CHAPITRE III
DE LA SUSCEPTION DES ALIMENTS PAB L'oUVERTDRE BUCCALE.
Tous les animaux, à bien peu d'exceptions près, sont pourvus d'une ou même de plusieurs grandes ouvertures qui leur servent à introduire en eux les aliments. La plupart des infusoires , quelques zoophytes et divers entozoaires , n'ont point d'ouvertures semblables, et il est probable que, chez eux, les aliments liquides s'introduisent uniquement par la voie de l'absorption qui s'opère à la surface du corps. Cependant, il estdéjà plusieurs infusoires qui offrent une bouche: tels sont les rolifères , d'après Spallanzani , et quelques cercaires, suivant Nilzsch. Les polypes , la plupart des entozoaires , tous les cchinodermcs, les annélides, les mollusques , les insectes , les arachnides , les
SBO
TRAITÉ DE PHYSIOLOGIE
cïustacds et los vorlcbrësu'ontqu'unc souleboucbe. Ou trouve au contraire plusieurs suçoirs dans les ténias , et plusieurs bouches dans différentes méduses. La bouche, organe d'ingestion des aliments, offre dans sa disposition un grand nombre de différences, que l'anatomie comparée enseigne, et qui^sonl étroitement liées à la nature des substances alimentaires.
Les animaux qui -rivent de liquides ont des suçoirs dontla structure elle mécanisme varientbeaucoup. On trouve une trompe membraneuse contractile dans lesapbrodites , parmi les vers articulés, dansquelquesgasléropodes(dons, ÔMCcmum.voiMïa, murex) , parmi les mollusques, et chez la plupart des insectes diptères. Les papillons ont une longue trompe extensible , que des muscles roulent sur elle-même quand l'animal no s'en sert pas ( Itngua spiralis). Chez les insectes et les arachnides qui pompent leur nourriture liquide dans les vaisseaux de végétaux etd'animaux vivants , la trompeest garnie d'organes piquants , propres à perforer ces conduits, comme on en voit dans les aptères (pediculus, pulex, acarus) , les hémiptères et autres. Chez certains diptères {culex , tipula) , la trompe est composée de plusieurs soies dures, concaves à leur face interne, qui produisent un suçoir {haustellum) , en s'appliquant les unes contre les autres. Chez les diptères et papillons pourvus d'une trompe musculeuse , on aperçoit encore une vésicule extensible et contractile, qui communique avec le pharynx, et dont la dilatation produit la succion , comme l'a démontré G.-R. Treviranus.
Lesanimaux qui se nourrissent d'aliments solides, tantôt les introduisent en grandes masses , dans le sac alimentaire, par une ouverture buccale trèsextensible et contractile , comme les polypes ,les actinies , les étoiles de mer , les holothuries , etc. , tantôt ont des pièces cornées et calcaires , des mandibules et des mâchoires , disposées autour de la bouche , susceptibles d'être mues en divers sens par des muscles , et dont ils se servent pour saisir leurs aliments comme avec des pinces. Cette dernière disposition a lieu chez les oursins , les seiches, les coléoptères, les orlhoptèi-es, les névroptèreset les animaux vertébrés. Les mâchoires sont ordinairement garnies de dents , comme dans la plupart des mammifères , des reptiles et des poissons ; ou bien elles sont couvertes d'un enduit corné , comme chez les oiseaux et les chéloniens. Enfin les mammifères présentent encore aux mâchoires des replis mobiles de la peau , les lèvres, qui peuvent servir aussi à la succion.
Chez les animaux , la préhension des aliments parla bouche se fait à certaines époques séparées par des intervalles plus ou moins longs, tandis que, dans les plantes , l'absorption des matières alimentaires parait avoir lieu d'une manière continue. En outre , les animaux , dès qu'ils ont percé les membranes de l'œuf, sont, si Ion en juge d'après les actions qu'ils exéculenl, forcés , par un acte intérieur, qui se passe dans le système nerveux , et qu'on appelle besoin des aliments , faim et soif, do chercher des substances qui puissent servir à leur nourriture et de les introduire dans leur »ac alimentaire. Les plantes n'offrent aucun
phénomène qui permette d'admettre avec que que vraisemblance l'exislence de ce penchant elles. Ce qui pousse le plus souvent les animai, de toules classes à agir , et surtout à se mouvoh c'est le besoin d'aliments. Ce besoin renaît à d( intervalles plus ou moins rapprochés, dont l'élei due varie suivant la structure de l'animal i manifestations d'activité, son âge , son séjour saison et autres circonstances. En général , legâol maux à sang chaud, mammifères et oiseaux, qui oi l'organisation la plus compliquée , et qui préiei lent le plus de variété et d'intensité dans les phéi mènes de la vie , surtout à l'égard des fond animales proprement dites, sont ceux chez legqoi le besoin de manger se fail sentir aux inlervi les plus courts. Au temps de leur pleine et en activité, ils mangent ordinairement une ou p] sieurs fois par jour. Le besoin de prendre des ments revient moins souvent chez les animai sang froid , les reptiles (l), les poissons, les tacés , les arachnides , les insectes à l'état pariai les mollusques, les vers et les radiaires , dont manifestations d'activité ont à la fois moins d'ém gie et de diversité. Parmi ces animaux mêmes,! plus voraces sont ceux qui ont le plus de mobil 19 et de sensibilité , les insectes. Il a été prouvé , p les expériences de Redi et autres, que les raami fères, les oiseaux et les insectes succombent pl tôt que les reptiles , les poissons, les mollusqoi les vers , etc. , à la privation des aliments.
Chez tous les animaux, c'està l'époque delà y nesse , du développement et de l'accroisseraenl, le besoin des aliments est le plus vif et le pi fréquent, et cela d'autant plus que l'accroissem se fail lui-même d'une manière plus rapide. Lesj( nés mammifères et oiseaux sont presque contiDoe ment occupés, tant qu'ils veillent, à chercher des ments. Les insectes , dés qu'ils sont sortis de l'œ' surtout les chenilles, mangent presque sans int niption. D'ailleurs les jeunes animaux périssi plus promptement que les vieux, quand ils n'( pas d'aliments à leur disposition. Divers inseclqù particulièrement les lépidoptères , ne prennent du tout de nourriture dans l'état parfait.
Les animaux qui vivent dans l'air consommé! en général plus d'aliments que ceux qui ontl'c) pour élément. La chaleur exerce aussi , chez plupart des animaux , une grande inQucnccsan besoin de manger. Beaucoup de mammifères marmotte , le loir, le hérisson , les chéiroplèrei autres , les reptiles , les insectes et les moilusqoi cessent de prendre aucune nourriture dés qoi température se rapproche de zéro , et qu'ainsi le I i^j manifestations vitales d'activité diminuent qt uergie.
Enfin toutes les influences et circonstances < exaltent et accélèrent les phénomènes de vie d les animaux, rendent les mouvements plus vifs \ plus prolongés, augmentent la tension des orga des sens et du système nerveux, et entraînent plus grande consommation des forces, donnent
(]) Un serpent long de seize pieds, que Proul a obsi (Thomson , ^nnals of philosophij^ t. 5, p. 413), no " geait qu'une seule fots par mois.
GÉNÉRALE ET COMPARÉE
sral plus d'énergie au besoin de so nourrir, tan- |ue celles qui produisent un effet inverse, dimit4 ni ce besoin.
es animaux ne saisissent pas les aliments avec ouche tels qu'ils s'offrent à eux, ainsi que font )lante8 par leurs racines et leurs feuilles. Ils un choix parmi eux, et y sont également déterés par une action spéciale du système nerveux, lenchant inhérent à leur nature, l 'instinct. Nous ivons la preuve dans une expérience faite par en. Ce médecin tira une chèvre à terme de la •ice de sa mère, et la porta dans un endroit où avait des vases contenant du lait, du miel, de Je, des céréales et des fruits; le jeune animal aies vases, et choisit le lait. L'instincl qui déline les animaux dans le choix des aliments î infiniment d'après leur organisation et le é d'énergie vitale du système nerveux. Les aniiBi vx paraissent ne prendre que les substances qui ;tenl agréablement leur système nerveux, soit (les exhalations vaporeuses , soit par des émauDns transmises à l'eau. C'est sans contredit , )rat qui joue le principal rôle dans l'apprécia- . de l'action que ces eflluves exercent sur le ime nerveux. Chez les animaux des classes injures, qui sont dépourvus d'organes olfactifs, embrane molle etabondammenlgarniede nerfs i|apisse la bouche paraît être apte à percevoir les tressions de ces effluves.
iiingestion des aliments au moyen de la bouche •emplit par des mouvements que les animaux uisent d'une manière spontanée. Les muscles a aux parties de la bouche sont mis en action n'influence vivante des nerfs. Il résulte donc iiàque cette ingestion est exécutée par des ma- Utalions de force particulières, que nous u'aper- »ns pas, chez les plantes, dans l'attraction des ois par les racineset les feuilles. Ces manifesiDs sont des effets de la force nerveuse et de la musculaire.
CnAPITRE IV.
s'ASSIMILATIOIf DES ALIMENTS DANS LES PRE- MIERES VOIES.
lez tous les corps vivants, les substances aliataires, après avoir été reçues dans certains es-
8, y subissent des changements dont le but ! e les rendre semblables à la masse des humeurs hes corps. C'est là ce qu'on entend par assi- |ition dans les premières voies. Nous allons aidérer d'abord dans les plantes et ensuite dans inimaux les opérations qui s'y rapportent.
\iissimilalion dans les premières voies chez les plantes.
IÎ8 liquides absorbés par les racines, et conmt la sève , montent le long de la tige ou du c, jusqu'aux feuilles, où, sous rinflucnco de [ et de la lumière, ils sont convertis en suc for-
mateur ou nourricier proprement dit. Indiquons rapidement la structure de la tige, faisons connaître les espaces dans lesquels le suc végétal se meut, et enfin examinons la nature de ce suc, ainsi que les changements qu'il subit dans son ascension vers les feuilles.
En adoptant les déterminations de Decandolle , on voit que toutes les plantes vasculaires sont pourvues d'une tige (cawiis) , c'est-à-dire, d'une partie qui s'élève de racine, se dirige vers la lumière, porte les feuilles et les fleurs, et varie beaucoup tant dans ses proportions que dans ses formes. I? n'y a qu'un petit nombre de végétaux chez lesquels elle soit fort courte et cachée en terre. Les excellentes remarques de Desfontaines ont constaté que, dans les monocolylédonées et dans les dicotylédonées , elle offre des différences sous le rapport de la structure, de la nature et du mode d'origine et d'accroissement. Elle a une organisation moins compliquée dans les premières que dans les autres.
La tige des arbres et des arbrisseaux est composée du corps ligneux et de l'écorce. Le premier s'étend en remontant dans les branches et rarpeaux, et il est formé do couches concentriques. Chaque couche contient des faisceaux de fibres ligneuses et une couche mince de tissu cellulaire. Au centre de la tige , le tissu cellulaire représente presque toujoursla moelle spongieuse, composée d'un grand nombre de cellules membraneuses et arrondies , qui tantôt se continue sans interruption dans le tronc et les branches, à partir de la racine , tantôt, comme dans certains arbres, est divisée par des cloisons correspondantes aux pousses annuelles. A la face externe du canal médul laire , parfois dans la moelle même, on aperçoit , chez quelques végélaux, des fibres isolées (1). Les fonctions de la moelle , sur lesquelles les physiologistes ont bâti plusieurs hypothèses , ne sont point encore assez connues. Cependant elle paraît surtout jouer un rôle important dans les jeunes plantes, où elle est Irès-chargée de sucs , et peut-être contient-elle , comme l'admettent Decandolle et Du Petit Thouars les matières nutritives destinées aux bourgeons et aux jeunes pousses. Dans les plantes âgées, elle est dépouillée de suc et sèche. On peut alors la détruire sans compromettre la vie du sujet. De cette moelle partent des rayons horizontaux de tissu cellulaire condensé qui , passant entre les faisceaux ligneux , gagnent la périphérie et l'écorce. On les appelle rayons médullaires.
Après la moelle centrale viennent les couches ligneuses , qui sont concentriques et unies ensemble par du tissu cellulaire condensé. Les couches situées immédiatement sur la moelle contiennent presque toujours des vaisseaux spiraux proprement dits , tandis qu'on ne trouve plus que des vaisseaux ponctués dans les suivantes. Les plus extérieuressont molles , tendres , peu denses , et la plupart dir temps blanchâtres. Elles constituenll'aubier , qui ,
(1) Hcdwig les cite comme vasa fibrosa. Decandolle le» appelle fifircs médullaires . Ces fibres, et non loulefois les cellules de la moelle elle-même , se colorcnl quelquefois , d'après les recherches do Lahaisse , quand on jdongc de jeunes branches dans l'eau colorée.
TRAITÉ DE PHYSIOLOGIE
en so durcissant peu à pca , devient du bois. Chaque année il so forme une nouvelle cou( he d'aubier, d'où résultent les cercles concentriques que l'on aperçoit sur le bois , cercles dont le nombre indique l'âge de la plante , et dont l'épaisseur fait coni\aître l'énergie avec laquelle elle a poussé chaque année.
L'écorce , au corps cortical, qui forme l'enveloppe des arbres cl arbrisseaux , est composée de la substance corticale , la plupart du temps verte et succulente , et de l'épiderme endurci. La première l'csulte de plusieurs couches superposées , dont chacune se résout à son tour en une couche interne fibreuse et une autre extérieure celluleuse. Entre ces couches se répandent des rayons médullaires semblables à ceux du corps ligneux, seulement moins prononces. Chaque année il se forme une nouvelle couche à la face interne de l'écorce. On donne le nom de liber aux couches d'abord tendres et molles. C'est dans les couches internes vertes et succulentes de la substance corticale, que paraissent se trouver les vaisseaux nourriciers proprement dits , ceux qui contiennent la sève élaborée dans les feuilles , sous l'inQuence de l'air et de la lumière , et qui la distribuent dans le corps do la plante , ainsi que Schullz l'a démontré. Enfin , on rencontre fréquemment dans les couches corticales de grands espaces particuliers, remplis de divers liquides sécrétés , et qu'on nomme réservoirs du suc propre. Le tissu cellulaire situé sur la couche corticale externe , qui résulte d'un assemblage de cellules arrondies , et qui est exposé à l'air et à la lumière , se condense et s'endurcit , d'où résulte un ëpiderme diversement coloré. Cependant on ne parvient à constater l'existence de cet épidermo que sur les jeunes liges elles pousses vertes des arbres et arbrisseaux , ainsi que l'a fait voir L.-C. Treviraiius. Chez les végétaux âgés, les couches extérieures de l'écorce acquièrent peu à peu une couleur plus foncée ; elles se crevassent, se fendillent, meurent et se séparent du tronc, à mesure qu'elles sont repoussées par les nouvelles couches qui se forment dans la profondeur , et que leur élroitesse ne leur permet pas de contenir.
La tige , portant branches , feuilles et fleurs , qui, dans le cours d'une même année, naît et meurt , soit en totalité, comme dans les plantes herbacées annuelles , soit jusqu'au collet de la racine, comme dans les plantes herbacées vivaces, est également formée d'un système ligneux et d'un système cortical. Les faisceaux de bois ou de fibres ligneuses qui sont situés dans l'intérieur, et qui, presque toujours, circonscrivent la moelle ou un canal médullaire plein d'air , contiennent les vaisseaux spiraux montant de la racine. Les faisceaux sont réunis par du tissu cellulaire , dans lequel se trouvent des conduits intercellulaires. C'est dans l'écorce , qui est ordinairement verte cl succulente , et qui résulte d'un assemblage de fibres diverses réunies par du lissu cellulaire, que se trouvent les vaisseaux nourriciers provenant des feuilles. La tige verte et charnue des cactus et des stapelia, qui est imprégnée de la substance des feuilles, remplit en même temps l'office de ces dernières, et se trouve garnie de porcs alongcs.
La tige des monocoljlédonécs , qui varie sni vaut les familles , diffère généralement de celle ûa dicotylédonées en ce qu'elle représente davaiiiai; une masse homogène , n'étant jamais composé d'un corps ligneux et d'un corps cortical dislincu qui croissent en augmentant de masse en sens con traire l'un de l'autre. Elle ne contient pas non pJu de rayons médullaires. Les fibres les plus ancienne y sont situées à l'extérieur , elles plus jeunes dan l'intérieur. La coupe transversale du tronc des pal \» miers ne présente que des faisceaux de fibres loi f gitudinales éparses et réunies par du tissu cellu laire, faisceaux dont les externes sont durs et d'ui
tissu serre , tandis que les internes sont, au con A traire , mous et semblables à de l'aubier. Cliaqu faisceau de fibres contient des vaisseaux spiraux eÉJj ponctués , qui sont unis par du tissu cellulaire, ij « " chaume des graminées se dislingue en ce qu'il eJpj£ composé d'un plus ou moins grand nombre de seg ; menls, réunis par des reiiQements ou nœuds, d'of naissent des feuilles engainantes. Ces interiiœud
sont composés de fibres longitudinales et parallé les, circonscrivant un lissu cellulaire lâche. Dan les nœuds , ces fibres sont serrées les unes conir •' les autres et entrelacées en sens horizonlal, d sorle que le canal rempli de moelle se trouve io terrompu par des cloisons transversales , etc. ( /
La lige des plantes cellulaires , quand elle existe , comme dans les mousses (surculus) , quelques [ chens (^/laHus , podetium) cl certains champignon {thallus ,peridium, cormus), est composée d'untiss cellulaire homogène , sans autre lissu quelconqu ni écorce. Le tissu cellulaire contient quelquefoi des cellules alongées , ou des cavités en forme d sac. Dans la plupart des hépatiques {marcharUia riccia) , on n'aperçoit qu'un disque foliacé Ifrons) qui remplità la fois l'office delà lige et des feuillef et qui n'est composé que de cellules arrondies! oblongues. Les algues aquatiques représentent od réunion de petits sacs. 'Toutes ces plantes sonld( pourvues d'épiderme proprement dit, qui ne con mence à se développer que dans les mousses. Dat les végétaux cellulaires , les liquides absorbés, so par les racines et les prolongemenfs capiliairess tués à la base du lhallus , soit par la surface , p* j viennent dans le tissu cellulaire , et montent dai ^ les espaces en forme de sac. L'ascension desliqueui j colorées le long de la tige est souvent très-facile j. voir dans les champignons. On aperçoit aussi ( , phénomène dans les ulves , les fucus , les licber ^ et les mousses. C'est dans le lissu cellulaire que s e ^ fecluenl l'assimilation de la sève et sa conversio ^ en la substance propre du végétal. , ,
Dans les plantes vasculaires ces liquides absorbi . par les racines traversent la lige ou le tronc , l'^i branches et les rameaux , pour arriver aux feuille Ce qui le démontre , c'est que quand , au prinlcmp on pratique à différentes hauteurs , sur la tigcd' arbres ou des arbrisseaux , des incisions pénétra' jusqu'au bois , la sève s'écoule d'abord de I i"'' rieure et ensuite de la supérieure. Duhamel cl Boi . net ont vu aussi, dans leurs expériences sur les queurs colorées mises en contact avec les racii'f' qu'elles paraissent peu à peu de bas en haut. M" les physiologistes sont partages à l'égard des pa
GÉNÉRALE ET COMPARÉE
ui président à la progression des liquides. Los mt admis que la sève monte dans le corps li- ^ v:. D'autres pensent que c'est l'aubier qui con- ! les vaisseaux séveux , et d'autres encore sou- , ont que l'ascension de la sève se l'ail à la fois la moelle , le bois , l'aubier et le liber. La pre- , opinion, celle que la sève monte dans le corps 1 ux des arbres et arbrisseaux , et dans les fais- , . ligneux des herbeset graminées , devient chaour de plus en plus vraisemblable. Les argu- . suivants militent en sa laveur :
II est prouvé par les expériences de Coulomb, ,1. Wablenberg, AValker et autres, qu'au ■mps le bois , les faisceaux ligneux et l'aubier orges de sève , qui parvient peu à peu des raaux feuilles , en passant par la tige, les branjt les rameaux.
Les expériences -de Magnol , Labaisse , Du- } 1, Bonnet, Reichel, Comparelti, Knight, ( ot autres , sur les liquides colorés misen rapveç des racines ou des branches coupées , ont ^ que ces liqueurs se répandent dans le bois , e souvent même elles parviennent dans les li ires des feuilles et des fleurs.
11 est suffisamment démontré que les arbres eut des feuilles même après qu'on a coupé cirement leur écorce et leur liber jusqu'au bois. ;ume le bois des arbres et les faisceaux ligneux laiiles herbacées sont principalement comde vaisseaux spiraux, qui se prolongent dea racine jusque dans les feuilles , en passant tronc , les branches et les rameaux , que ces aux forment probablement une cavité dont la c luilé n'offre pas d'interruption, et que ce sont e, iirloulqui, dans les expériences sur les liqi s colorés, contenaient les matières colorantes, i irès-probable que la sève monte dans leur i eur, ainsi que l'ont admis Ray , Labaisse, 1 Bel, Bonnet, Reiehel , Sciiwagerraann , } it, Link, G.-R. Treviranus, Dutrochel, iz et autres. Kieser, Amici, Decandolle et ues autres pensent, au contraire, qu'elle I 3 dans les conduits inlercellulaires , et ils adi ni que sa progression est déterminée par le l ellulaire, qui a la propriété de s'imbiber de J es.
sève, qui monte des racines , en grande quan- ' urloul au printemps, et moins abondamment i , où la lymphe , comme l'appelait Duhamel , 1ère été recueillie jusqu'à présent que sur des , dont on perforait le tronc. Celle du boudu hèire, de l'érable, de l'orme , de la vicie, est, d'après les recherches de Haies, IX , Vauquelin , Proust et Scherer , un liquide )re et limpide, dont la pesanteur spécifique ' orle un peu sur celle de l'eau. Elle a une r douceâtre, qui chatouille la langue. Touelle contient un acide , assez souvent libre , si le carbonique ou l'acétique. Le premier, !l les observations de Coulomb, se dégage ni sous la forme de bulles, au moment même sève coule de la plaie faite à l'arbre. La plu- I du lemps , les acides sont combinés avec de ' aux ou de la chaux ou de la potasse. On ' e encore dans la sève diverses matières
végétales , du sucre et du mucus. La quantité de sucre contenue dans celle de Vacer saccharinum, s'élève à environ cinq pour cent de son poids. On rencontre quelquefois aussi de l'albumine et une substance analogue au gluten dans la sève. Il ne paraît pas qu'on y ait encore aperçu de formes organiques , de globules : du moins G.-R. Treviranus et Schultz n'en ont point vu. Schullz dit seulement en avoir découvert quelques vestiges dans de la sève prise à une hauteur considérable de la tige. La sève que l'on recueille entre en fermentation sous l'influence de l'air atmosphérique : il s'en dégage du gaz acide carbonique, le mélange se trouble, des flocons blanchâtres se précipitent, et 1? liqueur devient aigre. Ce ne sont pas seulement les arbres qui contiennent de la sève au printemps, et l'on trouve aussi à celle époque une liqueur analogue dans les fibres ligneuses d'autres plantes. Elle est fort abondante dans les palmiers , parmi les raonocotylédonées. La sève des herbes n'a point été examinée à l'étal de pureté, et les analyses des sucs obtenus de diverses plantes par expression ne peuvent fournir aucune conclusion certaine, parce que la sève qu'on se procure de cette manière est mêlée avec d'autres humeurs.
Les matières nutritives grossières que les racines absorbent paraissent éprouver un certain degré d'assimilation par leur mélange avec une liqueur que sécrètent les fibres radiculaires. Ce qui indique qu'une sécrétion de ce genre a lieu dans les radicules des hyacinthes , des tulipes et des autres ognons qui sont plongés dans l'eau , c'est qu'elles sont entourées d'un liquide mucilagineux ou albumineux , que Duhamel , Bonnet, Senebier et autres ont observé. La liqueur que les racines d'une plante répandent dans la terre paraît même nuire à la végétation d'autres plantes , assertion à l'appui de laquelle Brugmans et Mirbel ont rapporté des observations.
La sève s'assimile de plus en plus à mesure qu'elle monte dans la lige. Il résulte des recherches de Knight et de Wablenberg, que sa pesanteur spécifique augmente en raison de son élévation. Dans le même temps , elle contient davantage de matière mucoso-sucrée. La sève de l'érable prise à la partie supérieure du tronc est plus chargée de sucre que celle qui provient de la partie inférieure. Mais une profonde obscurité règne encore sur la manièredont celle assimilation s'opère , el dont les matières que les racines absorbent avec l'eau acquièrent peu à peu les qualités du sucre, du mucus, de l'albumine etd'une substance azotée analogueau gluten. Knight a émis sur ce point une opinion qui paraît vraisemblable : il pense que les plantes annuelles, une fois arrivées au terme de leur développement, déposent , à la fin de l'été, le superflu des matières nutritives dans l'aubier et les racines , où il reste jusqu'au printemps suivant , époque à laquelle il se combine avec la nouvelle sève ascendante , dont il opère l'assimilation , en se mêlant avec elle. Les plantes non vivaces qui proviennent do graines, d'ognons ou de tubercules , contiennent déjà , dans ces organes, autant qu'il en faul pour leur développement de matière nutritive , associée ainsi à leur germe par les végétaux d'où elles proviennent. Eufia
TRAITÉ DE PHYSIOLOGIE
il paraît que , dans les deux groupes de végétaux , une partie du cambium préparé par la respiration passe directement des vaisseaux nourriciers dans la sève, à rassimilalion do laquelle elle contribue. On ne voit pas trop comment , sans cette addition, le sève pourrait s'assimiler dans le cours de son ascension des racines aux branches et rameaux.