‹ Nouveaux éléments de physiologieChapitre 40 sur 102 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DU l'aGBÉGATION ou STUCCTCRE.

!S animaux el les végélanx sont composés les et les autres de parties liquides el de parties es. Cependant la quantité des liquides est en ral plus considérable dans les premiers que les plantes ; aussi ont-ils plus de mollesse. Ils nème de la différence à cet égard entre les dianimaux, puisque ceux qui vivent dans l'air en général plus consistants que ceux qui font séjour dans l'eau , ce dont on peut se convainn comparant les mammifères , les oiseaux et isecles avec les poissons, les mollusques aqua- ;8, les vers, les méduses et les polypes. Celte rence paraît tenir à ce que l'évaporation est abondante dans l'air, tandis qu'elle est moinlans l'eau , où se fait en même temps l'absorpd'une grande quantité de liquide, îs parties liquides el solides des animaux el des tes présentent des différences relativement à la lectàla composition. Les liquides que l'on vc dans les animaux compliqués , le chyle , le , le mucus , la salive , le suc pancréatique , la

bile , l'urine et les liqueurs génitales différent de ceux des végétaux , la sève , le cambium , la liqueur des nectaires et les liquides tant gorameux que résineux qni se déposent dans diverses cavités. En général, le nombre des liquides , surtout de ceux qui sont sécrétés, est plus grand chez les animaux que dans les plantes. Quant aux solides qui entrent dans la composition des uns et des autres , ils offrent de bien plus grandes différences , que je vais exposer brièvement.

Les végétaux les plus simples, les plantes celluleuses ou acolylédonées , les algues, les champignons , les lichens el les mousses , quoique présentant une grande diversité dans leur configuration , sont composés d'une substance la plupart du temps homogène , formant des cellules arrondies ou oblongues, souvent en manière de sac, dans lesquelles se trouvent des liquides ou une substance grenue, sans qu'on puissi? distinguer aucune sorte de tissu. Lors morne qu'il existe à l'extérieur des parties qui diffèrent les unes dds autres par la forme, comme des racines , des liges et des feuilles, ces parties ne présentent cependant point d'hélérogénéilé sensible dans leur texture. Le passage des acolylédonées aux plantes plus composées est marqué par les charagnes , les fougères , les prèles , etc. , dans lesquelles on aperçoit des tissus hétérogènes , mais qui deviennent prononcés surtout dans les phanérogames , monocolylédonées et dicotylédonées. Toutes ces plantes sont composées de lissn cellulaire, d'un tissu lubulaire ou vasculaire, de vaisseaux spiraux el de vaisseaux nourriciers, et enveloppées à l'extérieur par un épiderme bien apparent. On peut les appeler , avec Decandolle , plantes vasculaires.

Le tissu cellulaire , première chose que l'on aperçoive dans la formation d'une plante ou d'une jeune partie de plante , est une substance molle , homogène , dans laquelle on distingue , avec le secours du miscroscope , de petites vésicules ou des globales , ainsi que l'ont démontré Malpighi, Grew, Sprengel , les frères Treviranus , Link el autres. Dans le tissu cellulaire développé , au contraire , se voient des vides , des cellules proprement dites , entourés de parois membraneuses solides, ayant des formes et une grandeur différentes , et contenant des matières diverses. Ces cellules, d'après les recherches de Treviranus, Kieser, Dupetil- Thouars , Pollini , Amici , Dutrochet , Turpin et Decandolle, paraissent être composées de vésicules placées les unes à côté des autres el confondues ensemble. Dans le tronc et la tige , le tissu cellulaire entoure les vaisseaux spiraux , de môme que dans l'écorce il enveloppe aussi les vaisseaux nourriciers contenant le cambium. Au milieu du bois des arbres el des arbrisseaux , il représente la moelle. Il existe souvent entre les cellules, de la moelle surtout, et , dans les graminées, entre les vaisseaux spiraux, des vides oblongs ou des conduits, que L. C. Treviranus a nommés canaux intercellulaires. Dans la moelle, principalement dans la tige des ombellifères , le chaume des graminées el les pétioles des plantes aquatiques , le tissu cellulaire fornie des vides ou espèces de sacs pleins d'air, qui sont les réservoirs pneumatiques de Rudolphi. Enfin , il

TRAITÉ DE PllYSlOtOGIE

laisse , dans 1 ecorco cl le bois de certaines plantes , des \ides oblongs et clos , qui conlieiinenl des liquides résineux , huileux , muqueux ou gomuicux : co sont les réservoirs ou conduits du suc propre , que L.-C. Treviranus a décrits.

Le tissu tubulaire ou vasculaire , sur lequel les naturalistes livrés spécialement à l'étude de l'anatooiie végétale ont tant discuté , se montre sous deux formes différentes , celle des vaisseaux spiraux et celle des vaisseaux nourriciers. Les premiers font une partie principale du bois el des faisceaux ligneux : on les trouve dans la racine , le tronc, les branches, les pédoncules et les pétioles ; de là ils se répandent dans les nervures réticulées des feuilles , ainsi que dans les veines dont les pétales sont parsemés. C'est ce que nous savons par les recherches de Labaisse, Reichel, Gomparetti , Schwagerman , Sprengelet autres. Ces vaisseaux spiraux pénètrent même dans les filets des étamines , dans les pistils et jusque dans les fruits. On les rencontre, formant des faisceaux isolés , dans le chaume des giamiuées, de même que dans les tiges des plantes herbacées , tandis que , dans le bois des arbres et des arbrisseaux , ils sont fortement serrés les uns contre les autres , el constituent ainsi le corps ligneux. Il n'y en a aucun vestige dans l'écorce. On doit considérer comme de simples variétés de ces vaisseaux, les lubes ligneux décrits par Malpighi, ainsi que les vaisseaux séveux indiqués par Grew. Les vaisseaux annulaires, les vaisseaux rétiformcs ou à escaliers , les vaisseaux ponctués et les vaisseaux à chapelet de Mirbil , paraissent être aussi des luodiûcalions des vaisseaux spiraux.

On voit clairement, dans le bois des jeunes branches, que les vaisseaux spiraux sont formés de libres minces , visqueuses , extensibles , élastiques el tournées en spirale, qu'on peut dérouler, et dont les tours constituent les parois d'un canal , lequel n'est garni ni d'une membrane interne , ni d'une membrane externe , d'après les recherches de Sch>vagerman , de Comparetti , de Link , de Rudoiphi , de L.-C. Treviranus , de Sprengel et autres. Ces vaisseaux paraissent principalement destinés à contenir le liquide qui, surtout au printemps, monte des racines aux différentes parties des plantes , et porte le nom de sève.

Les autres vaisseaux sont les vaisseaux nourriciers ou du cambium , ceux dont on connaît le moins bien la situation , la structure et la disposition. Malpighi , Grew, Ilill et autres , ont déjà admis dans Jes plantes des vaisseaux particuliers qui contiennent le suc propre, comparable au sang des animaux, destiné à la nutrition , et qui le distribuent dans tout le végétal. Lesexpériences de Knight ontrendu probable que la sève absorbée par les racines, et conduite par les vaisseaux séveux du bois dans les feuilles , éprouve là , par rinlliicnce de la respiration , un plus haut degré d'assimil.ilion , el que , ramenée ensuite des feuilles par des vaisseaux particuliers, elle va se répandre dans les diverses parties, pom* y subvenir aux besoins de la nutrition. J.-P. Moldenhauer a réussi, dans plusieurs plantes, le bananier et le maïs, à découvrir des vaisseaux particuliers, pleins d'un suc Irouble et coloré , qu'il appelait librcux. G.-R. Treviranus a constaté l'exig.

tence de ces vaisseaux dans le bois el sous-l'écor chez diverses plantes; il a donné le nom de plastique au suc trouble , laiteux et cbargé de cl buies , qui les remplit , et l'a considéré comme liquide nourricier proprement dit, perfectionv. par l'élaboration. Schullz a eu le mérite de démofft trer , dans un grand nombre de plantes, la présem de ces vaisseaux spéciaux qui ramènent le sac d feuilles. Il les appelait vaisseaux vitaux , et donni *fe i au suc qu'ils renferment le nom de suc vital. Vi

Ces vaisseaux , d'une structure extrémeme délicate , sont situés , sous la forme de faisceauj le long des vaisseaux spiraux des feuilles, des tig et des pétioles , dans les plantes herbacées. Ch les plantes qui ont un corps ligneux et une ocor sensiblement prononcée , ainsi que dans la raciij et la lige des arbres et arbrisseaux , on le troajj dans la couche interne et molle de l'écorce,') dans la substance corticale ; de là ils se rcpaDdejf dans le bois et le tissu cellulaire. Leurs parois to||^j formées d'une pellicule homogène, délicaljf blanche et transparente. Ce sont eux qui renff >!« ment le liquide formateur ou nourricier propi >P ment dit, lequel se produit, sous l'influence *lf l'air et de la lumière, avec la sève montante d racines et du tronc dans les feuilles, et sedistrib !^9I aux différentes parties , pour y opérer la nulrilio f'f l'accroissement et la sécrétion. ' f ï

Ces tissus élémentaires , combinés et disposjiif* d'un nombre infini de manières, composent j^j corps de toutes les plantes vasculaires , avec leiiM diverses parties, les racines, le tronc ou la lig(>^ les feuilles, les fleurs el les fruits, quelque grand|*j^ et nombreuses que soient les différences que leji*j« forme extérieure présente suivant les famille), f les genres et les espèces (1). Si nous avons égaj^?^ aux manifestations d'activité que ces parties àf^ f ploient, nous remarquons qu'elles se bornentlf f celles qui ont pour but la nutrition, l'accroisscme^ ' ^ la génération et la formalion des plantes , savoi :* ' l'absorption des matières alimentaires, leur as *r< milation , la respiration , le mouvement du sd *(f la nutrition, la sécrétion, etenfîn lesaclesde *>i génération. Les parties peuvent cire divisées, reh>^ livemenl aux fonctions , en celles dont les mai|>-> feslalions d'activilé opèrent la conservation l'individu , et celles qui , accomplissant la géné^-i. t lion de l'espèce, tendent au mainlien de cei*?!' espèce. Dans la première classe sont comprises!» i racine , le tronc ou la tige et les feuilles ; à la fi*! ' conde appartiennent les fleurs, les fruits, i graines , les bourgeons , les tubercules et 1 ognons. Il sera plus convenable d'examiner le slructure dans la section suivante, consacrée faire connaître le manifestations d'activité ' phénomènes vitaux des plantes.

Les tissus el parties qui entrent dans la coi position des animaux sont infiniment plus noi * il breux que chez les végétaux, et en même tem •»«

B (OrgaiwyrajJu'c vègélale , 1. 1 , r- ' intime dn.s v^ieélanx , vue aux pi"'

(I) Dp.candoi.1.

(Ht: « la texture >, , , . ^

n microscopes , offre peu do diversité. Les plantes rs^P )) disparates pnr leurs formes extérieures se rossem » l'intérieur à un degré vraiment extraordinaire.

GÉRÉRAIE ET

nalure lonle parlicullcic. Quant à ce qui rue les tissus généralement répandus dans i^auismes animaux, et qu'on rencontre dans à rexception des animaux les plus simples, I, usoires, les polypes, les méduses et plusieurs - ^ zoophyles, lesquels cousistenl eu une masse lieuse ou muqueuse, ce sont le tissu cellules vaisseaux, les nerfs et les fibres muscu- . Ceux-là peuvent cire considérés comme les Il élémentaires, dont les combinaisons et disp ons représentent les divers organes. Il faut y i e encore quelques autres tissus moins géné- L'nt répandus, telsque le tendineux ou flbreux, IX et cartilagineux, et le corné. Nous allons jer rapidement la nature et les qualités de <sus.

tissu cellulaire ou muqueux est le plus gé-

I "ment répandu, depuis les zoophytes jusqu'à me, parmi ceux qui entrent dans la compo-

de tous les animaux. Il se présente sous , cl d'une substance homogène , blanchâtre , il transparente , molle , presque muqueuse , iible, douée d'un certain degré de viscosité , peu contractile pendant la vie. Il absorbe faenl des liquides, et il est perméable aussi aux "es aériformes. Primitivement il ne contient de vides ni d'excavations; mais il se laisse ent distendre par l'air et les liquides, de ma-

II à produire des cellules. Suivant la remarque fi. îour la première fois par Rudolphi cette diffi ;e existe entre le tissu cellulaire des plantes e li des animaux, que le premier offre des cel-

)lus ou moins régulières, à parois fermes et tantes, taudis qu'on ne voit rien de scmbla-

b ins le second. D'un côté, le tissu cellulaire it les interstices des organes, de l'autre, il dans la texture de ces organes eux-mêmes, ontient ou renferme tous les autres tissus.

t qui sert d'enveloppe renferme un liquide

^ X et transparent, le sérum. Chez les animaux ompliqués, on trouve souvent dans son inr, en différents endroits, une substance opailanche ou jaune, qui est renfermée dans des vrondis, plus ou moins grands. C'est la graisse,

H après les recherches de Chevreul, se compose

*i arine et d'éla'ine.

tissu cellulaire condensé et étendu en surforme la base des téguments communs, ainsi es membranes qui sécrètent le mucus , le 1 et la synovie. Condensé en chorion, il forme les téguments communs, et renferme ainsi

' -même tous les organes du corps animal.

^ éfléchit par diverses grandes ouvertures dans

1' vités du corps , où il se continue avec les tranes muqueuses. Chez beaucoup d'animaux, u produit des appendices rameux ou foliaes branchies, qui président à la respiration 'eau. La peau qui , chez la plupart des ani-

" . est parsemée d'un grand nombre de vaiset de nerfs, entretient une réciprocité d'acvecles milieux environnants. D'une part, il

Il en elle absorption de matières aériformes uides ; d'autre part, il s'y opère une excrétion iticres gazeuses par la transpiration, ou do - mces liquides sous la forme de sueur, de mu-

COMPAUÉE,

eus ou de graisse. Les nerfs qui se rendent h la peau lui communiquent un degré plus ou moins élevé de sensibilité pour les impressions mécaniques ou chimiques, aussi bien que pour les variations de température.

Les membranes muqueuses formées d'un tissu cellulaire condensé, pourvues presque toutes d'une multitude de nerfs et de vaisseaux , et dont la face interne sécrète des liquides , tapissent toutes le» cavités qui s'abouchent au dehors ou coramunîquent avec la surface du corps , le sac alimentaire , ou canal intestinal, avec les conduits excréteurs des glandes qui s'y abouchent , les trachées et les poumons , les organes urinaires et les cavités des organes génitaux. Elles font ainsi la base des divers organes qui président à la susception et à l'assimilation des aliments , à la respiration aérienne , à la sécrétion des humeurs, à la préparation et à l'émission des liquides génitaux.

Le tissu cellulaire condensé en membranes , et parsemé de vaisseaux déliés , fait aussi la base de sacs plus ou moins considérables , et fermés de toutes parts, qu'on appelle membranes séreuses et synoviales. La face interne libre et polie de ces sacs sécrète une humeur aqueuse , tenant de l'albumine en dissolution , qui est continuellement reprise au moyen de l'absorption. L'externe , au contraire , tient à divers organes par nn tissu cellulaire lâche. Ces membranes favorisent , par leur face interne libre et sécrétoire , les mouvements des organes qu'elles tapissent.

Les membranes séreuses renferment des organes dans lesquels s'exécutent des mouvements involontaires ou automatiques. Elles enveloppent le cœur , les poumons , le canal intestinal , avec^es appendices glanduleux , et les organes chargés do préparer le liquide générateur. Le cerveau et la moelle épinièrc , avec les origines des nerfs , sont également entourés d'une membrane séreuse délicate, dont l'existence est relative aux mouTcraents que la circulation et la respiration leur communiquent.

Des membranes synoviales se trouvent chez les animaux pourvus d'un squelette intérieur articulé, à l'extrémité des os qui sontmobiles les uns sur les autres, de même qu'en plusieurs endroits entre des tendons, principalement dans les points où ils passent sur des gouttières osseuses. Ces membranes, avec leur- produit sécrétoire . la synovie, ont pour but de faciliter les mouvements volontaires.

Les vaisseaux, que l'on rencontre dans la grande majorité des animaux, chez les mammifères, les oiseaux, les reptiles, les poissons, les crustacés, les arachnides, les insectes, les mollusques, les annélides etiesradiaircs, et qui renferment le suc nourricier ou plastique préparc avec les aliments et assimilé, sont des canaux ramifiés dans l'intérieur du corps , dont les troncs se continuent les uns avec les autres d'une manière immédiate , ou qui communiquent ensemble par l'intermédiaire des cavités du cœur. Ils ont pour base une membrane mince , lisse à sa face interne , arrosée par le suc nourricier, et composée de tissu cellulaire condensé. Cette membrane , qui s'enfonce aussi dans les cavités du cœur , forme, en divers endroits et dans dif-

TRAITÉ DE PIIYSlOI-OcrK

forcnles sections du système vasculairc , des replis, les valvules , qui rcylenl la direction (jue doit suivre le sang mis en mouvement pur les parois musculeuses du cœur ou par les parois contractiles des vaisseaux. Cette membrane est garnie extérieurement d'un tissu do nature spéciale. Celle de ses portions qui se répand à travers les cavités du cœur, et qui unit ensemble les troncs vasculaires, est couverte do fibres musculaires disposées par couches. Quant aux parois de la plupart des vaisseaux , elles offrent un tissu particulier , fibreux , jaune blanchâtre ou rougeàtre pâle , qu'on peut appeler fibre vasculaire. Ce tissu , qui entoure les vaisseaux tantôt circulairement , et tantôt dans le sens de leur longueur , est doué d'une faculté contractile propre. Les vaisseaux se partagent , chez les animaux compliqués , en trois ordres , artères , veines et lymphatiques.

Les vaisseaux qui se ramifient vers la périphérie du corps, en partant, pour la plupart, des cavités du cœur, sont appelés artères. Ils se distinguent par l'épaisseur de leur tissu vasculaire , qui les entoure circulairement. Leur membrane interne et lisse ne produit de valvules qu'à leur sortie du cœur, pour empêcher le liquide qu'ils charrient de relluer dans cet organe. Le sang contenu dans leur intérieur, d'un côté , est conduit par eux aux diliérents organes, qui en extraient les matériaux nutritifs , et de l'autre est la source à laquelle sont puisées les différentes humeurs. C'est dans une çeclion particulière du système artériel , qui se ramifie au milieu des organes respiratoires, que la conversion du suc nutritif grossier en sang s'opère par l'effet d'une susception de substances puisées dans l'air atmosphérique et d'une élimination d'acide carbonique et d'eau.

D'autres vaisseaux , qui tirent leur origine des organes, et qui sont en connexion immédiate avec les ramifications les plus déliées des artères, se réunissent en rameaux , branches et troncs , qui vont s'ouvrir dans les cavités du cœur ou se confondre avec des troncs artériels. Ce sont les veines. Leur membrane interne et lisse forme , chez la plupart des animaux, des valvules dirigées vers les troncs et les cavités du cœur. Leur tissu vasculaire est mince, et presque entièrement disposé dans le sens de la longueur des vaisseaux. Les veines ramènent au cœur et aux troncs artériels le résidu du sang qui n'a point été employé à la nutrition des organes et à la sécrétion de liqueurs spéciales. Elles servent aussi à absorber certaines substances. Enfin, une des sections de ce système , qui naît des organes respiratoires , ramène au cœur ou aux troues artériels le sang préparé avec le suc nutritif grossier.

Les lymphatiques constituent un troisième ordre de vaisseaux , qu'on n'a rencontrés jusqu'à présent que dans les mammifères , les oiseaux , les reptiles et les poissons. Ils tirent leur origine des diverses membranes, muqueuses, séreuses et synoviales, et du derme, dont la base est du tissu cellulaire condensé, ainsi que du tissu cellulaire répandu dans les interstices et le parenchyme des organes. 11 n'est pas encore bien démontré que ces vaisseaux naissent des membranes , ou de tout autre tissu quelconque , par des orifices béants , ensorlc qu'on

regarde comme une chose vraisemblable au' proviennent immédiatement du tissu cellulaire ( muqueux. Ces vaisseaux se réunissent en rameau branches et troncs , et s'anastomosent avec les ya nés , de manière qu'on peut les regarder comme i appendice du système veineux. Leur memlirauc terne et lisse est garnie, chez la plupart desar maux, de nombreuses >alvules dirit;ées vers 1 troncs. On n'a pas clairement reconnu l'existein d'une tunique fibreuse en eux. Leur fonction co sisie à absorber le liquide préparé avec lesalimen dans le canal intestinal, ainsi que les suLslaoc liquides qui sont mises en contact avec les tégumen communs et les membranes muqueuses. Ils repre ncnt aussi les liquides sécrétés dans les mcmbrao séreuses et synoviales, de même qu'ils préside à l'absorption des matériaux constitutifs des organ qui sont redevenus liquides dans la substance méo de ces derniers. La disposition de leurs valvule et leur dilatation au-dessous d'une ligature par 1 quelle on les embrasse sur l'animal vivant, pro vent que les liquides qu'ils contiennent marcl des rameaux dans les branches , et par conscque des organes vers les troncs veineux dans l<;:sque( ils s'abouchent.

Un autre tissu particulier aux animaux t celui des nerfs. L'existence de ces organes chp. les mammifères, les oiseaux, les reptiles et poissons , était déjà connue des naturalistes gre(|' Les recherches anatomiques de Swammerdan Willis et Rcdi , en ont fait découvrir aussi daus crustacés , les insectes , les mollusques et les ann lides. Mais il était réservé à l'esprilobservateurd modernes d'en apercevoir également dans plusiec des animaux les plus inférieurs, les étoiles de m les actinies, les pyrosomes, les ascidies et quelqi entozoaires , auxquels on les refusait encore à 1 poque de Haller. Les infusoires, les polypes, 1 méduses , divers autres zoophyles et la plupart d ^ entozoaires , sont les seuls animaux dans lesqa» i* on n'a point encore réussi à démontrer leur ei ^ tence le scalpel à la main. Mais comme nous ape cevons, chez ces animaux, des phénomènes quio Ç lieu par l'intermède de nerfs chez les animaux di ordre plus élevé , savoir la sensibilité et le mou* ment volontaire , il n'est point hors de vraiseq* blance que , chez ceux-là , la substance nerveuse trouve confondue avec leur masse gélatineuse muqueuse , sans se manifester sous la forme d tissu particulier. j

Autant qu'on peut en juger d'après Icsrecb<*|s ches faites jusqu'à ce jour, le tissu dos nerfs co siste , chez tous les animaux, en une mas' molle , blanche et peu consistante , la pulpe n( ' veuse. Cette masse est composée de petits %\ob ' les, plongés au milieu d'une substance derai-tl''''' dans un tissu cellulaire ou muqueux délicat,? • sert à les réunir ensemble. C'est ce qui résulte à ^ f observations microscopiques faites à ce sujel.^ globules sont disposés pour la plupart en seri ^' longitudinales, et représentent les fibres nie • * laircs ou nerveuses. Ces fibres sont «^''^^"''^^'^i ^ ^ tissu cellulaire condensé, produisent des tubes 'r canaux qu'on désigne sous le nom de ncvrilf' ' Chez les animaux pourvus d'un système vascoiai

GÉNÉRALE ET COMPARÉE

aisseaux déliés pénèlront dans les enveloppes lorfs cl dans la substance médullaire. Chez (jui ont un système lymphatique , on aperçoit des vaisseaux lymphatiques dans le névrilèiue. aisseaux président à la nutrition de la sub- 0 nerveuse , et aux changements de coraposi- > que ses manifestations d'aclivilé enlrainent \ ;int la durée de la vie.

utes les parties de la substance nerveuse h liées ensemble dans les corps. Une pori L>st disposée eu rayons , qu'on désigne sous le i Je nerfs , et dont les ramifications déliées enj dans la composition de presque tous les oret tissus ; une autre est concentrée en masses )u moins volumineuses , ganglions nerveux , , os et cordons médullaires. La réunion de ces ( ers produit le cerveau et la moelle épinière. ( lerçoit encore, dans les points où la substance 1 Ilaire est accumulée, une autre substance plus I , d'un gris rougcâlre ou jaunâtre , également t osée de globules et d'un tissu muqueux abondans laquelle des vaisseaux très-nombreux uifient à l'infini : c'est la substance grise, ppareil nerveux préside , pendant la vie , à i lté spirituelle ou aux opérations de l'âme, a ensation , à la perception , à la conscience e i volonté , phénomènes qui distinguent cssen- I, îueul les animaux des végétaux. Les nerfs () inèlrenl dans les divers tissus leur procurent

I ude à être affectés par les excitations. Le sys-

lui-raème, produisant des excitations, fait r en action les muscles sOumis à la volonté, tre, il exerce une influence automatique , et

II le la portée de la conscience, sur les organes i" areils dont les fonctions maintiennentle corps n il dans la l'orme et la composition qui lui sont

es, et lui permettent d'accomplir ses manions d'activité. Il préside à l'ingestion des nts, influe sur la digestion et la préparation vie , donne l'impulsion aux mouvements resires, et, par le moyen du mouvement du

détermine la nutrition el la sécrétion. Les ons relatives à la conservation de l'espèce, ou actions génitales , sont placées aussi sous la dance du système nerveux. En un mot, ce ne est l'appareil le plus important du corps 1, celui auquel se rapportent, pendant la es manifestations d'activité de toutes les autartics et de tous les autres organes, celui lequel existent ces derniers, qui sont plus ou •

iniluencés et déterminés par lui dans la ma- ' dont ils agissent. Répandu dans le corps ene l'animal , il est le lien qui unit les organes, s ramène à l'unité, qui les entretient dans

éciprocité d'action et dans cette concordance " inique dont le principal résultat est la conlion de l'individu et de l'espèce, muscles existent chez les animaux de toutes les 8, depuis les mammifères jusqu'aux radiaires.

a découvert dans un grand nombre d'entos. On aperçoit même dans les actinies , quelméduses cl autres zoophyies , des faisceaux ilaires tissus avec la peau extérieure. Les •ires , les polypes el divers autres animaux aeux sont les seuls dans lesquels on n'ait point

aperçu de tissus mnsculeux. Les muscles de tous les animaux sont composés de faisceaux blancs , jaunâtres ou rouges , mous , réunis par du tissu cellulaire , et formés eux-mêmes de fibres déliées , sur la nature desquelles les anatoraistes ont beaucoup discuté. Tout ce qu'on peut assurer jusqu'à présent , c'est que ces fibres ne sont pas creuses , mais pleines. Plusieurs naturalistes prétendent avoir reconnu , à l'aide du microscope , qu'elles sont composées de globules , qui paraissent disposés en séries et réunies par leurs extrémités. Les muscles ont pour base une matière animale , la fibrine, qui prend la forme filamenteuse en se déposant du sang. Chez les animaux avancés en âge , il pénètre dans ces organes des nerfs qui répandent leurs ramifications déliées entre les faisceaux et entre les fibres. En outre, les muscles de tous les animaux pourvus d'un système vasculaire sanguin reçoivent un trèsgrand nombre de vaisseaux , qui leur amènent du sang et président à leur nutrition , les rendant ainsi capables d'exercer leurs manifestations propres d'activité.

Pendant la vie , les muscles ont la propriété de se raccourcir , se condenser ou se contracter , à l'occasion d'excitations agissant sur eux ou sur les nerfs ; et , quand ces excitations cessent , de se relâcher et de revenir à leur première situation. Cette propriété porte le nom d'irritabilité. Les excitations qui provoquent la contraction des muscles sont ou des volitions , c'est-à-dire , des stimulus engendrés dans les masses de matière nerveuse , d'où ils sepropagent aux organes musculaires par le moyen des nerfs ou des influences que le sang et les divers liquides sécrétés exercent sur des muscles creux , ou enfin des stimulations occasionées soit par les aliments et l'air qui pénètrent dans les cavités des animaux , soit par des causes mécaniques ou chimiques qui agissent extérieurement sur le corps de ces derniers. Les parties musculeuses douées de l'irritabilité accomplissent la plupart des mouvements qui ont lieu chez les animaux.

La disposition des muscles varie beaucoup dans les animaux. Les uns, formant une masse dense et ferme, sont appliqués à la face interne des téguments communs, comme dans les enlozoaires, les radiaires, les annélides et certains mollusques, en connexion avec des coquilles calcaires, comme dans les mollusques univalves , bivalves et mullivaives, ou insérés à des parties cornées ou terreuses, articulées extérieurement, comme dans les insectes et les crustacés. Chez les animaux pourvus dun squelette articulé intérieur, les poissons, les reptiles, les oiseaux et les mammifères, la plupart des muscles s'attachent aux os. Ces muscles produisent les mouvements des membres et du corps entier. On en trouve aussi à la bouche, dans les organes de la mastication , des sens, de la respiration, de la voix et de l'accouplement, dont les monvemenis sont exécutés par eux. Une autre portion du tissu musculaire est étendue sur la faco externe des membranes. Les faisceaux charnus, plus ou moins épais, qui enveloppent la membrane interne et lisse du système vasculaire sanguin, sur les points où les veines se réunissent avec les troncs artériels , représentent le r(«ur , org.iiio

TRAITÉ DE PHYSIOLOGIE

principal do la circiilalion du sang. Des expansions musciilcuses se trouvent aussi à la face externe de toutes les membranes muqueuses. Celle de la membrane muqueuse du sac intestinal accomplit le mouvement des substances alimentaires introduites dans cette cavité, et des sécrétions liquides qui s'y mêlent pour aider à la digestion. Celle de la membrane muqueuse des poumons et des trachées prend part au renouvellement de l'air dans ces organes. Une autre, qui tapisse les uretères et la vessie, opère le mouvement de l'urine préparée par les reins. Enfin, la couche étendue sur la membrane muqueuse de l'appareil génital des deux sexes préside à celui delà liqueur séminale et des œufs.

Les os et les cartilages, les plus dures et les plus denses de toutes les parties des animaux, ne diffèrent pas essentiellement les uns des autres sous le rapport des substances qui entrent dans leur composition. Tous contiennent une substance animale combustible et plusieurs matières inorganiques. La première se dissout dans l'eau et se convertit encolle par l'ébuUilion. Elle en constitue la base, et prend leur forme organique pendant la vie. Elle est pénétrée par les matières inorganiques , phosphate de chaux, carbonate calcaire, et autres sels divers, qui s'y déposent de la masse des humeurs, dans les actes de la nutrition et de la formation. C'est la proportion de ces matières relativement à la substance animale, qui fait qu'une partie est un -os ou on cartilage. Tous les os commencent par être des cartilages, et ceux-ci, au moment de leur apparition dans le fœtus, sont composés d'une substance demi-ûuide, analogue au tissu cellulaire ou muqueux, dans laquelle se dépose d'abord une matière susceptible de se coaguler et de se durcir, probablement de l'albumine, qui semble n'acquérir les propriétés de la gélatine que par l'effet de l'ébullilion. Dès que le tissu cellulaire eu est pénétré, il parait sous la forme d'une masse presque homogène , assez semblable à de l'albumine coagulée, qui est la substance cartilagineuse. A mesure que les matières terreuses s'y déposent, on voit paraître des fibres dures et réticulées, qui représentent le système osseux. Ces fibres sont tantôt lâches et écartées, formant alors le tissu interne, celluleux ou spongieux, des os, tantôt disposées en plaques ou couches, qui sont serrées les unes contre les autres, tiennent ensemble par des fibres, et constituent le tissu compacte extérieur ou cortical. Tout os qu'on prive de ses matières terreuses par l'action des acides reparait avec les qualités d'un cartilage, eu tant qu'elles dépendent de la composition chimique, mais conserve néanmoins la forme organique de l'os.

Les os , dans lesquels se répandent des vaisseaux sanguins déliés qui président à leur nutrition, varient beaucoup chez les animaux sous le rapport de leur configuration, de leur arrangement et de leurs connexions. Chez les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les poissons, ils sont situés dans l'intérieur du corps , séparés des téguments communs par les muscles. Cependant , la peau les recouvre immédiatement dans un grand nombre de points, sur la Iclc des poissons et dos reptiles , ainsi quo

sur les boucliers pectoraux et dorsaux des torln En leur qualité de parties dures et solides, iUf/' nissent une enveloppe protectrice à la masses ce traie du système nerveux , le cerveau et la moell épinière, sur lesquels ils se moulent dans le fœiu où ils ne paraissent qu'après eux. La moelle ép * nière est entourée d'os annulaires , mobiles legu, ' sur les autres, les vertèbres , dont le nombre e ' jusqu'à un certain point proportionné à celui di nerfs qui naissent de la moelle elle-même , et doi i" la face externe procure, au moyen des prolong '^^ ments dont elle est garnie, des points d'attache au muscles. D'autres os , sur lesquels on reconna I encore quelques traces de la forme des vertèbre! et qui sont réunis ensemble, dans leurs suturc§, p; de la masse cartilagineuse , produisent le crâne ' ou l'enveloppe du cerveau et des origines des nerf ^ \ Un grand nombre de pièces osseuses , prena ' f leur appui sur le crâne , et laissant entre elles di • f vides , donnent naissance aux cavités qui loge ' } les organes des sens. Quelques-unes, arlicolé ensemble de manière à conserver leur mobiliii forment la cavité buccale. Les dents, chargées ( diviser les aliments, sont implantées dans ces 04 ' f'

auxquels s'attachent aussi les muscles dontl'acli* détermine la susception , l'atténuation et lad glutition des substances alimentaires. Avec les ( du tronc s'articulent latéralement, chez lesmaq'lf^ mifères , les oiseaux et la plupart des reptiles, I côtes courbées en arc, dont les extrémités antérie res ou inférieures, presque toujours formant dJ' os à part , vont rejoindre les pièces du slernut Les côtes enveloppent et protègent les organ respiratoires , le cœur et les organes de la digc tion. Chez les tortues, où elles soul larges et ré nies par des sutures , ainsi que les os sternaal' elles produisent la carapace et le plastron. Da i les poissons, on trouve des os arqués, mobil et semblables à des côtes , qui s'articulent le crâne , et qui fournissent des points d'appui branchies.

Les os des membres représentent des leviers» différents genres , qui sont retenus dans les ar<> culations par des organes solides, quoique flexibh »à les ligaments, et que la contraction des muscl «• j auxquels ils servent d'insertion rend aptes à ei cuter des mouvements dont la direction et l'été due varient d'après la forme des surfaces artic|4 $1 laires. Les os des membres postérieurs, qui s'ari culent avec la colonne vertébrale chez la plnpî * des animaux , produisent par leur réunion ui cavité appelée bassins , dans laquelle sont log |t» les organes génitaux, le réservoir de l'urine '.à l'extrémité inférieure du sac alimentaire. f

On rencontre aussi des os dans les organes 3 sens de plusieurs animaux , où ils servent de poi * d'appui et d'attache à des muscles. Tels sont l ^^ pièces de l'hyoïde, l'anneau osseux cl les cca" ' osseuses dans l'œil de plusieurs oiseaux , de d"^' 1 poissons, et les osselets de l'ouïe. De mcme.o 1 \ lames osseuses contribuent à l'agrandisscnienl |> ^ la membrane olfactive. On trouve dans le cœiir^ plusieurs ruminants un os auquel s'attachcn faisceaux musculaires. Chez quelques animao» < verge et le clitoris ont un soutien osseux, t"

GÉRÉRALE ET COMPARÉE.

est aussi qui présentent des lamelles osseuses la peau; tels sont les tatous , les crocodiles lusieurs poissons, les cofres et balistes, les i;eons, etc.

iimi les cartilages, les uns sont des disques i(iues qui tapissent les extrémités d'os articulés mble et mobiles; les autres servent à réunir liùces osseuses qui ne peuvent exécuter aucun N ornent; plusieurs contribuent à former cer- ^ cavités , tels sont ceux des côtes , des pièces aies et des os du bassin ; quelques-uns enûn l unent des organes mous et en déterminent : me . comme les cartilages du nez, de l'œil , lupières , du larynx et de la trachée-artère. ? manifestations de la vie dans les os et les âges se réduisent aux seuls phénomènes de la tion et de la formation, qui les maintiennent en once de leur forme et des autres qualités néires à l'accomplissement de leur rôle.

- os dés animaux vertébrés peuvent être com- . sous le rapport de la composition chimique , structure et de la destination , aux enveloppes luilles calcaires des mollusques etdescrustaqui sont ou confondues avec les téguments iiuns , ou déposées entre eux et l'épiderme , et uelles s'attachent la plupart des muscles. Les illes des mollusques, qui présentent tant de ences relativement à la forme et au nombre urs pièces, ainsi qu'à leur grandeur et à leur d'union avec le corps , sont composées , sui- Hatchett , de couches lamelleuses , membra- !s , semblables à de l'albumine coagulée , dans elles se déposent les matières terreuses , prin- ;ment du carbonate et quelquefois aussi du nate de chaux. Les parties dures des crustacés, eprésentent un squelette articulé extérieur, brmées, d'après les analyses de Hatchelt, John l-Guillot et Chevreul, d'une substance animale lable à l'albumine , d'une grande quantité de nate calcaire et d'un peu de phosphate de .,avec des traces de phosphate de magnésie et lorure de sodium. Chez les insectes , les tégu- 3 cornés tiennent lieu des os, et fournissent des 5 d'attache aux muscles. Ils sont composés imine coagulée et sèche , de quelques traces Is, et d'une matière particulière, découverte * s peu par Odier , la chitine. Les parties artis et mobiles, en forme de "vertèbres, qu'on oit chez les astéries, sont analogues aux os, ■me que les pièces engrenées des oursins, qui rinent une matière animale, avec beaucoup rbonale et un peu de phosphate calcaire. Enn peut encore rapporter à la même catégorie iraux, qui tantôt forment un tronc servant de ri pour la masse molle et gélatineuse due à la on de plusieurs polypes, comme dans les SI nés , les sertulaires et les isis , et tantôt logent ' lypes dans leurs cellules et interstices, comme remarque chez les madrépores, les tubipo- ' '0. Les coraux cornés ou terreux eux-mêmes tnposés d'une substance animale coagulée , emble à l'albumine , et de carbonate calcaire |'l)orlion variable.

^ parties tendineuses ou fibreuses, affectant des s et des dispositions différentes, se rencontrent

principalement chezles animanx des quatre classes supérieures, les vertébrés. Le tissu qui en fait la base représente des filaments argentins, brillants, durs, fermes et flexibles, qui paraissent être composés d'un tissu cellulaire très-condensé et pénétré d'albumine coagulée. Par une longue immersion dans l'eau, ils se résolvent en une substance floconneuse, qui ressemble au tissu cellulaire. L'ébullition les convertit , comme les cartilages , en gélatine. Une portion du tissu fibreux est étendue en membranes, et adhère à la face externe des os et des cartilages , où elle porte le nom de périoste et de périchondre. D'autres membranes fibreuses, constituant ce qu'où appelle les aponévroses, enveloppent des muscles, qu'elles retiennent ainsi dans la situation respective où ils doivent rester pour que les mouvements puissent s'accomplir. Des organes fibreux , diversement configurés , fixent les os aux articulations , comme les ligaments articulaires, ou remplissent les vides qu'ils laissent entre eux, comme les ligaments interosseux. Aux extrémités ou origines des muscles se voient des cordons fibreux , les tendons , au moyen desquels les os sont attirés pendant la contraction des fibres musculaires. Enfin , la nature s'est servi de membranes fibreuses pour envelopper et proléger des parties délicates et molles ; telles sont celles du cerveau et delà moelle épinière, la sclérotique de l'œil, la membrane fibreuse qui entoure le réseau vasculaire de la verge et du clitoris , celle de la rate, avec ses appendices réticulés , et la tunique albuginée du testicule. Une combinaison des tissus fibreux et cartilagineux donne lieu aux cartilages fibreux ou ligamenteux que l'on rencontre sur divers points. Les parties fibreuses ne reçoivent pour la plupart qu'un petit nombre de vaisseaux , qui président à leur nutrition. La vie ne se manifeste en elles que par la nutrition et leur maintien en jouissance de la forme et de la composition chimique qui leur sont propres , avec les qualités qui en dépendent.

On peut comparer aux parties fibreuses des animaux vertébrés les masses ligamenteuses des mollusques qui retiennent ensemble les valves dans la charnière. Les parties jointes aux muscles que l'on observe chez les crustacés et les insectes, sont à la vérité également dures, blanches et brillantes, mais elles ne sont point à proprement parler fibreuses.

Enfin , le tissu corné fait la base de parties dont les unes occupent la face externe ou la peau des animaux , tandis que les autres sont disséminées à la surface de la membrane muqueuse des appareils digestif et génital. Il se présente sous la,forme d'une substance parfaitement homogène , transparente , plus ou moins solide et diversement colorée , sans vaisseaux ni nerfs. Chez tous les animaux vertébrés, il produit, sur les téguments communs , une couche d'épaisseur variable , composée souvent de plusieurs lamelles , qu'on appelle épidcrme, et qui est la limite extrême du corps animal. Chez les animaux quiviventdans l'air, l'épiderme estsec, semblable à de la corne, et plus épais aux endroits qui supportent des frottements, tels que la plante des pieds, la paume des mains , la face enroulante des queues préhensiles, les callosités des fesses, etc. Chez ceux qui se tiennent dans l'eau, les cétacés, les

TUAITÉ nu PHYSIOLOGIE

balraciens, les tritons et les poissons, il est ntou , presque muqucux. On voit aussi un véritable épidémie sur les écailles calcaires el les croules cornées des crustacés, des insectes, des niollusques et des cchinodcrines , de même que sur la peau nue des limaces et des annclides. Ce n'est que chez les animaux mous et gélatineux qu'on ne peut pas l'apercevoir distinctement. Le tissu corné fait aussi la base des diverses parties qui servent à couvrir ou protéger les animaux, des poils, soies , épines , écailles, plumes, boucliers, ongles , sabots, ainsi que de l'étui des cornes et des becs.

La membrane muqueuse du sac alimentaire est aussi couverte, dans beaucoup d'endroits, d'une pellicule semblable , qui y prend le nom d'épilhélium. Celte pellicule se hérisse assez souvent, sur la langue , de pointes et d'écaillés. Elle est bien marquée à la face interne de l'œsophage, ainsi qu'à celle de la panse des ruminants, de l'estomac du pangolin , du gésier de presque tous les oiseaux , de l'estomac de certains crustacés et insectes , etc.

Le tissu corné se montre quelquefois à la surface de la membrane muqueuse des parties génitales , notamment de la verge, sous la forme d'épines ou d'écaillés. C'est ce que l'on observe entre autres chez les chats, plusieurs rongeurs, les serpents, etc.

Ces tissus, dont les uns sont généralement répandus , et se rencontrent chez tous les animaux, à l'exception des pins simples, tandis que les autres sont bornés à certaines classes seulement, produisent, par leur association en plus ou moins grand nombre, el parleurs divers modes de combinaison et d'arrangement, les parliessur lesquelles on tombe immédiatement quand on dissèque un animal , et qu'on appelle organes pour l'exercice de certaines fonctions. Tels sont le canal intestinal, le foie, les glandes salivaires , le coeur , les poumons, les branchies , les reins, les testicules , les ovaires , le cerveau , la langue , les yeux , les muscles, les os , etc. Aucun de ces organes ne résulte d'un tissu seul , et il y en a toujours plusieurs qui se réunissent pour lui donner naissance. Ceux qui entrent , en plus ou moins grande abondance, dans la composition de presque tous les organes , sont ]p tissu cellulaire , les vaisseaux et les nerfs , dont les diverses parties forment un tout continu dans le corps entier de l'animal. Parmi ceux qui , unis aux précédents, ne contribuent qu'à la production de certains organes, se rangent les tissus musculaire, fibreux, cartilagineux et osseux , qui ne forment pasun toutcontinu dans le corps entier, mais sont plus ou moins isolés, ou bornés à certains organes. Les organes produits par l'association de tissus différents, présentent plusieurs degrés sous le rapport de la composition : le canal intestinal, les poumons, les glandes, les organes des sens, le cerveau , les parties génitales, etc., en un mot tous ceux qu'on appelle viscères, sont très-composés ; les muscles, les os , les cartillages, les ligaments cl les diverses membranes le sont moins.

Les organes se réunissent , chez les animaux , en groupes qui, pendant la vie, ont la faculté d'accomplir une fonction principale par leur activité réunie. On peut donner le nom d'appareils à ces groupes. Ainsi, on distingue les appareils pour la digestion,

pour la respiration , pour le mouvement du sanc ' pour le Bentiment, pour la locomotion, pour lagén, ]

parfaii '\

ration, etc. Tous les animaux supérieurs ou résultent d'une collection de divers appareils ô, sont enchaînés les uns aux autres parles tissus néralement répandus dans le corps, les nerfs et le vaisseaux, et dont le nombre el la composiiio] < sont d'autant plus considérables que les inaDifej'i talions d'aciivilé ou de vie qu'on aperçoit chezcë 'l êtres sont elles-mêmes plus nombreuses. [ '

En portant notre attention sur les fondions qi '| sont accomplies par les appareils , nous pouvoi nous convaincre que , comme dans les plantes : Ji elles sont relatives, les unes à la conservatio / des individus et les autres au maintien de le; 9 Parmi les premières se raneenl la d!ff£.l^j|

pece. l'armi les premières se rangent la digei lion ou assimilation des aliments dans le cam intestinal, l'absorption , la respiration, la circuL ijrl lion du sang , la nutrition et la sécrétion. A la gi v; conde classe appartiennent les fonctions des app; . reils génitaux. Indépendamment de ces fonclionf jl on en trouve d'autres encore , chez les animaux a qui consistent dans l'exercice de manifeslatior d'activité dont les végétaux sont tout-à-faildëpouj|^i! vus, savoir, les opérations de l'âme. L'apparejj» chargé de l'abcomplissement de ces fondions spi M ciales est le système nerveux. A la périphérie l'appareil nerveux se trouvent des organes ond appareils plus petits, les organes des sens,qu exposés aux impressions du monde extérieur, peij* vent déterminer des excitations diverses dans | système nerveux. En outre , les nerfs ont des coi|. nexions très-multipliées avec les muscles qui sot fixés , soit à la peau , soil aux parties cornées c(| terreuses articulées et mobiles , et qui conslitueni de concert avec ces parties , l'appareil locomoteuî L'animal peut , en vertu d^excitalions engendréa dans son système nerveux , produire des monvlp menls divers, au moyen desquels il réagit para propre activité sur le monde extérieur, adapf celui-ci à ses penchants , à ses sentiments , à sé besoins , à ses idées , el se procure les conditioii extérieures nécessaires au maintien de la vie.taij dans l'individu que dans l'espèce. L'animal pcij aussi , par des mouvements , se soustraire aux ii| ; fluences du dehors qui lui seraient nuisibles , oi i combattre contre elles. :

Les animaux sont donc des corps organiqn^ d'espèce particulière , ayant pour base des lissuj propres , qui sont plus nombreux el plus diversifié que chez les plantes. Ces tissus représentent dc| organes et des appareils variés , tandis que les ve( gélaux ont des organes et des appareils moins sai lants. En même temps qu'une plus grande compl cation et diversité dans l'organisation , nousrcnoai quons aussi, chez les animaux, une somme dcniJ ù nifestations d'activité différentes plus considérabl que dans les piaules. Les phénomènes de leurvi ne consistent pas , comme ceux des végétaux , daii) les seules fonctions de la nutrition , de la généralioj et de la formation ; mais ils en présentent d'anircj encore qui leur sont particuliers , savoir , ceux la sensation , de la perception et du niouvenicr volontaire, que nous réunissons sous le nom co Icclif de phénomènes de la vie animale.

GÉNÉRALE ET

udépendaiument de ces différences enlro les maux elles plantes, il en existe encore quelques res, sur lesquelles nous allons glisser rapiaent.

)n remarque , dans l'organisation des animaux, ! tendance bien prononcée à produire un grand nbre de parties dilTcrcnles , soit simples , soit t a« plus doubles , et alors de forme absolument eille, c'est-à-dire, de concilier le plus grand nbre d'organes avec la plus grande diversité de iformation , ainsi que l'a démontré J.-F. Meckel.

mi les organes uniques, on compte le cerveau a moelle épinière, le cœur, le canal intestinal, os situés sur la ligne médiane ou dans l'axe du ns , notamment ceux de la base du crâne , les icbres et les pièces sternales, enfin, les muscles inçlers, qui sont peu nombreux, et le diaphrag- , Quoiqu'il entre souvenlun très-grand nombre 5 dans la composition de la colonne vertébrale , endant la plupart du temps chacun d'eux a une me tellement caractéristique, dans les animaux aposés, qu'on peut les considérer comme étant suniques. La catégorie des parties paires ou doUs comprend la plupart des organes des sens , les choires, les dents, les glandes salivaires , les imons et les branchies, les reins, les testicules es ovaires , les os latéraux de la tête et du tronc, ix des membres , enfin, la plupart des muscles ,

sont seulement doubles, en ayant égard à la me , mais présentent cependant cette grande férence, que l'on peut reconnaître en eux s'ils )artiennent au côté droit ou au côté gauche du ps. Les poils, les plumes et les écailles , sont seules parties que l'on trouve multipliées en nd nombre sous la même forme. On voit souvent isi,chez les animaux d'une structure simple, liculièrement chez les radiaires, des parties ernes et internes se répéter plusieurs fois sous e même forme.

Dans les plantes , au contraire , prédomine la tenace à multiplier souvent jusqu'à des centaines des milliers de fois des parties qui se ressemblent ur la forme , comme le prouventparticulièrement chevelu des racines , les feuilles et les fleurs. Les végétaux et les animaux sont l'inverse les s des autres à l'égard de la disposition et de la nation des organes. Dans les plantes , toutes les rties reconnaissables comme organes parlicu- Ts , les racines , les feuilles et les fleurs , avec le lice , les élamines et le pistil , sont situées à l'exrieur , tandis que , dans leur intérieur, il n'y a inld'organes spéciaux raanifestementprononcés , isi que R.-G. Treviranus l'a fait voir. Chez les imaux , au contraire, tous les organes importants, ux qui sont nécessaires à la conservation de l'invidu et de l'espèce , et ceux qui exécutent les anifestationsanimalcs d'activité , occupent l'intéeurdu corps. Les organes digestifs , la plupart du naps aussi ceux de la respiration, le eœur , les vers organes sccréloires, le système nerveux, les usclcs et les organes chargés de préparer les liieurs génitales , se trouvent à l'intérieur , enfcr- 'cs pour la plupart dans des cavités particulières,

entourés d'enveloppes membraneuses propres.

n'y a que les organes moins importants , dont la

destination est de servir à la conservation immédiate du corps , les organes des sens , souventaussi ceux de l'accouplement , elles diverses parties en connexion avec les téguments communs, comme les poils, les plumes, les écailles, les ongles et les parties cornées , qui soient placés à l'extérieur.

On aperçoit donc dans les plantes une tendance au déploiement extérieur et à l'expansion périphérique de l'organisation , ainsi qu'Arislote l'avait déjà remarqué. Mais chez les animaux prédomine celle à ramener les parties au dedans , et à concentrer les organes dans l'intérieur. C'est pourquoi on a dit que les plantes sont des animaux retournés en dehors , et les animaux des plantes retournées en dedans.

A cette opposition qu'on remarque entre les animaux et les végétaux , sous le rapport de la situation et de la disposition des parties , se rattache l'existence , chez les premiers , d'organes centraux, comme les appelle Bichat , qui ne se voient point dans les plantes. Chez tous les animaux compliqués, et cela d'une manière d'autant plus sensible que leur organisation est plus complexe , on aperçoit des organes situés dans l'intérieur du corps , sur la ligne médiane ou l'axe , etimpairs pour la plupart, d'où naissent des prolongements rayonnés , qui s'étendent par tout le corps, en gagnant la périphérie. Cette classe d'organes centraux comprend le cerveau et la moelle épinière , les amas de substance nerveuse qu'on nomme ganglions nerveux , et le muscle creux qui a des connexions avec les troncs vasculaires sanguins , c'est-à-dire, le cœur. Du cerveau , de la moelle épinière et des ganglions nerveux partent en rayonnant les nerfs , qui entrent dans la composition de tous les organes et qui les lient aux organes centraux. Les troncs vasculaires qui communiquent avec les cavités du cœur, et qui renferment le liquide nourricier ou formateur , le sang, se partagent en branches successivement décroissantes , dont les ramifications les plus déliées aboutissent à la périphérie du corps , dans les différents organes.

Les organes centraux étant liés avec tous les organes de l'animal par leurs prolongements rayonnés, les nerfs et les vaisseaux sanguins agissent sur eux pendant la vie , les enchaînent les uns aux autres , et sont les sources de la réciprocité d'action qui existent entre eux. Plus les phénomènes delà vie deviennent intenses etmultipliés chez les animaux, plus aussi les manifestations d'activité des organes et appareils placés à la périphérie dépendent de celles des organes centraux.

Il n'y a point , chez les plantes , d'organes centraux qui envoient des prolongements dans le corps entier , et qui en unissent intimement ensemble les diverses parties. C'est ce que Schulz a démontré, naguère. De là vient que les diverses parties d'un végétal ne sont point aussi étroitement enchaînées et aussi dépendantes les unes des autres , dans leurs manifestations d'activité, que le sont les organes et appareils des animaux. Les plantes n'ont point de centres , point d'organes centraux , comparables au cerveau et au cœur des animaux.

Chez le plus grand nombre des animaux , notamment chez tous ceux qui ont une organisation com-

TRAITÉ Dis l'IIYSlOLOGlll

pliquce.les mammifères, les oiseaux, les repliles, les poissons , les criislacés, les insectes , les arachnides elles annélides , règne, dans la slruclure intime, notamment dans les appareils de la vie animale propiemenl dite, une symétrie bien marquée, et telle que ces organes sont formés de deux moitiés égales , ou qu'ils se répètent dans chaque moitié du corps. Cette disposition est sensible surtout danslo cerveau et la moelle épinièro , qui sont composés de deux moitiés pareilles, confondus sur la ligne médiane. On la retrouve môme , d'après les obser- >f allons d'Autenrielh dans les pleuronectes, malgré le défaut partiel de symétrie qui se voit à l'extérieur chez ces animaux. Tous les nerfs et les organes des sens , les organes locomoteurs, le squelette , et les muscles ont également une conformation symétrique. Cette symétrie se remarque de même dans plusieurs organes servant à la nutrition et à la génération , l'appareil masticatoire et les glandes salivaires, dans les organes de la circulation , le cœur , les reins et les organes génitaux. Le canal intestinal lui-même , quoiqu'en général non symétrique sous le rapport de la situation , est composé de deux moitiés égales. Cette symétrie intérieure parait tenir principalement à la nature et surtout au mode de formation et de développement du système nerveux. Du moins ce système est-il de tous les appareils symétriques celui qui paraît le premier dans le fœtus. La symétrie des autres appareils est en connexion intime avec la sienne, qui paraît être aussi la cause de celle qu'on aperçoit à l'extérieur. Chez les animaux dont la forme extérieure est rayonnée , le système nerveux et les parties intérieures ont aussi une disposition rayonnée.

Les plantes , qui n'ont pas d organe central symétrique, neprésenlentnon plus, soit àl'extérieur, soit à l'intérieur, aucune trace de cette division en deux moitiés égales qui semble être la loi de l'organisation animale.

Le caractère de l'individualité , qui n'appartient qu'aux corps vivants , est plus prononcé chez les animaux que chez les végétaux. Plus la structure des animaux paraît compliquée, plus leurs organes et appareils sont nombreux et variés, plus les organes centraux, le cœur et le cerveau, sont prononcés et développés, moins aussi ces êtres peuvent perdre de parties sans cesser de vivre , et plus leur est applicable l'idée de Kant que les corps organiques sont des êtres dont les parties jouent, les unes par rapport aux autres , le rôle de cause et d'effet , de moyen et de but. Au contraire, plus leur structure est uniforme et simple , moins on aperçoit en eux d'organes centraux prononcés, et plusils se prêtent à être divisés sans perdre la vie, comme il arrive à plusieurs annélides , enlozoaires , radiaires et polypes.

Les plantes qui sont dépourvues d'organes centraux, dont les diverses parties se ressemblent davantage à l'égard de la structure, et ne sont ni soumises à une réciprocité d'action si exacte, ni aussi étroitement enchaînées de manière à former un tout unique, paraissent moins concentrées en ellesmêmes que les animaux. La plupart des végétaux vivants, les arbres et les arbrisseaux sont divisibles, et les parties qu'on en détache peuvent devenir de

nouvelles plantes , comme le prouvent la muli f f plication par marcottes et celle même de cerlaii m' végétaux par leurs feuilles. Les parties des vé«( ! r' taux font aisément échange ensemble de leurs l^i mes etde leurs fonctions, et peuvent se remplace ia^les unes les autres (1). Elles ne sont donc poii V aussi distinctes que celles des animaux. Aussi li plantes , surtout celles qui sont vivaces, doiven tO^' elles, ainsi que l'ont démontré Darwin (2) B \& Petit-Tho uars (3) et Decandollc , être considéréi plutôt comme des agrégations d'individus qi .>M comme les individus proprement dits. On parviei même, par le moyen de la greffe , à réunir des ii dividus différents sur un même pied. 1' f.

Le caractère sexuel établit, entre les animaux i ■î *^ les végétaux, une différence frappante, sur laqnelli)#= Iledwig aie premier appelé l'attention. EDe]»^ fet, il est à demeure chez tous les animaux pourvii»^ d'organes génitaux proprement dits, tandis quel» dans les plantes, il est passager et borné seulemeilfrjf à une courte période de leur existence. En général » les organes génitaux des animaux ne sont poir » jP détruits après avoir rempli leur fonction , et cht U les animaux dont la vie dure plus d'un an à l'éu %U adulte, ils peuvent servir plusieurs fois. TouU w les plantes, au contraire, tant annuelles quevivi tp ces, ne sont pourvues d'organes génitaux que pot !* un court espace de temps. Ces organes se détra IsjB sent par le fait même de l'accomplissement de let lîài fonction , et les plantes retombent ensuite dai l'état asexuel, tel que celui où les animaux se troi M* vent dans les premiers temps seulement de lei i existence embryonnaire. Tous les ans , les planl( l vivaces poussent de nouvelles fleurs , et ce n'eii qu'alors qu'elles offrent complètement le caractèni de l'espèce. i m

Les organes qui préparent la manière génitalej tant mâle que femelle , sont , chet la plupart daiO animaux, les mammifères, les oiseaux, les reptileliyi les poissons (4) , les crustacés , les arachnides , la ^

(1) Un arbre que l'on plante en terre , après l'avoir n ^ tourné , pousse des feuilles de ses racines , et des racin( j de ses branches, comme l'ont établi les expériences d'A gricola, Magnol, Haies, Duhamel (^Physique des arbres t. II), et autres.

{2) PJujtonomia. Londres, 1800, in-4., toI. 1.— Dai win regardait les bourgeons et les branches qui en naisseï I comme des individus.

(3) Organographio végétale. Paris, 1827, t. II., p. 23É (( Nous considérons comme un individu tout germe déT( » loppé ; savoir : 1" tantôt une graine , en supposantqae » comme cela a lieu dans quelques plantes annuelles, ell » produit une lige sans ramifications ; 2" tantôt une br»n > che considérée comme un germe quelconque déTcIopp' » Aussi, dans ce sens, un arbre est un agrégat de l'mdi D vidu primitif provenu de la graine et de tous les indi » vidus provenus de germes non fécondés, et qui se »or n développés les uns sur les autres, et ont formé les pro j> longemenls ou les ramifications de l'individu primitif

(4) 11 n'est pas encore suffisamment démontré qu existe parmi les poissons de véritables hermaphrodites c'est-à-dire , des individus réunissant les deux tes.es comme l'ont prétendu Cayolini [Erzeugung derl'tsc^^ p. 82), pour quelques espèces de perches, et tout rcccm ment Ev. Home {Phif. Trans., 1825, t. II, p. 267, 1823 t. I , p. 120), pour les lamproies, les myxines et les «n

GÉNÉRALE ET

des, presque tous les mollusques , les cépha- )des en particulier , les ascarides parmi les enaires, etc., répartis sur des individus différents, espèce est représentée par des êtres pourvus i;anes sexuels différents. Chez un petit nombre Imaux inférieurs, les organes des deux sexes se vent réunis sur un même individu , qu'on ape alors bermaphrodilc. Ce cas a lieu , parmi mollusques , chez les gastéropodes des genres V, iimaa; et autres, et suivant les recherches de 10 , dans les lepas. Les deux sexes sont réuus'si, dans la classe des annélides, chez les sanget les vers de terre, et, dans celle des enlozoaichez les ténias. Quoique là chaque individu ftsente l'espèce , cependant il est peu de ces laux qui puissent se féconder eux-mêmes ; la art du temps l'influence réciproque des pargénitales de deux individus , c'est-à-dire , un )]e accouplement, est nécessaire pouraccomi'œuvre de la génération , comme il arrive les gastéropodes cités plus haut et les vers de

liez la plupart des plantes , au contraire , les ies génitales mâles et femelles sont réunies une même fleur, et ces êtres sont alors herhrodites ; ou bien les organes sexuels se renrent sur un même pied , mais dans des fleurs rentes , et les plantes sont alors monoïques, ernier cas a lieu, parmi les monocotylédonées, des plantes appartenant aux familles des aroï- ( arum , calladium) , des tjphacées ( typha , ganium), des cypéroïdées (carex, scleria ), des liers ( areca , cocos , caryota), des graminées , coix) ; parmi les dicolylédonées , dans des taux faisant partie de celles des conifères [pacasuirina, thuya , cupressus ), des myrificées landia) , des urticées {urtica), des euphorbia- [croton, jatropha, ricinus, buxus ), des amenîs [fagus, carpinus, betula, quercus, corylus , ins ). Les organes génitaux sont distribués sur individus différents d'une même espèce , qui e alors le nom de dioïque ; parmi les monocolonées , dans des plantes appartenant aux faes des pandanées(pendanus), palmiers (phœnix), raginées {smilax, dioscorea, ruscus) ; et parmi dicotylédonées , dans des plantes faisant partie familles des conifères {juniperus, araucaria) , isticées (myristica), urticées [cannabis, humu- , amentacées (salix , populus-, broussonetia , !ca), eupborbiacées ( mercurialis, chénopodées piea;), térébinthacées (pistacia), etc.

arrive donc plus souvent aux végétaux qu'aux laux de réunir en eux les deux sexes , et de reenter ainsi l'espèce entière, en même temps s conslilucntune réunion d'individus, puisqu'ils ent fréquemment une multitude de fleurs , tanlue chez les animaux, le nombre des testicules 28 ovaires ne surpasse jamais deux chez un indi- . Suivant G. -R. Treviranus , la réunion i une fleur des organes appartenant aux deux

e». Jacobi Ta mis en doute pour le barsch (Elément ■ioloijia 0 noloviiu comparata , t. lll, p. V2ti). Bojnlit avoir trouvé une lamproie mfiile.

sexes , et un nombre Indéterminé de ces organes , sont l'es caractères du maximum de l'organisation végétale , tandis que le contraire est celui du minimum de cette même organisation. Chez les animaux, au contraire , la répartition des organes génitaux sur des individus différents est une preuve d'organisation plus parfaite ou plus compliquée.

Chez la plupart des animaux qui sont pourvus des deux sexes, la différence entre le mâle et la femelle n'est pas bornée uniquement aux parties génitales, mais s'étend encore à d'autres qui n'ont point de rapport immédiat avec les fonctions delà génération. Les mâles et les femelles, chez les animaux, présentent des différences , tant dans la conformation du corps, que sous le rapport du volume , de l'existence d'organes particuliers , et du développement plus ou moins considérable de certains autres, que dans les manifestations de la vie. C'est ce que J.-F. Meckel a fait voir d'une manière très-détaillée, en parcourant les diverses classes du règne animal. Au contraire, chez les plantes à sexes distincts , cette différence n'existe pas du tout , ou n'est du moins pas aussi prononcée. Ainsi , dans un arbrisseau de la Cochinchine , le pselium heterophyllum, Lour., les individus mâles ont des feuilles cordiformes , rondes et obtuses , tandis que celles des individus femelles sont ovales et pointues. H.-F. Autenrieth dit avoir observé que les plantes femelles ont , au total , plus de branches et de feuilles que les mâles , et que leurs feuilles sont en même temps plus larges. Il ajoute encore que les graines d'où proviennent des pieds femelles sont plus arrondies et un peu plus légères que celles d'où sortent des pieds mâles. Mais ces différences ne sont pas toujours sensibles.

La principale conclusion qui découle des recherches et comparaisons auxquelles nous venons de nous livrer relativement à la structure des animaux et des végétaux, est que les premiers ont une organisation plus compliquée, plus développée et par cela même plus parfaite. Le nombre de tissus, organes et appareils consacrés à l'exercice des diverses manifestations de la vie est évidemment plus considérable dans la majeure partie des animaux que chez les plantes. Ces êtres nous offrent des parties non-seulement plus nombreuses et plus diversiflées, mais encore mieux développées ou plus saillantes. Toutes ces parties sont unies par les liens d'une réciprocité d'action plus intime ,, elles sont plus dépendantes les unes des autres , et plus concentrées en un seul tout. L'organisation animale a de plus une tendance à diviser l'espèce en différents individus pourvus d'organes génitaux particuliers. Dans les végétaux, au contraire, il y a moins de tissus et de parties, les divers organes ressortenl d'une manière moins saillante , et ils n'ont pas ensemble une réciprocité d'action si marquée; en un mot, l'individualité n'est pas si bien prononcée. Les plantes représentent davantage l'espèce et une réunion de plusieurs individus sur une seule souche. Enûn le caractère sexuel est plus temporaire, plus passager , cl les végétaux en sont dépourvus pendant le temps le plus long de leur existence.

TRAITÉ DE l'IIYSIOLOGlB

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