DE LA CO:!*FIGURATI0N
Si nous comparons d'abord les animaux avec les végétaux sous le rapport du volume et de la masse, nous voyons que les premiers , si l'on excepte quelques formes colossales, comme les cétacés, les éléphants, les rhinocéros, les autruches , les serpents gigantesques, les crocodiles, diverses sortes de tortues et des poissons , offrent en général, ou pour la plupart , des masses moins volumineuses que les plantes. Presque tous les arbres se font remarquer par une grosseur très-considérable, et surpassent de beaucoup les animaux, même ceux dont il vient d'être question , relativement à la masse. D'un autre côté . les végétaux , à l'exception des cryptogames, ne présentent jamais de si petites formes que celles qu'on voit dans les classes des infusoircs , des polypes , des vers , des mollusques , des insectes , des arachnides et des crustacés. Les manifestations d'activité qui constituent la vie des animaux paraissent donc limiter l'accumulation de la masse , tandis que la vie des plantes se manifeste principalement par l'accroissement de leur corps en volume.
Les végétaux et les animaux se ressemblent, eu égard à la forme extérieure , en ce qu'ils sont terminés les uns et les autres par des lignes courbes ou onduleuses , ainsi que par des surfaces non planes et la plupart du temps arrondies. Les formes végétales et animales les plus simples, par exemple, certains champignons pulvérulents dans le règne végétal , et les monades dans l'autre , ont une grande ressemblance ensemble, à raison de leur forme globuleuse. Si nous faisons abstraction de ces plantes , de quelques autres qui sont alongées en filaments , et conferves , et de divers animaux présentant la même forme, les vibrions , on voit qu'il existe cette différence entre les végétaux et les animaux, relativement à la configuration, que les premiers ont une tendance prédominante à s'alonger et s'étendre , sous forme rameuse , dans deux directions opposées (1), tandis que les autres en ont uue à se concentrer , et que leur corps prend de préférence la forme d'une sphère ou d'un cylindre, dont la surface se hérisse de rayons.
Le corps des plantes d'organisation compliquée, les phanérogames , est divisible, par une ligne horizontale , eu deux moitiés, dont l'une se porte vers la lumière solaire, sous la forme de tige, avec divers prolongements, branches, feuilles et fleurs , tandis que l'autre , constituant la racine , ses divisions et ses fibrilles , s'enfonce dans la terre , ou vers le sol des eaux , et fait l'influence de la lu-
(l) Ces plunlcs les plus simi)lesou cellulcuscs sont celles dans Icscpicllcs ou aperçoit le moins celle tendance.
TRAITÉ DE PHYSIOLOGIE
mièic (1). Au reste , on sait assez que les diversesplantes offrent une inOnie diversité dans le nombre, la forme , la situation . la direction , la longueur , l'épaisseur et la disposilion des deux parties qui se portent ainsi en sens opposé l'une de l'antre. Cependant chaque famille, chaque genre, chaque espèce a son type particulier sous ce rapport.
Chez les animaux , c'est toujours la forme globuleuse ou cylindrique qui prédomine plus ou moins, c'est-à-dire, qui faillabase. On peut s'en con- \aincre surtout dans les animaux les plus simples, les infusoires. Les monades représentent de véritables masses cylindriques ou ovalaires. Quand la sphère est aplatie ou déprimée , il en résulte la forme de plaque, que nous apercevons dans les cyclidies, les paramécies et les kolpodes. Que cette sphère ou l'ovoïde s'alonge en deux sens contraires , il en résulte le cylindre, dont les infusoires nous offrent déjà un exemple dans le genre enchelis. Le cylindre prolongé à un degré extrême produit la forme de fil , comme dans les vibrions. Ailleurs des appendices surviennent au globule ou au cylindre, comme on en voit dans les Irichodes, les cérsnnes et les cercaires. Si la sphère ou le cylindre s'ouvre sur un point quelconque , ce qui produit une bouche , et que celte ouverture soit entourée d'appendices en manière de rayons , nous avons la for«ie des polypes , des vorlicelles , des hydres , des beroes, des actinies , etc. Lorsque la sphère ou le disque envoie des prolongements à sa circonférence , il en résulte la forme rayonnante , que nous apercevons dans les méduses, les équorécs, les cudores, les pélagies , les cassiopées , les porpiles, etc. Ici l'ouverture buccale située au milieu du disque est dirigée en dessous.
La forme globuleuse , cylindrique et rayonnée se montre à nous plus compliquée dans les enlozoaires , les radiaires , les annélides et les mollusques. Les hydatides sont des vers intestinaux sous forme globuleuse ; les ascarides et lombrics , sous • forme cylindrique; les \ers plats, sous forme de disque alongé ; les ténias , sous forme de ruban articulé. Parmi les radiaires , il en est chez lesquels des proloûgements ou appendices en manière de rayons parlent d'une sphère , comme dans les oursins , ou d'un cylindre, comme dans les holothuries, ou de la circonférence d'un disque, comme dans les astéries. Le corps des annélides est divisé par des étranglements ou segments qui ressemblent à des anneaux , soit sous forme cylindrique , comme dans les vers de terre , les dragonneaux et les siponcles , soit sous forme de ruban , comme dans les sangsues et les planaires. Le cylindre est garni de rayons à l'une de ses extrémités, où se trouve la bouche , comme dans les vers tubicoles ; ou bien on observe , tant à cet endroit que sur le corps alongé en ruban , des appendices latéraux, de forme très-variée , comme dans les arénicoles, les amphinomes, les néréides, les amphitrilcs el les
(1) DiccANDor-LK, Orijaiiographie végétale , t. 1 , p. 2i9. « Un végétal est composé de deux cône» (dans les exogè- )) nés), ou (le deux cylindres (dans les endogéntu), appli- » que» par leur» bases , disposés dans le sens -verliciil , cl 3. s'aloii"eant indéfiniment par leurs cxtrcinilés, ii
aphrodites. Chez ces animaux , on distingue den faces , une dorsale et une ventrale , et deux exln il mités, l'une buccale ou céphalique , l'autre anal ou caudale. La forme des mollusques est Irès-vi riée; le corps forme un sac arrondi , ovale oui lindrique, garni d'une bouche , el d'un anus, comii dans les ascidies el les biphores ; ou bien il eslovali ou oblong , comprimé latéralement , el garni k les cotés de prolongements membrauiformes,doi ijîi les plus extérieurs , appelés le manteau , sont coi u verts d'écaillés calcaires, comme dans lesaccphale n Les coquilles sonl symétriques ..telles que ceU( des pinnes , des arches, des moules , des anodonle If ou non symétriques , comme dans les anomies,]i huîtres , etc. Le corps est ovale et garni de i hranes latérales en manière de nageoires , coa dans leshyales ; ou cylindrique , pourvu d'uD que en dessus et de deux appendices en dev^ comme dans les gastéropodes. Ici le dos esti nu et libre , comme dans les limaces , tantôt coi vert de pinceaux , comme dans les thélis , lesti it lonies elles éolides ; tantôt enfin enveloppé d'pi coquille calcaire , de forme très-variée , comn l| dans les patelles, les haliotides , les murex,! volutes, les lurbo , les nériles , les janlhines,! Enfin le corps est alongé, cylindrique ou ovalair I et il a une téle séparée par un col , de laquelle pa 1 tent des prolongements rayonnes et armés < i suçoirs, comme dans les céphalopodes.
Chez les animaux d'un ordre supérieur on pli il composés , nous voyons plus ou moins disliad lî' ment les formes globuleuse et cylindrique , avi W des prolongements en manière de rayons, app risi raître ensemble. La première se montre divei ment modifiée à l'une des exîrémités du corps, | tète. La seconde se manifeste au tronc , tantôt r guliérement cylindrique , comme dans les serpeu l el quelques poissons ; tantôt aplatie en façon i« disque , dans les raies , les grenouilles et les tfl tues ; parfois comprimée latéralement , comn H dans la plupart des poissons, des sauriens, oiseaux , et des mammifères. Enfin les prolong menls attachés aux deux côtés du tronc représe ■ tent les membres, les nageoires, les pattes el 1 ^| ailes. La téle , le tronc et les membres sont séf jji, rés à l'extérieur par des échancrures , c'est-à-di que les animaux sont extérieurement arlicalé^lj comme les insectes , les arachnides et les cruslacé V ou bien la division est interne , et elle n'est iw y quée ail dehors que par des rétrécissements pins i V moins prononcés , comme dans les mammifèri Chez ces derniers, la tète se partage à son tour > \f cràue el en face. Le tronc est plus ou moins seft t blemenl divisé en col , poitrine , ventre et appe v>i dice caudal. Les membres eux-niémes présente»! différents degrés dans leurs divisions. Chez lousl animaux on Irouve trois opposiHonsbien exprinaet % savoir extrémité céphalique et extrémité caudal % face dorsale et face ventrale , côté droit et f h gauche.
L'histoire naturelle enseigne du reste jusq' \k quel point les formes qui r.e peuvent être q" diqnées ici sonl modifiées el combinées dans i.^. nombreuses espèces animales.
La plupart des animaux , savoir les mamtni''"^'
GÉNÉRALE ET COMPARÉE
oiseaux , les reptiles, les ciuslace's , les arachs , les insectes , les aunolitles el même ud d nombre de mollusques , sont symétriques, posés de deux moitiés semblables pour la forme Mcs dans le sens longitudinal du corps. 11 y en u qui lassent exception à celte règle ; tels sont , n les poissons, les pleuronecles, qui ont les . yeux rejelés d'un seul côté du corps ; tels sont )re quelques gastéropodes chez lesquels les ces des organes respiratoires, de l'anus et des ies génitales sont situés sur le côté , et divers tiilcres dont les deux valves ne sont point syiqucs. La symétrie se montre dans la disposition (inéc chez les radiaires. Elle disparaît chez la art des animaux dont le tronc est raraeux. Géant les coraux eux-mêmes doivent à proprel parler être rangés parmi les animaux symées , puisqu'il faut moins les regarder comme •Ires simples que comme des réunions d'indi- , nombreux dans chacun desquels on retrouve raétrie.
1 ne peut pas méconnaître qu'il règne égant une certaine symétrie dans les plantes , que Decandolle l'a démontré naguère encore;
elle n'y est ni aussi prononcée , ni de la le espèce que chez les animaux. Eu particule corps de ces êtres n'est point composé de
moitiés ayant la même forme el unies dans ns du diamètre longitudinal. C'est seulement
quelques parties des plantes, les feuilles, leurs , les capsules , les fruits el les graines , lous apercevons souvent une disposition symée de celle espèce, de même que nous en ns presque toujours une rayonnée dans l'aroment des organes qui servent à la reproon.