sur la matrice , d'en déprimer le fond , cl de •ner co viscèro dans la ligne de l'axe du détroit supér du bassin ?

l'incubation, celle pellicule se plisser régulièrement el les organes naître successivement el pièce à pièce, dans l'intervalle de ces plis. Chez les mammifères, au cordon ombilical, produit primitif de la conception , se joignent bientôt quelques fragments du tube intestinal , qui , d'abord séparés et distincts , s'étendent el se rejoignent. Les parois des cavités se forment plus tard , de manière que les viscères contenus existent avant que les cavités ou parlies contenantes soient fermées parle complet développement de leurs parois. Dans celle formation successive des organes , l'embryon parcourt tous les degrés de l'échelle animale : d'abord simple bourgeon vésiculaire analogue aux vers les plus simples, aux hydalides, il passe graduellement, par une suite admirable de métamorphoses , à des degrés d'organisation plus relevés; et toutes les phases qu'il parcourt répondent à desélals permanents dans le règne animal.

Les animaux se forment de la circonférence au centre : assemblage de parties du bord isolées , mais qui en croissant se rejoignent et s'unissent pour former un tout dans lequel se retrouvent longtemps les traces subsistantes de la séparation primitive. L'animal ne procède point, comme on l'a cru jusqu'ici, du centre à la périphérie: celle erreur capitale frappe d'un vice radical tout ce que les physiologistes ont jusqu'à présent imaginé touchant la formation des organes et de l'individu résultant de leur assemblage. Quel que soit le viscère dont on étudie la formation , toujours on verra ses parties latérales paraître les premières, puis se développer, croître et s'unir enûn sur la ligne médiane par laquelle, dans tous les cas, se termine l'accroissement. Le tissu artériel préexiste aux autres systèmes, et les précède dans leur formation. L'os, le lobe cérébral, les muscles se développent à la suile el autour de l'artère qui fournit les matériaux de celte sécrétion nutritive, en vertu de laquelle s'effectue l'organogénésie.

Le corps humain se forme donc de la circonférence au centre , et non point du centre à la circonférence , comme on l'a cru jusqu'au commencement du siècle. Celle marche, suivie par la nature dans la formation des animaux, est uniforme et constante. Tous les organes, tous les systèmes d'organes sont assujettis aux mêmes lois de formation: toujours l'organogénésie s'achève par la conjugaison des parlies latérales des organes, d'abord développées , el qui finissent par se réunir sur la ligne médiane , par où se termine la composition de l'individu et de chacune de ses parlies.

Les organes centraux et symétriques , le cœur , par exemple, simple d'abord dans l'homme comme dans les es pèces inférieures, est d'abord une espèce d'intestin ouvert par les doux exlrérailés. L'une d'elles se ferme : c'est alors une poche unique , ouverte par le haut ; plus lard , une cloison verticale s'élève de sa pointe , et cette sorte de diaphragme établit la séparation des deux ventricules ; plus lard encore, une cloison horizontale vient les séparer des orcilletles, qui, d'abord confondues, se séparent enfin. C'est ainsi que, par une suile d'évolutions el de changements successifs, cet organe central parvient à la slruclurc compliquée

ÉLÉMENTS DE MIYSIOI-OGIE.

qu'il présente chez les oiseaux et les mammifères. C'est par Inique s'aclièvc le développcmeiil de la machine circulaire dont il était l'origine , suivant Ilarvey , Slenon, Malpighi, Ilaller, partisans de l'hypothèse du développement central des organes.

Il en est absolument de même du cerveau , de la moelle do l'épine , de l'aorte , des intestins , do la trachée-artère : des lames lailérales se rapprochent , s'unissent , et , par une véritable conjugaison , constituent un canal de la même manière que dans le développement du système osseux , où on voit les canaux et les ouvertures résulter de l'union ou de la conjugaison des pièces osseuses qui constituent les os dans leur état primitif.

Cependant des lignes rouges, partant du cœur, dessinent le trajet des plus gros vaisseaux , et paraissent agitées par l'action de ces conduits , dont les parois sont encore derai-transparenles: à mesure que le sang, ou. plutôt sa partie rouge , s'étend du centre à la circonférence, les formes se prononcent, les parties se développent et s'accroissent avec rapidité ; des points parfaitement opaques se manifestent, et l'on peut juger de la figure du fœtus. Recourbé sur lui-même , il ressemble assez bien à une féve de haricot suspendue par le cordon ombilical , qui , comme nous le dirons tout à l'heure, formé avec le fœtus et ses enveloppes, se développe avec eux; il nage au milieu des eaux de l'amnios, change déposition avec d'autant plus de facilité que l'espace dans lequel il est enfermé est très-grand , si on le compare à son petit Volume. A mesure qu'il prend de l'accroissement, il s'étend un peu , sans cesser pour cela de paraître roulé sur lui-même : la tête forme la plus grande partie de son corps; les membres supérieurs, semblables à de petits bourgeons , pullulent les premiers, puis les membres inférieurs ; les pieds et les mains semblent immédiatement attachés au tronc ; les doigts et les orteils paraissent sous la forme de petites papilles. De tous les organes des sens, les yeux sont les premiers qui deviennent apparents; on les distingue, sous la fornie de petits points noirs, dès la fin du premier mois delà vie de l'embryon; les paupières naissent et les couvrent, etc. La bouche, d'abord béante , se ferme par le rapprochement des lèvres, vers la fin du troisième mois. Durant le quatrième, une graisse rougeâlre commence à se déposer dans les cellules du tissu muqueux, et les muscles exercent déjà quelques mouvements. L'accroissement estd'autant plus rapide, que le fœtus approche davantage du terme de sa naissance. Il est impossible do déterminer le poids et la longueur du fœtus , suivant les différentes époques de la grossesse , puisque le temps précis de la conception n'est jamais bien sûr, et que l'accroissement suivant une marche inégale dans les différents individus, un fœtus de six mois peut étreaussi grosqu'un autre fœtus à terme. Néanmoins, au moment de son expulsion, le corps a assez ordinairement de seize à dix-sept pouces de longueur, et pèse six à sept livres. Les plus petits fœtus ne pèsent pas moins d'une livre, et les plus gros vont jusqu'à dix. 3 fœtus, sur 7,077, s'élevaient à ce dernier poids. (Baudelocque.^

La sécrétion de la bile, comme celle de la graigg, paraît s'établir vers le milieu de la grossesse e colore en jaune le méconium, mucosité auparavan sans couleur, qui remplit le tube digestif. Peu d temps après, lescheveux croissent. Les onglessefoi ment du sixième au septième mois ; une membrani très-mince, qui fermait la pupille, se déchire pa la rétraction des anses vasculaires qui se reli rent (1) vers son contour, et celte ouverturcap paraît. Les reins, d'abord multiples, c'est-à-dii formés chacun de quinze à dix-huit noyaux gUi duleux séparés, se réunissent, et ne formenlt chaque côté qu'un seul viscère. Enfin, les leslici les, d'abord placés sur les cotés de la colonne Ion baire et de l'aorte, près la naissance des artèn et des veines spermatiques, puis descendus le Ion des vaisseaux iliaques jusqu'à l'annean inguina dirigés par un cordon cellulaire, appelé par Hunl( w leur gouvernail ( gubarnaculum teslis ), franchisseï ge cette ouverture, entraînant avec eux, non-seoi^ ii ment la portion du péritoine qui doit former lei fi tunique vaginale, mais encore les fibres intérieur h du muscle petit oblique. 1 L'enveloppe des testicules, fournie par le pif riloine, recouvre non-seulem«nt ces organes, iji se réfléchit sur eux, mais en-core monte, dans 1^ adultes, à un demi-pouce environ de hautciii sur la partie inférieure du cordon spermalique. elle ne va point, dit-on , jusqu'à l'anneau ing nal , c'est que toute la portion qui , après la na)jti sance, s'étendait depuis cette ouverture jusqiji près du testicule, s'est décomposée , et se trou g réduite en tissu cellularre. En réfléchissant surB causes de la décomposition spontanée d'une p lion de ce prolongement péritonéal , j'ai recon que rien n'était moins prouvé et plus invraise blable. En effet, dans les premiers temps de vie, les testicules, sortis de l'abdomen par 1'; neaii inguinal , sont très-peu éloignés de celte Oi verture. La portion de tunique vaginale qui continue sur le cordon des vaisseaux sperraaliqu monte jusqu'à l'anneau, et même se prolonge delà, communiquant avec le péritoine, com on le voit quelquefois dans les bubonocèles c géniaux. Ce n'est qu'à mesure qu'on avance \ âge que les testicules descendent dans les bours en s'éloignant de l'ouverture qui leur a donné sage; de manière que, chez les adultes, le p longement, qui d'abord couvrait la totalité cordon , lequel avait , après la naissance , se ment quelques lignes de longueur , se trouve n plus recouvrir que la partie inférieure, lorsq s'est alongé de plusieurs pouces, sans qu'il s fcclue de décomposition; phétiomène aussi ficile à concevoir qu'à expliquer. Cette opini émise pour la première fois dans la première tion de cet ouvrage , est aujourd'hui presque iiéralemenl adoptée.

Dans sa descente, ou plutôt, à raison de situation du fœtus, dans son ascension vers bourses , le testicule est donc entraîné et com dirigé par un cordon qui a reçu le nom de

(1) J. Cloquol, Mémoire sur la membrane pupille du fœtus.

DE LA GÉNÉRATION

Dvernail. Celle espèce de ligament enveloppé me gaîne périlonéale qui, dans la suite, sera tunique vaginale , contient quelques fibres niuslaires, véritable rudiment du crémasler. A cet urd, lefœlus ressemble aux animaux dont les licules restent enfermés dans l'abdomen, et lit néanmoins pourvus de ce muscle.

Les ovaires, chez In femme, éprouvent deschanmcnts analogues. D'abord siUiés au-dessous des jis, qu'ils égalent en grosseur, ils descendent jc l'utérus et ses annexes, dirigés par les ligaiils ronds ou sus-pubiens, cordons fibreux enloppés par un prolongement du péritoine , et sentant avec le cordon recteur du testicule bernactilum) la plus frappante analogie.

Le sexe du fœlus ne se prononce que vers la ;ilorzièrae semaine ; ce qui a fait dire à certains ysiologisles que primitivement il était neutre; il Tiedemann que, d'abord femelle , il devenait lie, à moins que , dans son développement, il se trouvât arrêté à un degré inférieur d'organilion. Quoiqu'il en soit, l'utérus présente d'aid, comme chez les quadrupèdes , deux cornes \quelles aboutissent le ligament de l'ovaire, isique le ligament rond.

CCVII. De la circulation dans le fœtus. La incipale différence qui existe enlre le fœlus pt nfant nouveau-né, outre l'inaclivilé des seni», repos des muscles soumis à l'empire de la vo- (ilé , et l'absence de la respiration, se tire de la iiiière dont la circulation s'exécute. Trop faible iir assimiler à sa propre substance des substances angères , le fœlus reçoit de sa mère ses aliiits tout préparés. Les artères de la matrice portent à cet organe une grande quantité de 1'^. Ce liquide n'est point tout employé à la iirrilure du viscère ; mais étant en grande partie ! sé par les vaisseaux utérins à la surface et dans - cellules d'un gâteau spongieux, adhérent, d'une i l, à la matrice , et de l'aulre , à l'œuf qui connl le fœlus, il sert à la nutrition de ce dernier. <;e corps cellulo-vasculaire , connu sous le nom placenta, est , aussi bien qae les enveloppes du lus, et le fœlus lui-même , un produit de l'acte ioéraleur. Quoiqu'il adhère le plus souvent au iid de la matrice , il peut tenir à quelque autre 'inl de ses parois ; quelquefois même il est placé ir son orifice, circonstance qui rend toujours iccoucbement difficile. Le côlé par lequel il est ri li à la face interne de l'utérus, est, chez certains f liraaux , inégal , raboteux , surmonté d'éminences 'Mamelonnées (cotylédons) , qui s'enfoncent dans >;s cellulosilés correspondantes, des parois de la alrice , dont l'intérieur perd , à mesure qu'elle î développe, la forme lisse qu'il présente dans état de vacuité , se creuse d'enfoncements ( sinus térins) destinés à recevoir les lobes du placenta, se hérisse d'éminences qui s'engagent dans les : îUules de ce corps ( sinus du placenta ). Mais dans espèce humaine l'état des choses est différent; l si l'on fait atlenlion que chez certains mam- »ifères. tels que le cochon domestique et locheal , il n'y a pas , à proprement parler , de plaenla, on sera forcé d'admellro une extrême ivcrsilé pour le mode de communicalion enlre

les mères et les fœlus dans les différentes espèces.

Le placenta de l'homme appartient, en grande partie, au fœtus; son parenchyme est surtout formé par les divisions extrêmement multipliées de la veine el des artères ombilicales, réunies par un tissu spongieux, dans lequel elles sont comme plongées. C'est dans ce tissu gorgé de sang, que l'une absorbe et que les autres déposent le sang qui va au fœlus ou revient du côlé de la mère.

La face utérine du placenta est assez lisse ; et si l'on examine do chaque côlé celle adhérence , on voit, du côlé de la matrice, des orifices dans lesquels on peut introduire des tuyaux de plume : ce sont les sinus utérins. Ils correspondent , suivant quelques auteurs , à des ouvertures do même diamètre , dont est percée la face utérine du placenta ; mais il est difficile de démontrer l'existence de ces ouvertures au placenta.

Les artères utérines laissent pleuvoir dans le tissu spongieux du placenta le sang artériel de la mère, selon quelques-uns , seulement la partie séreuse de ce liquide, selon d'autres (1). Epanchées dans les cellules du placenta, ces humeurs ne passent pas directement dans les nombreux radicules de la veine ombilicale, qui, se réunissant successivement, forment le tronc de ce vaisseau ; mais elles agissent sur le sang que renferment ces radicules au travers de leurs parois , ainsi que nous le démontrerons plus loin. Il y a sans doute aussi une véritable absorption exercée par les radicules.

La veine ombilicale, née dans l'intérieur du placenta, par des rameaux absorbants, se détache de ce gâteau , se porte vers l'ombilic du fœtus , enlre

(1) Un médecin allemand , Schréger, a émis une opinion insénieiise sur la manière dont la circulation se fait de la mère à l'enfant. Selon lui, les artères utérines ne versent que de la sérosité dans les cellules du placenta. Celte sérosité est absorbée par les vaisseaux lymphatiques, qu'il suppose, par analogie, dans cet organe et dans le cordon ombilical , où on n'a pu jusqu'à présent les injecter. Ces vaisseaux la portent au canal thoracique ; celui-là la verse dans la veine sous-clavière gauche; elle va de là au cœur, qui la fait passer dans l'aorte. Elle revient au ])1anenta, au moyen des artères ombilicales, hémafosée par l'action des organes du fœtus. Cette sérosité, sanguifiée, retourne dans son corps par la veine ombilicale, et, suivant le trajet connu et décrit , sert à la nourriture des organes. Les rameaux des artères et de la veine ombilicale , ramifiés dans le placenta, et communiquant ensemble dans ce tissu spongieux, laissent échapper par leurs pores latéraux ce qui ne peut plus servir à la nourriture du fœtus. Ce résidu de la nutrition , déposé dans les cellules du placenta, est absorbé par les lymphatiques de l'utérus , qui le reportent dans le torrent des humeurs de la mère. Outre l'impossibilité de démontrer l'existence des vaisseaux lymphatiques, soit dans le placenta, soit dans le cordon ombilical , l'hypothèse de Schréger présente deux difficultés. Pourquoi le fluide nourricier venant delà mère, et poussé par l'aorte du fœlus dans toutes les parties de son corps, retourne-t-il au placenta , pour revenir par la veine ombilicale? L'absorption est presque nulle chei le fœtus ; l'enduit gras dont son corps est couvert empêche cette fonction à la surface de la peau. Elle n'est guère plus active dans l'intérieur ; les sécrétions excrémenlitielles existent à peine avant la naissance; tout ce qui vient au fœlus est utilement employé pour le développement de ses organes ; et voilà la raison pour laquelle son accroissement Bst si rapide.

dans son corps par celte ouverlurc, là, rencoulre le foie, se plonge dans l'extrémité antérieure du sillon anléro-postérieur de ce viscère, parcourt la moitié antérieure de cette scissure, en jetant dans les lobes, et surtout dans le lobe gauche, nn grand nombre de rameaux. Arrivée à l'extrémité droite du sillon transversal, endroit où ce sillon se rencontre avec l'entéro-postérieur , elle s'unit en partie avec le sinus de la veine-porte hépalhique , tandis que le reste, sous le nom de canal veineux, suit la direction primitive, et va s'ouvrir dans la veine-cave ascendanle ou inférieure, très-près de l'endroit où cette veine se dégorge dans l'oreillette droite du cœur.

CCVIII. Le sang qui coule dans la veine ombilicale , quoiqu'il ail acquis en partie les qualités viviGanles du sang artériel , en parcourant les routes tortueuses du placenta , conserve peut-être encore quelques-uns des principes du sang veineux. Il se dépouille de ces principes, et se revivifie peut-être en traversant le foie, qui , à celle époque de la vie, semble remplir avec le placenta les fonctions dont les poumons doivent être chargés après la naissance. Il remplit à lui seul la plus grande partie delà cavité abdominale. Acquerrait-il cette grosseur en s'appropriant l'hydrogène et le carbone du sang ombilical ? Sa substance est grasse, huileuse, et contient ces deux principes en trèsgrande proportion. La sécrétion de la bile chez le fœtus pourrait-elle également suppléer au défaut de la respiration?

L'importance du foie chez le fœtus est plus grande que chez l'adulte : on peut la mesurer à son volume relatif, très-considérable à celte époque de la vie. Plusieurs regardent celte glande comme l'organe destiné à remplacer alors le poumon dans l'hématose ou sanguiûcation ; mais, par suite des changements considérables que le cours du sang éprouve au momenl de la naissance , son importance diminue , la peau du nouveau-né se teint d'un rouge jaunâtre (I); état tellement ordinaire, que les sages-femmes et les nourrices s'étonnent de ne le point observer sur quelques enfants.

Le sang versé par la veine ombilicale dans la veine-cave inférieure, et porté par cette veine dans l'oreillette droite , ne s'y mêle qu'en partie avec celui que la veine-cave descendante rapporte des parties supérieures; car, comme nous l'avons dit ailleurs, les orifices de ces deux vaisseaux n'étant

(1) Celte coloration de la surface de la peau pourrait bien tenir, chez l'enfant nouveau-né comme chez l'adulte, à toute autre chose qu'au passage dans le sang de la bile en entier, ou seulement de sa partie colorante. Nous l'observons en effet à la suite des ecchymoses produites par des contusions considérables ou par des fractures des membres. La bile est alors assurément tout-à-fait étrangère au phénomène. La couleur jaune parait, dans ces cas, dépendre de la résolution de l'ecchymose ; le snng, en partie absorbé, perd sucoiileur j le noir devient graduellement moins foncé, la peau jaunit par degrés : ce n'est plus qu'un phénomène d'optique. Je crois que, dans le plus grand nombre des cas , l'ictère des nouveau-nés n'est autre chose que ne passage du rouge delà peau au moment de la naissance, à la couleur blanche qu'elle doit con.scrvcr. Cet état intermédiaire n'est que la dégradution de la couleur rougo primitive.

point directement opposés l'un à l'aulre , les c( » lonnes de sang qui y coulent ne se heurtent poii i mutuellement. Celui que la veine-cave infériem k apporte traverse le trou de Botal , vers lequel l'oi if verture de celte veine est dirigée; il passe aiuij dans l'oreillette gauche , puis dans le ventricule d .i même côté, sans traverser l'organe puhnonaln J qui, privé d'air, compacte et dur, n'eût pu lui J vrer passage ; les contractions du ventricule gaucl i le poussent dans l'aorle ; sa force d'impulsion va i i briser contre la grande courbure de cette artère • ' entre dans les vaisseaux qui s'en élèvent , el portent direclemenlau cerveau el aux parties snp£j rieures. Ce sang est le plus pur, le plus oxigéué, cel f qui vient le plus immédiatement du placenta ; ili point encore circulé dans le corps du fœtus, si l'on > y excepte une très-petite portion rapportée par | veine-cave du bassin et des parties inférieures ;( n le sang qui vient des viscères abdominaux s'épu | en traversant le foie. Les autres parties du corps reçoivent , au contraire , qu'un sang très-peu ci géné , puisque la quantité peu considérable de ce j que les contractions du ventricule gauche et |i l'aorte n'ont point fait passer dans les branches cjà naissent de la crosse de ce vaisseau , se mêle bienh au sang veineux qu'y verse le canal artériel, iu médiatement au-dessous de cette courbure : an|i^ l'accroissement toujours relatif, non-seulemeni* la quantité , mais encore aux qualités plus ou nioi« vivifiantes du sang artériel, est-il bien plus rapiiK avant la naissance , dans les parties supérieures,,^ manière que le cerveau forme à lui seul la pu grande partie du corps, etque lesépaules, la poitrii< et les extrémités supérieures , sont plus développtia que l'abdomen , et surtout que le bassin et les met) bres inférieurs.

Le sang que la veine-cave descendante rappoj des parties supérieures du fœtus , passe dans le vf tricule droit : celui-ci le chasse par l'artère pulnfi naire , qui n'envoie aux poumons que deux faibti rameaux , et va, sous le nom de canal arlérU s'ouvrir dans l'aorte , immédiatement au-dess< de la naissance de l'artère sous-clavière gauci Le commencement de l'aorte est donc rempli d sang artériel, chassé vers les parties supérieures la contraction du ventricule gauche, tandis qu reste de cette artère contient un sang veini poussé par la force réunie des deux ventricules.

On ne peut méconnaître dans cette disposit admirable un but d'utilité bien évidente. En eHii si toutes les forces du cœur se fussent réunies p< lancer le sang vers le cerveau , la lexlure déli de ce viscère en eût été altérée ; il était besoin,] contraire, de l'action combinée des deux ven cules, pour faire parcourir au liquide les routes moins longues que tortueuses du conduit ombilij el du placenta. L'artère aorte , arrivée vis-à-yis corps de la quatrième ou de la cinquième vcrlèi des lombes , se divise, et forme, par cette bifu lion, les deux artères ombilicales. Celles-ci fo nissent au bassin et aux parties inférieures de fai rameaux qui ne leur portent qu'un sang Irèsoxigéné, puis se recourbent sur les côtés de laves s'inclinent on dedans, s'approchent de l'ouraqi sortent de l'abdomen par l'ombilic, et , scjoign

DE L\ GÉNÉRATION

, l ine ombilicale qui avait péncli c par la même rlurc dans le corps du fœtus , forment avec e cordon des vaisseaux ombilicaux.

I vaut quelques physiologistes, on ne voit point le sang artériel et veineux du fœtus les diffé-

- s frappantes qui caraclérisent ces deux fluides

- la naissance. Haller avait déjà remarqué (I) sang du fœtus est d'une couleur irès-foncee.

niera observéla même chose;et Autenrieth (2) uvé que le sang artériel du fœtus est aussi noir H. sang veineux de la mère. Il a également miu que la chaleur du fœtus est moindre uron trois degrés, suivant le thermomètre raumur. Ces observations , répétées sur des mes et des femelles de lapin prêles à mettre ne m'ont point semblé exactes. La veine omile est remplie d'un sang d'un rouge vif. La ■iir du sang qui coule dans les deux artères H unàtre, et celte différence ne tient point à isseur diverse des parois vasculaires, car on rçoit en ouvrant les vaisseaux. Il est bien vrai tréquemment , par l'effet du trouble que l'exiice apporte dans la circulation du fœtus , en ii;eant ses rapports avec la mère , le sang de la ■ ombilicale noircit , et alors on ne peut aper-

II aucune différence de couleur ; mais cet effet évidemment à l'embarras momentané que

e l'expérience. Les auteurs qui ont cru à l'iden- Je couleur entre le sang artériel et le sang :u\ du fœlus , l'avaient examiné sur des indii retirés avec le placenta du sein de la mère , 1 conséquent chez lesquels l'ordre habituel des ions était entièrement interverti.

:iX. La longueur ordinaire du cordon ombilimesurée de l'ombilic au placenta , est de 20 à juces , ou 6 décimètres 4 cenlimètres et 9 milires. Elle peut n'êlre que de 6 pouces , comme peut aller bien au-delà, ainsi qu'il consle par observation de M. Baudelocque , dans laquelle irdon avait 57 pouces de longueur, et faisait tours sur le cou de l'enfant : dernière circone qui prouve que le fœlus exécute des mourits dans le sein de sa mère. Enfm, on a vu à i>ice de la Maternité un fœlus dont l'abdomen rail immédiatement au placenta; cnsorle qu'il i^iait point de cordon ombilical visible enlre iieau spongio-vasculaire et le corps du fœlus. trois vaisseaux qui forment le cordon, deux I>etils ont une structure artérielle , quoique riant un sang réellement veineux , tandis que irie ombilicale porte au fœtus un sang artériel, artères ombilicales , arrivées au placenta , se ' (Il et se perdent dans son épaisseur par un 1 nombre de rameaux dont les dernières extré- (léposent dans les aréoles de son tissu le sang ient da fœlus , et qui doil , selon les uns , re- "er à la mère , selon d'autres , revenir au fœlus iKie des anastomoses entre les extrémités des res et de la veine ombilicale, fis l'une de ces opinions il y aurait coramunidirecte entre les circulations maternelle et

I /ilôment pli.]rsiolo(j., t. VIII , p. 255. DiMerlolio nislcns expcrimcnla circn rulorcm fœlus nincm ipsiu» inslitula. Tuhinga-, 1/99.

fœtale; dans l'autre, ces circnlations sont isolées. Les partisans delà première font valoir, en faveur de leur opinion, l " l'écoulement de sang, plus ou moins abondant, que fournit l'utérus après l'accouchement et l'avorlemenl; 2o l'étal exsangue du fœlus chez des femmes mortes d'hémorrhagie ; 3» les hémorrbagies qui ont lieu par le cordon après sa section dans l'accouchement; 4° l'injection des vaisseaux du fœlus par ceux de l'utérus ; et vice versâ; 5" le passage de substances renfermées accidentellement dans le sang de la mère , dans le sang du fœtus ; 6" l'absence du cœur dans certains fœtus monstrueux. Mais il est facile de répondre à chacun de ces arguments. Après la délivrance , la dilatation Iresgrande des vaisseaux doit donner lieu à un écoulement assez considérable de sang. On a observé très-souvent la réplétion des vaisseaux du fœtus, quoique la mère fût morle exsangue. L'hémorrhagie par le cordon ombilical est un phénomène excessivement rare , et qui ne s'observe guère que dans les cas où deux fœtus sont à la fois alimentés par le même placenta ; et alors le sang est fourni par le fœtus que renferme encore l'utérus. Les résultats des injections sont trop variés pour qu'on puisse en lirer quelques conclusions fondées. Le passage de substances étrangères de la mère à l'enfant peut s'opérer par absorption dans le placenta , comme cela s'observe au travers des vésicules pulmonaires pendant la vie extra-utérine dans l'acte de la respiration. Il est probable que dans les fœlus dépourvus de cœur, la circulation a lieu parles contractions seules des vaisseaux. A ces raisons on peut ajouter les argumenls suivants : Les injections faites par Hunier, Chaussier, Béclard , etc., ont démontré que le liquide passait avec facilité des artères ombilicales dans la veine , et réciproquement au travers du placenta. Wrisberg, Osiander , ont vu des fœtus naître au milieu des membranes restées intactes , et lacirculation continuer pendant neuf minutes el même un quarl-d'heure. Si la communication était immédiate, les battements du pouls de l'enfant seraient isochrones aux battements du pouls de la mère . tandis qu'ils sont bien plus fréquents , comme on peut s'en assurer au moment de la naissance , avant la section du cordon ombilical. Si l'on ouvre les veines d'une chienne près de mettre bas , l'animal périt d'hémorrhagie et meurt exsangue. Cependant le placenta n'est vide que dans la portion adhérente à la matrice; l'autre partie de ce gâteau est, ainsi que le fœtus , remplie de sang , comme dans l'étal ordinaire. On conçoit que si les vaisseaux de l'utérus se fussent continués sans intermédiaire avec ceux du placenta, l'accouchement n'eut pu avoir lieu sans leur déchirement ; il en eût résulté des hémorrhagics inquiétantes, l'inflammation , et même la suppuration de l'organe qui aurait souffert. Enûn , la force avec laquelle le cœur et les artères de la mère font couler le sang dans ses vaisseaux , eût altéré les organes du fœtus , trop mous pour soutenir sans dommage un choc aussi violent. Quoique le placenta et le cordon ombilical soient le lien qui unit l'enfant à la mère , ils appartiennent plutôt au premier ; ils n'en sont qu'un prolongement.

CCX. L'existence du fœtus est purement ^é|^é^ lative ; il puise continuellement dans les sucs que les \aisseaux de la mère envoient au placenta , ce qui doit servir à son accroissement et à sa nourriture. Il peut être considéré comme un nouvel organe , produit de la conception, participant à la >ie générale, mais ayant sa vie particulière, et, jusqu'à un certain point, indépendante do celle de la mère. Replié sur lui-même de manière à n'occuper que le moindre espace possible, et s'accommoder à la figure ovoïde de l'utérus , il ne peut point être regardé comme un homme endormi , car non-seulement les organes des sens et des mouvements volontaires sont dans un parfait repos , mais encore plusieurs des fonctions assimilatrices ne s'exercent en aucune manière : telles la digestion , la respiration et le plus grand nombre des sécrétions. Le fœtus exécute , au milieu des eaux de l'amnios , des mouvements spontanés, que les accoucheurs regardent avec raison comme le signe le plus certain de la grossesse. On a voulu nier l'existence do ces phénomènes, et attribuer à un simple })allottement les déplacements que le produit de la conception éprouve. On se fondait sur les connexions intimes qui existent entre la respiration et Je mouvement musculaire : l'on disait que le sang du fœtus , ne s'imprégnant point d'oxigène dans son passage à travers les poumons , ne pouvait entretenir la conlractilité. Mais , outre qu'un fait n'est pas moins certain , pour se prêter difficilement aux explications , on peut répondre que la mère remplit cet office à l'égard du fœtus , en envoyant au placenta un sang artériel , dont l'action sur celui -du fœtus est propre à déterminer la contraction des muscles.

Gomme nous n'exerçons aucun mouvement qu'en vertu d'impressions antérieurement reçues , et que tles organes des sens du fœtus sont dans une inacitlvité complète ,11 paraît difficile de dire pourquoi ■il agit dans le sein de sa mère. Mais le toucher «'exerce lorsqu'une partie quelconque de la surface de son corps vient heurter l'intérieur du sac qui le contient ; enfin , les impressions intérieures déterminent des mouvements chez le fœtus comme chez l'adulte qui dort d'un profond sommeil.

Le fœtus se nourrit , comme tout autre organe , €n s'appropriant ce qui lui convient dans le sang que lui apportent les vaisseaux de la matrice. Analogue aux plantes parasites , il se nourrit aux dépens du tronc sur lequel il est enté: il vitaux frais de la mère , comme l'un des membres de «etle dernière, différant néanmoins de ceux-ci, en ce qu'il possède tous les organes nécessaires à son existence séparée , après qu'ils auront acquis un certain degré de développement et de force.

On demande si la liqueur de l'amnios sert à la nutrition du fœtus, dont la bouche est fermée , la lète penchée sur la poitrine , et le conduit intestinal plein d'un liquide différent de celui dans lequel son corps est plongé. L'enduit gras qui recouvre la surface do la peau ne s'opposc-t-il pas à l'absorption qui pourrait avoir lieu par la surface extérieure?

S'il était vrai que le cordon ombilical a manii dans certaines occasions , on serait bien forcé d' * mettre l'opinion de Boerhaave (1), et de cro avec lui que le fœtus se nourrit des eaux del nios ; mais les auteurs qui prétendent avoir c( slaté l'a bsence du cordon ombilical ne mérit aucune confiance. Stalpart Vanderwiel (2), exemple , curieuxde recueillir des cas rares., r porte une observation de défaut du cordon , fi sur un enfant de quinze mois. U'autres obser j*! tiens semblables existent dans les journaux do( f septième siècle , dans les Ephémérides des ricux de la Nature , collections périodiques , al|^' comme aujourd'hui , dégoûtantes d'inepties et mensonges. Deux observations plus récentes, fa par Osiander , et rapportées par M. Lobstein d son Essai sur la nutrition du fœtus (3) , n pas plus d'authenticité ; et l'on est surpris q esprit aussi judicieux leur ail accordé quelj créance.

D'un autre côté , on a des faits avérés qui pi •vent que des enfants sont venus au monde la bouche et les narines fermées, les autres solument sans tête; et cependant l'estomac ei intestins étaient remplis du méconium accoulDj^r Des fœtus ont continué de vivre dans la mal long-temps après l'écoulement des eaux de 1' nios. La doctrine d'Hippocrate , d'Aristote , l'If Galien , touchantlanutrition du fœtus par lecoi|jf^ ombilical , est donc plus probable que l'opinici/f Boerhaave. *

Cependant , comme l'existence d'an sac mifll! braneux rempli d'eau est constante dans les 1^' maux à sang chaud , et même dans ceux à <»f froid, chez lesquels il n'existe ni placenta , ni II don ombilical ; que la liqueur de l'amnios, at|j dante dans les premiers temps de la grossesse | minue à mesure que le fœtus s'accroît , Hallen avec lui plusieurs physiologistes, ont adopté opinion mixte , et admis que le fœtus se nourrit à la fois au moyen du cordon ombilical et des e| de l'amnios. Le fœtus avale-t-il celle-ci par* véritable déglutition ; pénètre-t-elle par la boi^j dans les voies digeslives ; ou l'absorbe-t-il pa surface extérieure ? On ne peut énoncer ici q simples probabilités.

Les embryons se nourrissent à ane époqu la bouche et les organes gastriques ne sont p|i encore formés. Plusieurs fœtus ont offert l'imi foration de la bouche et des narines. Heisteraf l'eau de l'amnios étant gelée dans l'œuf vache, un glaçon se continuer de la bouche jns l'estomac. On trouve dans le méconium des ri semblables à ceux que contient l'amnios : i| vrai que l'origine des poils étant inconnue peuvent se former dans le méconium comme l'amnios. M. Bcclard (4), pour prouver rinlro| tion de l'eau dans les voies digeslives, cile oi

(1) Jnstilvtiones medicœ, § 382.

(2) ObscrcuHomiin rariorum centuria jjostorior, observât. '■^'1.

(3) Essai sur la nntrilion dufwtus. Strasbourg, 1 ])nf;e 100.

('ij 7 bcso inaugurale. Paris , 1S13.

Dï LA GÉNÉIIATION.

,> paraît enlièrcraenl oppose à celle opinion, disséqué, dil-il, le cadavre d'un fœtus dont eslin présentait une oblitération ; la partie rieure contenait seule du méconium ; l'ineure , très-étroite, ne contenait qu'une mulé douceâtre, incolore. » Rien assurément lit moins l'introduction de l'eau de l'amnios. liqueur douceâtre, qui remplissait la partie ure de l'intestin , était le résultat des sécrémuqueuses plus abondantes chez le fœtus l'z l'adulte , comme l'a très-bien observé bsfein: elle ne différait du méconium conlans la partie supérieure, que parce que la avait pu s'y mêler.

laraît donc probable que c'est principalement moyen du cordon ombilical que s'opère la ion du fœtus : si l'eau de l'amnios y contrilie pénètre par voie d'absorption. La surface rps est éminemment absorbante ; c'est seulevers la fin de la grossesse qu'elle se couvre enduit gras qui doit en boucher les pores, matière caséeuse est formée par les glandes

eïes de la peau, très-développées à cette époque

:^ie.

tau de l'amnios peut, en certains cas , s'inlrodansle corps du fœtus , non q^ue cela arrive

.constamment que l'ont pensé certains physio-

^es. Lorsque l'on ouvre une chienne prête à e bas, on voit à travers la membrane de l'amaprès avoir incisé l'utérus (1) , les petits

I respirer les eaux dans lesquelles ils sont

'«és.

<is celle introduction de l'eau de l'amnios, qui iiainement lieu lorsque la circulation avec la p éprouve des obstacles, n'est point habituelle, hhénomène existait , la respiration du fœtus

■Expériences faites à l'École d'accoucliements de Co- ':;ue , par MM. Ilérold et Abilgaard , et à l'École de line de Paris,

l t remarquable que ces observations aient été faites Maie, comme le prouve le passage suivant , trop cu- )oar que le lecteur nous sache mauvais gré de l'avoir 1 rit en son entier :

'eràm in fœtuum vivà administralione jucundum est Utare , qualiter siraulatque fœtus aërem ambientem itingit , respirare nititur. Alque haec seclio opportune vane autsue obitur, qiiùm non multo post sus est pa- »ra. Si enim ipsius abdomen ad peritonei usque caviim diviseris, atque dum uterura quoque in unius fœtiede sperueris, ac secundina ab utero liberata fœtum osœ imposueris, cernes jier pellucidas membranaceasipsius tunicas , qualiter is frustra res/rirare 'Ulvr , et veluti suifocatus moritur. Si verb fœtus ' jlucra pcrtuderis , ipsiusque caput illis libcravcris , lillum veluti revl viscère, et elegantcr rcspirare cernes, ■uequùm id in uno fœtu indagaveris , allium aggre- •fis : quem ab utero non liberabis, verùm apcrtiim dictà jam fœt\is administratione , uterum tantisper erles, et prius factic sectionis labia exirorsum reflec- ' dum allerius proximique fœtus infirma involucrorum »• sedesve appareat, et banc ad eam usque rcgionem «utero detegas , quà is exleriori fœtus involucro concilur : et quà ampla ea licnis substantisc similis caro ■etur, qua: vasa ex utero in extcriiis fœtus involucrum îrtcxit. »

««as Yeusauos, docorporishum.anifabricâ,\ih. vu, i9, cûi titulus : do Vivornm scctione nonnullâ.

ressemblerait , jusqu'à un certain point, à celle des poissons : il resterait à voir si les eaux de l'amnios contiennent un air assez riche en oxigèue pour agir sur le sang qui traverse les poumons.

L'absence du cordon ombilical pendant les deux ou trois premières semaines de la vie intra-utérine , doit faire supposer l'existence de quelque organe destiné à fournir au fœtus les matériaux de la nulrilion. Outre l'absorption du liquide de l'amnios qui pourrait remplir cet usage, on a encore admis que la vésicule ombilicale et l'allantoïde devaient y concourir. Relativement à cette dernière poche , les physiologistes sont d'avis partagé , et même le plus grand nombre est disposé à la regarder comme le réservoir de l'urine ; fait douteux pour les mammifères , mais qui parait démoulré pour les oiseaux , d'après les travaux de M. Jacobson. Quant à la première poche, la vésicule ombilicale, tout porte à la considérer comme l'analogue de lamembrane du jaune des oiseaux , et destinée, comme elle , à sécréter un fluide nourricier qui est versé dans l'intestin rudimentaire du fœtus, et sert à son développement. M. Rreschet pense que dans les premiers temps de la gestation les deux lames de la membrane caduque sont séparées l'une de l'autre par un liquide qui sert à la nutrition du fœtus.

On a long-temps pense que le fœtus était dans une situation droite pendant les premiers mois de sa vie , mais que vers la fin de la grossesse il la quittait pour prendre une position renversée , en faisant la culbute. Cette erreur, accréditée par son antiquité , et par la foi qu'y avaient ajoutée plusieurs physiologistes , se trouve victorieusement réfutée dans le "Traité du professeur Raudclocque , sur VArt des accouchements. Il suffit, pour reconnaître l'absurdité d'une telle hypothèse, de faire attention que la tête de l'embryon , en étant toujours la partie la plus volumineuse et la plus pesante , doit nécessairement occuper Tendroit lo plus déclive.

L'embonpoint , la force du fœtus , ne sont point relatifs à la vigueur de la mère. On voit des femmes grasses et puissantes donner le jour à des enfants chélifs , tandis que d'autres , maigres , épuisées , les mettent au monde gras et bien portants. Ce ne sont cependant que des exceptions à la règle , qui enseigne que , toutes choses égales d'ailleurs, le bon état du fœtus se mesure par celui de la mère. L'altération des liquides de celle-ci influe manifestement sur la santé du fœtus ; peut-être même est-ce la voie par laquelle se transmettent les maladies héréditaires , aliribuées par d'autres à certaines altérations de la semence.

Le fœtus est sujet à des affections de diverses espèces, soit qu'elles naissent en lui-même , soit qu'il en reçoive le germe. Souvent on a vu des cicatrices qui prouvaient évidemment des solutions de conlinuilé de diverses espèces. Assez fréquemment l'enfant qui vient au monde privé do quelque membre , l'a perdu à la suile d'une affection éprouvée dans le sein de sa mère. lïippocrato (1) fait mention de diverses espèces de luxa-

(1) De articulis.

ÉLÉMEmS DE PHYSIOLOGIE.

lions de la cuisse cl du bras, qui peuvent survenir au rœlus dans lo sein de sa mère. Le professeur (^haussier, appelé dans un cas de celte espèce, trouva la main et une portion de l'avant-bras au milieu des secondines.

On doit au même professeur deux observations curieuses sur les fractures survenues à des fœtus encore contenus dans la matrice , et faussement attribuées à l'iainginalion de la mère (i). Dans le premier de ces deux cas, la grossesse ayanl été heureuse et l'accouchement facile, le nouveau-né offrit quarante-trois fractures très-distinctes , les unes récentes, les autres dans un état de consolidation plus ou moins avancé. Dans le second cas , la mère étant également bien portante, et la grossesse n'ayant été traversée par aucun accident, l'accouchement à terme donna naissance à un enfant femelle qui mourut au bout de -vingt-quatre heures, et dont le corps offrit cent treize fractures , les unes déjà consolidées , et les autres non réunies. Un esprit prévenu n'eût pas manqué , à l'exemple deMuys et d'Arnaud, de chercher la cause de cel accident dans l'inQuence prétendue de l'imagination de la mère; mais comme ces auteurs, notre savant collègue n'a point été séduit par l'autorité de Malebranche. Ce philosophe raconte dans son Traité de la Recherche de la vérité (2) , «qu'il y a environ sept ou huit ans l'on » voyait aux Incurables un jeune homme qui était » né fou, et dont le corps était tout rompu dans n le mêmes endroits dans lesquels on rompt les » criminels; il a vécu plus de vingt ans en cet état; » plusieurs personnes l'y ont vu, et la feuereine- » mère étant allée vésiler cet hospice, eut la cu- » riosité de le voir , et même de toucher les bras » et les jambes de ce jeune homme aux endroits » où était la fracture. » Plus de quarante ans après , un médecin hollandais, Hartzoëker (3), en rapportant le cas de Malebranche , ajoute qu'une femme de qualité de Paris , ayant également assisté à l'exécution d'un criminel condamné au supplice de la roue , quelques mois après mit au monde une fille toute rompue. Cette ûlle vécut, mais demeurait couchée , et ne faisait autre chose que pousser de temps à autre une voix plaintive. La chose est sûre; l'auteur la tenait d'un ^a^uats de la maison où cette fille était gardée , mais secrètement.

Il est étonnant, comme l'observe M. Chaussier, que des faits semblables aient été admis sur de simples ouï-dire, et que dans le siècle éclairé où vivait Malebranche, temps où l'on avait tant de goût pour le merveilleux et tant de facilité pour écrire, aucun anatomiste , aucun médecin n'eût constaté d'une manière positive le cas qu'il ne fait qu'indiquer; mais alors , comme aujourd'hui, le vulgaire crédule adoptait, sans examiner , les fables les plus absurdes. Les vrais savants dédaignaient de combattre des impostures aussi grossières, et l'erreur, en vieillissant, devenait respectable.

(1) Bulletin de la Faculté de Médecine dcParis^ n" 3.

(2) Liv. If, chap. 7. Paris , 1674.

(d) Suite dos conjectures [ihysinucs, AraBlerdam, 1708.

Quel savant , écrivant, et tenant pour cerlaingin

les laits apocryphes dont lesjou maux berceiitriot crédulité , n'exercerait point notre foi par des fai ■ aussi invraisemblables que celui rapporté par Mal branche ? Mais, grâces aux progrès de la rajg, humaine , aucun fait n'est maintenant adnii» dai la science sans avoir été d'abord soumis à l'exaiui d'une critique sévère ; les gens du monde et 1 demi-savants continuent seuls à puiser leur ingirt^ tion et leurs croyances dans ces archives de la se \ lise et du mensonge. ^

CCXI. Des monstres. Comme il est utile d'él \ dier la nature jusque dans ses écarts , nous allo f dire deux mots sur les monstres , en les réduisj |t à quatre classes , d'après M. Breschet, qui nomi i ceux de première , monstres par défaut de foi ij formatrice ou agenèses ; ceux de la seconde, moi i très par excès ou hy pergenèses; ceux delà troisiéi I monstres par réunion des germes ou diplogenèsi ( et met dans la quatrième hétérogenèses , ceuxi | le sont par le renversement ou la fausse po»iti I des organes. Dans la première , se trouvent lesi ?' fants qui viennent au monde avec un bec-de-liè*' ou manquent d'une partie quelconque. Dans lai" conde , on range ceux qui ont des membres^' des doigts surnuméraires. Dans la troisième, c4 I qui offrent deux corps unis ensemble de diveii^l manières. Enfin , on place parmi ceux de la qp Irième , non-seulement les individus qui présenl|4*' une transposition générale des organes, de mani)'*'' que le cœur , la rate et l'S iliaque du colon se trf i vent à droite , tandis que le foie et le cœcom t\f^ à gauche, mais encore ceux qui naissent avec hernies de toute espèce. On doit joindre à c*F dernière espèce de monstruosités les taches d* peau , dont la couleur est toujours celle de q^i ! ques-unes de nos humeurs , mais dont les forif extrêmement variées n'ont aucun motif, qnoil'' d'après un ancien préjugé , on s'efforce d y trotfi' des ressemblances plus ou moins frappantes al» les choses convoitées par les femmes enceinlej*' vrées aux goûts bizarres et aux appétits dérép qui accompagnent si souvent la grossesse. |

Parmi ceux qui ont essayé de remonter \^ causes de ces conformations vicieuses , les if i comme Malebranche , les ont attribuées an y* voir de l'imagination de la mère sur le fœtus fermé dans son sein; les autres, comme Maal^ij luis , ont pensé que , les passions dont elle esll' lée imprimant à ses humeurs des mouvementsl' ordonnés , celles-ci heurtaient avec violencf 'l corps si tendre et si délicat des embryons cl fœtus , et en dérangeaient la structure. Les n dies qui les affligent pendant la durée de leu jour dans la matrice en sont des causes bien probables (1). En outre, comme la machine maie, au lieu d'être constituée, pour ainsi d'un seul jet , se forme progressivement et ganisc , à proprement parler, pièce à pièce, le grand nombre des monstres sont des individt rêtés dans leur développement normal , etpr< tant des cires incomplets , dont on peut tro

(1) Voyei Erreurs populaires relatives à la médc ch. t,in-8'. Paris, 1812.

DE tA GÉHÉRATIOW.

lalogues dans les espèces inférieures. Le fœimain paraît parcourir toute l'échelle de l'anii avant d'arriver au complément d'organisaui l'élève au-dessus des embryons et des fœtus lires espèces, comme si, dans la production res vivants , la nature partait toujours d'un

londaraenlal , duquel les différents animaux ;nent en subissant un nombre plus ou moins

de métamorphoses successives.

bservation attentive des monstruosités ou vi-

conformation , que les enfants apportent en Kit, a, comme l'a très-bien fait observer Bé- (1), contribué à faire découvrir une des lois us importantes du développement de l'orgaon. Le plus souvent le vice de conformation 'a permanence d'un état temporaire : c'est ]iie le bec-de-liévre , le spina-biûda , etc. , réil de la persistance de cette fente qui sépare ux moitiés de l'individu dans les premiers

de son existence. Les monstruosités dépen- 5 d'un retard dans l'organogénésie se renconpresque toujours sur la ligne médiane. C'est (ue les hernies du cervelet et du cerveau se t le plus souvent vis-à-Yis la partie moyenne cciput, des pariétaux et du frontal , endroits ïsquels leur ossification s'achève. La conjoncles yeux , chez les fœtus cyclopes , tient au déle développement de l'ethmoïde. Le bec-deles fentes de la voûte palatine , de la luette , ont à la même cause. C'est sur la ligne médiane islent les éventrations congéniales, ladisjonces parties, l'extrophie vésicale, l'hypospadias, ^ ures du périnée, d'où naissent des apparences uaphrodisme. C'est par la ligne médiane que ulion organique se termine ; les deux moitiés •rps, par lesquelles le développement comd , se rapprochent : l'homme droit et l'homme e s'unissent. Voilà la raison par laquelle l'enui naît avec un vice de conformation présente u ties latérales de son corps et de ses organes lelement développées, tandis que les parties ant la ligne médiane sont à peine ébauchées unqnent entièrement. Cette explication des de conformation par arrêt de développement, iid pas compte de ceux de la seconde espèce , la théorie est encore inconnue. Quant à ceux troisième, elle est plus facile à saisir. En effet, K fœtus contenus dans le même œuf sont pla-

s à dos , et que les surfaces par lesquelles ils ichent viennent à s'enÛammer , on conçoit nent s'effectuera leur union. Si l'on met dans

e étroit les œufs fécondés d'une tanche ou de I ulre poisson , les petits nombreux qui en nais-

n'ayant point assez d'espace pour se dévelop-

' collent les uns aux autres , et de là naissent

lissons vraiment monstrueux.

■ >quc , par effet d'une maladie ou par un vice

iiiormalion primitive, le corpsdu fœtus manie quelqu'une de ses parties, les autres senour- !il mieux , et atteignent un développement

' onsidérable. C'est ainsi que, dans les acé-

s , le manque de cerveau fait que le sang qui lit se distribuer à ce viscère se portant à la

l^léments (TAnalimnc gcnth'alo, Introduction, p. 3.

face, celle-ci acquiert une grosseur remarquable.

Parmi les monstruosités qui tiennent à un vice dans la réunion des germes , il n'en est pas de plus curieuse que celle qui fut envoyée, il y a quelques années , par le ministre de l'intérieur , à l'Ecole de

Médecine de Paris.

Un jeune homme, âgé de treizeans , s'était plaint dès sa plus tendre enfance d'une douleur dans le côté gauche du bas-ventre. Ce côté s'était élevé, et avait présenté une tumeur dès les premières années de sa vie. A l'âge de treize ans, la ûèvre le saisit toutà-coup; sa tumeur augmenta de volume, et devint très-douloureuse. Quelques jours après , il évacua par les selles des matières puriformes et fétides. Au bout de trois mois, réduit au marasme, il rendit par les selles un peloton de poils , et quelques semaines après il mourut dans un état de consomption très-avancé.

A l'ouverture du corps, on trouva dans une poche adossée au colon transverse et communiquant avec lui, quelques pelotons de poils et une masse orga« nisée.Le kyste, situé dans le mésocolon transverse, au Toisinage du colon et hors des voies de la digestion, communiquait avec l'intestin ; mais cette communication était récente, accidentelle, et l'on voyait manifestement les restes de la cloison qui séparait ces deux cavités. La masse organisée présentait dans ses formes un grand nombre de traits de ressemblance avec le fœtus humain. La dissection ne permit pas de douter de sa nature : on y découvrit la trace de quelques organes des sens ; un cerveau , une moelle de l'épine , des nerfs très-volumineux, des muscles dégénérés en une sorte de matière fibreuse; un squelette composé d'une colonne vertébrale , d'une tête, d'un bassin et de l'ébauche de presque tous les membres; enfin, dans un cordon ombilical très-court, et inséré au mésocolon transverse, hors de la cavité de l'intestin , une artère et une veine ramifiées par chacune de leurs extrémités du côté du fœtus et du côté de l'individu auquel il tenait. Cela suffisait certainement pour établir l'individualité de cette masse organisée, quoique d'ailleurs elle fût dépourvue des organes de la digestion , de la respiration, de la sécrétion des urines et de la génération; seulement l'absence d'un grand nombre d'organes nécessaires à l'entretien de la vie devait la faire regarder comme un de ces fœtus monstrueux condamnés à périr au moment de leur naissance. Ce fœtus était évidemment contemporain de l'individu auquel il était attaché ; analogue au produit des conceptions extra-ulérines, il vivait aux dépens de celui qu'on doit regarder comme son frère , et dont le germe avait primitivement enveloppé le sien. Pendant les treize premières années de la vie deBissieu (c'est ainsi que l'on nommait l'enfant qui offrait cet étrange phénomène), la masse organisée puisait dans le mcsocolon , au moyen de vaisseaux propres , le sang nécessaire à son existence ; ce sang , chassé par les organes de la circulation dans le corps du i'œtus, retournait ensuite au mésocolon de celui qui lui a si long-temps servi do mère. Enfin , lo terme marqué par la nature pour l'expulsion étant arrivé, et cette expulsion no pouvant avoir lieu , le kyste s'est euQummc ; l'inriummaliou s'est étendue à

l'intestin ; la cloison qui séparait ces deux cavités a été détruite ; le kysle a coiuinuniqué dans le colon ; du pus et des poils ont été rendus par les selles , et une vdrilable phlhisic abdominale a fait périr le malade. Des dessins faits sur toutes les parties du corps du fœtus , par MM. Cu vier et Jadelot, lie laissent rien à désirer sur ce fait aussi rare qu'intéressant (1).

Il ne faut point ajouter une trop ferme croyance à tout ce que contiennent d'extraordinaire sur ce sujet les écrivains de l'antiquité , et même ceux des derniers siècles. En lisant les recueils périodiques publiés pendant le dix-seplicrae , et même au commencement du dix-huitième siècle , tels que les Ephèmérides des Curieux de la nature, le Journal des Savants , etc. , on est surpris de la quantité de choses extraordinaires qui s'y trouvent racontées. Dans l'un , c'est une fille venue au monde avec une tête de porc; dans l'autre, c'est une femme accouchée d'un animal qui ne différait en rien d'un brochet. Il fut un temps, dit à ce sujet un philosophe , où toute la philosophie consistait à ne voir dans la nature que des prodiges.

CCXIl. Des enveloppes du fœtus. On donne le nom d'arrière- faix ou de délivre aux enveloppes du fœtus, parce qu'elles ne sont expulsées qu'après qu'il est sorti de la matrice , et que l'accouchement n'est terminé qu'après cette expulsion , nommée par les accoucheurs délivrance. Le sac ovoïde qui contient le fœtus est formé de deux membranes appliquées l'une à l'autre. On nomme c/iorîon celle qui , par sa face externe , velue et tomenteuse, adhère à l'intérieur de l'utérus ; l'autre membrane, concentrique à la première , moins épaisse qu'elle , et devant être regardée comme l'organe sécrétoire de la liqueur qui remplit l'œuf avec le fœtus, est connue sous le nom d'amnios. La troisième enveloppe , admise par Hunter , appelée par ce physiologiste membrane caduque ( decidua ), semble être un tissu lanugineux, que présente l'extérieur du chorion lorsqu'on a rompu la multitude des filaments celluleux et vasculaires au moyen desquels l'œuf est attaché à la matrice. Le placenta es(-il lui-même autre chose qu'une portion plus épaisse de ce tissu cotonneux dans laquelle les vaisseaux ombilicaux se ramifient? La matrice est aussi plus épaisse dans l'endroit qui correspond à ce gâteau spongieux, parce que c'est là que la communication de la mère avec le fœtus est établie. La membrane caduque , véritable épichorion , et c'est ainsi que la nomme M. Chaussier , la membrane caduque est le résultat de l'orgasme générateur; elle s'organise à la surface interne de l'utérus , irritée par l'acte d'imprégnation , et sert à unir l'œuf avec l'intérieur de la poche qui doit le contenir; et lors même que cet œuf n'existe point, la membrane caduque ne se développe pas moins à l'intérieur de la matrice. C'est ce que l'on voit manifestement dans les grossesses extra-utérines.

(1) On trouvera riiisloire de deux faits du mCmc genre, observés en Angleterre; elle est consignée dans le recueil intitulé : Transactions médico-chirurgicales^ tome I. M. Lachaise , d'Angers , a rapporté un assez grand nombre de faits analogues dans sa dissertation inaugurale.

Do nouvelles recherches sur le tissu membri 1 neux qui fait adhérer l'œuf humain à l'intérieur d 1 la matrice , ont démontré à MM. les docteo Moreau et Velpeau que la caduque de Hunier ai pelée épichorion par M. le professeur ChaussieJ était, quanta sa forme, une véritable membrarî séreuse, contiguë à elle-même , et adhérant d'un ' part à l'intérieur de l'utérus , et d'un autre coto* l'extérieur du chorion , enveloppe du fœtus. C idées sur le moyen d'union entre le fœtus et mère, d'après lesquelles l'œuf serait attaché da la matrice de la même manière que les viscèr dans l'abdomen , paraissent d'autant plus plaui bles , qu'outre l'analogie, elles ont en leur fave plusieurs observations authentiques sur l'existeni d'une surface conliguë et humide dans l'épaisse de la membrane caduque. M. le professeur Désct meaux les a de tout temps enseignées dans s tj cours , en faisant la remarque que les bellespl ches de G. Hunter, sur l'utérus dans l'état grossesse, expriment parfaitement celle dispositiL de la membrane caduque , conliguë à el même.

La liqueur que sécrète Vamnios est un floik séreux, d'une odeur douce, d'une saveur fad^i légèrement troublé par une matière lactescet | qu'il tient en suspension , et un peu pluspessl^, que l'eau distillée , 1 ,004. Elle est presque entièi ■((! ment aqueuse, puisque l'albumine, la soude, i|f; muriate de soude elle phosphate de chaux qi ^ , ont trouvé MM. Buniva et Vauqueliu , ne s'élèv* {(à qu'à 0,012 de la masse totale. Elle verdilla teinti V; de violettes, et rougit cependant celle de lonri t^; sol ; ce qui est vraiment singulier, comme le ^ji marquent les deux observateurs que je viens i citer , et indique la co existence d'un alcali etdlii acide isolés. Celui-ci est peu abondant , tellem volatil , et si facilement réductible dans l'eau l'amnios de la femme , qu'on n'a point encore l'obtenir séparément , tandis qu'on trouve dans %i. eaux de l'amnios de la vache un acide parlicnli( t<| nommé par MM. Buniva et Vauquelin ac/de û'ii niotique. La quantité des eaux de l'amnios est d' i tant plus considérable par rapport au fœtus, < Hi celui-ci est plus voisin de l'instant de sa formatifl |i elle est le produit de l'exhalation artérielle qui ifi fait à l'intérieur de la membrane séreuse. Ses nu Vi riaux viennent du sang qu'apporlent les vaisseï de la matrice. Ceci est non-seulement prouve iV l'analogie , mais encore par l'observation desr ports qui existent entre les qualités des eaux l'amnios et le régime que suit la mère. C'est ai qu'elles blanchissaient le cuivre chez une fem qui avait fait des frictions mercuricllcs pend la durée de sa grossesse.

Le sommet de la vessie , dans le fœtus mam j fère , se continue avec un canal dont on iroi un rudiment chez l'homme , et qu'on nomme 1 raque. Ce canal se joint aux vaisseaux du corde sort avec eux par l'ombilic, et va se terminera i poche membraneuse placée entre le chorion et 1 î nios ; c'est l'allanto'ide , facile à démontrer dan: fœtus de quelques animaux , mais peu marq dans celuide l'homme. Plusieurs anatomisicsdis avoir vu l'ouraque , ordinairement ligatnenlei

tri «"

DE L\ GÉRÉRAT105.

élève de la vessie humaine , se terminer à une j ; v ésicule , que quelques-uns comparent à une j e (le melon , tandis que d'autres soutiennent j on volume n'excède point celui d'un grain do j vie ou de millet. Une vésicule aussi petite , j d elle existe, ne peut certainement servir à ! Il usage, l'ouraque formant presque toujours ' .rdon solide, rarement creusé d'un canal très- , i dans sa portion la plus voisine du sommet de ; isie. L'existence de ces parties administre une

zUe preuve de ce que nous avons dit en Irai-

des usages attribués à la valvule du cœcum ,

est dans le corps des animaux des organes ( le sont d'aucune utilité , et qui n'existent que I 110 des témoignages du plan auquel la nature r assujettie dans la production des êtres , et des I .lions qu'elle a constamment suivies en élablis- I :a distinction des espèces (1).

j nouvelles recherches , entreprises et suivies .autant de patience que de sagacité, ont fait

ivrir à M. Dutrochet , l'un des élèves les plus , igués sortis de l'École de médecine de Paris , I es lois de développement du fœtus des mam- I es , et probablement du fœtus humain , sont

lémes que celles qui, chez les oiseaux et les I les , président à la formation de l'embryon et i membranes dont il est enveloppé. D'après ces

Mches vérifiées avec soin par M. Cuvier , dans \ premiers temps de la formation du nouvel

la vessie urinaire, développée et sortie de

omen , envelopperait extérieurement l'am- . produirait le chorion et l'allanloïde ; et celte

3 extérieure finirait par n'avoir plusdecom- . cation avec le reste de l'organe renfermé dans

irps du fœtus, lorsque l'anneau ombilical , l )t à se resserrer sur lui-même , étrangle l'ou-

i. Ce canal subsiste , converti en ligament , ^oe pour indiquer ce prolongement primitif de >5sie , et le mode de production des membranes ( ieures du fœtus. L'allanloïde n'est, d'après la Mverte de M. Dutrochet, que celte portion

' vessie prolongée hors du corps du fœtus en- : ipant l'amnios, et servant à la nutrition du

el être (2).

s'en faut bien , au reste , que l'on puisse rece- ;orame des vérités palpables et rigoureusei démontrées tout ce que rapportent MM. Cu- ■ Dutrochet, Lobstein , Oken , Fleischmann , il, liœchsteUer, Ëmmert , Pander et Boja- > sur l'œuf humain et les premiers temps de )ryon. Seulement toutes les probabililés , et e toutes les preuves analogiques , se réunispour élablir la ressemblance de tous les êlres Ils, d'autant plus grande, comme nous l'adit il y a bien long-temps (3) , qu'on les ob-

) C'est dan» la considération plus étendue de ces ru- « 'ils d'organes que M. Geoffroy de Saint-Ililaire a é le» hases de sa Philosophie anatomique. Voyez cet >gc.

Recherches sur les enveloppes du fœtus. Mcmnires ' Société mrdicale d'émvlation de Furis, tome Vill. I n.ms les Mémoires de la Sociélé médicale d'émuln-

année 1799. t. IW , p. 176-177 , dix ans par consél avant la publicalion de la Philosophie zooloyiqiir

serve à une époque plus voisine de leur première formation.

CCXIII. Du termô naturel de la grossesse. Le fœtus peut se passer de l'influence maternelle , lorsqu'il s'est écoulé un intervalle de sept à huit mois , à compter de l'instant de la conception. Tous les accoucheurs s'accordent pour dire qu'il est viable à celte époque , et que s'il reste deux mois de plus dans l'utérus, c'est pour acquérir plus de force , et résister mieux aux nouvelles impressions qu'il doit éprouver lorsqu'il viendra à la lumière. Lorsque l'œuf se détache avant ce temps de maturité, l'enfant naît mort, ou meurt en naissant. On en a cependant vu survivre dans des accouchements prématurés , survenus pendant le sixième mois de la grossesse ; mais , en général , la vie de l'enfant est d'autant mieux assurée, que l'accouchement se fait à l'époque accoutumée , environ la fin du neuvième mois solaire , ou le milieu du dixième lunaire. On observe que les enfants de sept mois , quelque robustes qu'ils doivent être par la suite , viennent au monde faibles , les yeux fermés , et qu'ils passent dans un état d'extrême débililé et de souffrance les deux mois qu'ils auraient du rester dans le sein de leur mère : ce qui prouve bien la nécessité d'une gestation prolongée jusqu'à la fin du neuvième mois solaire.

Si le fœtus peut se détacher de sa mère et vivre avant le temps ordinaire, ne peut-il pas également rester plus long-temps , prendre dans l'utérus un accroissement moins rapide, et n'être expulsé que plusieurs jours, plusieurs semaines, et même quelques mois plus tard? El alors , combien n'est-il pas difficile d'assigner un terme précis au-delà duquel il ne soit plus permis de croire à la possibilité d'une naissance tardive ?

On croit avoir des exemples certains d'enfants nés plus de dix mois après l'acte de la fécondation ; el cependant les lois , qui ne peuvent être établies sur des exceptions rares , ne prorogent point jusqu'à cette époque la légitimation des enfants nés après la dissolution civile du mariage.

CCXIV. De l'accouchement. Lorsque le fœtus a séjourné assez long-temps dans le sein de sa mère pour acquérir le degré de force nécessaire à son existence isolée , il s'en sépare, entraînant après lui les parties qui lui servaient d'enveloppes et l'unissaient à l'utérus. C'est à sa sortie de ce viscère que l'on a donné le nom à' accouchement. Rien de plus ridicule que ce qu'ont pensé plusieurs auteurs au sujet de ces causes déterminanles. Selon quelques-uns , Fabrice d'Aquapendente , par exemple , c'est le besoin de se rafraîchir par la respiration qui le porte à briser ses membranes ; suivant d'autres, il y est déterminé par la nécessité de rendre le méconium, liqueur excrémcntilielle

de M. le professeur Lamarck , laquelle a paru en IS09. Ce sarant s'est , il est \rai , rendu propre cette idée par les heureux dévcloppcmcnls qu'il lui a donnés. Quelque furel scientifique la trouverait pcut-ôtre dans les écrits des anciens, ou même dans ceux des modernes. Aussi suis-je birn loin d'allacher une grande importance à l'honneur de 1« priorité. Toutefois , comme le disait madame Dacicr : Ma remarque suhsiste.

qui remplit lo conduit intestinal. On a dit encore qu'il y était sollicité par le besoin de nourriture , ou bien que l'accouchement dépendait de la \ivo réaction des fibres du corps de la matrice, qui, distendues outre mesure vers la fin de la grossesse, reviennent sur elles-mêmes , et surmontent la résistance du col aminci et dilaté par degrés. Mais, dans cette dernière hypothèse , la seule qui jouisse encore de quelque faveur, comment une femme, dont la matrice a une capacité déterminée , n'accouche-t-elle pas à mi-terme , lorsque la part est double, c'est-à-dire lorsque les deux jumeaux, qui avec leurs eaux et leurs membranes remplissent la cavité de l'utérus , lui font éprouver, au milieu de la grossesse , le même degré d'extension que celui qui serait produit par un seul fœtus parvenu au terme naturel ?

Il est bien vrai que, durantquinze jours, et même un mois avant l'accouchement , la matrice semble se préparer à l'expulsion du fœtus. C'est au moins ce qu'on peut inférer de la saillie que le toucher du col de la matrice fait quelquefois reconnaître, saillie évidemment produite par la poche des eaux qui s'engage dans l'orifice de l'utérus, lorsque cet organe se contracte, pour s'affaisser et disparaître lorsqu'il tombe dans le relâchement.

Il est , pour le produit de la conception , une époque de maturité , c'est-à-dire un terme auquel il peut exister séparé de sa mère. Lorsque cette époque est arrivée , l'œuf qui le renferme se détache de l'utérus par un mécanisme en tout semblable à celui par lequel le pétiole d'un fruit mûr abandonne le rameau auquel ce fruit est suspendu : alors probablement le fœtus refuse d'admettre le sang que lui apporte la veine ombilicale ; le placenta s'engorge : cette stagnation des sucs s'étend de proche en procheà lamalrice et aux parties voisines. Stimulés par leur présence , ces organes entrent en action ; la femme ressent des douleurs qui , d'abord vagues , irrégulières, et semblables à des tranchées {mouches ou fausses douleurs) , changent de caractère , deviennent plus vives , s'accompagnent d'un sentiment de constriclion , se dirigent de haut en bas, c'est-à-dire du fond vers le col de la matrice. Alors cette poche contractile , aidée par le diaphragme et par les muscles abdominaux , redouble d'efforts pour se débarrasser. Les douleurs deviennent plus vives et plus fréquentes ; la face est rouge et animée, le pouls plein etrapide; le corps entier paraît partager l'anxiété de la matrice, agitée parles secousses expulsives. La poche des eaux s'engage en manière de coin dans l'orifice de l'utérus , dont les bords sont prodigieusement affaiblis, les efforts redoublent, les membranes se déchirent, l'eau de 'l'amnios s'écoule, la tête de l'enfant s'engage à son tour et franchit l'orifice ; les douleurs sont excessives : et le terme barbare de conquassantes , sous lequel les accoucheurs les désignent, en exprime toute l'atrocité.

Elles sont surtout intolérables lorsque le sacrum de la femme étant trop peu concave , les nerfs du plexus crural se trouvent violemment comprimés par la tète du fœtus. Cette partie de son corps se présente presque toujours la première ; elle traverse lo détroit supérieur du bassin dans une direc-

tion oblique, c'est-à-dire l'occiput étant tourné* i avant, et correspondant à l'une des cavités cof loïdes, tandis que la face regarde en arrière, ph, vis-à-vis l'une des symphyses sacro-iliaques: elleli présente ainsi au plus grand diamètre de ce pi | sage; mais en descendant dans le petit bassin, e J exécute un mouvement d'arc de cercle , au moj ^ duquel elle traverse le détroit inférieurdaus lèse de son plus grand diamètre, qui est l'entéro-pos ^ rieur. La tête descend à travers le vagin , parait i dehors , et se dégage bientôt, suivie par les épi .'i les et les autres parties du corps. C'est ainsi que f\ nature, après avoir opéré la fécondation par || acte de plaisir, en chasse le produit au miliea ( douleurs. |ii

Pour décrire les phénomènes de raccoucbeon nous avons supposé que Tenfant se présentait la tête , l'occiput dirigé en avant et la face en rière : c'est aussi le cas le plus ordinaire , puiscff sur douze mille six cent trente-trois enfants néih l'hospice de la Maternité depuis le 10 décenikis: 1797 jusqu'au 31 juillet 1806, c'est-à-dire àift l'intervalle d'à peu près dix années, douze mlfi cent vingt l'ont offert ; tandis que des cinq c^ft soixante-treize restants, soixante-trois sont à la ilil rilé venus par la tête, mais la face tournée r i avant; et des autres, cent quatre-vingt-dix-buif4i( sont présentés par le siège , cent quarante-sept -i les pieds, trois par les genoux, et dans d'aul i positions qui rendaient l'accouchement plus àif>t cile (1). l'i

CCXV. Les conduits qui transmettent le foeÉM au dehors sont trop étroits , dans l'état ordinal m pour que sa sortie puisse s'effectuer sans déchiiïa ments,si, comme nous allons le voir, la natlti n'avait tout disposé pour rendre l'accoucbeaÉtfl facile. En effet, si d'un côté elle a formé le cr^ du fœtus de pièces flexibles, séparées par des tervalles non ossifiés et membraneux, qui mettent aux os d'anticiper les uns sur les autr et à la tête entière de se réduire et de se filei quelque sorte à travers les détroits du bassin d femme, elle a assemblé les os de cette derni partie de manière que leurs articulations sen chent visiblement lorsque le terme de la grossf approche. Pendant la durée de cet état , c'est l le bassinet les organes qu'il renferme que se rigent de toutes parts les humeurs de la mère: symphyses ligamento-cartilagineuses du pol du sacrum et du coccix, abreuvées de sucs,^ fiées par leur abord , unissent moins solidei les os entre lesquels elles sont placées. Ainsi moUics et tuméfiées, elles ne les écartentpas manière d'un coin, pour agrandir tous les di»j très; mais elles rendent leur diduction plus W par la tête de l'enfant, qui fait effort contre eOT traversant les détroits du bassin. C'est sur len chôment plus ou moins marqué des sympM pelviennes , à l'époque de l'accouchement, fondée l'indication de la section de celle du pnfl opérée avec succès par Sigaultct le professeur phonsc Leroy. L'induction analogique , co:

(1) Yoyei VArl des Accorichcmcnfs, par .Î.-L. Bâd looqiie, quatrième édition, n la fin du second volnine.

DE LA GÉNÉRATIOW.

^erve judicieusement Thoaret , devait nalurelent conduire à cette opération , de la même ière qu'on avait été porlc à l'invention et à ploi du forceps, par la considération des moyens vait employés la nature pour diminuer le i ime du crâne pendant l'accouchement; enfln

,duit caséeux dont est couvert le corps du 18 favorise sa sortie, en rendant le glissement

» facile.

,es nombreux détracteurs de l'opération de la ipbyse ont nié avec obstination ce ramollisseit des symphyses chez les femmes enceintes : iuIe professeur Baudelocque, partisan déclaré l'opération césarienne, s'est constamment reà l'admettre. Dans le temps où j'enseignais l'atmie à l'amphithéâtre de l'hôpital de la Charité, i ji montrai inutilement plusieurs exemples du lallissement des symphyses , tirés des cadavres «emmes mortes en couches ; il fut impossible lODvaincre son incrédulité; c'étaient, disait-il , ■cas morbifiques. Cependant il est aujourd'hui tralement reconnu que les symphyses du basront relâchées et mobiles chez toutes les fem- » vers la fin de la grossesse, et même quelqueçaprès l'accouchement. Ce ramollissement est ;)s utile chez la femme dont le bassin est bien •ormé, que chez les femelles de certains ani- ,x, dont les dimensions sont si peu proporlioni< au volume du fœtus , que l'accouchement ne > avoir lieu sans que les os du bassin n'éproui un écartement considérable : telle est la fe- 8 du lapin et celle du cochon d'Inde ou ca- , dont les os se disjoignent et deviennent trèsflles au moment de l'accouchement. Les femqui accouchent en peu d'instants etavecbeaut de facilité , éprouvent vers le dernier temps f grossesse un sentiment douloureux dans l'arlition des pubis. Le doigt, porté sur celte réi du corps , sent distinctement que l'espace qui t'e les épines des pubis est augmenté , et qu'en ! e temps le fibro-cartilage est dans un état ma- (<e de ramollissement et de tuméfaction. Toui, ce ramollissement est véritablement morne lorsqu'il est porté au-delà de certaines *es.

|f. prévoyance de la nature ne s'est point bornée I dre libre et facile le jeu des pièces osseuses du

3 des fœtus et du bassin de la mère; elle a du ses soins aux parties molles de celle-ci , uvées de mucosités qui relâchent leur tissu plu-

8 jours avant l'accouchement, et tellement mées, comme nous l'avons vu, qu'elles peu-

, sans tiraillements, sans rupture, et par le fie dédoublement de leurs replis , se prêtera «argissement considérable. Comme l'expulsion itiacenta et des membranes ne suit pas immé- »ment la sortie du fœtus , on est dans l'usage

» séparer en coupant le cordon assez près de *ilic. Il est inutile de lier ce cordon du côté ' mère : toute communication est interceptée

! le placenta et la matrice , de façon qu'il ne couler par-là que le sang contenu dans l'ar-

-faix. Il n'en est pas de même du côté du fœ-

quoiquc les changements qui surviennent dans

rcula(ion au moment où la poitrine se dilate

et permet à l'air de gonfler le lissa pulmonaire , détournent le sang des vaisseaux ombilicaux. Cependant ces mutations dans le mouvement des humeurs pourraient ne s'opérer que graduellement, à cause de la faiblesse du nouveau-né; et il est toujours prudent de prévenir parla ligature unehémorrbagie qui l'affaibliraH encore davantage.

11 est bien rare, et toujours dangereux, que l'œuf humain se détache tout à la fois , c'est-àdire que le fœtus soit chassé au-dehors avec ses eaux et ses membranes ; la sortie de celles-ci n'arrive naturellement qu'un qnart-d'beure , une demi-heure, une heure, ou même plus lard, après la sortie du fœtus. Le placenta se détache du corpis de la matrice, revenue sur elle-même à la suite des grands efforts de conltaclion nécessaires à l'expulsion du fœtus. Cette séparation paraît être postérieure à la sortie de celui-ci; car ce serait vainement qu'on essaierait de retirer le placenta aussitôt après, en exerçant des tractions sur le cordon ombilical ; on courrait risque de rompre le cordon, ou même de produire un renversement de l'utérus. Cependant la matrice, fatiguée de las présence d'un corps qui lui est devenu étranger, entre en action ; de nouvelles douleurs indiquent le moment où l'on peut accomplir l'entière délivrance. La matrice s'étant complètement vidée, sa cavité s'efface par le rapprochement de ses parois; l'organe se concentre derrière les pubis, son col se resserre. Ses parois, gorgées de sucs, sont encore plus épaisses que dans l'état naturel ; mais elles se dégorgent peu à peu par l'écoulement des lochies, et reviennent à leur épaisseur accoutumée.

Lorsque l'accouchement est terminé, la matrice s'endort en quelque manière , et se repose d'un travail pénible. Les humeurs cessent de se diriger sur cet organe , vers lequel aucune irritation ne les appelle, pour se porter vers les glandes mammaires , et fournir à la sécrétion de la liqueur qui doit alimenter le nouvel individu.

CCXVI. Des jumeaux. Quoique le part soit le plus souvent simple dans l'espèce humaine, c'està-dire que chaque accouchement ne produise qu'un individu, il n'est pas rare de voir une femme donner naissance à deux enfants à la fois : on a même calculé que la naissance de ces jumeaux était aux autres dans la proportion d'un à quatre-vingts. Bien plus, on possède des exemples de femmes qui ont fait jusqu'à trois enfants. Haller estime que le nombre de ces dernières est à celui des femmes dont la gestation n'a qu'un produit, comme un est à sept mille. Celui des quadrijumeaux est moindre encore , et si les trijumeaux jouissent rarement d'une longue vie , ceux-ci , qui à leur naissance ont le volume d'un embryon de cinq mois, ne sont point viables, et aucun d'eux n'a vécu : on ne possède qu'un ou deux exemples d'un quintuple accouchement. TIalIcr exagère donc visiblement lorsqu'il dit que ces cas sont le millionième des cas ordinaires. Je ne parle point do celles qui en ont mis au monde un bien plus grand nombre, parce que les observations qui le lémoignent sont

dépourvues d'authcnlicilë. On sait que , dans les cas d'existence de jumeaux , chacun d'eux a son cordon ombilical , aboutissant tantôt à un placenta ficparo , d'autres fois à un placenta unique. Un même cborion les enveloppe ; mais chacun d'eux a son amnios distinct, aussi bien que les eaux dans lesquelles il est plongé. Il serait curieux d'obser- Ter si, dans une femme qui a fait deux jumeaux , l'on trouverait, comme l'exemple des animaux doit le faire présumer , deux cicatricules , soit qu'elles existassent sur le même ovaire , soit que chacun d'eux en offrît une. Les jumeaux ont ordinairement «ne grande ressemblance de mœurs, de traits et de caractère.

La multiplicité des fœtus dans la même grosfesse tient à ce que quelques femmes ont à la fois plusieurs vésicules prêtes à se détacher des ovaires, «nùres par conséquent pour la fécondation. Celle eaulliplicité sert peu à la multiplication de l'espèce , car les jumeaux sont en général moins forts , moins robustes , moins aptes à se reproduire ; ils épuisent d'ailleurs les forces de la mère, et leur naissance lui est souvent funeste. Le nombre des enfants auxquels la même femme peut donner le jour, si elle utilisait tout le temps qui 6' écoule depuis la manifestation de la puberté jusqu'à la cessation des règles , serait bien plus considérable qu'il ne l'est le plus communément. On en a vu néanmoins qui comptaient vingt-quatre , trente , trente -neuf , et même cinquantetrois enfants. Une femme , qui mourut dans l'Amérique septentrionale , avait eu cinq cents fils et pelits-fils , dont deux cent cinq lui survécurent.

Il est aujourd'hui constant qu'à de légères exceptions près, le nombre des petits garçons qui viennent au monde surpasse en général celui des petites filles; l'excédant est, dans quelques pays, porté à un vingt-deuxième , un quatorzième , un douzième, quelquefois même, mais très-rarement, jusqu'à un tiers. Dans tous les pays de la terre , la polygamie est donc une institution directement opposée au but de la nature et à la multiplication de l'espèce ; ce que l'expérience prouve d'une façon incontestable , par la dépopulation des pays où elle est établie. Les garçons, plus nombreux que les filles , dans le premier âge , appelés , dans les âges suivants , à supporter les périls de la guerre, les dangers des navigations , à se livrer aux travaux pénibles , à mener une vie plus laborieuse , plus agitée , meurent en plus grand nombre ; l'équilibre est bientôt rétabli , et la portion la moins nombreuse de l'espèce humaine, prise au berceau , en forme près des deux tiers à l'époque delà vieillesse , puisqu'on voit constamment plus de femmes que d'hommes parvenir à un âge trèsavancé.

CCXVIl. Des super fétations. On doit retrancher du nombre des superfélations , pour les reporter parmi les conceptions jumelles , les cas de fœtus venus au monde avec des degrés de développement inégaux. Ainsi de ce que, de deux jumeaux, l'un est un fœtus parfaitement à terme , tandis que l'autre est un embryon dont le volume n'indique qu'un mois d'existence , il ne s'ensuit pas que leur conception ait eu lieu à des époques

éloignées et différente» ; mais seulement que »> une cause quelconque , l'un des germes n'a pu 'JL croître et se développer.

La question des superfélations se réduit à savo si une femme qui n'a qu'uu seul utérus peut coi cevoir deux mois après une copulation fécondi ' Haller pense que le col de la matrice reste loujoui ouvert au passage de la semence ; mais commeri'! celle-ci pourrait-elle se frayer un passage jusqu'au trompes , à travers les adhérences du cborion :'l l'utérus? La chose paraît plus facile dans les ca«Q i' les deux conceptions sont séparées paruiieou i'i intervalle. C'est ainsi que cette Américaine doi parle Buffon , et qui , dans la même matinée, t '■ son mari et son esclave nègre , put mettre aujoi deux enfants de diverses couleurs. C'estde cettenj nière que , de deux jumeaux , l'un est quelquefois " par les traits de son visage, le témoignage vivaj" d'un adultère. - 1

On ne peut point appeler jumeaux deux eotaii" venus au monde à quelques mois de distance l'i H de l'autre , quoiqu'ils aient existé ensemble pc i^ dant un certain temps dans le sein de leur mère..! H possibilité de ces superfélations est bien prouvé|:*'' on les attribue à l'existence des cloisons qui fàî'^ tagent quelquefois la matrice en deux cavitq;'^ seulement parce que cette disposition explique qu'à uii certain point comment deux conception^ peuvent avoir lieu à quelque distance l'une ffi l'autre; car on n'a jamais constaté, par l'iDspé-^? tiûn cadavérique , que les femmes qui ont ofrji'^ l'exemple des superfélations eussent un doulj^ utérus.

CCXVIII. Allaitement. Rien n'est plus généir' lement connu en physiologie que l'étroite sjmi/" thie qui unit Tulérus aux mamelles ; connexion i'''' time , en vertu de laquelle ces deux organes entrai'* en exercice à la même époque de la vie,sedéJiW loppenl ensemble , et cessent en même temps ie^^p fonctions lorsque la femme devient incapable \V concourir à la reproduction de l'espèce. Nousn salerons point d'expliquer celle sympathie parH Iluence nerveuse , ni par l'anastomose des arlé ( épigastriques avecles mammaires internes, comi ^ nication qui n'existe point constamment entre I vaisseaux ( car fréquemment ils se terminent, at | de se réunir , dans l'épaisseur des muscles droit)» l'abdomen ) , et qui , lors même qu'elle aurait 1 1 d'une façon aussi marquée qu'on le voit sur cerl^J sujets , ne pourrait être apportée en preuve, que la matrice et les mamelles ne reçoivent ptlT ou reçoivent seulement de très-petits rameaux j*j mammaires et des épigastriques. Les mamelles mentent de volume pendant la grossesse; mai^ mais elles ne sont plus gonflées qu'après l'ace chement.

L'enfant nouveau-né , rapproché de ces orgii applique sa bouche au mamelon qui les surroor cl, retirant sa langue en même (emps qu'avec^ lèvres il en embrasse exactement le contour,' tire à lui le liquide, dont l'écoulement est faf par le redressement des conduits mammairescanaux , au nombre de douze à quinze , no'i-sc ment so déploient lorsque le mamelon . q"' ^ principalement formé, s'alonge par Icsliraillci"<f

DE lA GÉNÉRATION.

enfant exerce, mais encore, excités par ses

liemcnts , ils entrent dans une véritable érecse contractent et dardent au loin le liquide, excrétion, semblable à celle des autres gian- ■sl favorisée par les attoucheraenls et les sce> queles petites mains du nourrisson exercent

sein de la nourrice. Ces douces compressions ■en moins pour usage d'exprimer mécauique-

les sucs laiteux, que de monter l'organe au onvenableà leur excrétion, rrilation qu'exerce l'enfant sur le mamelon

cause la plus puissante de la fluxion laiteuse îs mamelles; celle irritation , ou toute autre ;r même espèce , suffit pour provoquer la sein du lait hors les temps marqués par la nature, jjainsi que des vierges ont pu allaiter l'enfant « autre mère; que des petites filles qui n'a- •l pas encore atteint l'âge delà puberté, ont I. la sécrétion du lait assez bien établie pour rirune certaine quantité de cette liqueur. On tles hommes chez lesquels un chatouillement (temps continué avait tellement déterminé l'aidas humeurs sur les mamelles, que celles-ci «ent suinter un liquide blanc , laiteux , sucré , u différent du lait de la femme. La succion arce le nouveau-né est nécessaire pour enlrel'abord du lait vers les mamelles. Il cesse de i.riger lorsque l'enfant est confié aux soins

nourrice étrangère; les mamelles, d'abord •îes, s'affaissent bientôt, surtout si l'on a la lution de rappeler les humeurs vers les parties 'ceures par l'administration répétée de doux l'-alifs.

érection des mamelles par les chatouillements iis sur le mamelon, leur action spasmodique iiame convulsive , qui suit ce genre d'excilanpeuvent être portées au point qu'elles lancent ifide par jets à une certaine distance. Pendant non ercrélion dure , les femmes éprouvent !(e8 seins une sensation qui n'est pas sans vo-

ces parties sont tendues et gonflées; elles tit, disent-elles, le lait monter; plusieurs «vent des tiraillements qui s'étendent au creux wsselles, aux bras et à la poitrine. Toute la

cellulaire qui environne les mamelles et d aux parties voisines, participe à leur activité, r mamelles sont elles-mêmes , en grande parormées par le tissu cellulaire ; une couche «use et lymphatique plus ou moins considér recouvre la glande partagée en plusieurs , et l'ensevelit en quelque sorte dans son leur. Elles reçoivent assez de nerfs , mais ini»nt peu de vaisseaux sanguins , si on les comk leur volume.

mamelles renferment un grand nombre ■«seaux lymphatiques; les vaisseaux de cette ê, après s'être ramifiés dans les glandes voif, et principalement dans celles qui rcmplis- 3 creux de l'aisselle, viennent se rendre aux lUes , où leur proportion, comparée à celle Misseaux sanguins , est comme 8 à 1. Ces vais- V lymphatiques, qui, en quantité réellement r^ieusc , entrent dans la composition des ma- B, augmentent beaucoup de calibre chez les >«s quiallaiteul.

Le lait a été long-temps regardé comme Irèsanalogue au chyle , dont il a la blancheur , l'odeur suave et la saveur sucrée. Il est, avec lui, la liqueur animale la plus douce , celle que l'action organique a le moins dénaturée, et qui conserve le plus les qualités tranchantes des aliments qu'a pris la nourrice.

Ne sait-on pas que la médecine des enfants à la mamelle consiste le plus souvent à administrer aux nourrices les préparations qui doivent les rendre à la santé ; qu'ainsi le lait acquiert les qualités purgatives, et agit de cette manière sur les intestins du nourrisson , quand on a purgé la femme qui l'allaite , etc.? Le chyle n'est blanc et opaque que dans les animaux qui ont des mamelles , et qui allaitent leurs petits ; dans les autres , il est aussi transparent que la lymphe. ( Ccvier. )

Enfin , si les artères apportaient aux mamelles les matériaux du lait, ces vaisseaux devraient augmenter de calibre , lorsqu'elles acquièrent un volume double, souvent triple, et quelquefois quadruple de leur grosseur naturelle, de la même manière que , dans les anciens cancers ulcérés , et autres affections semblables , où l'afflux du sang étant habituellement plus considérable dans une partie , le calibre de ses vaisseaux doit s'y proportionner. Cependant rien de cela n'arrive ; quelque énormes que deviennent les mamelles par l'affluence de sucs laiteux , leurs artères conservent leur ténuité presque capillaire, comme je m'en suis assuré par l'injection sur une femme âgée de vingtneuf ans, morte au deuxième mois de l'allailemcnt, dont le sein était remarquable par son volume , ainsi que par la quantité de lait qu'il pouvait fournir.

Nonobstant toutes ces raisons, qui m'ont fait partager long-temps l'opinion de ceux qui considèrent le lait comme un extrait immédiat du chyle , j'avoue qu'on ne peut la considérer que comme une hypothèse appuyée d'un certain degré de pro^ habilité. L'impossibilité de démontrer analomiquemcnt les rameaux qui se porteraient du mésentère aux mamelles sans s'aboucher avec le canal thoracique, donne plus de vraisemblance à l'opiniou généralement admise , et suivant laquelle le lait, comme toutes les humeurs sécrétées, à l'exception de la bile , provient du sang apporté par les artères. Le passage des injections des artères dans les conduits lactifères , et réciproquement de ceuxci dans les vaisseaux artériels; le sang pur que fournit une mamelle épuisée, quand le nourrisson continue à la sucer ; l'analogie enfin ne permettent point de douter de la véritable source du fluide sécrété par les mamelles. « Quare nihil viis cgemus » quœ , legitimo Ixjmphœ itineri contrariœ , à ductu fl chyliforo ad mammas lac durent (1). »

Le lait n'est point en tout semblable an chyle, quoiqu'il puisse être regardé comme un extraildes

(l)Hallcr, Éicmenta pliysiologiœ, t. VII, Hb. 2S Bien que, depuis environ vingt années, l'nnteur soit revonti A l'opinion commune toticlmnl la sécrétion du lait, personne n'écrit aujourdMiui sur cette matière sans se croire ol)ligé de léfulcr une théorie depuis long- temps abandonnée.

aliments (1) altéré dans la route qu'il a parcourue pour arriver jusqu'à la mamelle par les glandes qu'il a rencontrées sur son passage , et surtout par l'action propre do cet organe. Cette action est si marquée, que , comme Bordeu l'observe , « il y a ï> des femmes qui ne paraissent presque pas avoir » Je lait dans leurs mamelles, qui sont flasques » et vides; mais dès quel'enfant les excite, elles se » bouffissent , et le lait vient de lui-même. » On sait encore , et le même auteur l'a bien fait sentir, que la femme , la vache, et les femelles des autres animaux, se laissent plus volontiers teler par tel nourrisson qui sait émouvoir leur sensibilité , agacer convenablement le mamelon, tandis qu'elles retiennent le lait lorsqu'il ne sait pas leur procurer la sensation dans laquelle elles semblent se complaire. On croit dans certains pays que les serpents savent très - bien chatouiller le pis des vaches, et que ces animaux , flattés par cet excitement, se laissent sucer avec complaisance par le reptile.

CCXIX. Propriétés physiques du lait ; nature chimique de cette humeur. Sa quantité est généralement relative à celle des aliments , à leurs qualités plus ou moins nutritives , à leur nature à la fois humide et farineuse. Quoiqu'il fasse du tiers à la moitié du poids des aliments que prend la nourrice, il peut excéder ou rester en-deçà de cette proportion : sa pesanteur est même, dans la femme , dont le lait est le plus léger, supérieure à celle de l'eau distillée : elle est toujours proportionnée à sa consistauce. Celle-ci, peu considérable dans la femme, va toujours en augmentant dans la vache , la chèvre , la jument et la brebis. Sa fluidité lient le milieu entre celle des liquides aqueux et huileux; sa couleur , son odeur, sa saveur , ont quelque chose qui n'appartient qu'à lui , et qui le fait aisément reconnaître ; entin , il n'est point exactement le même aux diverses époques de la même traite. C'est ce qu'ont prouvé MM. Deyeux et Parmenlier dans leur ouvrage sur le lait , livre plein d'observations précieuses , et qui peut être donné comme l'histoire complète de cette liqueur animale. Ils ont vu que le lait sort d'abord séreux du pis de la vache, que sa consistance augmente graduellement , et qu'enfin le lait le plus gras est celui qui sort à la fin de la traite; comme si le liquide contenu dans les mamelles obéissait aux lois de la pesanteur.

Abandonné à lui-même, exposé dans un vase , à l'air libre, le lait, comme le sang, se décompose et se sépare en trois parties: le sérum, la partie caséeuse, et la partie grasse ou butireuse. Celte dernière, plus légère que les autres, est toujours placée à la surface du vase , et sa proportion relative dépend non-seulement de la bonté du lait, mais encore de l'étendue des surfaces par lesquelles il est en contact avec l'air ; ce qui prouve, comme Fourcroy l'a le premier fait apercevoir , que l'oxigcne atmosphérique n'est pas sans influence dans sa séparation. La partie caséeuse, spontanément concrescible , en est la partie la plus animalisée. MM. Parmcntier et Deyeux la regardent comme la

(1) (I Lac nlilis alimcnli est supcrfluum. d Gai. de Usu part. lib. vu , cap. 22.

cause de la coloration du lait et de ses propriété les plus caractéristiques. Enfin, le sérum, qJ forme à lui seul la plus grande partie de ce liquide contient, outre un acide particulier qui s'y déve loppe quand on l'abandonne à lui-même [acidelat tique), un corps sucré que l'on en extrait parl'év; poration, et qui , cristallisé en parallélipipède rhomboidaux , forme le sucre du lait, plus moins pur, suivant les soins qu'on apporte à t préparation. Ce sucre de lait fournit , comm Scheèle l'a vu le premier , en cherchant à le chai |[ ger en acide oxalique par le nitrique, un acide pai u ticulier , blanc , pulvérulent et peu dissoluble, ai 'j quel il a donné le nom de sacchlactique. Le lait pei ^ être considéré comme un des liquides animaux h | plus composés, dont les qualitéssont très-variable i»i et dont les parties n'ont entre elles qu'une Iré faible union ; de sorte qu'il se décompose spont '\. nément et avec la plus grande facilité. Cette e iji pèce d'émulsion contient assez peu d'azote , de m |,| nière qu'elle conserve encore le caractère végélj y. L'hydrogène, le carbone et l'oxigène y prédon^f, nent ; enfin , on y trouve plusieurs sels , entre a« j, très , le muriate de soude , le muriate de potasse ( j( le phosphate de chaux. . j

Ce dernier sel , qui se trouve en moins vers I , urines des nourrices , et se porte tout entier dai.j les mamelles, était indispensable dans la liqnet , qui alimente le nouvel individu , pendant le temi , , où tous les os se durcissent et toutes les parties | solidifient. 1,,

Si maintenant nous voulons remonter aux c3D!| qui rendent l'allaitement nécessaire, et soumettej^i l'enfant nouveau-né à ce mode particulier de nj'^i trition, nous les trouvons dans la faiblesse généraiî,i de ses organes. Ceux de la digestion n'eussent y^^ extraire des <(liments leur partie nutritive , cessij-,^ stances n'ayant pas subi la trituration préliminaii[ , que le défaut de dents et la débilité des orga masticateurs rendent impossible. Il fallait donc la mère fût chargée de ce premier travail et qu'i lui transmît l'aliment tout digéré (I). Néanmoii on ne doit point croire que le lait passe sans a ration dans les vaisseaux de l'enfant; il le dig ^| à sa manière ; il en retire , en peu de temp! sans effort , une grande proportion de parties tritives nécessaires à la rapidité de son acci sèment.

Les liens qui unissent l'enfant à sa mère » donc loin d'être rompus au moment de la w sance ; leurs rapports , pour être moins intiffl n'en sont pas moins indispensables. Avant vînt à la lumière , sa puissance vitale était si née, qu'il devait recevoir une liqueur tout malisée , toute disposée à se prêter à l'action forces nutritives et assimilatrices. Lorsqu'il a le jour, ses forces se sont accrnes ; il peut ' chargé d'une plus grande part dans le travail lui suffit que l'alimentait subi la première cl» ration que lui fait éprouver l'appareil digestif; a ce n'est pas seulement pour la préparation <lc nourriture que l'enfant nouveau-nc a besoin

(]) (i Lac est cibus exacte confeclus.)) Galenns, part. lil). TU, cap. 22.

Page 1