I. Aliments des végétaux
; plantes tirent leurs matières alimentaires, I ement sous forme liquide, de la terre ou de avec lesquelles elles sont continuellement pport par leurs racines. Cependant certains aux celluleux semblent se nourrir des vapeurs ises contenues dans l'atmosphère. La terre et sont les deux grands magasins et dépôts de ' res organiques dans lesquels viennent lom- 1 -s débris de tous les corps végétaux et ani- ' morts. Ces débris, après avoir été dissous :omposés, sont repris par les plantes, qui les ' ni à l'organisation et à la vie. La couche sui ire de la terre, qui est chargée de substances < iques, la terre végétale, laisse pénétrer de t de l'eau dans son intérieur; elle attire l'oxide l'atmosphère, et de l'acide carbonique se î en elle. L'eau chargée de cet acide , ainsi e matières organiques et de différentes sub- 28 terreuses, salines et métalliques, qu'elle en dissolution, est le principal aliment des 2s. Partout nous voyons la végétation prosdans les lietix où il y a des corps organiques composition, comme dans les cimetières, sur ïamps de bataille, dans les lieux où pourrisles excréments d'animaux et des débris de es. L'amendement des terres par les engrais r but aussi de préparer ce liquide nourricier.
Plusieurs anciensphysiciens, VauhelmonI, Boyle.* Duhamel , Eller , Tillet et autres , ont prétendu que des plantes pouvaient se nourrir dans de l'eau pure , et ils se sont appuyés sur des expériences qui prouvent, selon eux, cette assertion. Wallerius , croyait même pouvoir conclure des sciences propres que toutes les substances satines , terreuses et autres, qu'on trouve dans les plantes, sont fabriquées avec l'eau. Mais Bergmann a fait voir que le» terres qu'on trouve dans les plantes qui ont élé élevées dans l'eau , étaient déjà contenues en elles , ou proviennent des vases destinés à recevoir le liquide. Kirwan a rappelé , en outre , que l'eau de pluie , dont ces physiciens s'étaient souvent servis pour leurs expériences , contient certaines substan^ ces que l'on trouve dans les plantes. Enûn , les végétaux dont les graines ou les organes croissent dans l'eau pure, se nourrissent principalement, chose bien démontrée , des matières muqueuses et albumineuses contenues dans ce corps, et que le liquide dissout (1).
Le carbone , principe le plus abondant dans la composition des plantes, n'est pas, comme le croyait Crell , un produit de leur activité vitale s'exerçant , avec le concours de la lumière et de la chaleur , sur les matières introduites en elles ; car les expériences de Saussure et de Goeppert ont prouvé qu'il vient du dehors , en partie pompé par les racines, avec les aliments, en partie extrait par les feuilles de l'acide carbonique contenu dans l'air. En outre , les combinaisons inorganiques que l'on trouve dans les plantes eu les incinérant, comme sels , matières terreuses ou substances métalliques,, ne se produisent point dans leur intérieur , comme l'ont prétendu Schrader , Einhof et Braconnot , mais sont plutôt absorbées avec l'eau , qui les lient en dissolution , ainsi qu'il résulte des expériences de Saussure , Davy , Lassaigue et Berthier. Il est absolument sans preuve que les corps vivants en général, et les végétaux en particulier, soient en état de former des éléments.
Quoique Ingenhouss, Percival, Schrader, Braconnot et autres , aient trouvé qu'il y a des plantes qui végètent dans des substances tout-à-fait insolubles dans l'eau , comme le sable , le verre, etc. ,. pourvu seulement qu'elles contiennent de l'eau chargée d'acide carbonique , cependant il résulte des expériences faites par Hassenfratz, Th. de Saussure, Giobert, Link et autres, que, dans un sol absolument exempt de matières organiques , les plantes végètentmisérablement, ou même ne poussent pas du tout , fleurissent rarement et fructiflent plus rarement encore. On ne saurait donc nier l'im-
(1) Des ognons, par exemple, d'hj'acintlie , de lulipe^ de narcisse , etc., poussent des racines quand on les met dans de Peau distillée, et ces racines se couvrent d'unematière mucilagincuse ou alburaineuse qui provient desognons eux-mômes. Ce pnénomène a élé observé par Duhamel [Physùfto des arbres, 1. 1, p. 86), Gautier d'Agoty. {Ohs sur 1,'hist. nat.^ t. 8, p. 170), Senebier {Physiquevégétale, t. I, p. 315) et aulrcs. J. Murray {Tho Edinburgh phi/os. Journal, n» XIY, p. 328) a observé aussi tout récemment que de l'acide carbonique se dégageait du chevelu des racines d'ognons de hyacinthe poussant dans l'eau.
TRAITÉ DE P1IT8I0L0GIE
portancc , ponrla nulrilion des plantes, des malièrcs organiques tenues en dissolution dans l'eau. La différence établie par Mirbcl et Smith, entre les végétaux et les animaux, consistant en ce que les premiers vivent de matières organiques et les autres do matières inorganiques , est insoutenable , comme le prouve entre autres l'exemple des plantes parasites , qui vivent aux dépents des sucs de celles sur le corps desquelles elles s'établissent.