‹ Nouveaux éléments de physiologieChapitre 34 sur 102 · DES AGES · texte numérisé non relu

DES AGES

plusieurs jours , et perdent à chaque époque iianlilé considérable de sang; perles énormes, xpliquent leur pâleur et leur peu d'embon- . Le sang qu'elles répandent est rouge , arléet n'a, dans une femme saine, aucune des lés malfaisantes qu'on s'est plu à lui attribuer, udant tout le temps de la menstruation les t s sont plus faibles , plus délicates , plus im- • unables ; tous leurs organes participent plus ins à l'affection de l'utérus ; et il n'est pas le à un observateur un peu exercé de reconecetétat, non-seulement au rhythmedu pouls, encore à l'allération du visage et au son de la La femme exige alorsde grands ménagements, .lignée indue , un purgatif , ou tout autre mélent administré mal à propos, peuvent supr l'écoulement et occasioner les affections us graves. Le climat influe manifestement sur ee des règles et sur la quantité de cette éva- )a , puisqu'en Afrique leur écoulement est lie continuel , tandis qu'en Laponie il n'a lieu eux ou trois fois dans l'année, us ne nous arrêterons point aux diverses expliis que l'on a données de ce phénomène. Les ont attribué à la position déclive de l'utérus, taire attention que , dans leur hypothèse , ualion menstruelle devait se faire parla plante ieds. Richard Mead a cru qu'elle dépendait de lence qu'exerce la lune sur le système de la :(' ; mais alors pourquoi n'est-elle point assuaux phases lunaires ? Ceux qui en ont trouvé ise dans la pléthore , soit générale, soit locale, lait, en admettant même cette explication, que M- la difficulté; car alors on demandera quelles es causes de cette pléthore ? Mais si ce senl avait quelque chose de fondé , les femmes uses et presque exsangues ne devraient point églées , et l'observation apprend qu'elles le rcs-abondamment. Faut-il rapporter la menion à l'habitude acquise ?

•on résolu le problème en disant que tous les es sécrétoires de la femme sont trop faibles évacuer le superflu de ces humeurs ? ce qui ait nécessaire l'établissement d'un nouvel cloire. Mais ne prend-on point ici l'effet pour use? Cette moindre quantité des liquides os du sang ne provient-elle point de ce que le lui-même peut se purger par la matrice? quons toutefois que l'écoulement périodes régies parait soustraire la femme à plu- < incommodités qui tourmentent notre sexe, que la goutte , les affections calculeuses, si chez elle, et si fréquentes chez nous. On lit non plus s'empêcher de reconnaître dans les une utilité relative à la conception : ne iont-elles pas y diiposer l'utérus (1) ? N'é- 1)38 nécessaire que cet organe fût habitué i voir une grande quantité de sang , afin létal de grossesse, qui exige cet afflux, i.u'ndt point des changements nuisibles dans leme entier des fonctions vitales ? Mais pourra plupart des femelles des animaux quadrupèilrs l arlie» sexiiclles baignées fl'iino lymphe roiigcairc ont où elles soûl en chalcui .

quoi la même sécrétion n'a-l-ellc point lieu chez la plupart des animaux ? Serait-ce , comme lo pense Morgagni, parce que l'espèce humaine est la seule pour laquelle la station soit un état habituel?

L'écoulement menstruel est en général suspendu pendant la grossesse; il l'est aussi durant les premiers mois de l'allaitemenl, quoique celle dernière règle souffre d'assez nombreuses exceptions. II cesse, dans nos climats, de la quarantième à la cinquantième année, quelquefois avant, rarement plus tard, quoique j'aie actuellement sous les yeux l'exemple d'une femme âgée de soixantedix ans, et qui n'a pas encore cessé d'être réglée;^ et que l'on trouve dans Halle r des observations authentiques de menslrualion qui ont persisté jusqu'à l'âge de 105 ans : faits qui ne doivent pas,, au surplus, étonner davantage que ceux d'une menstruation qui s'établit dès les premières années de la vie. Lorsque les règles sont supprimées^ les mamelles se flétrissent, l'embonpoint diminue,, la peau se ride, perd sa douceur, son coloris et sa souplesse. Cette cessation est la cause d'un grand nombre de maladies qui se manifestent à cet âge, appelé Vâge de retour, et sont funestes à un grand nombre de femmes ; mais aussi l'on observe que, cette époque orageuse une fois passée, leur vie est plus assurée, et qu'elles ont l'espoir de la prolonger plus qu'un homme du même âge.

CCXXVIL Age viril. A l'adolescence succède l'âge viril, dont on peut fixer le commencement de la vingt-unième à la vingt-cinquième année. Alors tout accroissement du corps en hauteur a cessé; les épiphyses sont complètement soudées au corps des os. Mais si l'homme cesse de croître en longueur, il s'étend dans toutes les autres dimensions : tous les organes acquièrent un degré remarquable de dureté, de solidité et de consistance. Il en est de même des facultés intellectuelles et morales. A l'empire de l'imagination succède celui du jugement : l'homme est capable de remplir tous les devoirs que comportent la famille et la société. Celle période de sa vie, que l'on désigne par le nom d'âge mûr, s'élend jusqu'à la cinquantième ou cinquante-cinquième année pour les hommes ; elle ne va guère au-delà de la quarante-cinquième pour les femmes, chez lesquelles elle commence aussi un peu plus tôt. Durant ce long intervalle, les hommes jouissent de toute la plénitude de leur existence.

Quoique communément il ne soit pas difficile de distinguer au premier aspect un homme de vingtcinq ans de celui qui est parvenu à sa cinquantième année, les différences qui les caractérisent tenant à la quantité et à la couleur des poils, à la force musculaire , ne sont ni bien nombreuses ni bien essentielles.

Profilons de cet âge , pendant lequel les caractères de l'espèce humaine, simplement ébauchés dans l'enfance et dans la jeunesse, se fixent et so prononcent d'une manière moins fugitive pour dessiner les traits, jusqu'alors indécis et mobiles, des races et des individus.

CCXXVIII. Tempéraments. Jdtosytxcrasies. On donne le nom de tem.pèratnmts à certaines diffé-

rcuccs physiques et morales que présentent les hommes, et qui dépendent de lu diversité des proportions et des rapports entre les parties de leur organisation, ainsi que des degrés différents dans l'énergie relative de certains organes ; il est en outre, pour chaque individu, une manière d'être particuîière , qui distingue son tempérament de celui de tout autre, avec lequel il a cependant beaucoup de ressemblance. On désigne par le terme d'idiosynerasie ces tempéraments individuels, dont la counaissance n'est pas d'une médiocre utilité dans l'exercice de la médecine.

La prédominance de tel ou tel système d'organes modifle l'économie tout entière, imprime des différences frappantes aux résultats de l'organisation, et n'a pas moins d'influence sur les facultés morales et iuleilectuelles que sur les facultés physiques. Celte prédominance établit le tempérament : elle en est la cause et en constitue l'essence.

Supposons en effet un juste rapport entre tous les organes, et par suite un parfait équilibre entre toutes les actions qui s'exécutent dans l'économie animale (1) , il n'y aura point de tempérament, dans l'acception que donnent à ce mot les modernes. Cette constitution qu'admettaient les anciens, et qu'ils désignaient par le nom de tempérament tempéré , iemperamentum ad pondus, Gal. , n'est pas plus réelle que la perfection dans les choses humaines. Tous les tempéraments s'éloignent plus ou moins de ce terme idéal; on ne reconnaît cependant point autant de tempéraments que l'on compte d'organes ou de systèmes d'organes dans la composition du corps de l'homme. La prédominance de l'appareil osseux, par exemple, n'établit point un tempérament particulier; car le rôle que jouent les parties dures dans le mécanisme de la vie est presque entièrement passif, et ces organes exercent sur les autres parties de ]a machine une influence trop peu marquée. Ce sont donc seulement les différences importantes établies par la prédominance des principaux systèmes organiques que l'on caractérise par le nom de tempéraments.

Les différences moins générales et moins importantes , les constitutions individuelles ou idiosyncrasies, sont déterminées par des influences secondaires : ainsi, l'impétuosité des appétits vénériens chez certains individus, l'exlréme voracité de quelques personnes, les irrégularités dans la circulation qu'on observe assez fréquemment, ne constituent point des tempéraments.

Les anciens en admettaient seulement quatre principaux : le sanguin, le bilieux , le mélancolique cl le piluileux. Tout en reconnaissant la vérité des fondements sur lesquels celte division est établie , on peut leur reprocher d'avoir trop limité le nombre des différences observables ; aussi pensons-nous que, lors même que l'on regarderait le tempérament musculaire ou la conslitulion athlétique comme une modificalion du tempérament sanguin, l'existence du lempéraraent que caractérise la prédominance du système nerveux , ne saurait être contestée.

(1) y oyez Erreurs popiiltiircs relatives à la médecine, deuxième édilion, chup. 3.

Si le cœur et les vaisseaux qui font circaler sang dans toutes les parties jouissent d'une activil prédominante , le pouls sera vif, fréquent, rég lier , le teint vermeil , la physionomie animée taille avantageuse, les formes douces , quolq bien exprimées, les chairs assez consistantes, l'eij bonpoint médiocre, les cheveux d'un blond tira sur le châtain; la susceptibilité nerveuse sera a sez vive et accompagnée d'une susceptibilité i pide , c'est-à-dire qu'affectés aisément parlesii pressions que les objets extérieurs font sur cux^l hommes chez qui cet excès des forces circulatoii s'observe passeront assez rapidement d'une idée une autre idée ; la conception sera prompte , la moire heureuse, l'imagination vive et riante; aimeront les plaisirs de la table et de l'amour, jo ront d'une santé rarement interrompue par des ladies; et toutes ces maladies peu graves, modifii par le tempérament , auront principalement li siège dans le système circulatoire [fièvre inflai toire ou angéioténique , phlegmasies , hémorri giesactives) , se termineront lorsqu'elles seroi un degré modéré, par les seules forces de la natu et réclameront l'emploi des remèdes appelés phlogistiques , parmi lesquels la saignée tient premier rang. Les anciens connaissaient, sonsj nom de tempérament «an^m'n, cette disposition corps; ils la regardaient comme produite par combinaison du chaud et de l'humide , et aval très-bien vu qu'elle s'observait surtout chez lesji nés gens des deux sexes, s'exaltait au printemps, son de l'année que l'on a si justement comparée à jeunesse , en appelant cet âge le printemps la vie.

Four que les caractères spécifiques du tempé ment que nous venons de décrire se présenli dans toute leur vérité, il faut que le développent modéré du système lymphatique coïncide avec nergie du système sanguin , de manière que ces d ordres d'organes vasculaires soient dansunjoi équilibre. Les traits physiques de ce tempéram existent dans les belles statues de l'AntinoSt ÏÀpolon du Belvédère ; sa physionomie morale dessine dans les vies de Marc-Antoine et d'A biade ; on en trouve dans Bacchus et les formes le caractère. Mais pourquoi chercher entre les ho mes illustres de l'antiquité ou parmi ses divinili modèle du tempérament que nous venons de crire , tandis qu'il est si facile de le trouver par] les modernes? Aucun , à mon avis, n'en préseï le lype plus parfait que le maréchal duc de Rie lieu : cet homme aimable par excellence , honrej et brave à la guerre, inconstant et léger jusqai fin de sa longue et brillante carrière (1).

L'inconstance et la légèreté sont en effet le pi cipal attribut des hommes de ce tempérament : u extrême variété semble pour eux un besoin aula qu'une jouissance ; bons, généreux et seniiW< (

(1) Mémoires du maréchal de Richclicti toi. in-l ^ Yoluire a siipérieuremcnl peint son caraclèiedanïpl M sieurs pièces do vers qu'il lui adresse :

Uival du conquérant de l'Inde, Tu bois, lu jilais, cl tu combats, tic.

TEMPÉRAMEISTS.

, passionnes , délicats en araour, mais volages, eux le dégoût suit de près la voluplé ; inédil'abandon au milieu des plus enivrantes caresils échappent à la beauté dans l'instant même lie croyait les avoir liés par une chaîne dura- ;i ). En vain celui que la nature a doué du tenament sanguin voudra renoncer aux voluptés sens , avoir des goûts fixes et durables, atteinpar des méditations profondes aux plus abstrai- .érilés : dominé par ses dispositions physiques, ra incessamment ramené au plaisir qu'il fuit , nconslance qui fait son partage , plus propre productions brillantes de l'esprit qu'aux subliconceptions du génie (2). Son sang , qu'un vaste non imprègne abondamment de l'oxigène atphérique , coule avec aisance dans des canaux dilatables, et cette facilité dans le cours et dans stribution de ses humeurs est en même temps luse et l'image des heureuses dispositions de esprit.

']XXIX. Si les hommes de ce tempérament se ni par circonstance à des travaux qui exercent coup les organes de leurs mouvements , les z\es , abreuvés de sucs et disposés à acquérir un loppement proportionné à celui du système uin, augmentent de volume : le tempérament uiu éprouve une grande modification , et il en lté le tempérament musculaire ou athlétique, iirquable par tous le signes extérieurs de la eur et de la force. La tête est très-petite , le renforcé, surtout en arrière, les épaules lar- ; la poitrine ample, les hanches solides, les ini (lies des muscles fortement prononcés. Les MS, les pieds , les genoux , toutes les arlicula- 1 , peu chargées de muscles , paraissent très- ■ es; les tendons se dessinent à travers la peau >3srecouvre; la susceptibilité est peu considéra- ( le sentiment obtus; mais , difficile à émouvoir, i léte entraîne et surmonte toutes les résistances, i|u'il est une fois sorti de son calme habituel. rculeFarnèse nous présente le modèle des attriphysiques de cette constitution particulière du [,8;etce que la fabuleuse antiquité nous raconte exploits de ce demi-dieu nous donne l'idée lisposilions morales qui l'accompagnent. Dans loire de ses douze travaux , sans calcul , sans

') L'histoire de Henri lY, de Régnard et de Mirabeau, 'e qu'à l'amour cxlrôrae du plaisir le» hommes sanjoignent , quand les circonstances l'exigent , une le élévation dans les senlimenls et dans le caractère, ivent donner les preuves des talents les plus distin- »dan8 tous les genres.

j) Je viens de lire dans une gazette une assertion an •» •ingiilière. Tout le monde sait, dit le journaliste , ïewlon était sanguin; et cela prouve bien, ajoute-t- 18 les tempéraments n'ont aucune influence sur le» «té» intellectuelles. Je demanderais au journaliste où •rouTé que Newton était sanguin : le peu de détails it laissés les biographes sur le physique de ce savant porte à croire que son lompcranient était le môflique, que l'on rencontre très-souvent en Angleterre, «•erais prononcer afTirmativement sur de» objets par •rl inxquel» on ne peut arriver qu'à un certain degré ►obabilité; mais sL Newton eût été sanguin, il ne fût iMhlemcnl pas mort vierge, comme on l'assure, à l'ûge «Ire-vingt» ans.

réQexions et comme par instinct , on le voit courageux parce qu'il est fort, cherchant les obstacles pour les vaincre , certain d'écraser tout ce qiji lui résiste, mais joignant à de si grandes forces si peu de finesse , qu'il est trompé par tous les rois qu'il sert et par toutes les femmes qu'il aime. Il serait difficile de trouver dans l'histoire l'exemple d'un homme qui ait réuni aux forces physiques que ce tempérament suppose, une grande somme de facultés intellectuelles. Pour se distinguer dans la carrière des sciences et des beaux-arts , il est besoin d'une sensibilité exquise , condition absolument opposée au grand développement de masses musculaires.

CCXXX. Si la sensibilité est à la fois vive et facile à émouvoir , et qu'à ces dons se joigne la puissance de s'arrêter long-temps sur le même objet ; si le pouls est fort , dur et fréquent, les veines souscutanées saillantes, la peau d'un brun inclinant vers le jaune , les cheveux noirs, l'embonpoint médiocre , les chairs fermes , les muscles prononcés , les formes durement exprimées, les passions serontviolentes , les mouvements de l'âme souvent brusques et impétueux , le caractère ferme et inflexible (1). Hardis dans la conception d'un projet , constants et infatigables dans son exécution, c'est parmi les hommes de ce tempérament que se trouvent ceux qui, à diverses époques, ont gouverné les deslins du monde. Pleins de courage , d'audace et d'activité, tous se sont signalés par de grandes vertus ou par de grands crimes, ont été l'effroi ou l'adrairalion de l'univers: tels étaient Alexandre , Jules-César , Brutus , Mahomet, Charles XII, le czar Pierre, Crorawell , Sixte V, le cardinal de Richelieu.

Comme l'amour, chez les sanguins, l'ambition est , chez les bilieux , la passion dominante. Observez cet homme qui . né d'une famille obscure , végète long-temps dans les rangs inférieurs ; de grandes secousses agitent et bouleversent les empires ; acteur d'abord secondaire de ces grandes révolutions qui doivent en changer la destinée, l'ambitieux cache tous ses desseins , et par degrés s'élève au souverain pouvoir , employant à le conserver la même adresse qu'il mit à s'en rendre maître : c'est, en deux mots, l'histoire de Cromwell et do tous les usurpateurs.

Pour arriver à des résultats d'une aussi grande importance, la plus profonde dissimulation comme la plus opiniâtre constance sont également néccs-

(1) Quelques phrénologiste» intolérants nous accuseront peut-être d'avoir rattaché certaine» dispositions morales à certain» tempéraments, au lieu de les rapporter exclusivement à l'organisation cérébrale. Voici notre réponse : Nous ne méconnaissons pas celte grande vérité^ que le moral de l'homme dérive exclusivement de» cenlrea nerveux ; mais nous pensons qu'il existe souvent un ja^iport entre la conformation cérébrale et l'état constitutionnel, auquel on donne le nom de tempérament. Dans d'autre» cas, l'organisation primitive du cerveau a raodifié lo reste de l'organisme; aussi souvent peut-être l'élat des viscère» a entraîné la prédominance d'action de certaines parties do l'encéphale. Nous ferons môme une concession plus grande: c'est qu'il n'est pas sans exemple que l'on rencontre clie?, un individu sanguin les attributs niorniix que nous avons reconnus aux bilieux, etc., mais nous décrivons ici ce qui a lieu le plu» souvent.

ÉLÉMENTS DB PHYSIOLOOIR.

saires; co sont aussi les qualités les plus ominenlos des bilieux. Personne no les réunissait à un plus haut degré que ce pape fameux qui , parvenu lentement à la prélature, marche pendant vingt ans le dos courbé , et parlant sans cesse de sa ûn prochaine, puis tout-à-coup se redresse fièremenl, et s'écrie : Je suis pape! { Ego sum papa!) (1), frappant à la fois d'étonnemcnt et de stupeur tous ceux qui avaient été dupes de son artifice.

Tel était encore le cardinal de Richelieu , qui s'éleva à un rang si voisin de la suprême puissance, et sut s'y maintenir; craint d'un roi dont il affermissait raulorité , haï des grands dont il détruisait la puissance , fier et implacable envers ses ennemis, avide de tous les genres de gloire , etc. (2).

Les historiens du temps nous apprennent que ce ministre à jamais célèbre présentait tous les traits qu'on a coutume d'assigner au tempéramentbilieux. Gourville nous instruit qu'il fut toute sa vie sujet à un flux hémorrhoïdal très-incommode (3).

Ce tempérament est encore caractérisé parle développement précoce des facultés morales. Sortant à peine de l'adolescence, les hommes que l'on vient de nommer ont conçu et exécuté des entreprises qui eussent suffi à leur illustration. Un excessif développement du foie, une surabondance marquée des sucs biliaires existant le plus souvent avec cette constitution du corps, dans laquelle le système vascnlaire sanguin jouit delà plus grande énergie, au préjudice du système cellulaire et lymphatique; les anciens lui ont donné le nom de tempérament bilieux. Les maladies auxquelles sont sujets les individus qui en sont doués, présentent en effet, tantôt comme principal caractère , tantôt comme circonstance accessoire ou complication, le dérangement de l'action des organes hépatiques joint à des altérations du liquide biliaire. Parmi les médicaments qu'on oppose à ce genre d'affections, les évacuants, et surtout les vomitifs, méritent la plus grande faveur.

Si tous les caractères assignés au tempérament bilieux sont portés au plus haut degré d'intensité, et qu'à cet étal s'ajoute une grande susceptibilité, les hommes sont irascibles , fougueux , et s'emportent pour la moindre cause. Tel Homère nous peint Achille et quelques autres de ses héros.

CCXXXI. Lorsqu'au tempérament bilieux se joint l'obstruction maladive de quelqu'un des organes de l'abdomen , un dérangement quelconque dansles fonctions du système nerveux, que les fonctions vi taies s'exécutentd'une manière faible ou irrégulière , la peau se teint d'une couleur plus foncée, le regard devient inquiet et sombre, le ventre paresseux ; toutes les excrétions se font difficilement ; le pouls est dur et habituellement serré; le malaise général influe sur la teinte des idées; l'imagination devient lugubre , le caractère soupçonneux. Les variétés excessivement multipliées que peut offrir ce tempérament, appelé par les anciens méiancoit-

(1) Fie de Sixte-Quint, 2 vol. in-12.

(2) Voyez son caraclèrc tracé avec mitant fie vérité que (Véloquence , par Thomas , dans la dernière édition de V Essai sur les éloges.

(3) Mémoires de Gourvillc.

que ou atrabilaire ; la diversité des circonstan qui peuvent le produire, telles que les maladie» réditaires, de long chagrins, des éludes opiniâl l'abus des voluptés, etc., doivent faire adopter 1' nion que Clerc a émise dans l'histoire naturelle l'homme malade, où il regarde le tempérament i lancolique moins comme une constitution natun et primitive, que comme une affection morbiQq héréditaire ou acquise. Les caractères de Louis et de Tibère ne laissent rien à désirer pour la dé mination morale de ce tempérament. Lisez dans Mémoires de Philippe de Comines et dans les . nales de Tacite, l'histoire de ces deux tyrans en tifs, perfides, défiants , soupçonneux, cherchai solitude par instinct, et la souillant par tous les tes de l'atrocité la plus barbare et de la débau la plus effrénée. La méfiance et la timidité, joli à tous le dérèglements de l'imagination, forn) le caractère moral de ce tempérament. Le ni ceau dans lequel Tacite peint la conduite ai cieusede Tibère lorsqu'il refuse l'empire qui In offert après la mort d'Auguste, peut en étrcdq comme le tableau le plus parfait. Versœ indè Tiberium preces, etc. Corn. Tacit., Ann., lib. i

Comme l'observe très-bien le professeur Pi dans son Traité sur la Manie, l'histoire des h mes célèbres dans les sciences , les lettres ei arts, a fait connaître des mélancoliques d'an ractère opposé: doués d'un sens exquis, d'an délicat, dévorés d'un ardent enthousiasme pot] beau, capables de le réaliser dans de riches ceptions , vivant avec les hommes dans anej serve voisine de la défiance, analysant avec toutes leurs actions, saisissant dans le sentid jusqu'à ses nuances les plus délicates, maisproi aux interprétations défavorables, et voyant ton! objets à travers le prisme lugubre de la mélancj

Il est extrêmement difficile de peindre ce j pérament d'une manière générale ou abstij Quoique le fond du tableau reste toujours le mi les traits excessivement nombreux sont soa tibles d'une infinité de variations : il vaut i mieux recourir à l'histoire des hommes illnl qui l'ont offert dans toute sa vérité. Le Tasse,! cal , J.-J. Rousseau , Gilbert , ZimmermannI présentent parmi plusieurs autres , et mérill par leur juste célébrité , de fixer plus pari lièrement nos regards. Le premier , né soil climat heureux de l'Italie, proscrit et malheal dès l'enfance; auteur, à vingt-deux ans, do I beau poème épique dont puissent se gloi les modernes; atteint au milieu des jouissa d'une célébrité précoce, de l'amour le plus viJ et le plus infortuné pour la sœur du daJ Ferrare, dont il habitait la cour ; passion ei sive, qui fut le prétexte des plus affreuses pera lions, et le suivit jusqu'à sa mort, arrivée v<| cinquante et unième année de son âge, 1«t d'une pompe triomphale qui lui était prépara Gapitole. . I

(1) Je me nontenlc d'indiquer le» sonrces où Je pi pour tracer riiisloire com|)lcle de» hommes célcbreïJ sidérés sous le rapport de la détermination de leur ta rament. K

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