DE L\ VIEILLESSE
sont complètement effacées ; la position l eleet le peu de développement du gras de la »e, ont été les arguments moins solides que ieux dont se sont servis ceux qui ont voulu ra- CT cette portion de l'espèce humaine , dans jntion de justitier le commerce qu'en font les )ns policées, et l'esclavage dans lequel on la
ins admettre cette croyance , accréditée par la des richesses, on ne peut s'empêcher de conr que les différences dans l'organisation n'enleut une inégalité frappante dans le développei des facultés morales cl intellectuelle^. Celte é éclaterait dans tout son jour , si , après avoir jairement indiqué , comme nous venons de le , les caractères physiques des races humaines, f pouvions développer leurs différences moraussi réelles et non moins prononcées; opposer ivité , la versatilité , l'inquiétude européenne , dolence , au flegme, à la patience asiatique ; iner ce que peuvent sur le caractère des na- 6 la fertilité du sol , la sérénité du ciel , la douda climat; montrer par quel enchaînement de s physiques et morales l'empire des coutumes jt de puissance chez les peuples de l'Orient, M'en trouve aux Indes et dans la Chine les médois , les mêmes mœurs, les mêmes cultes qui aient à une époque de beaucoup antérieure au nencement de notre ère; rechercher par quelle kilarité , bien digne des méditations des philoles et des politiques, ces lois, ce culte et ces nrs n'ont subi aucun changement, n'ont éprouvé ne altération au milieu des révolutions qui ont équemment bouleversé ces riches contrées, 'enrs fois conquises par les Tartares belli-
ri; faire voir comment, par l'ascendant irrélede la sagesse et des lumières, des vainqueurs vants et farouches ont adopté les usages des na- •I qu'ils avaient soumises , et prouvé que l'état onnaire des sciences et des arts chez des peuqni ont, si long-temps avant nous, joui des àfaits de la société et des avantages de la civiii- •n, tient moins à l'imperfection de leur orgale qu'au joug humiliant d'une religion surcharde pratiques absurdes, et qui fait du savoir nage exclusif d'une caste privilégiée (1). Mais pareille entreprise , outre qu'elle excéderait "rnes que nous nous sommes prescrites, n'apient point directement à notre sujet, ss Albinos de l'Afrique, les Cagots des Pyré- ♦ et les Créfm* du Valais, ne peuvent point être ■ és comme des variétés de l'espèce humaine :
er la charpente môrae des os? Voyage en Syrie et en pte, tome I, page 70 de la troisième édition. ) Vojrez , sur la religion des Brames et les coutumes «nnes, V Histoire philosujjhicjue et politique, elc, par bornas Raynal. On doit encore assigner pour cause npale du défaut de progrès des peuples de i'Iiide et de Une dans les arts et dans les sciences nés de la civili- .n, Pimpcrfection de leur alphabet, composé d'une ■iitude de caractères qui , comme les nôtres, ne reprétmtpas les sons, mais les idée s. 11 n'est pas de mon obî démontrer combien des signes aussi défectueux doi- 1 en restreindre la sphère el en entraver les rombinui-
cc sont des êtres infirmes, faibles, dégradés, incapables de reproduire leur existence, et la traînant misérablement au milieu d'une population saine» vigoureuse et robuste.
On ne doit point ajouter foi à ce qu'ont écrit quelques voyageurs sur l'existence des peuplades de géants qui se sont offertes sur les côtes magellaniques. Les Palagons, sur la taille desquels les diverses relations s'accordent si peu , sont des hommes très-bien conformés , cl dont la stature n'excède guère la nôtre de plus d'un quart de mètre (9 à 10 pouces). Les Lapons, dont la taille est la plus raccourcie, ont en moins ce que les Palagons offrent en plus ; elle ne va pas au-delà de qualre pieds à quatre pieds el demi. Au milieude nos sociétés, quelques individus s'élèvent de temps à autre assez au-dessus de la hauteur commune pour mériter le nom de géants , tandis que d'autres, rapetissés dans toutes leurs proportions, offrent l'image des pygmées : tel était , parmi ceux-ci , Bébé , nain de Stanislas , roi de Pologne ; et parmi les premiers , Goliath , dont il est parlé^ au livre des Rois , chapitre XVII , verset 4 ; le roi Og, également cité dans l'Écriture (Deutéronome, chapitre III, verset 2) , et plusieurs autres dont la taille varie entre 1 mètre 943 millimètres à 3 mètres 247 millimètres (6 et 10 pieds) de hauteur.
CCXXXV. De la vieillesse et de la décrépi' tude. Le corps humain , qui , dès la vingtième année de la vie, a cessé de croître en hauteur, augmente dans toutes ses autres dimensions pendant les vingt années qui suivent; après quoi, loin de s'accroître, il dépérit et perd chaque jour des forces qu'il avait acquises. Le décroissement suit la même marche que l'accroissement. Il n'est pas plus rapide, puisque l'homme, qui met de trente à quarante années pour arriver à l'apogée de sa yigueur, emploie un même espace de temps pour descendre vers la tombe, lorsqu'aucun accident ne l'y précipite et ne hâte sa mort (1). Le volume total du corps diminue, le tissu cellulaire s'affaisse, la peau se ride, principalement celle dn front et du visage; les cheveux et les autres poils grisonnent, puis blanchissent ; l'action organique devient languissante ; les humeurs sont plus disposées à la pulréfacUon (Hunier) : aussi toutes les maladies par débilité sont-elles et plus graves et plus fréquentes.
La diminution du volume total du corps, chez les vieillards , fait souvent place à une augmentation réelle. L'individu croît en embonpoint ; mais le système graisseux est le siège exclusif de ce développement : il paraît résulter d'un défaut de forces sufflsanles pour l'assimilation complète de la matière nutritive. Cette grosseur , acquise par l'effet de l'embonpoint chez les personnes avancées en âge , est loin d'être favorable à l'exercice libre ,
(1) La durée de la vie peut se mesurer par celle de Taccroisscment. Un chien, qui ne croît que pendant deux ou trois années, ne vit que dix ou douze ; l'homme, qui est trente uns ù croître, vit quatre-vingt-dix ou cent ans. Les poissons vivent des siècles, parce qu'ils mcUcnt à se développer un grand nombre d'années, etc.
ÉLÉMENTS DE PHYSIOtOGlE.
régulier et facile do8 fonctions ; certains organes surchargés do graisse paraissent comme embarrasses d'un poids incommode, cause nouvelle do lenteur et d'embarras dans les mouvements organiques : aussi a-t-on cru remarquer qu'en général la maigreur est, chez les 'vieillards, préférable à l'embonpoint ; qu'elle est pour eux un gage plus assuré de longévité.
La caducité succède à la "vieillesse. La sensibilité des organes est émoussée; les forces morales et physiques baissent sensiblement: l'homme cesse d'être affecté de la même manière par les corps qui l'environnent; il porte sur ce qui l'émeut des jugements faux, parce que son amour-propi'c l'empêchant de tenir compte des changements qu'il a subis, il aime mieux attribuer à une dégénération universelle la différence qui existe entre les sensations qu'il éprouve maintenant et celles qu'il éprouvait dans les temps de sa jeunesse : laudalor temporis acti. Les digestions sont mauvaises, le pouls faible et tardif, l'absorption difficile par la presque oblitération des vaisseaux lymphatiques et le durcissement des glandes conglobées , les sécrétions languissantes, la nutrition imparfaite. Le vieillard met de la lenteur dans toutes ses actions , âc la roideur dans tous ses mouvements; ses cheveux tombent , ses dents abandonnent leurs alvéoles; les cartilages s'ossifient; les os poussent des végétations irrégulières, et se soudent les uns aux autres; leur cavité intérieure s'agrandit; tous les organes s'appauvrissent; les fibres se dessèchent et se racornissent. Les os deviennent plus légers; comme tous les autres tissus, ils perdent plus qu'ils ne réparent, s'amincissent; et cette espèce de consomption est surtout marquée dans les os du crâne, que les mouvements continuels du cerveau usent et détruisent en quelque sorte par leur surface intérieure (CXLIX).
L'ossification de certains cartilages , tels que ceux des côtes et des vertèbres , a des effets remarquahles. Les côtes , se soudant en quelque manière au sternum, n'éprouvent plus qu'imparfaitement le double effet d'élévation et de torsion, d'où résulte l'agrandissement de la poitrine. Cette cavité se dilatant moins amplement , les combinaisons pulmonaires , sources abondantes de la chaleur animale , s'effectuent moins pleinement ; ce qui , joint au défaut de ton et d'énergie dans les poumons et tous les organes , fait que la température du corps , quoi qu'en ait dit De Haën , baisse un peu dans la vieillesse, comme c'était l'avis du père de la médecine (1).
Ces lames fibro-cartilagineases, à fibres obliques et croisées , qui unissent si fortement ensemble les corps des vertèbres , se durcissent, se dessèchent, se racornissent, s'affaissent sous le poids du corps, et ne se rétablissent plus dans leur première épaisseur ; de manière que la stature baisse, que le corps se raccourcit et décroît véritablement; en outre, l'affaiblissement des muscles érecteurs du tronc fait que le poids des viscères courbe en avant la colonne vertébrale, dontles diverses pièces peuvent se sou-
(l)Sciiibag aulcm modicus est calor.... frigidum est eniiii ipsurum corpus. Hip]!. aph. 14, scct. 2.
der dans ceWe attitude, de manière que toute la lonne, formée de vingt-quatre vertèbres, se rédulL à sept ou huit os bien distincts. II ne faut cependc ' point croire que toutes les parties molles dévie nent plus compactes ; car plusieurs , telles que muscles, se ramollissent! I ) , comme l'a obser llaller, et semblent eu perdant de leurs proprici vitales , incliner vers une prochaine dissolution que la mort soit uniquement due à l'accumulatï du phosphate calcaire , qui se dévie sur tous les A ganes , ossifie les vaisseaux, et enraie le jeu de to les rouages de la machine animée. Si celte matié ^ terreuse envahit toutes les parties du système ai mal , c'est que les forces digestives, graducllem affaiblies , cessent de frapper les substances alimi taires du caractère qui leur convient. L'eiubérai des sels calcaires est donc moins la cause q l'effet de la destruction successive des puissani vitales.
La lenteut , la roideur , la difficulté des motr ments,ne tiennent point, autant qu'on le pense, durcissement des ligaments et des autres orgai fibreux: les ligamentsse relâchent et se ramollisse au point qu'il est plus facile d'effectuer des luxatio sur les cadavres des personnes avancées en â| Chez elles aussi , des organes , consistants dans jeunesse, deviennent flasques et mous: tel le cœi qui s'affaisse sur lui-même chez les vieillards, U dis que ses cavités se conservent, leurs parois ne rapprochant point tout-à-fait chez les jeunes ge et chez les adultes.
Le cerveau devient plus dur , plus consistas moins soluble dans les alcalis ; les impressiooi sont plus difficiles., et les mouvements nécessaii aux opérations de l'intelligence s'exécutent a^ peine. Ainsi , dans la décrépitude , l'homme moi descend à une seconde enfance : borné à quelqt souvenirs qui, bientôt confus, finissent par dis| raître , incapable de juger et de vouloir, fenni de nouvelles impressions , le sommeil repre son empire ; réduit à une existence végétative, dort la plus grande partie de la journée, ne se i veille que pour satisfaire à ses besoins physiqnj pour prendre des aliments qu'il digère av peine; car d'abord le défaut de dents l'empêc d'en diviser assez les molécules ; en second lie les sources de la salive , des sucs gastriques intestinaux , sont presque taries , la bile et toni les liqueurs ont moins d'activité, le tube int( linal est sans vigueur et sans force. On regard^ la rigidité universelle comme une des principaj causes de la mort, si l'on fait attention que' femmes, dont les organes, naturellement p mous, arrivent plus tard à cet état, sont plus vaces que les hommes, et offrent des exemples pl nombreux de longévité.
Le corps meurt donc peu à peu et par degr( dit l'éloquent M. de Buffon ; la vie s'éteint F nuances successives, et la mort n'est que le dern' terme de cette suite de degrés , la dernière nw" de la vie.
(1) Non ergô in solâ rigiditale causam senu raoi^ oportet poncrc j nam ex defectii irrilabilitalis, r'"""" scnibiis miisculi languent, mollcsquc pendent, phy»., t. 'Vlll,in-4°, lib, xxx.
DE LA MOiRT.
XXXVI. De la mort. Long-temps en effet le terme de sa fin naturelle, l'homme est , de la faculté de se reproduire ; et, dans lo de l'agonie plus ou moins prolongée qui
0 passage entre là vie et la mort , ce sont d'ai les organes des sens qui deviennent insensi- ! 1 toutes sortes d'impressions; les yeux s'ob-
issent. la cornée se flétrit, les paupières so 1 ?nt, la voix s'éteint, les membres et le tronc
;ans mouvement, et cependant la circulation respiration continuent à s'exécuter : elles
.'ni par s'éteindre, la première d'abord dans
lisseaux éloignés du cœur, puis, de proche
oche, le sang s'arréle dans les troncs voif, e cet organe. La respiration, graduellement
:ie, étant tout-à-fait suspendue après une , jxpiralion (1) , les poumons ne donnent plus y à celui que les veines rapportent de i i parts au cœur. Ce liquide séjourne dans ) vités droites de cet organe , qui meurent les
ires (ultimum moriens) , et, se laissant dis-
1 par le sang qui s'y accumule, acquièrent apacilé bien supérieure à celle des cavités es, qui se vidcntd'une manière plus ou moins lète.
est le mécanisme suivant lequel s'accomplit rt naturelle. Le cerveau ne reçoit déjà plus UT affaibli une quantité de sang assez consi- Ic pour que la sensibilité subsiste; il reste e un peu de contractilité dans les muscles I atoires; elle se consume , et le mouvement I atoire du sang s'arrête avec la vie de tous les es, dont ce liquide est un des principaux 1 irs.
int à la mort accidentelle , c'est toujours la ion de l'aclion du cœur et du cerveau qui la nine ; car la mort des poumons n'entraîne le tout le corps qu'en empêchant l'action du c , en interrompant son influence sur l'organe < halique. La vie s'éteint donc de la circonféau centre , dans la mort naturelle : la mort nielle frappe au contraire le centre avant les nilés.
uvrage de Bichat (Recherches sur la Vie et sur ' rt) laisse peu de choses à désirer sur la ma- (lont les organes de l'économie animale ces- "agir à notre dernière heure; mais cet auteur, e tous ceux qui l'ont précédé, a borné ses rches à certaines fonctions; aucun d'eux n'a ! do les étendre jusqu'aux phénomènes de n cérébrale, et n'a tracé l'ordre suivant le- 'évanouissent les diverses facultés des sensaet de la pensée. Je vais , historien fidèle , exles résultats de plusieurs centaines d'obser- ^ is que j'ai faites sur cet objet.
phénomènes par lesquels a commencé la vie ' lussi ceux par lesquels elle s'achève. La cir-
Cetle puis.sante et dernière expiration, que souvent 'iraccompagne, dôpend-elle de la contraction spasle de» muscIcB expiraleiirs ? ou ne tient-elle pas plu- I réaction des pièces élastiques qui entrent dans la fition de la poitrine, et à la rétraction également uedu poumon, puissances passives qui cessent tould'élre contre-balancées par les contractions mns-
culation s'est offerte la première : elle e«l aussi la dernière qui exécute. Les battements de roreillclte droite sont le premier mouvement du cœur qu'on observe sur l'embryon : c'est aussi le dernier que l'on aperçoit chez l'agonisant. Les phénomènes nutritifs auxquels l'existence du fœtus est, comme on l'a dit , presque entièrement bornée , continuent encore lorsque les organes destinés à nous mellro en rapport avec les êtres qui nous environnent , sont plongés depuis long-temps dans un sommeil dont ils ne se réveilleront plus.
Yoici l'ordre dans lequel les facultés inlclIectHelles cessent et se décomposent. La raison , cet attribut dont l'homme se prétend le possesseur exclusif, l'abandonne la première. Il perd d'abord la puissance d'associer des jugements , et bientôt après celle de comparer , d'assembler , de comhiner , de joindre ensemble plusieurs idées pour prononcer sur leurs rapports : on dit alors que le malade perd! la tête , qu'il déraisonne , qu'il est en délire ; celuici roule ordinairement sur les idées les plus familières à l'individu ; la passion dominante s'y fait aisément reconnaître. L'avare tient sur ses trésors enfouis les propos les plus indiscrets; tel autre meurt assiégé de religieuses terreurs. Souvenirs délicieux delà patrie absente, vous vous réveillez alors avec tous vos charmes et dans toute votre énergie !
Après le raisonnement et le jugement, c'est la faculté d'associer des idées qui se trouve frappée de la destruction successive. Ceci arrive dans l'état connu sous le nom de défaillance , comme je l'ai éprouvé sur moi-même. Je causais avec un de mes amis, lorsque j'éprouvai une difficulté insurmontable à joindre deux idées sur la ressemblance desquelles je voulais former un jugement ; cependant la syncope n'était pas complète; je conservais encore la mémoire et la faculté de sentir ; j'entendais distinctement les personnes qui étaient autour do moi dire il évanouit , et s'agiler pour me faire sortir de cet état, qui n'était pas sans quelque douceur.
La mémoire s'éteintensuite. Le malade qui, dans son délire , reconnaissait encore ceux qui l'approchaient, méconnaîlenfin ses proches, puis ceux avec lesquels il vivait dans une grande intimité.
Enfin il cesse de sentir ; mais les sens s'éteignent dans un ordre successif et déterminé: le goût et l'odorat ne donnent plus aucun signe de leur existence; les yeux se couvrent d'un nuage terne , et prennent une expression sinistre; l'oreille est encore sensible aux sons et au bruit. Voilà sans doute pourquoi les anciens , pour s'assurer de la réalité de la mort, étaient dans l'usage depousserdegrands cris aux oreilles du défunt. Le mourant ne flaire , ne goûte, ne voitet n'entend plus ; qu'il lui reste la sensation du toucher, il s'agite dans sa couche, promène ses bras au dehors , change à chaque instant de posture ; il exerce, comme nous l'avonsdcjadit, des mouvements analogues à ceux du fœtus qui remue dans le sein de sa mère. La mort qui va le frapper ne peut lui inspirer aucune frayeur, car il n'a plus d'idées, et il finit de vivre comme il avait commencé, sans en avoir la conscience.
CCXXXVII. Époque de la mort. Elle est à peu près la môme pour tous les hommes , qu'ils vivent
ÉLÉMENTS DE l'IlYSIOI.OGIE.
près des pôles OU sous l'oquatcur, qu'ils n'uscnlquo d'uiiraenls végétaux ou qu'ils se nourrissent exclusivement de chair, qu'ils mènent une vie laborieuse ou qu'ils consument leur existence dans une paresse honteuse et dans une coupable oisiveté , on n'en voit guère qui prolongent leur carrière audelà de la centième année. On possède cependant plusieurs observations d'hommes qui l'ont poussée bien au-delà : tels ces vieillards dont il est fait mention dans les Transactions philosophiques , et dont Tun a vécu cent soixanle-cinq ans. Le plus grand nombre ne finit pas la révolution séculaire, et la mort, même naturelle, nous atteint delà soixante-quinzième à la centième année.
La différence des climats, qui n'en produit aucune dans la durée de la vie , jouit cependant d'une influence bien prononcée sur la rapidité de l'accroissement. La puberté, l'âge viril , la vieillesse, arrivent beaucoup plus tôt dans les pays chauds que dans les contrées septentrionales; mais ce développement précoce, qui abrège la durée des premières périodes de la vie , augmente proportionnellement celle de la vieillesse.
Il est, au reste, difficile de dire à quelle époque commence précisément ce dernier âge. Est-ce vers la quarantième année, lorsque le corps commence à décroître et à s'affaiblir? Prendra-t-on le changement de couleur des cheveux comme le signe certain de la vieillesse? Mais on voit chaque jour des jeunes gens blanchir avant l'âge. S'en tiendrat-on à la cessation des fonctions génitales, à l'impossibilité de se reproduire? Mais la fécondité, dont le terme, marqué par la cessation de l'excrétion menstruelle , est si facile à fixer chez la femme , n'a rien de certain , pour sa durée , chez l'homme ; l'émission de la liqueur séminale n'en est pas un signe assuré , par la difficulté qu'il y a de distinguer les mucosités des vésicules et l'humeur que iournit la prostate, du sperme ■vraiment prolifique; l'érection n'en est pas non plus un symptôme plus sûr, cet état pouvant dépendre de quelque irritation sympathique, de la compression des vésicules par la vessie pleine d'urine. Il est plus difficile qu'on ne pense de constater par l'observation l'âge auquel les mâles, dans l'espèce humaine , sont tout-à-fait privés du pouvoir d'engendrer ; et l'on peut dire qu'en fixant de quarante-cinq à cinquante-cinq ans , pour nos climats, le commencement de la vieillesse , il est cependantdes individus vieuxavantcet âge, comme on en voit qui , après cinquante-cinq ans , offrent tous les attributs de la virilité. L'époque climalérique de soixante-trois ans est celle de la vieillesse confirmée ou décidée. Quelles que soient les précautions dont il ait usé dans le régime, tout homme est vieux à cet âge ; et il lui est impossible de se le dissimuler.
CCXXXVIII. Probabilités de la vie humaine. L'homme meurt à tout âge ; et si la durée de sa vie surpasse celle de beaucoup d'animaux, la multitude des maladies auxquelles il est exposé la rend bien plus incertaine, et fait que le plus petit nombre arrive au terme naturel de l'existence. On a cherché à connaître les probabilités de la vie, c'esl-à dire à constater par l'observalion combien
d'années peut encore espérer celui qui en a d un nombre déterminé. D'après des reccnseme fails avec le plus grand soin , de l'âge auq sont morts un grand nombre d'individus, ei comparaison du nombre des décès avec celui naissances, on est parvenu à constater que le q environ des enfants meurt dans les premiers o mois de la vie, le tiers avant vingt-trois moU moitié à peu près avant d'avoir atteint l'âge de b ans. Les deux tiers du genre humain périssentat la trente-neuvième année, les trois quarts av la cinquante-unième ; ensorte que , comme 1' serve liuffon , de neuf enfants qui naissent, seul arrive à soixante et dix ans; de trente-lr un seul à quatre-vingts; tandis que, sur deux c quatre-vingt-onze, un seul se traîne jusqu'à qaa vingt-dix ans; et enfin un seul, sur onze milieu cent quatre-vingt-seize , languit jusqu'à cent révolus.
Le terme moyen de la vie est de huit ans, soi le même auteur, dans un enfant qui vient de nat A mesure qu'il avance en âge, son existence de? plus assurée ; etlorsqu'il a passé sa premièreao il peut raisonnablement espérer de vivre jusqn' trente-troisième. La vie s'affermit de plus en jusqu'à sept ans, âge auquel l'enfant qui ar aux organes de la première dentition , peut co 1er sur quarante-deux ans et trois mois de vie.i cette époque, la somme des probabilités, jusqu'à graduellement accrue , éprouve une dimina progressivement décroissante ; ensorte que l'e qui a atteint sa quatorzième année ne doit ph pérer que trente-sept années et cinq mois; l'ho: de trente ans , vingt-huit ans encore ; et enfin de quatre-vingt-quatre ans , une seiile année, quatre-vingt-cinquième à la quatre-vingt-dixiè la probabilité reste stationnaire ; mais , pa" temps , l'existence est on ne peut plus précai se traîne péniblement jusqu'à sa fin. Tel estl sultat moyen des observations et des calculs divers degrés de probabilité de la vie humaine, parHalley, Grant, Kersboom, Wargenlin, Sym Desparcieux, Dupré de Sainl-Maur, Buffon, d'A bert, Barthez et Mosîrgues.
Des observations faites dans le cours de ces niers temps , il résulte que la durée moye» la vie humaine s'est accrue de deux à trois an C'est à la vaccine qu'est due cette améliora L'introduction de cette pratique salutaire , la pression du célibat monastique , jointes à quel autres influences morales, ont jusqu'ici prése population européenne d'une diminution sens' malgré les causes qui , depuis un certain no d'années , tendent si efficacement à en arr^ progrès. Bien plus , la nation française , qui, r' fin du dix-huitième siècle, et surtout penda premières années du dix-neuvième , a vu l'éll sa population moissonnée par la faux de la ga présente , durant les vingt-cinq années qui vie de s'écouler , un accroissement incontestable le nombre des individus qui la composent. L nombremcnts les plus exacts, fails au comfflC ment de la révolution (1789), donnent à pcinel cinq millions d'habitants pour la France en peuplée de trente et un à trente-deux m»'